L'avenir du jeu vidéo: le streaming ?

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Netflix fait des émules dans le jeu vidéo. Mais, contrairement aux chaînes de télévision qui ont attendu l'émergence d'un géant pour changer de modèle, les éditeurs de l'industrie vidéoludique préparent déjà leur "révolution du streaming" comme ils sont nombreux à appeler la bascule en cours. Electronic Arts et Microsoft ont ainsi profité de l'E3 de Los Angeles, le salon mondial du jeu vidéo, pour enrichir ou esquisser le futur de leurs catalogues de jeux accessibles par abonnement. Pour ces deux poids lourds du secteur, la fin de l'achat de jeu à l'unité n'est pas pour tout de suite mais il s'agit déjà de se positionner sur de nouvelles offres. A partir de cet été, Electronic Arts proposera aux joueurs une formule à 14,99 dollars par mois leur donnant accès en téléchargement à ses nouveaux jeux, comme Fifa 19, Battlefield V ou Anthem.
 
Cerise sur le gâteau, les abonnés pourront découvrir les nouveaux titres jusqu'à cinq jours à l'avance par rapport aux dates de sorties officielles. Jusqu'ici, EA n'avait fait que tâtonner avec ce service baptisé Origin Access qui ne proposait que d'anciens jeux.
 
Du côté de Microsoft, le patron de la division Xbox a assuré que ses ingénieurs travaillaient sur un service de jeux vidéo en streaming en même temps qu'ils préparaient une nouvelle console. Microsoft a déjà une offre d'abonnement à une plate-forme de téléchargement, Game Pass, mais pas encore de service de streaming.
 
"C'est l'avenir du jeu, souligne Richard-Maxime Beaudoux, analyste chez Bryan Garnier, le streaming permet aux éditeurs d'être présents sur tous les écrans et de toucher des clients qui n'ont pas de console mais un smartphone, puisque la puissance de calcul est déportée sur des serveurs à distance". Les perspectives de revenus récurrents induits par le modèle d'abonnement et d'accroissement des marges consécutif d'une distribution sans intermédiaire encouragent d'autant plus le secteur à miser sur ces technologies.
 
Sony a été  le premier à se lancer. Dès 2012, le japonais avait racheté le pionnier du "cloud gaming" Gaikai pour 380 millions de dollars.  Son service Playstation Now fonctionne déjà en streaming , c'est-à-dire en diffusion des images en direct, quand Electronic Arts demande encore aux joueurs de télécharger les jeux sur leurs machines par crainte que l'expérience soit gâchée par de mauvaises connexions à Internet.
 
Discret, les entreprises du secteur ne donnent aucune indication quant au succès de ces offres de jeux vidéo par abonnement. Quoi qu'il en soit, chacun se fait sa place. Mais Richard-Maxime Beaudoux prévient : "Ces services ne se font pas concurrence mais il faut s'attendre à ce que des acteurs cherchent à les consolider pour proposer un bouquet complet".

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