RT France

Souscrire à flux RT France RT France
RT en français: Actualités internationales
Mis à jour : il y a 25 min 37 sec

Le décryptage - Opération Barkhane : quel avenir pour l'armée française au Sahel ?

mar, 29/12/2020 - 22:23

Dominique Trinquand, expert en géostratégie, ancien chef de la Mission militaire française auprès de l'ONU, et Aly Tounkara, sociologue, directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, décryptent la situation.

L’UE et les Etats-Unis exigent de la Chine la libération «immédiate» de Zhang Zhan

mar, 29/12/2020 - 21:48

L'UE et les Etats-Unis ont demandé le 29 décembre à la Chine de libérer immédiatement une «journaliste citoyenne» condamnée à quatre ans de prison après avoir couvert l'épidémie de Covid-19 à Wuhan (centre de la Chine).

«L'UE appelle à la libération immédiate de Mme Zhang Zhan», ainsi que celle de défenseurs des droits et personnalités détenues en Chine pour avoir rapporté des informations «d'intérêt public», a annoncé dans un communiqué un porte-parole du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

«D'après des sources crédibles, Mme Zhang a été soumise à la torture et à des mauvais traitement durant sa détention, et sa santé s'est gravement détériorée. Il est crucial qu'elle reçoive une assistance médicale adéquate», a indiqué le porte-parole européen.

Un constat partagé par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo qui a appelé dans un communiqué «le gouvernement de la République populaire de Chine à la libérer immédiatement et sans condition» avant d'ajouter : «Le Parti communiste chinois a de nouveau montré qu'il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour réduire au silence ceux qui remettent en question la ligne officielle du parti, même si cela concerne des informations de santé publique cruciales».

Mike Pompeo a régulièrement attaqué Pékin sur son rôle dans la pandémie. «La peur de la transparence et la répression des libertés fondamentales sont un signe de faiblesse, pas de force, et une menace pour nous tous», a-t-il asséné. 

Michelle Bachelet, Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, a de son côté affirmé que la condamnation de Mme Zhang correspondait à une «répression excessive» de la liberté d'expression sur le Covid-19. 

Le cas des 12 militants hongkongais 

Bruxelles a également réclamé la libération de douze militants hongkongais arrêtés en août au moment où ils tentaient de quitter l'ancienne colonie britannique de Hong Kong en bateau à destination de Taïwan, et dont le procès à huis clos a débuté le 28 décembre à Shenzhen, en Chine continentale.

«Les accusés n'ont pas pu choisir leurs avocats [...] leur procès n'est pas ouvert [...] Leurs droits à un procès équitable et au respect des procédures n'ont pas été respectés», a dénoncé dans un communiqué distinct un porte-parole de la diplomatie européenne avant de conclure : «Nous demandons la libération immédiate de ces douze personnes et leur retour rapide à Hong Kong.»

Ces appels interviennent alors que la Chine et l'UE semblent sur le point de conclure, après sept ans de négociations, un ambitieux accord de protection réciproque des investissements, en dépit des accusations de travail forcé portées contre Pékin et critiques récurrentes sur les violations des droits de l'Homme formulées par l'Union européenne.

«Les restrictions à la liberté d'expression, d'accès à l'information, l'intimidation et la surveillance de journalistes, comme les détentions, procès et condamnations de défenseurs des droits de l'homme, avocats et intellectuels en Chine ne cessent de croître et demeurent une source de grande préoccupation», observait le premier communiqué de l'UE.

L'UE demande la libération immédiate de l'avocat Yu Wensheng, dont la condamnation à quatre ans de prison a été confirmée en appel mi-décembre. Elle réclame également celle des avocats Li Yuhan et Gao Zhisheng, des cyberdissidents Huang Qi et Wu Gan, du défenseur des droits Ge Jueping (arrêté en 2016 lors du G20 en Chine), de l'écrivain et militant Qin Yongmin, du militant de la langue tibétaine Tashi Wangchuk, du militant des droits de l'Homme Liu Feiyue, ainsi que de l'intellectuel ouïghour Ilham Tohti.

Zhang Zhan s'était rendue en février à Wuhan, alors en proie à l'épidémie de Covid-19, diffusant sur internet des reportages, notamment sur la situation chaotique des hôpitaux. Arrêtée en mai, accusée de «provocation aux troubles» et de diffusion de fausses informations, elle a été condamnée le 28 décembre à quatre ans d'emprisonnement par un tribunal de Shanghai.

Le Kremlin dénonce des «attaques féroces» contre les vaccins russes anti-Covid

mar, 29/12/2020 - 21:12

Le Kremlin estime que la coopération entre différents pays dans la production de vaccins contre le Covid-19 doit être complètement dépolitisée.

«Malheureusement, nous avons rencontré des manifestations très massives de concurrence déloyale. Souvenons-nous des attaques qui sont survenues contre Spoutnik V. Absolument féroces. Bien sûr, il n'y avait aucun signe de coopération», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov dimanche 27 décembre lors d'une interview à la chaîne Rossia-1.

Malgré ce contexte hostile, selon lui, le premier vaccin russe Spoutnik V est devenu «l'un des vaccins les plus demandés au monde» rendant peu valides les les attaques contre lui. 

Peskov a également rappelé que «dès le début, [Vladimir] Poutine a estimé que dans cette situation tous les pays doivent montrer le comportement le plus responsable en termes de production de vaccins, [et] en termes de partage de ce vaccin».

Le porte-parole du Kremlin a d'ailleurs souligné que lors du discours du président russe au sommet du G20 en novembre dernier, il avait abordé ce sujet. «Dans son discours, le chef de l'Etat a évoqué le fait que la coopération dans la production d'un vaccin, dans le développement, dans les essais doit être absolument dépolitisée, devrait être dépourvue de toute pression gouvernementale ainsi que de certains éléments de concurrence», a déclaré Peskov.

Fin octobre, Kirill Dmitriev, directeur du Fonds souverain russe qui a financé la mise au point du premier vaccin Spoutnik V, a comparé l'affrontement géopolitique autour du vaccin contre le Covid-19 et des tentatives de saper la confiance dans le vaccin russe avec le «combat d'animaux autour du point d'eau». «Je pense que (...) l'exemple de la bataille des vaccins est très intéressant comme exemple de confrontation géopolitique. Parce qu'elle est devenue vraiment toxique, nous avons espéré qu'il n'y aurait pas une telle confrontation, mais voici qu'elle a lieu», a regretté Dmitriev lors d'une réunion du club de discussion internationale Valdaï en octobre dernier qui a été consacré «aux leçons de la pandémie» et à la question «Comment transformer la crise mondiale en une opportunité pour le monde ?». 

Le face-à-face - Vaccin : une obligation pour les personnels soignants ?

mar, 29/12/2020 - 21:01

Bertrand Legrand, médecin généraliste, et Thierry Amouroux, porte-parole syndicat infirmier SNPI, en débattent sur RT France.

Navalny risque de la prison ferme alors qu'une nouvelle enquête pour fraude a été ouverte contre lui

mar, 29/12/2020 - 20:47

Selon la Direction principale du Service fédéral pénitentiaire de Moscou, Alexeï Navalny ne remplissait pas les engagements qui lui étaient assignés par le tribunal dans le cadre de l'affaire Yves Rocher et échappait au contrôle de l'inspection exécutive pénale. Ainsi, sa peine avec sursis pourrait être remplacée par un emprisonnement s'il ne se présente pas physiquement au Service fédéral à 9h le 29 décembre, a annoncé le 28 décembre son avocat Vadim Kobzev.

«Le 22 décembre 2020, la revue The Lancet a publié un article basé sur les matériaux de la clinique allemande, Charité, recueillis lors du traitement du citoyen de la Fédération de Russie Alexeï Navalny. Selon l’article, Alexeï Navalny est sorti de la clinique le 20 septembre 2020 et dès le 12 octobre, toutes les séquelles de sa maladie avaient disparues. Ainsi, la personne condamnée à une peine avec sursis ne remplit pas les engagements qui lui ont été assignés par le tribunal et échappe au contrôle de l'inspection exécutive pénale», a précisé dans un message le Service fédéral pénitentiaire.

La publication qui ne cite pas le nom de Navalny, évoque l'incident survenu le 20 août dernier lorsqu'un «homme âgé de 44 ans est tombé soudainement malade dans un avion environ 10 minutes après le départ». Comme il a été révélé plus tard, Navalny a été victime d'un malaise à bord d'un avion entre la Sibérie et Moscou. Hospitalisé dans un premier temps à Omsk, en Sibérie, il a été transféré le 22 août à la clinique de la Charité à Berlin, où les autorités ont acquis la certitude qu'il avait été victime d'un empoisonnement. Navalny reste actuellement en Allemagne.

Toutefois, le Service fédéral pénitentiaire considère que l'opposant, en tant qu'une personne condamnée à une peine avec sursis, «ne remplissait pas systématiquement les engagements qui lui ont été assignées par le tribunal ou échappait au contrôle». Cela pourrait permettre aux autorités de déposer une requête auprès du tribunal pour remplacer la peine avec sursis par un emprisonnement en vertu de la partie 4 de l'article 190 du Code exécutif pénal de la Fédération de Russie. 

Actuellement, Alexeï Navalny est en période de probation dans le cadre de l’affaire Yves Rocher. Il a été reconnu coupable de fraude ainsi que de blanchiment de fonds obtenus par des moyens illicites. Сonformément à la décision du tribunal du 30 décembre 2014, il a été condamné à une peine de 3 ans et demi avec sursis avec une période de probation de cinq ans. La période probatoire a ensuite été prolongée d'un an et prendra donc fin le 30 décembre 2020. En conséquence, si le tribunal a pris le parti du Service fédéral pénitentiaire, Navalny risque une prison ferme.

Le délai annoncé expiré, le Service fédéral pénitentiaire russe n'a pour l'heure fait aucune nouvelle annonce concernant le cas de l'opposant russe et sa peine.

Une nouvelle enquête ouverte pour fraudes à grande échelle

Dans le même temps, une nouvelle enquête pour fraudes à grande échelle a été ouverte en Russie contre Alexeï Navalny, ont annoncé ce mardi les autorités russes. Celle-ci n'a aucun rapport avec l'affaire Yves Rocher ni avec la demande du Service fédéral pénitentiaire russe.

Dans un communiqué, le Comité d'enquête russe a fait savoir que Navalny est soupçonné d'avoir dépensé pour son usage personnel 356 millions de roubles (3,9 millions d'euros au taux actuel) de dons récoltés par plusieurs organisations notamment, selon les autorités, des associations de lutte contre la corruption ou de protection des droits humains. Les autorités évoquent notamment des dons au Fonds de lutte contre la corruption, fondé par l'opposant, et cinq autres entités  dont Navalny est de fait le directeur.

Le Comité d'enquête soutient qu'Alexeï Navalny a utilisé cette somme «pour l'acquisition de biens personnels et matériels, ainsi que le paiement de dépenses (y compris des vacances à l'étranger)». La loi russe prévoit jusqu'à 10 ans d'emprisonnement pour ce délit.

Navalny dénonce «une crise d'hystérie»

«On dirait que (Vladimir) Poutine fait une crise d'hystérie», a réagi l'opposant, sur son compte Twitter. Il a appelé ses partisans à se moquer de cette nouvelle enquête en continuant à faire des dons à ses organisations.

Il a également soutenu que cette nouvelle affaire était lié à son empoisonnement présumé en Sibérie, fin août, lors duquel il affirme avoir été victime d'une attaque à un agent neurotoxique, sur ordre du Kremlin. «Ils essayent de m'envoyer en prison car je ne suis pas mort et que j'ai cherché ensuite mes meurtriers», a affirmé Alexeï Navalny.

L'opposant a publié la semaine dernière une vidéo d'une conversation téléphonique avec un membre présumé du FSB dans laquelle ce dernier, pensant parler à un responsable du renseignement, explique que les services spéciaux russes ont bien empoisonné Alexeï Navalny. Les autorités ont qualifié cette conversation de falsification mais n'ont jamais démenti que l'interlocuteur de l'opposant était bien un agent.

Une «reprise incontrôlée de l’épidémie» de Covid-19 jugée «probable» par le Conseil scientifique

mar, 29/12/2020 - 20:28

Une «reprise incontrôlée de l'épidémie» de Covid-19 en janvier est «probable», à cause du «surcroît de contaminations» provoqué par les fêtes de fin d'année, avertit dans son dernier avis le Conseil scientifique qui guide le gouvernement.

Dans cet avis remis au gouvernement le 23 décembre mais rendu public seulement le 29 décembre au soir, l'instance propose «trois options» en réponse «à ce risque possible, mais non certain».

Première option, une action immédiate, «dès le 28 décembre» : soit un «confinement strict», mais seulement dans les régions ou les villes les plus touchées, «tout en laissant la possibilité de retour aux vacanciers qui s'y trouvent». Elle a été écartée.

Deuxième option, une réponse «différée» à début janvier, et «adaptée au surcroît des contaminations intervenues en fin d'année». «Cette option vise à réagir après coup, mais rapidement, en ralentissant début janvier la circulation du virus», selon le Conseil scientifique. Cela passe par la «limitation d'activités sociales ou économiques pouvant favoriser des contaminations en s'appuyant sur les données scientifiques issues des différentes enquêtes sur les lieux de contamination pour mieux cibler les mesures de restrictions».

Troisième et dernière option, «une réponse plus tardive», fondée notamment sur le nombre de nouvelles hospitalisations et comprenant «des mesures de restriction accrues, pouvant aller jusqu'à un confinement prolongé».

Le Conseil scientifique met toutefois un gros bémol : cette troisième option «présente le risque d'intervenir trop tardivement et de conduire ensuite à des mesures plus sévères, plus longues et/ou restrictives que celles entrant en vigueur plus tôt».

Un flambée de contaminations en fin d'année ?

«Il est possible qu'un surcroît de contaminations intervienne en fin d'année, notamment à l'occasion des fêtes, propices à des rassemblements familiaux et amicaux», écrit le Conseil pour justifier ces trois scénarii avant de poursuivre : «Le Conseil scientifique estime probable qu'un tel surcroît de contaminations provoque à horizon de quelques semaines une reprise incontrôlée de l'épidémie, une forte augmentation des hospitalisations, des placements en réanimation et des décès.»

Selon les derniers chiffres, la moitié Est de la France (Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté et Alpes-Maritimes particulièrement) est la plus menacée par un rebond de l'épidémie de Covid.

Pas de nouveau confinement mais d'éventuels couvre-feu avancés, annonce Véran sur France 2

mar, 29/12/2020 - 20:17

Un couvre-feu avancé de deux heures, à partir de 18h00, est envisagé à compter du 2 janvier pour les territoires les plus touchés par l'épidémie de Covid-19, a annoncé le 29 décembre le ministre de la Santé Olivier Véran lors du journal télévisé de France 2.

«Nous allons proposer une extension du couvre-feu, qui au lieu de démarrer à 20h00, démarrera à 18h00 dans l'ensemble des territoires dans lesquels ça s'avèrera nécessaire [...] des départements, des métropoles [...], dans lesquels le taux d'incidence serait au-dessus du seuil d'alerte maximale», a indiqué le ministre de la Santé, excluant l'option d'un nouveau confinement local ou généralisé.

Détails à suivre... 

Nord stream 2 : la construction d'un tronçon situé dans les eaux allemandes est terminée

mar, 29/12/2020 - 19:08

Ainsi que l'a rapporté l'agence Tass le 28 décembre, la société Nord Stream 2 AG a annoncé le jour même avoir terminé les travaux de construction de la partie du gazoduc située dans la zone économique maritime exclusive de l'Allemagne. Le segment en question mesure 2,6 kilomètres et se trouve en mer Baltique. L'ouvrage avait repris le 11 décembre après une interruption de près d'un an, consécutive à des sanctions américaines visant les acteurs impliqués dans la construction de la partie sous-marine des gazoducs Nord Stream 2 et TurkStream.

En outre, les travaux dans la zone économique exclusive du Danemark devraient commencer à la mi-janvier.

Moscou se prépare à de nouvelles sanctions américaines

Dans l'objectif d'exhorter les acteurs impliqués dans le projet à interrompre les travaux, Washington préparerait des sanctions plus étendues dans les semaines à venir, ont récemment fait savoir de hauts fonctionnaires de l'administration américaine, cités le 23 décembre par l'agence Reuters.

Alexandre Novak, vice-premier ministre russe, a ainsi déclaré le 28 décembre que la Russie devrait s'adapter à d'éventuelles nouvelles sanctions, toujours selon Reuters.

Le projet Nord Stream 2 correspond à la construction de deux pipelines parallèles permettant d'acheminer une capacité totale de 55 milliards de mètres cubes par an depuis la Russie jusqu'à l'Allemagne en passant par la mer Baltique. Selon Tass, 94 % de l'ouvrage ont déjà été construits. Le consortium chargé de la construction du gazoduc, dirigé par le géant gazier russe Gazprom avec des partenaires occidentaux, doit encore poser plus de 100 km de pipeline, a de son côté rapporté Reuters. 

La Russie s'estime libre de ne pas indemniser les ex-actionnaires de Ioukos

mar, 29/12/2020 - 17:36

2021 n'a pas encore débuté mais s'annonce déjà intense sur le plan juridique pour la Russie. Plus précisément, Moscou s'apprête à livrer bataille avec les juges occidentaux et les oligarques russes des années 1990. La raison d'une telle confrontation ? Une nouvelle décision permettant au pays de refuser de payer ce qui est considéré comme le plus grand règlement juridique de l'histoire concernant un empire pétrolier qui s'est effondré : la fameuse affaire Ioukos.

À son apogée, Ioukos produisait 20% du pétrole russe, le plaçant fermement parmi les entreprises les plus précieuses du monde. L'entreprise a vu le jour grâce à la privatisation d'anciens actifs de l'Etat après la chute de l'Union soviétique, l'homme d'affaire Mikhaïl Khodorkovsky ayant acquis les actifs pour une fraction de leur valeur lors d'une vente aux enchères qualifié par l'économiste russe Andrey Illarionov d'«escroquerie du siècle».

Si Mikhaïl Khodorkovsky affirme que son arrestation pour fraude et l'effondrement ultérieur de Ioukos étaient liés à son activisme politique et à son animosité personnelle envers le président russe Vladimir Poutine, ce dernier rappelle que l'oligarque, autrefois considéré comme l'homme le plus riche de Russie, lui avait reconnu sa culpabilité en privé en échange d'une grâce en 2013.

Mikhaïl Khodorkovsky insiste sur le fait qu'il a renoncé à toute réclamation à son ancien empire et que, si un règlement était conclu dans l'affaire Ioukos, il n'en bénéficierait pas. Cependant, les autorités russes soupçonneraient qu'un certain nombre de plaignants dans l'affaire Ioukos auraient des liens financiers étroits avec l'ancien magnat du pétrole.

La Cour constitutionnelle, l'une des plus hautes autorités judiciaires de Russie, a statué le 25 décembre que la décision du tribunal international dans le différend de longue date sur le géant de l'énergie désormais dissous Ioukos est incompatible avec la loi russe. L'affaire a été entendue par le tribunal de La Haye, qui revendique sa compétence en vertu du traité sur la charte de l'énergie, et a accordé aux anciens actionnaires de la société un versement de 50 milliards de dollars du gouvernement russe au début de cette année. Moscou a revendiqué une victoire en novembre de l'autre côté de l'Atlantique, lorsqu'un tribunal américain, qui avait examiné l'affaire au même moment, a décidé de rejeter la demande des ex-actionnaires.

Alors comment expliquer la toute récente décision de la Cour constitutionnelle russe ? Il se trouve que la Russie a signé le Traité de la charte sur l’énergie qui confère des pouvoirs aux tribunaux internationaux sans jamais l'avoir ratifié. La haute instance juridique russe a donc décidé qu'elle n'était pas liée par les termes de l'arrêt de La Haye. Selon cette décision, si le gouvernement russe a entamé le processus de signature du pacte en 1994, il n'avait pas le pouvoir de rendre les lois nationales inférieures aux accords internationaux ou de «contester la compétence» des tribunaux russes. Par conséquent, concluent les juristes, adhérer aux demandes du tribunal néerlandais serait simplement «inconstitutionnel».

De quoi fâcher les plaignants dans l'affaire Ioukos qui dure depuis seize ans. Pour rappel, ce sont des oligarques qui ont perdu de l'argent lorsque Ioukos, autrefois l'une des plus grandes entreprises d'Europe, s'est effondrée en 2004. Leur argument est le suivant : une facture fiscale de plusieurs milliards de dollars et l'arrestation de son PDG et fondateur, Mikhail Khodorkovsky pour fraude, équivalaient à une «appropriation» par l'Etat de ses actifs. Cependant, les autorités russes insistent sur le fait que les actionnaires ne peuvent pas être considérés comme «légitimes» et que les juges néerlandais n'avaient pas le droit de statuer en leur faveur.

Dès juillet 2014, La Haye a ordonné à Moscou de payer 50 milliards de dollars pour indemniser les plaignants. Après avoir épuisé la procédure d'appel en février de cette année, les avocats russes ont demandé à la Cour suprême néerlandaise d'examiner l'affaire et d'annuler la décision. Cependant, début décembre, celle-ci s'est rangée du côté des oligarques.

La Russie a fait part de son regret quant à cette décision en affirmant notamment que les jugements étaient «politiquement motivés» et en décembre, le ministre de la Justice de la fédération de Russie Konstantin Tchouïtchenko a déclaré aux journalistes que l'affaire faisait partie d'une «guerre juridique déclarée contre la Russie» tout en ajoutant que «la Russie doit se défendre de manière adéquate et, parfois même riposter».

Le règlement colossal qui s'élève à environ 50 milliards de dollars, à peu près l'équivalent du budget militaire annuel russe, serait la plus grande récompense de l'histoire. Si Moscou refuse de régler la facture, cela risque de déclencher l'une des impasses les plus graves de l'histoire du droit international et laisserait les Etats occidentaux décider de respecter la décision constitutionnelle de la Russie ou de faire appliquer les demandes en confisquant des actifs russes à l'étranger.

«Il est clair que l’année prochaine sera chargée du point de vue des procès internationaux»

C'est dans ce contexte que Mikhaïl Galperine, vice-ministre russe de la Justice de la Fédération de Russie, représentant de la Fédération de Russie à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), a accordé une interview à l'agence d'information russe Interfax. Dans cet entretien il explique notamment comment Moscou se prépare à la poursuite du litige avec les anciens actionnaires de Ioukos au cours de l'année 2021, ainsi qu’aux autres affaires en cours dans des tribunaux étrangers.

«Le principal argument juridique international est que la Russie ne consentait pas du tout au transfert de cette affaire à l’arbitrage international», explique Mikhaïl Galperine. «Par conséquent, cela ne relevait pas des compétences des juges d’appui d’examiner la demande des actionnaires de IOUKOS déposée contre la Fédération de Russie». Selon le vice-ministre russe, le Traité de la charte sur l’énergie, signé par les représentants du gouvernement russe en 1994, ne s'est pas avéré opportun pour la Russie. «Il semblait à cet époque que cet accord multilatéral jetterait les bases de la coopération entre la Russie et d’autres pays post-socialistes d’Europe de l’Est et les économies occidentales tout en attirant les investissements étrangers nécessaires pour le secteur énergétique russe. Ces attentes n’ont pas été tout à fait satisfaites. Au contraire, les dispositions de ce traité international ont été utilisées par certains hommes d’affaires russes sans scrupules qui, se cachant derrière la "façade" légale des sociétés offshore étrangères, ont déposé des plaintes pour des montants de plusieurs milliards de dollars contre leur propre pays en tant qu’investisseurs "étrangers". [...] Après avoir exigé de faire un calcul de toutes les conséquences de l’adhésion au traité, la Douma n’a pas procédé à l’examen du projet de loi relatif à sa ratification. Le Traité n’a donc jamais été ratifié par le Parlement et en 2009, la Russie a officiellement procédé au retrait de sa signature du traité». 

Les dispositions du traité international sur le renvoi des litiges éventuels à l’arbitrage d’investissement ne pouvaient aucunement être appliquées, elles n’avaient pas de valeur juridique pour la Russie

Et puisque le Traité de la charte sur l’énergie n’a pas passé la procédure de ratification exigée par la législation russe et le traité lui-même, la Russie s'estime libre de ne pas faire appliquer les décisions des instances étrangères, comme dans le cas de l'affaire Ioukos, explique Mikhaïl Galpérine. «Les dispositions du traité international sur le renvoi des litiges éventuels à l’arbitrage d’investissement ne pouvaient aucunement être appliquées, elles n’avaient pas de valeur juridique pour la Russie. Autrement, on aurait dû admettre que les principes universels de la démocratie, de l’Etat de droit et de la séparation des pouvoirs qui sont inhérents à tous les pays civilisés ne s’appliquent pas. En vertu de ces principes, certaines décisions de politique étrangère ne peuvent pas être prises par les organes exécutifs sans consentement exprès du Parlement. Il s’agit notamment de la cession par l’Etat de sa juridiction judiciaire au tribunal international, l’expression du consentement à la compétence des arbitres internationaux de prendre les décisions contre l’Etat.»

C'est dans ce contexte que le vice-ministre russe fait référence à la toute récente décision de la Cour constitutionnelle russe. «L’impossibilité d’appliquer sans ratification les dispositions du traité international sur le transfert des compétences à l’arbitrage d’investissement a été une fois de plus confirmée par la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie. Celle-ci s’est référée entre autres à la Cour de justice de l’Union européenne qui, en 2018, a invalidé les clauses compromissoires des accords d’investissement entre les pays-membres de l’UE par sa décision de rediriger les investisseurs depuis les arbitrages internationaux vers les tribunaux des Etats», explique Mikhaïl Galperine. Il assure d'ailleurs que cet avis fondé sur un nombre de conventions internationales, est partagé par certains autres pays d'Europe. «[Notre position] est pleinement conforme à la Convention de Vienne sur le droit des traités, à la Convention européenne des droits de l’Homme et à d’autres textes internationaux fondamentaux. D’ailleurs, notre interprétation des questions relatives à l’application des conventions internationaux en matière d’investissements fait écho à la position de la Finlande, de l’Italie, de l’Allemagne et d’autres pays».

Pourtant le risque que les anciens actionnaire de Ioukos poursuivent les tentatives de faire saisir les avoirs russes à l'étranger persiste, et Mikhaïl Galperine semble en être conscient. «Depuis l’année 2014, ils ont fait des tentatives de mauvaise foi de faire saisir non seulement la propriété de l’Etat, mais aussi les avoirs des sociétés russes dans des pays d’Europe occidentale. Toutes ces attaques ont été déjouées. Au cours de l’année, dans leur correspondance avec la Cour suprême des Pays-Bas, les plaignants ont indiqué qu’ils n’envisageaient pas de reprendre leurs tentatives de faire saisir les avoirs russes jusqu’à la fin de décembre 2020. En conséquence, nous n’excluons pas que les [anciens] actionnaires de IOUKOS puissent reprendre leurs actions procédurales dans différents pays immédiatement après le carillon du Nouvel an du Kremlin». 

Le vice-ministre russe assure pourtant être prêt à la bataille juridique qui se profile : «Sans me vanter, je peux dire que nous sommes bien équipés, prêts à faire face efficacement aux tentatives de saisie dans tout pays du monde. L’équipe juridique russe a acquis une grande expérience en matière de défense des intérêts de l’Etat dans différentes juridictions. Et au cours de ces 15 dernières années, nous avons rassemblé une grande collection de preuves des activités illégales des plaignants qui seront employées devant des tribunaux étrangers.»

A la question du journaliste sur d'autres événements dans les procès internationaux impliquant la Russie auxquels il faut s'attendre en 2021, le vice-ministre se veut lucide. «Il est déjà clair qu’en ce qui concerne les procès internationaux, l’année suivante sera chargée. De nombreuses procédures judiciaires prévues pour l’année en cours ont été reportées puisque l’année 2020 a été marquée par les restrictions liées au confinement.» Dans son agenda pour l'année prochaine, Mikhaïl Galperine cite un bon nombre d'événements. «Le 14 janvier prochain, la Cour européenne des droits de l’Homme doit prononcer son arrêt sur la recevabilité de la requête interétatique introduite par l’Ukraine contre la Russie concernant le rattachement de la Crimée. [...] Le 21 janvier, la CEDH rendra public son arrêt sur une autre affaire interétatique – Géorgie contre Russie – concernant les événements d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie d’août 2008. Pour septembre 2021, la CEDH a déjà prévu une audience publique sur les requêtes de l’Ukraine et des Pays-Bas contre la Russie concernant les événements qui ont eu lieu en 2014 dans l’est de l’Ukraine».

Avant de conclure, le vice-ministre se veut plutôt optimiste : «Dans tout procès, une préparation méticuleuse, des arguments clairs et concis, des avocats super-professionnels et habiles, la volonté et la détermination de gagner sont essentiels, mais il est tout aussi important que le tribunal soit équitable envers les deux parties pour que vos arguments soient entendus. J’espère qu’au cours de la nouvelle année, ce sera le cas dans toutes les affaires russes et que les considérations juridiques plutôt que politiques passeront en premier.»

 

Un homme condamné à du sursis pour menaces et injures antisémites contre l'animatrice Valérie Benaïm

mar, 29/12/2020 - 17:33

Un homme qui avait proféré des menaces de mort et des injures antisémites contre l'animatrice de télévision Valérie Benaïm en septembre dernier a été condamné le 29 décembre à deux mois de prison avec sursis par le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine).

Selon plusieurs témoins Samir E., qui souffre d'un handicap mental, avait insulté et menacé la chroniqueuse de l'émission Touche pas à mon poste devant les studios de la chaîne C8 le 22 septembre à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), expliquant notamment vouloir en «découdre avec les juifs».

La polémique Freeze Corleone en toile de fond

A la barre, le prévenu de 33 ans a reconnu des propos «un peu déplacés» mais a nié ce qu'il avait reconnu lors de sa garde à vue : s'être rendu sur place à cause des propos tenus par la chroniqueuse sur le rappeur Freeze Corleone, dont plusieurs morceaux, accusés de véhiculer des messages antisémites, font l'objet d'une enquête pour «provocation à la haine raciale».

Le prévenu a expliqué ne «pas connaître» madame Benaïm et assuré qu'il s'agissait d'un «malentendu», rappelant qu'il était considéré «comme Cotorep [Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel, structure visant à aider à la réinsertion des personnes handicapées]», en raison de ses «problèmes psychologiques», qui lui valent un suivi médical «quotidien» et pour lesquels il suit un traitement. 

Concernant les accusations de menaces proférées en ligne contre l'animatrice, il a assuré ne pas avoir de comptes sur les réseaux sociaux et ne pas «savoir écrire».

Selon la procureure Estelle Colin, qui avait requis quatre mois de prison avec sursis et dénoncé des propos qui s'inscrivent dans «l'antisémitisme du quotidien», Samir E., qui était accusé de «menaces réitérées de crime ou de délit contre les personnes à raison de sa religion», «savait très bien ce qu'il faisait». 

La Suède présente une loi permettant des mesures plus strictes pour lutter contre le Covid-19

mar, 29/12/2020 - 16:49

Le gouvernement suédois a présenté le 28 décembre un projet de loi qui, s’il était adopté, lui octroierait de nouveaux pouvoirs pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Il serait ainsi compétent pour mettre en place des mesures restrictives et coercitives ainsi que des sanctions en cas de violation des règles.

Ces décisions pourraient se manifester par la fermeture de magasins, de centres commerciaux ou de transports publics. Mais aussi la limitation du nombre de personnes autorisées à se rassembler dans certains lieux publics (plages, parcs, etc). Lors d’une conférence de presse, la ministre de la Santé Lena Hallengren a déclaré que «dans de très sérieuses situations, le gouvernement pourra décider de mesures extensives pour prévenir les rassemblements de foules», comme le rapporte l'AFP. Elle précise que «ceux qui violent les restrictions limitant l'accès aux lieux publics peuvent être condamnés à une amende», selon les termes du projet.

Le gouvernement désire que la loi entre en vigueur dès le 10 janvier 2021. Le parlement doit au préalable approuver le texte.

Masque obligatoire dans les transports publics 

La Suède s’est démarquée de la plupart des autres pays en écartant depuis le début de l’épidémie toute mesure coercitive. Ni confinement ni fermetures n’ont été ordonnés. L’arsenal juridique du pays ne dispose pas de loi autorisant le gouvernement à restreindre la liberté de mouvements en temps de paix. C’est entre autres pourquoi un confinement n’a pas été et n’est pas envisageable en Suède.

Mais le grand nombre de contaminations par rapport à ses voisins nordiques a fait réagir les autorités suédoises dès le mois de novembre, lorsqu’a été décidée la limitation à huit personnes à des événements publics. Le 18 décembre, le port du masque a été rendu obligatoire dans les transports publics ; a aussi été actée la limitation des jauges dans les commerces et des tablées de restaurants à quatre personnes (contre huit auparavant). L’enseignement à distance est prolongé jusqu’au 24 janvier.

Je crois que nous avons échoué

Malgré ces changements, le Premier ministre Stefan Löfven a assuré avant Noël à la télévision publique SVT que la Suède n'avait pas changé de stratégie. «C'est exactement la même stratégie : veiller à limiter autant que possible la propagation de l’infection».

Le roi Charles XVl Gustave a quant à lui regretté lors d’une allocution télévisée : «Je crois que nous avons échoué. Nous avons un grand nombre de morts, et cela est terrible», a-t-il affirmé sur SVT le 16 décembre.

La Suède compte plus de 396 000 cas de Covid-19 et 8 279 décès selon les chiffres annoncés le 23 décembre.

Libye : Paris invite au calme après l'appel de Khalifa Haftar à «chasser l’occupant» turc

mar, 29/12/2020 - 15:05

La France a appelé le 28 décembre 2020 le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de la Libye, à «s'abstenir de toute reprise des hostilités» et à se «concentrer» sur la recherche d'une solution politique.

«Il n'y a pas de solution militaire en Libye. La priorité va à la mise en œuvre de l'accord de cessez-le-feu du 23 octobre 2020 qui prévoit le départ des forces et des mercenaires étrangers, ainsi qu'à la poursuite du processus politique sous l'autorité des Nations unies», a déclaré un porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères avant d'ajouter : «Nous appelons toutes les parties libyennes à soutenir ce processus, à s'abstenir de toute reprise des hostilités et à se concentrer sur la nomination d'un nouvel exécutif et l'organisation des échéances électorales prévues le 24 décembre 2021, comme décidé par le Forum politique libyen, sous les auspices des Nations unies.»

Le maréchal Haftar souhaite «chasser l'occupant»

Le maréchal Khalifa Haftar a appelé ses forces à reprendre les armes pour «chasser l'occupant» turc, dans un discours le 24 décembre à l'occasion du 69e anniversaire de l'indépendance de la Libye.

La Turquie, qui soutient militairement le Gouvernement d'union nationale (GNA), reconnu par l'ONU, a alors averti qu'elle répliquerait à toute attaque contre ses forces en Libye.

La France, très impliquée ces dernières années dans la recherche d'une solution politique en Libye, est régulièrement soupçonnée de soutenir le maréchal Haftar, ce dont elle se défend. Après l'intervention militaire turque en janvier et l'échec de l'offensive lancée par le maréchal Haftar sur Tripoli, les cartes ont été en partie rebattues dans le conflit libyen.

Des pourparlers interlibyens se sont aussi conclus par un accord sur des élections nationales en décembre 2021, mais pas sur les têtes de l'exécutif censé accompagner la transition.

Le Bitcoin catapulté à 1,4 million de dollars ? Une plateforme d'échange ciblée par des hackers

mar, 29/12/2020 - 13:52

Ainsi que l'a relevé le 29 décembre 2020 le site francophone spécialiste des cryptomonnaies Cryptoast, la plateforme d'échange russe Livecoin a fait l'objet d'une attaque de hackers l'avant-veille de Noël, catapultant temporairement le cours du Bitcoin à des sommets astronomiques, jusqu'à près d'1,4 million de dollars l'unité, selon certaines captures d'écran...

Joyeux Noël 🥳

D'ici quelques années pourquoi pas 😂
Pour l'instant RIP Livecoin pic.twitter.com/4IEKHg6Jej

— CryptoSwing 🇫🇷 (@CryptoSwingg) December 24, 2020

L'attaque en question a également fait l'objet d'un article sur la version française du site ZDNet, spécialisé dans l'économie des nouvelles technologies. «Avant que les administrateurs de Livecoin ne parviennent à récupérer l'accès à certains de leurs systèmes, en fin de journée le 24 décembre, le taux de change était passé [...] à plus de 450 000 dollars p[our un] Bitcoin ; le prix de l'Ether était passé [...]à 15 000 dollars et celui de Ripple avait augmenté de 0,27 dollars à plus de 17 dollars», relate ZDNet, selon qui les hackers à l'origine de l'opération auraient réussi à encaisser des profits gigantesques sur la plateforme.

«Même si certains sont parvenus à vendre leurs cryptomonnaies à ces prix absolument mirobolants, les retraits de la plateforme ont été coupés en parallèle», a précisé Cryptoast.

A l'heure où nous écrivons ces lignes, la plateforme d'échange Livecoin reste inaccessible aux utilisateurs. «Livecoin a annoncé avoir informé les forces de l'ordre», rapporte encore ZDNet.

Un médecin proche de laboratoires privés nommé à la tête de l'Agence sur les maladies infectieuses

mar, 29/12/2020 - 13:33

Le professeur Yazdan Yazdanpanah, membre du conseil scientifique depuis le début de la crise de Covid-19 et chef de service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat de Paris, a été nommé à la tête de la nouvelle Agence de recherche sur les maladies infectieuses par arrêté du ministre des Solidarités et de la Santé et de la ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, comme l’indique le Journal officiel du 26 décembre.

L’Agence autonome rattachée l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM), créée le 3 décembre, regroupe les activités de l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS) et du consortium de recherche en infectiologie REACTing (REsearch and ACTion targeting emerging infectious diseases).

L’objectif affiché par le gouvernement est de «renforcer la recherche biomédicale sur les maladies infectieuses émergentes et mieux armer scientifiquement la réponse publique à l’épidémie de Covid-19», ont expliqué les ministres de tutelle (Santé et Recherche) par voie de communiqué. Son champ d’action couvrira les «maladies infectieuses émergentes, le sida, les infections sexuellement transmissibles et les hépatites virales».

De nombreux liens avec de grands groupes pharmaceutiques

La nomination de Yazdan Yazdanpanah à la tête de cette nouvelle entité pose question. Et pour cause, le gastro-entérologue a cultivé des liens étroits avec des laboratoires pharmaceutiques. Il a fait partie des différents comités et conseils de plusieurs d’entre eux : Johnson & Johnson, Viiv, Abbvie, MSD, Pfizer, Janssen, BMS, Gilead, etc. Entre 2014 et 2019, il aurait perçu environ 96 000 euros de groupes privés.

En mars 2020, il expliquait à Mediapart avoir cessé ces pratiques : «Depuis 2017, j’ai arrêté mes liens avec les laboratoires [...] Est-ce que trois ans et demi ça suffit pour se défaire d’un lien ? Ce sont des discussions que nous avons dans le cadre de la définition d’un règlement intérieur.»

Le délai de cessation des liens d’intérêt est l’un des critères pris en compte par la Haute autorité de santé (HAS) afin de déterminer si certains médecins sont légitimes pour se saisir de certains sujets. En 2013, la HAS a publié un «guide de gestion des conflits d’intérêts». La définition apportée est la suivante : «Une situation dans laquelle les liens d’intérêts d’une personne sont susceptibles, par leur nature ou leur intensité, de mettre en cause son impartialité ou son indépendance.» Le «"déclassement" d’un lien d'intérêts majeur en autre lien d'intérêts peut se produire quand le lien d’intérêts a disparu depuis au moins trois ans». Mais, selon Marianne, Yazdan Yazdanpanah aurait accepté «huit repas (dont sept payés par MSD) en 2018».

Chose surprenante, la HAS affirme dans son guide accepter une certaine dose de conflit d’intérêts : «Dans certains cas, les objectifs de protéger la santé publique» imposent d’«accepter le concours d’un expert dans une situation de conflit d’intérêts, car il est le seul à pouvoir fournir une expertise d’une qualité suffisante.»

Dans le cas de Yazdan Yazdanpanah, la question des conflits d’intérêts se pose d’autant plus que celui-ci est membre du Comité analyse et expertise (Care) chargé de l’éclairer le gouvernement sur les questions scientifiques liées au Covid-19.

Or, dès les frémissements de l’épidémie de Covid-19 en janvier 2020, le professeur Yazdanpanah a contribué aux tests du remdesivir sur des patients atteints du Covid-19 à l’hôpital Bichat, un médicament produit par le laboratoire Gilead avec qui Yazdan Yazdanpanah a donc eu des liens d’intérêts. Cette décision de tester le remdesivir a été critiquée par le professeur Didier Raoult lors de la Mission d’information de la conférence des présidents sur l’impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l’épidémie de coronavirus-Covid-19 du 24 juin 2020.

«Les experts, sur les questions dont ils sont saisis, ne doivent pas avoir de conflits d’intérêts. Si quelqu’un qui a travaillé pour Gilead [...] c’est un problème s’il doit s’exprimer au sujet du remdesivir»

Didier Raoult estime devant la Mission d'information que le choix du traitement était précipité : «Quand j’ai commencé à discuter avec le ministère, on m’a tout de suite dit que Yazdan Yazdanpanah gérerait les essais. Or, dès le début, celui-ci n’a parlé que du remdesivir avant même que sa sensibilité au virus soit testée. Le targocid, un antibiotique injectable, avait été testé sur le SARS et avait donné de bons résultats : des solutions alternatives existaient.» Lorsqu’il apprend que les essais du professeur Yazdanpanah ont été lancés «en dehors de tout conseil scientifique» son souhait de quitter ce dernier est confirmé.

Le professeur Raoult avance alors que  «les experts, sur les questions dont ils sont saisis, ne doivent pas avoir de conflits d’intérêts. Si quelqu’un qui a travaillé pour Gilead parle de microscopie électronique, cela ne me gêne pas, mais c’est un problème s’il doit s’exprimer au sujet du remdesivir».

Parallèlement, il continue à défendre l’hydroxychloroquine, «bien moins toxique que le remdesivir qui provoque des insuffisances rénales. Quand des molécules ont été prescrites des milliards de fois, leur sécurité est établie de manière fine alors que pour celles qui n’ont été testées que sur 1 000 ou 2 000 personnes, on ne peut cerner que les problèmes apparaissant dix ou vingt fois sur cent et non une fois sur 1 000 ou 10 000. Les effets secondaires sont moins bien pris en compte».

Et le remdesivir a bel et bien montré des effets secondaires. Un article de l’International Journal of Infectious Diseases de septembre 2020 informe que «le traitement a dû être interrompu chez quatre des cinq patients» à cause d’une élévation de l’ALT (alanine aminotransférase, une enzyme hépatique) et/ou une insuffisance rénale. «Le remdesivir est un antiviral avec une activité in vitro efficace contre le SARS-Cov-2.» Mais «l’évidence d’une amélioration clinique chez les patients atteints de forme sévère du Covid-19 traités au remdesivir est controversée».

Le 20 novembre, l’OMS met aussi à mal l'utilité du traitement de Gilead chez les patients atteints de Covid-19. Elle publie une «recommandation conditionnelle» contre l’administration de remdesivir «aux patients hospitalisés, quelle que soit la gravité de leurs symptômes, dans la mesure où rien ne prouve à ce jour que le remdesivir améliore pour ces patients les chances de survie et les autres résultats sanitaires». Début octobre, la Commission européenne en commandait 500 000 doses à Gilead permettant aux Etats européens de commander jusqu’à 1 milliard d’euros du traitement.

Maïlys Khider

«Conflit géopolitique enclenché» : le président argentin s'exprime sur vaccin russe Spoutnik V

mar, 29/12/2020 - 12:17

Simultanément aux tractations qu'elle mène pour la fourniture du vaccin américano-allemand de Pfizer-BioNTech, l'Argentine est devenue le premier pays d'Amérique latine à donner son feu vert au vaccin russe contre le Covid-19, avec une campagne de vaccination débutant ce 29 décembre 2020. Lors d'une interview diffusée la veille sur la télévision nationale, le président argentin Alberto Fernandez a réagi aux débats à ce sujet, évoquant notamment une concurrence dans laquelle les protagonistes cherchaient à «se discréditer» mutuellement.

«Le premier aspect à prendre en compte est qu’il y a un conflit commercial et géopolitique enclenché. Il y a aussi, car tout le monde aspire à ce vaccin, un différend géopolitique sur la question de savoir qui saura s’imposer. C’est ce que nous observons avec le vaccin russe du Centre Gamaleïa», a déclaré le chef d'Etat argentin. «Il y a une guerre commerciale déchaînée», a-t-il commenté sur Twitter.

📺“Hay una guerra comercial desatada y hay además, como todo el mundo anhela a esa vacuna, una disputa geopolítica por quién es el que la impone”. El presidente @alferdez en #Desiguales por @Tv_Publica. pic.twitter.com/bN8uNqwRt0

— Alberto Fernández Prensa (@alferdezprensa) December 29, 2020

Ainsi que le rapportait l'agence Tass le 23 décembre, l'Argentine a signé un accord prévoyant la livraison de dix millions de doses de Spoutnik V.

Alberto Fernandez avait alors déclaré que l'accord avec la Russie était le troisième contrat d'achat de vaccins signé par l'Argentine, après ceux signés avec le britannique AstraZeneca et Covax, le mécanisme international de fourniture de vaccins anti-Covid aux pays en développement lancé sous l'égide de l'OMS.

Le 10 décembre, le président argentin Alberto Fernandez avait annoncé qu'il serait le premier citoyen du pays à se faire administrer le vaccin russe Spoutnik V contre le Covid-19.

Comme le relève l'AFP, l'Argentine, 44 millions d'habitants, a enregistré près de 1,5 million de cas positifs et déploré plus de 40 000 décès depuis le début de l'épidémie.

Police nationale : un concours bradé et une formation trop courte ?

mar, 29/12/2020 - 12:13

Selon les informations du journal Le Parisien, les nouvelles recrues policières d'Ile-de-France ne satisferaient plus les conditions d'exigence d'antan. Pour expliquer ce phénomène, le quotidien francilien avance plusieurs hypothèses.

Premièrement les policiers bien notés choisissent des affectations qui les rapprochent de leur département d'origine, plus souvent en province... les moins bien notés n'ayant d'autre choix que de se tourner vers la région parisienne, très consommatrice en nouvelles recrues du fait des demandes fréquentes de mutations vers la province de la part des policiers plus aguerris.

Deuxièmement, les grilles d'évaluation au recrutement auraient été «revues à la baisse ces dernières années» afin d'éviter les erreurs éliminatoires telles que l'oubli d'une signature ou d'une date sur un procès-verbal.

Par ailleurs, un besoin pressant d'effectif se fait sentir depuis la fin du mandat de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République et, si en 2012 un candidat sur 50 était reçu au concours, le ratio était descendu à un sur cinq dès 2013, toujours selon cette même source. Le Parisien précise que 10 fois plus de postes ont été créés dans le même temps, mais pour le même nombre de postulants.

Résultat : la note moyenne des candidats reçus au concours baissent sensiblement chaque année. Elle est ainsi passée de 12,9 à 11,43 entre 2018 et 2019, selon nos confrères.

Formation réduite, comportement et niveau de connaissances inquiétants

Pire, selon cette même enquête, le comportement et le niveau intellectuel des policiers nationaux n'est plus aussi bon non plus : un membre de jury confie que «depuis deux ans», les notes de 7 ou 8/20 suffisent pour entrer dans la police. Une donnée qu'un syndicaliste policier avait déjà admise auprès de RT France en 2018.

Le membre du jury interrogé par Le Parisien précise : «7/20, c'est du niveau collège.[...] Des élèves ayant commis des délits ont même été admis.»

Par ailleurs, un formateur interrogé par le journal francilien souligne : «Une part des stagiaires ne sait pas s'exprimer clairement. Ils perdent facilement leurs moyens et deviennent agressifs dans une discussion car ils n'ont pas le langage suffisant pour argumenter.»

D'autre part la formation, qui était de 12 mois auparavant, a été abaissée à huit mois en juin 2020. Le ministre Darmanin lui-même a reconnu au mois de décembre devant l'Assemblée nationale qu'il s'agissait d'une «erreur fondamentale».

Des formateurs interrogés par Le Parisien déplorent également : «On a même réduit la formation théorique de 12 mois à huit mois, cela permet de gagner une ou deux promotions sur un quinquennat. Ça défie toutes les règles pédagogiques, il n'y a plus de qualité d'apprentissage.»

Un formateur de la police nationale avec plusieurs décennies au compteur interrogé par RT France en juin 2020 pointait aussi le manque d'écoute de la base en la matière de la part des législateurs : «Le problème, je vais vous le dire : quand les élus viennent faire un tour dans nos centres de formation, le milieu est stérilisé autour, on ne peut même pas les approcher. Ils n'ont aucun vrai retour du terrain lors de ces visites. Les sénateurs, s'ils veulent voir comment ça se passe, qu'ils viennent équipés avec nous sur le terrain en anonymes. Comme dans Vis ma vie, vous voyez... Ils se feront copieusement insulter avec nous, comme ça arrive tous les jours. Là, au moins, ce ne sera pas du fictif. [...] Le problème principal, c'est le fonctionnement même de l'administration : un patron de police voit sa prime augmenter lorsque ses gars sont sur le terrain ou quand ils font des formations au tir, mais l'exercice physique du fonctionnaire, le self-défense, la course à pied, les pompes, ça par contre, ça ne fait pas avancer les primes de résultat exceptionnelles. Donc ces entraînements ne sont pas privilégiés.»

Pas de crise de vocation ?

Si l'enquête du Parisien fait valoir qu'il n'y aurait pas de crise vocation, ce n'était toutefois pas le point de vue de l'ancien secrétaire général de l'Unsa-Police, Philippe Capon interrogé par RT france en juin 2018 : «Aujourd'hui, le ministère de l’Intérieur se retrouve même en difficulté pour pouvoir recruter des policiers. Preuve en est, ils ont dû lancer une large campagne publicitaire avec des crédits importants (on parle d’un million d’euros) pour pouvoir faire venir des jeunes dans la police nationale et procéder au recrutement de jeunes policiers. La vocation des jeunes à devenir policiers qui était très importante après les événements de janvier 2015 est très fortement retombée. C’est quand même le signe que ce métier qui était censé attirer présente des contraintes telles que l’intérêt pour les jeunes est de faire un autre métier.»

Les affaires de mauvaise utilisation de la force qui ont défrayé la chronique et écorné l'image de la police du quotidien ou de la gestion du maintien de l'ordre devront-elles être relues à l'aune de ces informations complémentaires ? Quelle part de responsabilité les législateurs, gouvernements successifs et donneurs d'ordre de l'administration assumeront-ils dans cet état de fait actuel ? A suivre...

Antoine Boitel

Cinquante journalistes tués dans le monde en 2020, selon RSF

mar, 29/12/2020 - 11:29

En 2020, 50 journalistes ont été tués et près de sept sur dix l'ont été dans des pays en paix et non des zones de guerre, annonce Reporters sans frontières (RSF) dans son bilan annuel publié le 29 décembre 2020.   

Si le nombre de morts «reste stable» par rapport aux 53 journalistes tués en 2019, de plus en plus «sont assassinés dans des pays en paix», soit 34 personnes, représentant 68% du nombre total de tués, souligne l'organisation non gouvernementale (ONG) qui a établi ce décompte entre le 1er janvier et le 15 décembre.

Huit journalistes tués au Mexique en 2020 

La proportion de journalistes tués dans des zones de conflits ne cesse de chuter, passant de 58% en 2016 à 32% cette année dans des pays comme la Syrie, le Yémen ou «des zones minées par des conflits de basse ou moyenne intensité» (Afghanistan, Irak). 

Le Mexique est le pays le plus meurtrier pour la profession avec huit tués, suivi par l'Inde (4), le Pakistan (4), les Philippines (3) et le Honduras (3).

Sur l'ensemble des journalistes tués en 2020, 84% ont été sciemment visés et délibérément éliminés, contre 63% en 2019.

«Certains l'ont été dans des conditions particulièrement barbares», souligne RSF.

A l'image du journaliste mexicain Julio Valdivia Rodriguez du quotidien El Mundo de Veracruz retrouvé décapité dans l'est de l'Etat, et de son confrère Victor Fernando Alvarez Chavez, rédacteur en chef d'un site d'information locale, découpé en morceaux dans la ville d'Acapulco.

En Inde, le journaliste Rakesh Singh «Nirbhik» a été «brûlé vif après avoir été aspergé de gel hydro-alcoolique, hautement inflammable, tandis que le journaliste Isravel Moses, correspondant d'une chaîne de télévision du Tamil Nadu, a été tué à coups de machettes», rapporte RSF.

En Iran, c'est l'Etat qui a condamné à mort puis exécuté par pendaison l'administrateur de la chaîne Telegram Amadnews, Rouhollah Zam.

387 journalistes emprisonnés dans le monde en 2020

Près de vingt journalistes d'investigation ont été tués cette année : dix enquêtant sur des cas de corruption locale et de détournements de fonds publics, quatre sur la mafia et le crime organisé et trois travaillant sur des sujets liés à des questions environnementales. 

Reporters sans frontières relève également la mort de sept journalistes couvrant des manifestations en Irak, au Nigeria et en Colombie, un «fait nouveau», souligne l'ONG.

Dans la première partie de son bilan annuel, publié mi-décembre, RSF avait recensé 387 journalistes emprisonnés, «un nombre historiquement haut». 

La Fédération internationale du journalisme avait pour sa part répertorié 2 658 journalistes tués depuis 1990.

La nouvelle souche du Covid-19 était déjà présente en Allemagne depuis le mois de novembre

mar, 29/12/2020 - 10:56

La nouvelle souche du coronavirus détectée au Royaume-Uni était déjà présente dans le nord de l'Allemagne dès le mois de novembre où elle a été identifiée chez un patient, ont fait savoir les autorités sanitaires allemandes le 29 décembre 2020.

Des scientifiques ont «pu séquencer la variante du virus B1.1.7, chez une personne infectée en novembre cette année», a affirmé le ministère de la Santé de Basse-Saxe, dans un communiqué, transmis à l'AFP. Cette variante est «responsable d'une grande partie des infections détectées dans le sud de l'Angleterre», a-t-il précisé.

Une mutation considérée comme plus contagieuse par les autorités britanniques

Le patient contaminé fin novembre, «très âgé» et souffrant de pathologies antérieures, est «entre-temps décédé», ajoute le communiqué sans spécifier la cause du décès. L'épouse de cet homme, qui a contracté la même souche du coronavirus, est guérie. Leur fille avait séjourné au Royaume-Uni «mi-novembre», et se serait «selon toute vraisemblance» infectée sur place, affirment les autorités.

Les équipes de la Haute école de médecine de Hannovre ont pu identifier la souche après un «séquençage» de génome. Ces résultats ont été confirmés par l'équipe berlinoise du virologue Christian Drosten, de l'hôpital de la Charité, référence concernant le Covid-19 en Allemagne.

Jusque-là, l'Allemagne n'avait fait état que d'un cas avéré de la nouvelle mutation du coronavirus, chez une femme arrivée par avion de Londres le 24 décembre dernier. Cette mutation est considérée comme plus contagieuse par les autorités britanniques, qui ont tiré la sonnette d'alarme la semaine dernière.

L'apparition de la nouvelle souche en Angleterre a conduit la plupart des Etats européens à fermer leurs frontières avec le pays la semaine dernière. La mutation a depuis été retrouvée dans plusieurs pays, comme le Portugal, la France, ou encore la Jordanie et la Corée du Sud.

L'Allemagne a prolongé jusqu'au 6 janvier la suspension des liaisons terrestres, maritimes et aériennes avec la Grande-Bretagne.

«Composante islamiste du CFCM» : la grande Mosquée de Paris boude le projet de Conseil des imams

mar, 29/12/2020 - 10:10

Le recteur de la grande mosquée de Paris a annoncé le 28 décembre se retirer du projet de Conseil national des imams (CNI), voulu par l'Elysée et confié au Conseil français du culte musulman (CFCM), en dénonçant l'influence de «la composante islamiste» au sein du CFCM.

«J'ai décidé [...] de ne plus participer aux réunions qui visent à mettre en œuvre le projet du Conseil national des imams et de geler tous les contacts avec l'ensemble de la composante islamiste du CFCM», écrit le recteur, Chems-Eddine Hafiz, dans un communiqué. Il s'agit d'une décision «irrévocable», affirme-t-il. 

Le projet d'un Conseil national des imams (CNI) chargé de certifier leur formation en France a été poussé avec insistance par l'Elysée dans le cadre de son projet de loi contre l'islam radical et les «séparatismes».

La pression pour mieux encadrer l'islam de France avait encore augmenté avec l'assassinat islamiste de Conflans-Sainte-Honorine et l'attentat djihadiste de Nice.

Le recteur dénonce «la composante islamiste au sein du CFCM»

Ce projet a été confié au CFCM, son principal interlocuteur sur les questions d'organisation du culte musulman en France. Le CNI doit délivrer un agrément aux imams en fonction de leurs connaissances et de leur engagement à respecter un code de déontologie.

Les neuf fédérations de mosquées qui composent le CFCM, régulièrement critiqué pour son manque de représentativité, devaient d'abord se mettre d'accord début décembre sur une «charte des valeurs républicaines». 

«Malheureusement, la composante islamiste au sein du CFCM, notamment celle liée à des régimes étrangers hostiles à la France, a insidieusement bloqué les négociations en remettant en cause presque systématiquement certains passages importants» de la charte, critique le recteur de la grande mosquée de Paris. 

Des «membres de la mouvance islamiste» auraient fait croire «que cette charte avait pour ambition de toucher à la dignité des fidèles musulmans», détaille Chems-Eddine Hafiz. C'est «un mensonge éhonté», dénonce-t-il. 

Et de poursuivre : «J'estime que la représentation des musulmans mérite autre chose [...] que des agissements douteux entourés d'actions qui cherchent à diviser la communauté nationale et à séparer les Français de confession musulmane de leur société.»

Début décembre déjà, une dizaine de figures de l'islam réformé avaient dénoncé le rôle accordé par l'Etat au CFCM pour la création du CNI, le qualifiant d'«institution fragile».

L'Espagne va créer un fichier des personnes refusant la vaccination contre le Covid-19

mar, 29/12/2020 - 09:38

Les autorités espagnoles tiendront un registre des personnes refusant de se faire vacciner contre le Covid-19, qui sera partagé avec d'autres pays européens mais ne sera pas rendu public, a indiqué le 28 décembre 2020 le ministre espagnol de la Santé.

Dans une interview à la chaîne de télévision La Sexta, Salvador Illa a de nouveau souligné que la vaccination contre le coronavirus, qui a débuté le 27 décembre en Espagne comme dans de nombreux autres pays de l'UE, ne serait pas obligatoire.

Un fichier «partagé avec d'autres pays européens»

En ce qui concerne les personnes qui ne voudront pas se faire vacciner, «ce qu'on va faire, c'est un registre qui, de plus, sera partagé avec d'autres pays européens», a-t-il poursuivi, précisant qu'il se référait «aux personnes auxquelles on l'aura proposé [de se faire vacciner] et qui, tout simplement, l'auront refusé».

«Il ne s'agit pas d'un document qui sera rendu public», a-t-il toutefois assuré, ajoutant que ce fichier serait élaboré «avec le plus grand respect pour la protection des données».

Selon la dernière étude publiée le 21 décembre par le Centre d'investigation sociologique (CIS), un institut de sondages dépendant du gouvernement, la proportion des Espagnols ne souhaitant pas se faire vacciner a chuté de manière spectaculaire, passant de 47% en novembre à 28% en décembre.

Durant la même période, le pourcentage d'Espagnols se disant prêts à recevoir le vaccin a progressé de 36,8% à 40,5%. 

Comme de nombreux pays européens, l'Espagne a entamé le 27 décembre la campagne de vaccination contre le coronavirus avec le vaccin mis au point par les laboratoires Pfizer et BioNTech.

Le gouvernement dirigé par le socialiste Pedro Sánchez a pour objectif que 2,5 millions de personnes – celles appartenant aux groupes prioritaires ou les plus vulnérables – soient vaccinées d'ici fin février et que le total atteigne 15 à 20 millions d'ici à l'été.

Avec près de 50 000 décès et plus de 1,8 million de cas, selon les chiffres officiels, l'Espagne est l'un des pays européens qui ont été les plus durement frappés par la pandémie.

Pages