Visiter les lieux cultes du jeux vidéo au Japon

Akihabara

C’est une destination star avec une insolente croissance touristique de plus de 500% depuis l’année 2000. Le tourisme au Japon se nourrit de l’image d’un pays alliant tradition et modernité, et s’il se concentre très fortement dans les villes de Tokyo, Kyoto et Osaka, c’est pour voir les cerisiers en fleurs et les temples locaux.
Or, il existe une myriade d’autres sujets attractifs. Les grands rendez-vous sportifs que l’archipel nippon va accueillir en 2019 et 2020 vont certainement générer un tourisme de fans. À la Coupe du Monde de rugby (du 20 septembre au 2 novembre) succéderont quantité d’autres évènements: surf (du 7 au 15 septembre), volley-ball (du 14 septembre au 15 octobre), handball (du 30 novembre au 15 décembre), natation (2021), et le point d’orgue, les JO de Tokyo à l’été 2020. Or c’est là, dans la capitale animée du Japon, que se joue le pèlerinage lié aux jeux vidéo, niche touristique très en vogue auprès des 20-40 ans.

Pour le comprendre, il faut remonter quelques années en arrière. Si le premier jeu vidéo ne vient pas de l’archipel nippon mais de l’Institut technologique du Massachusetts, aux États-Unis, l’essor du genre est intimement lié au pays du Soleil Levant. En 1978, la première borne d’arcade à succès planétaire est développée par Taito: il s’agit du jeu Space Invaders. Le succès est tel que Taito déploie 100.000 bornes d’arcade au Japon en moins d’un an. Deux ans plus tard, Namco, avec Pac-Man, scelle le succès des bornes d’arcade et renforce son internationalisation. Puis les consoles de salon ont démocratisé encore plus ce genre.

Aujourd’hui des noms comme Nintendo, Sega, Sony, Mario, Sonic, Zelda sont connus dans le monde entier. Même l’américain Atari a une connotation japonaise. Le jeu Pac-Man devait même s’appeler "Puck Man" mais, par peur de vandales aux USA qui auraient remplacé le P par un F, le nom a été changé.

Être joueur au Japon n’est ni une question de sexe, ni une question d’âge. C’est probablement la raison pour laquelle la culture du jeu vidéo y est si forte aujourd’hui. Une partie intégrante de l’identité nippone, au point que le premier ministre Shinzo Abe s’est déguisé en Mario lors de l’annonce des Jeux olympiques à Tokyo. C’est d’ailleurs dans la capitale animée du pays que les «gameurs» trouvent leurs principaux points de ralliements, dans trois quartiers nommés Akihabara, Nakano Broadway et Odaiba.

Akihabara surnommée Akiba ou Electronic town, c’est la Mecque des joueurs et joueuses, même si ces dernières années l’éclosion des "maid cafés" empiète sur ce territoire vidéoludique. En déambulant dans ce quartier, le touriste trouvera des magasins géants comme le Sofmap ou des petites boutiques sur les rues adjacentes à l’artère principale. Les salles d’arcades ne sont pas en reste, avec le célèbre immeuble Taito qui propose deux étages de machines à pince, deux étages de bornes d’arcades, dont un certain échantillon d’anciens jeux, mais aussi un étage dédié aux jeux musicaux, les plus populaires de ces dernières années. Sans oublier la myriade de boutiques d’occasions.

Nakano Broadway juste à côté du métro Nakano, le centre commercial Nakano Broadway est une véritable capsule temporelle. Au milieu de la cinquantaine de boutiques spécialisées dans les objets de collections se trouvent plusieurs enseignes orientées jeux vidéo rares, et donc chers. Deux salles d’arcades continuent de faire le plein les soirs et week-end: Game Namco pour les amateurs de jeux de combats récents. Et Nakano TRF pour les retro-gamers, spécialisé dans les jeux de combats en 2D.

Odaiba est l’île artificielle d’Odaiba, initialement construite pour la défense de Tokyo vers la fin du XIXe siècle, est aujourd’hui un point touristique phare de la capitale japonaise. Pour sa vue panoramique de la baie de Tokyo et sa mini-statue de la liberté, pour le complexe Onsen Monogatari, sorte de Disney world du bain japonais, mais surtout pour le quartier DiverCity et son Gundam géant.

Gundam est la marque de robots la plus célèbre au Japon. L’île d’Odaiba en possède une réplique monumentale de plus de 20 mètres de haut, animée à heures fixes. C’est l’équivalent geek de l’horloge universelle de Prague. Le centre commercial DiverCity compte plusieurs magasins dédiés à la culture du jeu vidéo, dont un espace de réalité virtuelle.

Pour des raisons (complexes) de droit d’auteur, les bars à jeux vidéo se font rares à Tokyo, il est préférable de tenter sa chance à Osaka pour profiter d’une ambiance retro-gaming de qualité, comme le bar Space Station.

Véritable phénomène de société la mode du retro-gaming a explosé ces dix dernières années. Probablement lié au fait que la génération 80, maintenant trentenaire, fait preuve de nostalgie envers les jeux de son enfance. Le dessin animé High Score Girl sur Netflix est une illustration parfaite de cette période bénie par tous les joueurs. Il se murmure qu’un éditeur visionnaire s’est positionné sur les droits du manga, il y a plusieurs années et pourrait le sortir en France en 2019...

La popularité du retro-gaming a eu un impact négatif: les prix des jeux d’époque se sont envolés, à tel point que pour faire des bonnes affaires, il est parfois préférable d’aller chiner aux puces.

La chaîne YouTube Benzaie TV a réalisé une quinzaine d’épisodes autour du phénomène de collectionneurs de jeux vidéo au Japon. Le deuxième, sur les brocantes, est un guide parfait pour se lancer sans se ruiner.

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