200 000 km de chemins ruraux ont disparu en France

Environnement

Si la destruction et/ou le fauchage trop violent des haies expliquent en grande partie la raréfaction des haies dans les paysages ruraux, les propriétaires fonciers contribuent également, indirectement, à leur disparition. En effet, les particuliers s'approprient, petit à petit, les chemins ruraux qui jouxtent leurs propriétés. Dans la majorité des cas, ces chemins sont transformés en terres agricoles ou confisqués par des particuliers gênés par le passage des promeneurs à proximité de leur domaine, privant ainsi les promeneurs et autres usagers de chemins ruraux qui appartiennent pourtant à leur commune.

« Cette disparition, en plus d'être regrettable pour les promeneurs, participe activement au massacre de nos bocages, autrefois sillonnés de haies, mais qui sont désormais rasées... Au détriment de la biodiversité » regrette Jacky Boucaret, porte-parole de l'association Vie et Paysages et du collectif « Chemins en danger » qui associe des dizaines d'associations d'usagers des chemins ruraux.

Ces chemins font l'objet d'un statut très particulier : ils n'appartiennent pas au domaine public comme le sont les routes par exemple, mais au domaine privé de la commune à laquelle ils sont attachés. Et quand bien même le code rural affirme qu'ils sont « affectés à l'usage du public », dans les faits la loi prévoit qu'ils peuvent être légitimement confisqués par des particuliers, dès lors qu'ils peuvent prouver l'avoir occupé, tout à fait illégalement, depuis plus de 30 ans. Résultat : plus de 200 000 km de chemins ruraux ne sont plus accessibles ou ont disparu en France en 60 ans... C'est autant de haies, des protections contre les catastrophes naturelles et de refuges pour la biodiversité qui ne sont plus.

Pour alerter les responsables politiques de ce drame silencieux, le collectif a tiré la sonnette d'alarme dès 2014. Une première proposition de loi a été adoptée au Sénat en 2015 (Proposition de loi visant à renforcer la protection des chemins ruraux, n° 70), mais celle-ci n'a jamais été mise à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, et une série d'amendements a été intégrée à la Loi Biodiversité en 2016 sous l'impulsion du collectif, mais retoquée par le Conseil constitutionnel.

En vidéo --> Willy Schraen, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, nous parlent des chemins ruraux.

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