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Mis à jour : il y a 3 min 22 sec

Fin du procès Balkany pour blanchiment et corruption, jugement le 18 octobre

il y a 1 heure 12 min

Le tribunal correctionnel de Paris rendra le 18 octobre son jugement dans le second volet du procès des époux Balkany, édiles de Levallois-Perret suspectés de "blanchiment à grande échelle", qui ont concédé quelques "fautes" mais toujours nié s'être fait offrir un luxueux riad à Marrakech.

Pendant cinq semaines, entre coups de sang et gouaille culottée, le baron des Hauts-de-Seine aura tout tenté pour n'apparaître que comme un "fraudeur passif" ayant la corruption en "horreur", rattrapé par sa "manie de vouloir toujours faire plaisir".

Le ton est différent, à la barre, où il vient dire mercredi ses derniers mots. "Je n'aspire qu'à une chose, c'est de pouvoir rester auprès de ma femme parce qu'elle a besoin que je sois près d'elle", dit-il, regrettant d'avoir entraîné là son fils Alexandre.

Patrick Balkany, 70 ans, a affronté les cinq semaines de procès sans son épouse et première adjointe Isabelle, 71 ans, en convalescence après une tentative de suicide début mai.

Le parquet national financier (PNF) a requis une peine à la hauteur de "l'atteinte à la démocratie" qu'il reproche au maire LR de cette commune cossue de l'ouest parisien: sept ans de prison ferme, son incarcération immédiate, dix ans d'inéligibilité et la confiscation de tous ses biens. Contre elle, le parquet a demandé quatre ans avec sursis et 500.000 euros d'amende.

Patrick Balkany et son épouse Isabelle sont soupçonnés d'avoir caché 13 millions d'euros d'avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse aux Antilles et Dar Guycy à Marrakech: une affaire devenue "un symbole de l'impunité des puissants".

- "Déchiqueté" -

La défense n'a pas manqué de s'insurger à nouveau contre la tentation de l'exemplarité judiciaire contre un homme déjà "déchiqueté" par la presse et contre qui la peine requise est "plus lourde que pour certains crimes de sang".

"On ne peut pas rendre la justice sans protéger les portes du palais du vent de la rue", a lancé Me Eric Dupond-Moretti au tribunal, avant d'attaquer les représentants du parquet: "Du haut de vos petits lutrins transparents - transparents comme la société que vous appelez sans doute de vos voeux - vous êtes les chefs d'orchestre de la morale publique".

Les Balkany ont reconnu une fraude fiscale et même une partie des faits de blanchiment. Isabelle Balkany avait, pendant l'instruction, admis avoir acquis grâce à un héritage familial la villa antillaise en 1997, via une société constituée au Liechtenstein par une fiduciaire suisse.

Le couple a en revanche toujours nié détenir le riad de la palmeraie, acquis en janvier 2010 par une SCI marocaine, elle-même détenue par une société écran panaméenne aux titres au porteur. Et ce, en dépit des peignoirs brodés aux initiales "PB", des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany et livrés dans la villa saharienne.

L'accusation affirme que Patrick Balkany s'est fait offrir cette villa par le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber en échange de délais de paiements pour les Tours de Levallois, un juteux projet immobilier qui n'a finalement pas abouti.

S'ils se sont parfois violemment opposés à l'audience, Patrick Balkany et Mohamed Al Jaber se sont accordés pour nier tout "pacte de corruption".

Le PNF voit au contraire un "lien incontestable entre l'acquisition de la maison et le contrat immobilier de Levallois", notamment à travers la "chronologie éclairante" des versements du promoteur saoudien précédant des délais de paiement accordés par la ville.

Le parquet a donc requis de la prison ferme contre le milliardaire, pour avoir "sciemment corrompu un élu de la République", l'avocat Arnaud Claude, présenté comme "le pilote de l'opération" marocaine et contre Jean-Pierre Aubry, alors directeur général de la société d'aménagement de Levallois, "prête-nom jusqu'au sacrifice" pour son "maître" Patrick Balkany.

Une amende de 100.000 euros a été requise contre Alexandre Balkany, pour avoir "couvert" ses parents en souscrivant des baux de location fictifs.

Pour la défense, rien ne tient dans ce dossier. Les avocats du milliardaire saoudien comme ceux de Patrick Balkany ont pilonné une procédure "lamentable" et une accusation qui n'a pas apporté "la moindre preuve d'un pacte de corruption" comme l'y oblige "la loi en vigueur" de 2007.

Le jugement dans ce second volet tombera un mois après la décision dans le premier volet portant sur le seul délit de fraude fiscale (mis en délibéré au 13 septembre). Il appartiendra au tribunal de prononcer ou pas une confusion des peines, s'il condamne les édiles dans ces deux dossiers.

France: l'ancien leader de l'ETA, Josu Ternera, remis en liberté

il y a 1 heure 28 min

La justice française a remis mercredi en liberté, sous contrôle judiciaire, l'ancien chef de l'aile politique de l'organisation séparatiste basque ETA, Josu Ternera, arrêté à la mi-mai en France où il a été condamné deux fois par contumace.

Le leader indépendantiste, également réclamé par la justice espagnole, devra remettre son passeport et ne pourra pas quitter le territoire français. Il devra pointer une fois par semaine dans un commissariat, a indiqué la cour d'appel de Paris.

Ses avocats Laure Heinich-Luijer et Laurent Pasquet Marinacce ont argué que le maintien en détention provisoire de M. Ternera, en attente de nouveaux jugements, était "incompatible avec son état de santé".

Selon les médias espagnols, l'ancien "etarra" de 68 ans souffrirait d'un cancer. Il avait été arrêté le 16 mai, après plus de 16 ans de cavale, sur le parking d'un hôpital français où il se rendait pour être soigné.

"La détention doit constituer une exception quand il y a des éléments permettant d'affirmer que le prévenu se présentera au tribunal", a déclaré à l'AFP Me Marinacce. Louis Joinet, ancien magistrat et conseiller des droits de l'Homme à l'ONU, a proposé d'héberger M. Ternera, selon ses avocats.

Interrogée par l'AFP, Consuelo Ordóñez, présidente du Collectif des victimes du terrorisme du Pays basque (Covite), a exigé que M. Ternera soit extradé vers l'Espagne. "Nous le réclamons depuis 17 ans", a-t-elle rappelé.

M. Ternera est notamment recherché pour son rôle présumé dans un attentat commis en 1987 contre une caserne de la garde civile à Saragosse, dans le nord de l'Espagne, qui avait fait 11 morts, dont cinq enfants.

Dans cette affaire, la justice espagnole a demandé récemment à la France de lui remettre l'indépendantiste. Il est également recherché pour son implication présumée dans l'assassinat, en 1980, d'un cadre du groupe Michelin en Espagne, selon des médias hispaniques.

- "L'abuelo" -

Présents à l'audience, le fils et la fille de Josu Ternera, Egoitz et Irati Urrutikoetxea, ont plongé dans les bras l'un de l'autre en apprenant la remise en liberté de leur père. Cette décision "ouvre de nouvelles perspectives sur la voie de la réconciliation", a assuré Egoitz.

La justice française doit encore examiner les recours formés par Ternera contre ses deux condamnations en France par défaut, quand il était en fuite: la première à cinq ans de prison, prononcée le 1er juin 2010 puis alourdie à sept ans en appel, et la deuxième à huit ans de prison, le 1er mai 2017. Une audience procédurale doit se tenir à ce sujet le 28 juin au tribunal de Paris.

Josu Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea, de son vrai nom, a été à partir de la fin des années 70 le chef de l'appareil politique de l'ETA.

"Ternera, c'était l'+abuelo+ (grand-père) de l'organisation (...) respecté pour sa trajectoire", selon Gorka Landaburu, directeur du magazine Cambio16 et rescapé d'un attentat de l'ETA.

"Il a pris rapidement le pouvoir à la fin des années 1970 et a été un des chefs d'ETA au moment des attentats les plus meurtriers dans les années 1980", ajoute-t-il.

Il est alors considéré comme l'instigateur de la stratégie d'attentats à la voiture piégée. Et celui qui a mis sur pied le commando "itinérant" d'ETA, formé de militants français, le plus meurtrier de l'organisation.

Il avait été interpellé une première fois en France en 1989, à Bayonne (Pays basque français), une grenade à la main et muni de faux papiers, puis condamné à 10 ans de prison et expulsé vers l'Espagne après sa remise en liberté en 1996.

Il s'était alors petit à petit fait le promoteur de négociations de paix avec l'État espagnol, avant d'être écarté de la direction du groupe en 2006.

Elu en 1998 au Parlement autonome basque espagnol, il avait été désigné en 1999 comme l'un des trois négociateurs de l'ETA dans le processus de paix finalement avorté. L'indépendantiste s'était évanoui dans la nature en 2002.

Fondée en 1959, l'ETA est considérée comme responsable de la mort d'au moins 853 personnes durant quatre décennies de violence, avant que l'organisation ne décrète un cessez-le-feu en 2011. C'est Josu Ternera qui, le 3 mai 2018, avait annoncé sa dissolution.

La France, premier pays anti-vaccins, selon une enquête mondiale

il y a 1 heure 33 min

La France, patrie du pionnier de la vaccination Louis Pasteur, est le pays le plus sceptique envers les vaccins: un Français sur trois ne croit pas qu'ils soient sûrs, selon une enquête mondiale publiée mercredi.

L'étude réalisée par l'institut de sondage américain Gallup pour l'ONG médicale britannique Wellcome est la première du genre: 140.000 personnes de plus de 15 ans, dans 144 pays, interrogées l'an dernier sur ce qu'ils pensent de la science, des professionnels de santé et des vaccins.

Les habitants des pays riches font le moins confiance aux vaccins, particulièrement en Europe. Un phénomène à mettre en parallèle avec le développement du sentiment anti-vaccins, considéré comme l'un des facteurs du retour de la rougeole dans des pays développés.

L'écart est flagrant avec le Bangladesh ou le Rwanda, où la quasi-totalité de la population dit avoir confiance dans les vaccins.

"Dans ces pays-là, il y a plus de maladies contagieuses, et leurs habitants voient sans doute ce qu'il se passe lorsqu'on n'est pas vacciné", explique à l'AFP Imran Khan, qui a mené l'étude pour Wellcome.

"Aux États-Unis et en France, lorsqu'on n'est pas vacciné, on a moins de risque de tomber malade (...) et quand on est contaminé, on risque moins de mourir", poursuit-il en appelant cela "l'effet de laisser-aller".

Dans cette attitude de méfiance, la France est suivie par le Gabon, le Togo, la Russie et la Suisse. Le rejet est un peu moindre (19%) quand on demande aux Français s'ils croient les vaccins "efficaces".

Des éléments propres à la France expliquent cette défiance, déjà apparue dans des études précédentes.

"Un certain nombre de scandales sanitaires ont affaibli la confiance des citoyens", dit à l'AFP le professeur français Alain Fischer, responsable d'un rapport de recommandations sur les vaccins en 2016.

Ces scandales sont ceux du Mediator, médicament tenu pour responsable de centaines de morts, et du sang contaminé (la découverte au début des années 90 de nombreuses contaminations au virus du sida après des transfusions sanguines).

- "Fausses nouvelles" -

Au-delà de ces scandales bien réels, une large campagne de vaccinations contre l'hépatite B en 1994 a fait naître des soupçons de lien avec la sclérose en plaques. Après plus de 17 ans d'enquête, les juges d'instruction parisiens ont rendu un non-lieu en mars 2016. Motif: l'absence de "causalité certaine", sur laquelle insistent les scientifiques.

Autre "erreur" des pouvoirs publics, selon le Pr Fischer: la campagne de vaccination de masse contre la grippe A/H1N1 fin 2009, surdimensionnée.

"Il faudra des efforts de pédagogie à long terme pour contrecarrer cette défiance alimentée par des flots de fausses nouvelles" sur internet, prédit-il.

De fait, la vaccination prête particulièrement le flanc aux "théories complotistes", note le directeur de Conspiracy Watch, Rudy Reichstadt.

Cet observatoire a publié en février une étude sur le complotisme en France, en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès. 43% des sondés approuvaient cette phrase: "Le ministère de la Santé est de mèche avec l'industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins".

"Sur dix théories complotistes (concernant aussi l'accident de Lady Di ou le 11-Septembre), celle sur les vaccins était la seule où il y avait plus de gens d'accord que pas d'accord", assure M. Reichstadt à l'AFP.

Pour autant, tous ceux qui se méfient des vaccins ne sont pas des complotistes.

"Les hésitants, la masse, qui ne sont pas les anti-vaccins militants, (...) sont en déficit d'information", souligne surtout le Pr Fischer, en insistant sur l'importance "des explications et de l'accompagnement" à fournir.

Selon les autorités sanitaires françaises, cela commence d'ailleurs à porter ses fruits, depuis le passage de trois à onze vaccins obligatoires pour les enfants nés après le 1er janvier 2018.

Un sondage publié en avril montre que 91% des parents d'enfants de moins de deux ans pensent que la vaccination est importante, soit cinq points de plus qu'en juin 2018.

En outre, les pouvoirs publics soulignent que la couverture vaccinale progresse depuis l'augmentation du nombre de vaccins obligatoires.

Assurance chômage: les syndicats en colère mais sans illusions

il y a 1 heure 47 min

Au lendemain du "choc" de la présentation de la réforme de l'assurance chômage, les syndicats, unanimement "en colère", cherchaient comment réagir mais sans se faire d'illusions sur leur capacité à mobiliser l'opinion sur l'indemnisation des chômeurs.

Mercredi, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a appelé à un "rassemblement symbolique" la semaine prochaine devant le ministère du Travail "avec des associations de lutte contre la pauvreté, lutte contre l'exclusion, avec d'autres organisations syndicales".

La CGT, avec des associations de chômeurs, a déjà évoqué de son côté un rassemblement devant le siège de l'Unédic le 26 juin, date d'un conseil d'administration du gestionnaire de l'assurance chômage.

Yves Veyrier, numéro un de FO, a plaidé lui pour "une réaction coordonnée entre nos cinq confédérations, puisqu'on est tous les cinq en colère" avec "une action qui ne soit pas simplement pour le symbole".

Reste qu'aucun syndicaliste ne se fait d'illusions.

"Ne rêvons pas, le gouvernement va faire les décrets (cet été), il n'a pas besoin de débat parlementaire", a admis Laurent Berger, pour qui "les chômeurs ont perdu".

En baisse depuis mi-2015, le chômage n'est plus en tête des préoccupations des Français, éclipsé par le pouvoir d'achat. L'emploi n'était pas au coeur des revendications des "gilets jaunes", ni du grand débat lancé par l'exécutif.

Dans un sondage récemment publié par Les Echos, la première raison du niveau du chômage était attribuée "aux règles d'indemnisation n'incitant pas au retour à l'emploi" et la dégressivité pour les hauts revenus était largement approuvée.

"C'est très dur de manifester pour les chômeurs. Les Français ne savent pas qu'un allocataire sur deux travaille... Dans l'inconscient collectif, il y a l'idée que les chômeurs c'est un peu de leur faute. Tant qu'on n'est pas touché, on ne se sent pas concerné", souligne Jean-François Foucard (CFE-CGC).

La CFE-CGC a lancé avec les cadres CGT une pétition contre la dégressivité qui avait recueilli 10.000 signatures en fin d'après-midi. Mais "on est trois millions de cadres", relativise M. Foucard.

En outre, l'entrée en vigueur des mesures sera échelonnée entre novembre (durcissement de l'accès à l'indemnisation et de la prolongation des droits) et avril (nouveau mode de calcul de l'indemnisation). Et ces mesures ne s'appliqueront qu'aux nouveaux entrants, sauf pour les rechargements qui représentent une ouverture de droits sur cinq.

Quitte à faire des entorses à ses principes, le gouvernement a également renoncé à modifier les régimes spécifiques de certaines professions capables de mobiliser, comme les intermittents du spectacle qui auraient pu menacer les festivals de l'été, ou de s'attirer la sympathie de l'opinion comme les assistantes maternelles qui peuvent cumuler indemnisation et salaire lorsqu'elles perdent un de leurs employeurs.

- "Paupérisation" -

Sur le fond, les syndicats ne croient guère à la thèse du gouvernement selon laquelle la modification des règles entraînera "des effets de comportement" massifs vers le retour à l'emploi.

"Une telle logique laisse penser que le chômage est un choix. Il y a des abus mais la très grande majorité des chômeurs aspire à travailler plus et mieux", estime Laurent Berger. En revanche il prédit une "paupérisation des chômeurs indemnisés", notamment parmi ceux qui alternent inactivité et périodes de chômage.

"On parle de gens qui gagnent 800 euros et risquent de perdre 100 à 150 euros", résume M. Foucard.

En outre, selon la CGT et la CFDT, avec le durcissement de quatre à six mois de travail pour l'ouverture des droits, c'est entre 200.000 et 300.000 personnes qui ne rentreront pas dans le système, principalement des jeunes, précaires et saisonniers.

Le gouvernement répond qu'il ne fait que revenir aux règles d'avant la crise de 2009 et que la France gardera un des régimes les plus favorables en Europe pour tous les demandeurs d'emploi.

Seul point positif salué par les syndicats, le renforcement de l'accompagnement des chômeurs à Pôle emploi. Mais, prévient M. Berger, cela ne suffira pas à "faire la vente de cette réforme" qui "va coller aux baskets du gouvernement pendant un moment".

"C'est pas une mère": les mots très durs des enfants de Sylvie Horning devant la cour d'assises

il y a 2 heures 13 min

"C'est une femme mais c'est pas une mère, elle n'aurait jamais dû avoir d'enfant": les mots, très durs, des enfants de Sylvie Horning, jugée pour un quintuple infanticide à Colmar, ont résonné mercredi devant la cour d'assises.

"C'est ma génitrice, c'est pas vraiment ma mère, je n'ai jamais compté sur elle": dans le box des accusés, la quinquagénaire pleure en écoutant témoigner la deuxième de ses trois enfants, âgée de 29 ans et elle-même mère d'une petite fille.

"C'est pas la pire des mères, on n'a jamais manqué de rien, elle nous a jamais frappés. (...) La seule chose dont on a manqué, c'est l'amour", poursuit la jeune femme, qui ne voyait plus sa mère depuis presque 5 ans quand celle-ci a été interpellée, en 2017.

Outre le délai de 14 ans séparant la découverte des premiers cadavres de bébés et l'interpellation de Sylvie Horning, le caractère hors normes de cette affaire tient à sa chronologie: Sylvie Horning a donné naissance à deux enfants, un garçon et une fille, puis caché trois accouchements, étouffant ou étranglant les bébés, puis eu une fille, et deux autres accouchements ont encore été dissimulés et les bébés éliminés après la naissance de sa benjamine.

Voix juvénile et longue chevelure, quand celle-ci se présente devant la cour, elle raconte son statut de "chouchoute de sa mère", les "bonnes relations qui les unissaient" avant son interpellation, mais évite de la regarder, même quand Sylvie Horning cherche à attirer son attention.

"Elle a détruit ma vie. (...) Je sais même pas comment je vais réussir à construire ma vie avec une mère comme ça", lance-t-elle, les épaules secouées de frissons.

- Son "fils vivant" -

Dernier à prendre la parole, le fils aîné de l'accusée se présente comme "son fils vivant".

"J'aurais aimé savoir pourquoi, pourquoi elle nous a menti pendant toutes ces années. Et aussi avoir de vraies excuses", dit-il, alors qu'il est le seul de la fratrie à s'être porté partie civile, évoquant comme sa soeur "un manque réel d'affection" de la part de sa mère.

Lorsque l'avocate de l'association Enfance et Partage, Me Monique Sultan, lui demande s'il considère les nouveau-nés morts comme ses frères et soeurs, il répond "exactement". "Vous venez de leur donner vie", lance l'avocate avec solennité.

Mardi, interrogée sur le nombre d'enfants qu'elle a eus avec son compagnon, Sylvie Horning avait répondu "3, plus les 5", avant d'expliquer: "Pour moi, ce n'était pas des bébés, c'était des êtres qui grandissaient en moi".

Alors que les experts se sont divisés sur la thèse du déni de grossesse, elle devra expliquer pourquoi elle n'a pas considéré ces cinq nouveau-nés comme des bébés, tandis qu'elle a choisi de donner la vie aux trois autres.

Identifiée en 2017 après une bagarre entre voisins qui avait abouti à un prélèvement génétique, elle avait immédiatement reconnu les faits.

"C'était presque devenu une habitude" avait-elle expliqué au gendarme qui avait recueilli ses aveux en garde à vue, François Wirtz, qui a témoigné mercredi. "C'était tellement facile la première fois, alors je l'ai refait", lui avait-elle dit.

Pour ses deux premiers enfants, leur père avait appris la grossesse de sa compagne au 6ème ou 7ème mois, pour leur dernière fille seulement 3 heures avant sa naissance.

Mardi avait été évoquée son enfance saccagée par une mère pathogène et un beau-père qu'elle accuse de l'avoir violée quand elle avait 6 à 8 ans.

Prenant le contre-pied de la thèse du déni de grossesse défendue la veille par le gynécologue Israël Nisand, le Dr Henri Brunner, psychiatre qui l'a expertisée, a estimé mercredi que l'accusée "désirait être enceinte mais ne voulait pas des enfants". Une expertise décriée par l'avocat de Sylvie Horning pour avoir été rendue après un entretien de seulement 15 minutes.

Le verdict est attendu jeudi.

A Clermont-Ferrand, un centre d'éveil à l'art inédit pour les tout-petits

il y a 2 heures 32 min

Ceci n'est pas un musée, dirait Magritte. Ni une salle de jeux. La ville de Clermont-Ferrand a ouvert fin mai le premier site d'initiation à l'art pour les 0-6 ans, un lieu unique en France créé en partenariat avec le Centre Pompidou.

"Regarde mon petit chou la forme en gros escalier", chuchote à l'oreille de Gaspard, âgé de seulement quelques mois, sa maman en désignant un gros polygone, suspendu au plafond dans une salle jaune monochrome, un peu futuriste, spécifiquement dédiée aux 0-2 ans.

Baptisé "Mille Formes", cet espace de 600 mètres carrés, installé dans un ancien magasin de vêtements à quelques encablures de la place de Jaude, se veut un lieu pluridisciplinaire à destination des parents et de leur progéniture.

"Ce n'est pas un musée en soi mais un lieu d'art contemporain où l'on travaille avec des artistes qui font des propositions pour les tout-petits. Par le geste, par la pratique, ces derniers vont expérimenter, appréhender ce que peut être l'art", explique Sarah Mattera, responsable du pôle Prospective et Nouveaux concepts au Centre Pompidou.

Le lieu, encore inachevé, fermera ses portes mi-juillet pour travaux avant une ouverture définitive en décembre.

- "Labyrinthe pour fourmis" -

Avec ce décor, le centre s'est emparé de la thématique du "chantier" pour proposer divers ateliers et oeuvres ludiques créés par des plasticiens: château gonflable; tissage de drapeaux à l'aide de rubans de signalisation; jeux de construction à partir de milliers de parallélépipèdes en bois et mousse - "sans angle droit pour faire réfléchir à la notion d'équilibre" - ou de cartons sérigraphiés "rappelant la brique ou le parpaing".

Pour construire, chacun sa technique. Tandis qu'un groupe de bambins s'évertue à édifier un mur bien plus haut qu'eux, Tristan, 5 ans, s'essaie au minimalisme, en assemblant un "labyrinthe pour fourmis".

"Il construit, déconstruit, il est immergé dans son imaginaire", sourit Marie-Charlotte, sa maman. "Cela change de la sortie au parc ou à la bibliothèque du mercredi après-midi".

Et l'art contemporain dans tout ça ? "Lui, il voit ça plus comme une immense salle de jeu mais on lui explique aussi que l'expression artistique c'est aussi ça, réutiliser un objet en le détournant de sa fonction première", souligne la jeune femme aux longues tresses.

Car ici, l'art est "désacralisé". "On n'a pas besoin d'avoir un bagage intellectuel pour apprécier. On cherche plus à créer une expérience sensorielle en lien avec les parents", abonde une jeune médiatrice, étudiante en cinquième année aux Beaux-Arts, Amélie Sounalet.

Un peu plus loin, une salle de projections présente en continu des films pour enfants sélectionnés par le Festival du court métrage de la ville. D'autres activités mêlant théâtre, musique ou encore design culinaire sont également programmées "hors les murs", dans les crèches, écoles et salles de spectacles voisines.

- L'âge où tout se joue -

Financé à 100% par la municipalité, à hauteur de 750.000 euros par an, le lieu entièrement gratuit mêlait dès les premiers jours des familles de tous horizons. "Et pas que des bobos", se félicite le maire Olivier Bianchi, à l'origine du projet.

Alors adjoint à la Culture, il a imaginé, en pleine crise de l'intermittence, "un sas" pour éveiller les plus jeunes aux émotions artistiques". Et éviter pour certains de traîner plus tard les pieds lors de sorties au musée.

"Les enfants sont pris tardivement dans la rencontre artistique et souvent parfois captifs d'un enseignement scolaire. Alors qu'entre 0-6 ans, c'est là que tout se joue. On peut contrecarrer les habitus et déterminismes sociologiques pour faire de ces enfants de futurs prescripteurs", justifie-t-il.

"Les neurosciences démontrent aujourd'hui qu'il est très important d'offrir des activités artistiques aux tout-petits. D'ailleurs, les parents sont très demandeurs de propositions", confirme Sarah Mattera du Centre Pompidou.

"La culture, c'est ce qui nous rassemble, fabrique du lien et nous rend de plus en plus intelligent dans un monde conflictuel", insiste Olivier Bianchi.

Et d'imaginer "une nouvelle génération culturelle", partie prenante de la vie culturelle de la capitale auvergnate, lancée depuis quelques années dans la course pour être désignée Capitale européenne de la culture en 2028.

Prise illégale d'intérêt: le parquet requiert le renvoi en correctionnelle du sénateur Jean-Noël Guérini

il y a 2 heures 50 min

Le parquet de Marseille a requis le renvoi devant la justice du sénateur (ex-PS) Jean-Noël Guérini, ancien président du département des Bouches-du-Rhône, pour "prise illégale d'intérêt" dans une enquête portant sur l'exploitation de décharges notamment par son frère Alexandre, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Le parquet a aussi requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de ce dernier, notamment pour recel de prise illégale d'intérêt, abus de confiance et blanchiment, de sa société SMA Environnement, ainsi que de 11 onze autres personnes.

Le procureur Xavier Tarabeux, dont les réquisitions ont été initialement révélées par le site Marsactu, a en revanche demandé l'abandon des poursuites dans plusieurs volets de ce vaste dossier, notamment celles visant les deux frères Guérini pour "association de malfaiteurs en vue de trafic d'influence".

Les demandes de poursuites à l'encontre de Jean-Noël Guerini, 68 ans, concernent la cession en juin 2006 d'un terrain à La Ciotat à la communauté d'agglomération de Garlaban-Huvaune-Sainte-Baume (GHB), "alors qu'il savait que cette cession allait profiter à son frère Alexandre Guerini, associé majoritaire de la SA SMA Environnement", écrit le procureur dans son réquisitoire.

Concernant Alexandre Guérini, 62 ans, le parquet lui reproche notamment d'avoir en tant que gérant de SMA Environnement "détourné" le centre de stockage de déchets ultimes dédié aux seuls déchets gérés par la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, en "accueillant et enfouissant des déchets apportés sur ce site par et pour le compte d’entreprises privées et non de ces collectivités", moyennant une facturation, poursuit le document de 624 pages.

Jean-Noël Guérini avait été relaxé en décembre 2014 par le tribunal correctionnel de Marseille dans une affaire de détournements de fonds publics concernant le licenciement d'un de ses anciens collaborateurs. Il reste en revanche mis en examen dans un autre vaste dossier concernant l'attribution de marchés publics.

Jacques Rançon, "le tueur de Perpignan", soupçonné d'un meurtre vieux de 33 ans

il y a 3 heures 31 min

Jacques Rançon, "le tueur de la gare de Perpignan", a-t-il aussi tué dans la Somme ? L'homme, condamné l'an dernier à perpétuité pour les viols et meurtres de deux jeunes femmes à la fin des années 1990, est soupçonné d'avoir commis un autre homicide près d'Amiens à l'été 1986.

Cet ancien cariste-magasinier de 59 ans a été extrait mardi matin de la prison de Béziers, où il purge sa peine, et placé en garde à vue pour être interrogé par les gendarmes, a indiqué mercredi le parquet d'Amiens à l'AFP, confirmant une information d'Europe 1.

Les enquêteurs de la section de recherche d'Amiens le soupçonnent d'être impliqué dans le meurtre non élucidé d'Isabelle Mesnage. Le corps de cette jeune informaticienne de 20 ans avait été découvert le 3 juillet 1986 aux abords d'un chemin de randonnée à Cachy (Somme). Ses vêtements étaient en partie déchirés et des objets lui appartenant avaient été retrouvés disséminés non loin d'elle.

L'enquête avait piétiné jusqu'à un non-lieu prononcé en 1992. Mais après "l'intervention des avocats de la famille de la victime", le parquet a décidé de rouvrir l'enquête, confiée depuis octobre à deux juges d'instruction en raison de "charges nouvelles".

En effet, "des investigations ont confirmé la présence à Amiens à cette époque de Jacques Rançon", qui a grandi en Picardie, a confié à l'AFP une source proche du dossier. D'autres vérifications, notamment "sur le mode opératoire" du tueur, ont alimenté les soupçons des enquêteurs et ont motivé sa garde à vue, selon cette source.

Son procès de mars 2018, long de trois semaines, avait profondément éprouvé les familles de Moktaria Chaïb, 19 ans, et Marie-Hélène Gonzalez, 22 ans, dont les viols et meurtres en décembre 1997 et juin 1998 près de la gare de Perpignan avaient été accompagnés d'atroces mutilations, notamment au niveau des parties génitales.

Jacques Rançon, qui s'était présenté la barbe hirsute et l'air négligé devant la cour d'assises des Pyrénées-Orientales, avait également été reconnu coupable d'une tentative de viol et d'une tentative de meurtre.

- "Périodes blanches" -

Homme fruste à la corpulence massive, décrit par un expert comme "un grand psychopathe", qui "casse" ses victimes "comme un jouet", le quinquagénaire au lourd parcours criminel avait demandé "pardon" aux familles, mais sans donner d'explication à ses actes.

L'hypothèse d'un nombre plus important de victimes avait plané au cours de cette audience très médiatisée.

"On n'est pas sûr qu'il n'y ait pas eu d'autres (victimes)", avait ainsi plaidé l'un des avocats des deux femmes survivantes et des familles, Me Philippe Capsié, listant "13 passages à l'acte sur une vie émaillée de séjours en prison".

Jacques Rançon sortait ainsi tout juste de la prison d'Amiens, où il avait été incarcéré pour un viol commis en 1992, quand il s'est installé dans un petit hôtel du quartier de la gare de Perpignan, quelques jours avant le meurtre de Moktaria Chaïb.

C'est ce séjour derrière les barreaux qui l'a mis hors de cause dans la disparition en 1995 de Tatiana Andujar, une étudiante de 17 ans, également près de la gare de Perpignan.

Jacques Rançon a également écopé de cinq ans de prison ferme pour une agression dans un parc d'Amiens en 1999, un an après le meurtre de Marie-Hélène Gonzalez.

Lors du procès de Perpignan, Me Étienne Nicolau s'était également étonné des "périodes blanches" de Rançon entre sa première agression sexuelle en 1976 à l'âge de 16 ans, pour laquelle il n'a jamais été condamné, et celle de 1992; ou entre 1998, année du meurtre de Marie-Hélène Gonzalez, et son interpellation en 2014 après que son ADN a été identifié sur une chaussure de Moktaria Chaïb.

ETA: Josu Ternera, remis en liberté sous contrôle judiciaire

il y a 3 heures 43 min

La justice française a remis mercredi en liberté, sous contrôle judiciaire, l'ancien chef de l'aile politique de l'organisation séparatiste basque ETA, Josu Ternera, arrêté à la mi-mai en France où il a été condamné deux fois par contumace.

Le leader indépendantiste, également réclamé par la justice espagnole, devra remettre son passeport et ne pourra pas quitter le territoire français. Il devra pointer une fois par semaine dans un commissariat, a indiqué la cour d'appel de Paris.

Ses avocats Laure Heinich-Luijer et Laurent Pasquet Marinacce ont argué que le maintien en détention provisoire de M. Ternera, en attente de nouveaux jugements, était "incompatible avec son état de santé".

Selon les médias espagnols, l'ancien "etarra" de 68 ans souffrirait d'un cancer. Il avait été arrêté le 16 mai, après plus de 16 ans de cavale, sur le parking d'un hôpital français où il se rendait pour être soigné.

"La détention doit constituer une exception quand il y a des éléments permettant d'affirmer que le prévenu se présentera au tribunal", a déclaré à l'AFP Me Marinacce, évoquant une "victoire pour la justice".

Interrogée, Consuelo Ordóñez, présidente du Collectif des victimes du terrorisme du Pays basque (Covite), a exigé que M. Ternera soit extradé vers l'Espagne. "Nous le réclamons depuis 17 ans", a-t-elle rappelé.

M. Ternera est notamment recherché pour son rôle présumé dans un attentat commis en 1987 contre une caserne de la garde civile à Saragosse, dans le nord de l'Espagne, qui avait fait 11 morts, dont cinq enfants.

Dans cette affaire, la justice espagnole a demandé récemment à la France de lui remettre l'indépendantiste. Il est également recherché pour son implication présumée dans l'assassinat, en 1980, d'un cadre du groupe Michelin en Espagne, selon des médias hispaniques.

- "L'abuelo" -

Présents à l'audience, le fils et la fille de Josu Ternera, Egoitz et Irati Urrutikoetxea, ont plongé dans les bras l'un de l'autre en apprenant la remise en liberté de leur père. Cette décision "ouvre de nouvelles perspectives sur la voie de la réconciliation", a assuré Egoitz.

La cour a par ailleurs reporté sine die l'étude du recours formé par M. Ternera contre sa condamnation à sept ans de prison, prononcée le 1er décembre 2010 en France en son absence, pour "association de malfaiteurs terroriste".

L'indépendantiste basque conteste également une autre condamnation, à huit ans de prison, pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste", le 1er mai 2017 par le tribunal correctionnel de Paris. Cette peine lui avait également été infligée alors qu'il était en fuite. Ce même tribunal doit se prononcer sur ce recours le 28 juin.

Josu Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea, de son vrai nom, a été à partir de la fin des années 70 le chef de l'appareil politique de l'ETA.

"Ternera, c'était l'+abuelo+ (grand-père) de l'organisation (...) respecté pour sa trajectoire", selon Gorka Landaburu, directeur du magazine Cambio16 et rescapé d'un attentat de l'ETA.

"Il a pris rapidement le pouvoir à la fin des années 1970 et a été un des chefs d'ETA au moment des attentats les plus meurtriers dans les années 1980", ajoute-t-il.

Il est alors considéré comme l'instigateur de la stratégie d'attentats à la voiture piégée. Et celui qui a mis sur pied le commando "itinérant" d'ETA, formé de militants français, le plus meurtrier de l'organisation.

Il avait été interpellé une première fois en France en 1989, à Bayonne (Pays basque français), une grenade à la main et muni de faux papiers, puis condamné à 10 ans de prison et expulsé vers l'Espagne après sa remise en liberté en 1996.

Il s'était alors petit à petit fait le promoteur de négociations de paix avec l'État espagnol, avant d'être écarté de la direction du groupe en 2006.

Elu en 1998 au Parlement autonome basque espagnol, il avait été désigné en 1999 comme l'un des trois négociateurs de l'ETA dans le processus de paix finalement avorté. L'indépendantiste s'était évanoui dans la nature en 2002.

Fondée en 1959, l'ETA a tué au moins 853 personnes durant quatre décennies de violence pour l'indépendance du Pays Basque, avant de décréter un cessez-le-feu en 2011. C'est Josu Ternera qui, le 3 mai 2018, avait annoncé sa dissolution.

Le revolver qui aurait servi à Van Gogh pour se tuer fait recette

il y a 4 heures 8 min

Le revolver rouillé, qui aurait servi à Van Gogh pour se suicider, a été acquis par un particulier pour 162.500 euros frais compris. Une arme découverte en 1960 qui a attiré une foule de collectionneurs et d'"accros" au peintre néerlandais mercredi à l'Hôtel Drouot à Paris.

Le revolver de type Lefaucheux qui aurait servi au peintre néerlandais pour se blesser mortellement en 1890 dans un champ d'Auvers-sur-Oise a été adjugé au marteau par Me Rémy Le Fur au prix de 130.000 euros (frais non compris) à un particulier qui enchérissait au téléphone et dont on ignore l'identité.

L'arme fatale a atteint plus du double du haut de sa fourchette d'estimation (entre 40.000 et 60.000 euros).

Ce n'est cependant pas le révolver le plus cher de l'histoire des enchères. En 2016, un autre révolver, également Lefaucheux, estimé 50.000 à 60.000 euros, avec lequel Verlaine avait tenté de tuer Rimbaud en 1873, avait été adjugé 435.000 euros chez Christie's à Paris.

Surnommé "l'arme la plus célèbre de l'histoire de l'art", le revolver attribué à Van Gogh, de calibre 7 mm, a été mis sous le marteau par la maison AuctionArt - Rémy Le Fur. La foule était au rendez-vous: Européens, Américains, Asiatiques sont restés debout dans la salle exiguë faute de suffisamment de sièges.

Me Grégoire Veyrès, commissaire priseur adjoint, a brièvement présenté "le revolver avec lequel Van Gogh se serait donné la mort", en citant une phrase d'une lettre du peintre à son frère: "Mon travail à moi, j'y risque ma vie".

Martin, 38 ans, venu des Pays-Bas, avait conscience de ne pas en avoir les moyens d’enchérir: "de magnifiques fleurs et la folie dans la tête, la vie et la mort, pour moi, c'est Van Gogh."

- Deux jours d'agonie -

Très vite, l'enchérissement s'est fait davantage par téléphone et par internet que dans la salle même.

L'arme avait été retrouvée dans les années 1960 par le cultivateur du champ où le peintre s'était mortellement blessé à Auvers-Sur-Oise et a été exposée par le Musée Van Gogh d’Amsterdam en 2016.

Elle avait été remise aux propriétaires de l'hôtel Ravoux où Van Gogh séjournait en 1890. C'est la fille de ces propriétaires qui la vendait aux enchères. L'hôtel avait changé de propriétaires dans les années 80.

L'artiste, sujet à de fréquentes crises psychologiques, était au sommet de son art, peignant plus d’une toile par jour.

Le dimanche 27 juillet 1890, il se serait rendu dans un champ, aurait soulevé sa chemise et se serait tiré une balle dans la poitrine avec cette arme empruntée à son hôte, l'aubergiste Arthur Ravoux, selon la thèse généralement retenue par les spécialistes.

Le revolver lui aurait échappé des mains et il se serait évanoui. Il se serait réveillé à la tombée de la nuit, blessé, et aurait pris le chemin de l'auberge. Malgré les soins du docteur Paul Gachet, Van Gogh meurt après deux jours d'agonie dans une chambre modeste.

- "Présomption forte" -

Selon AuctionArt, l'analyse de l'arme atteste qu'elle est restée enfouie dans le sol durant un laps de temps pouvant correspondre à 1890.

En 2011, des chercheurs américains ont défendu une autre thèse en affirmant que Vincent van Gogh aurait été blessé par un tir accidentel de jeunes gens qui jouaient avec une arme.

"Nous pensons que cette arme est celle de Van Gogh, les expertises vont dans le sens de cette attribution. C'est une présomption forte mais cela ne peut jamais être prouvé à 100%", a déclaré à l'AFP Me Grégoire Veyrès.

Le revolver fait déjà l'objet d'une demande de prêt du Musée Städel de Francfort pour une exposition d'octobre prochain à février 2020, selon la maison de ventes.

Van Gogh suscite les fantasmes par ses crises de folie, son originalité qui a franchi les frontières de son pays, et les films et livres sur lui.

La vente aux enchères intervient au moment où une exposition immersive, organisée par l'Atelier des lumières jusqu'en décembre à Paris, permet aux visiteurs de plonger dans les paysages qu'il a peints à travers des projections sur les murs, les plafonds et le sol.

Affaire des "écoutes": Nicolas Sarkozy bientôt sur le banc des prévenus pour "corruption"

il y a 5 heures 7 min

Pour la première fois sous la Vème république, un ancien président sera jugé pour corruption: la justice a définitivement validé le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel dans l'affaire dite des "écoutes".

La Cour de cassation a rejeté mardi les derniers recours formés par l'ancien chef de l'Etat, son avocat et ami Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert qui tentaient d'éviter un procès.

Le procès de Nicolas Sarkozy, sur lequel pèse par ailleurs la menace d'un procès pour "financement illégal" de sa campagne de 2012 dans l'affaire Bygmalion, devrait se tenir dans les prochains mois devant la 32ème chambre du tribunal de Paris. Aucune date n'est encore fixée.

Nicolas Sarkozy, retiré de la vie politique depuis sa défaite à la primaire de la droite fin 2016, est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir début 2014, par l'entremise de son avocat et ami Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert dans une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l'affaire Bettencourt (soldée pour lui par un non-lieu en 2013) et ce, en échange d'un coup de pouce pour un poste à Monaco.

Au terme de leur instruction, les juges avaient ordonné le 26 mars 2018 un procès pour "corruption" et "trafic d'influence" contre les trois hommes, conformément aux réquisitions du parquet national financier (PNF). MM. Herzog et Azibert seront aussi jugés pour "violation du secret professionnel".

Dans un réquisitoire sévère, le 5 octobre 2017, le PNF avait comparé les méthodes de Nicolas Sarkozy à celles d'"un délinquant chevronné" et stigmatisé les nombreux recours intentés par ses avocats qui avaient "paralysé" l'instruction.

- Alias "Paul Bismuth" -

L'affaire trouvait son origine dans les interceptions de conversations téléphoniques de l'ex-chef de l'Etat avec son avocat, diligentées dans le cadre d'une autre enquête, celle sur les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007.

Grâce à ces écoutes, les policiers avaient notamment découvert que Nicolas Sarkozy utilisait un portable secret ouvert au moyen d'une carte pré-payée sous l'alias de "Paul Bismuth" pour communiquer avec un unique interlocuteur: son avocat.

D'après les conversations enregistrées, Nicolas Sarkozy semblait s'engager à intervenir en faveur de Gilbert Azibert pour un poste de prestige sur "le Rocher", qu'il n'a finalement jamais eu.

Nicolas Sarkozy avait renoncé à cette démarche au dernier moment, toujours d'après ces écoutes. Pour les enquêteurs, ce revirement peut s'expliquer par le fait que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog venaient d'apprendre que leurs téléphones secrets avaient été placés sur écoute.

Les enquêteurs se sont aussi interrogés sur d'éventuelles interventions de Gilbert Azibert, que ce dernier réfute, pour influer sur la décision des magistrats de la Cour de cassation, qui avaient rendu une décision défavorable à l'ex-chef de l'État sur ses agendas, dont le contenu était susceptible d'intéresser des magistrats enquêtant dans d'autres dossiers, notamment l'arbitrage Tapie.

"M. Azibert n'a rien obtenu, je n'ai pas fait de démarche et j'ai été débouté par la Cour de cassation" concernant les agendas, s'était défendu l'ancien président après sa mise en examen.

Les écoutes policières, socle de l'accusation, avaient été validées par la Cour de cassation en mars 2016. Mais elles devraient encore alimenter une âpre bataille à l'ouverture du procès.

Dans ses derniers recours, la défense de Nicolas Sarkozy soulevait notamment une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) datant de juin 2016, selon laquelle une retranscription d'écoutes peut être utilisée contre un avocat mais pas son client.

"La Cour de cassation n’a pas écarté les moyens de droit qui avaient été soulevés par la Défense mais a choisi de laisser au tribunal le soin de les trancher", a réagi dans un communiqué à l'AFP son avocate, Jacqueline Laffont.

"Il appartiendra au tribunal de dire si une juridiction française peut s'affranchir d'une décision" de la CEDH, a-t-elle notamment déclaré.

Nicolas Sarkozy, qui a exclu récemment toute velléité de retour au sein des Républicains, plombés par une crise interne après leur déroute aux Européennes, vit sa retraite politique sous pression judiciaire: à côté des dossiers Azibert et Bygmalion, il a été mis en examen le 21 mars 2018, notamment pour corruption passive, dans l'affaire libyenne.

Tarn: l'ourson échappé de son enclos a été retrouvé

il y a 5 heures 58 min

L'ourson en difficulté, capturé en Ariège après avoir perdu sa mère et qui s'était échappé lundi de l'enclos où il était soigné dans le Tarn, a été retrouvé et placé "en lieu sûr" par des agents de l'Office national de la chasse, a annoncé mercredi l'organisme.

"L'ourson Douillous est en sécurité", se félicite dans un communiqué publié mercredi l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui précise que l'animal a été aperçu par un agriculteur alors qu'il "s'approchait d'une cage avec appât, disposée par les agents de l'ONCFS".

L'agriculteur a signalé mardi la présence du jeune plantigrade. "C'est un habitant de la commune, qui m'a appelé", a raconté à un correspondant de l'AFP Pascal Cavaillès, le maire de Saint-Pierre de Trivisy (Tarn), à une quarantaine de kilomètres au sud-est d'Albi, où se trouvait l'enclos.

"J'ai appelé de suite les agents (de l'ONCFS) qui dormaient sur la commune", a poursuivi le maire. Ils ont rattrapé l'ourson "après une course poursuite à travers champs", selon le communiqué de l'Office.

"Il était tout mignon. C'est petit", comme "un petit chien", "j'ai vraiment été surprise", a raconté à l'AFP la femme de l'agriculteur, Christine. "En pleine campagne, on va promener son chien et on se trouve presque nez à nez avec le petit ourson, c'est pas courant". "C'est petit" comme "un petit chien".

L'ourson, âgé d'environ 5 mois, non sevré, avait été capturé le 10 juin alors qu'il errait sans sa mère à proximité des habitations du village pyrénéen de Couflens (Ariège), proche de la frontière avec l'Espagne.

L'examen clinique de l'animal, prénommé Douillous en raison du lieu-dit de son sauvetage, avait montré qu'il s'agissait d'un mâle de 8,25kg, né au cours de l'hiver, selon l'ONCFS.

Anémié et dénutri, mais sans aucune blessure ni symptômes cliniques négatifs (fièvre, essoufflement, prostration), son état de faiblesse ne lui permettait plus de se déplacer correctement.

Le 11 (Bien le 11) juin, il avait été placé dans le Tarn chez un +capacitaire ursidés+ -- un particulier possédant une autorisation administrative pour détenir des animaux sauvages -- afin d'être réalimenté et remis en état pour retrouver son milieu naturel.

- cages-pièges -

Mais Douillous s'était échappé dans la nuit de dimanche à lundi de son enclos. L'ourson a réussi à creuser une cavité sous le grillage rigide, pourtant bétonné au sol, selon le communiqué de l'ONCFS. La caméra placée dans l'enclos a filmé l'animal pour la dernière fois le dimanche 16 juin à 23h17.

Depuis sa fugue, une course contre la montre s'était engagée car selon un agent préfectoral, l'ourson, "encore très faible", avait très peu de chance de survie s'il n'était pas retrouvé "dans les prochaines heures".

Des recherches ont donc été immédiatement lancées par l'ONCFS, des gendarmes, des pompiers et des lieutenants de louveterie, ainsi qu'un appel à témoins, afin de retrouver l'ourson qui ne présentait "aucun danger pour l’être humain" selon la préfecture du Tarn.

Des caméras automatiques et des cages-pièges avaient aussi été installées.

Infructueuses lundi, les recherches avaient repris mardi avec en parallèle la multiplication de cages-pièges, un dispositif qui "a eu raison du fugitif".

Selon l'ONCFS, une cinquantaine d'ours vivent dans le massif pyrénéen avec une concentration d'individus dans l'ouest de l'Ariège, à l'endroit même où l'ourson a été sauvé.

ETA: la justice française remet en liberté l'ex-leader Josu Ternera sous contrôle judiciaire

il y a 6 heures 10 min

La cour d'appel de Paris a ordonné mercredi la remise en liberté immédiate, sous contrôle judiciaire, de Josu Ternera, l'un des plus influents chefs de l'organisation séparatiste basque ETA, arrêté mi-mai en France après avoir été condamné en son absence en 2010 et 2017.

Le leader indépendantiste devra remettre son passeport et ne pourra pas quitter le territoire français. Il devra également pointer une fois par semaine dans un commissariat de Paris, a indiqué la cour, qui n'a pas donné les raisons de sa décision.

Selon les médias espagnols, M. Ternera souffrirait d'un cancer. Il avait été arrêté le 16 mai sur le parking d'un hôpital français où il se rendait pour être soigné.

La cour n'avait en milieu de journée pas encore entamé les débats concernant le recours formé par M. Ternera contre sa condamnation à sept ans de prison, prononcée le 1er décembre 2010, pour "association de malfaiteurs terroriste".

L'indépendantiste basque conteste également son autre condamnation, le 1er mai 2017 par le tribunal correctionnel de Paris, à huit ans de prison pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste". Ce même tribunal doit se prononcer sur ce recours le 28 juin.

Josu Antonio Urrutikoetxea Bengoetxea, de son vrai nom, âge de 68 ans, avait été interpellé le 16 mai à Sallanches (Alpes françaises, sud-est), après plus de 16 ans de cavale, alors qu'il se rendait à l'hôpital pour se faire opérer.

Il fut le chef d'ETA (Euskadi Ta Askatasuna - Patrie basque et Liberté) de 1977 à 1992, tour à tour l'inspirateur d'une stratégie d'attentats meurtriers puis le promoteur de négociations de paix avec l'État espagnol, avant d'être écarté de la direction du groupe en 2006.

Il avait été interpellé une première fois en France, à Bayonne (sud-ouest) en 1989, une grenade à la main et muni de faux papiers, puis condamné à 10 ans de prison et expulsé vers l'Espagne après sa remise en liberté en 1996.

Elu en 1998 au Parlement autonome basque, il avait été désigné en 1999 comme l'un des trois négociateurs de l'ETA dans le processus de paix finalement avorté.

L'indépendantiste s'était évanoui dans la nature en 2002, après avoir été cité à comparaître pour son rôle présumé dans un attentat commis en 1987 contre une caserne de la garde civile à Saragosse, dans le nord de l'Espagne, qui avait fait 11 morts, dont cinq enfants.

Dans cette affaire, la justice espagnole a demandé récemment à la France de lui remettre l'indépendantiste, selon des médias hispaniques.

Affaire des "écoutes": Nicolas Sarkozy sera jugé pour corruption

il y a 6 heures 31 min

La justice a définitivement validé le renvoi devant le tribunal correctionnel de l'ex-président Nicolas Sarkozy, poursuivi notamment pour la "corruption" d'un haut magistrat de la Cour de cassation dans cette affaire révélée par des écoutes téléphoniques, a appris mercredi l'AFP de sources concordantes.

La Cour de cassation a rejeté mardi les derniers recours formés par l'ancien chef de l'Etat, son avocat Thierry Herzog et l'ex-haut magistrat Gilbert Azibert pour éviter un procès pour "corruption" et "trafic d'influence". Ce procès, qui s'annonce comme une première pour Nicolas Sarkozy, par ailleurs menacé par l'affaire Bygmalion, devrait se tenir à Paris dans les prochains mois.

Pour la première fois sous la Ve république, un ancien président sera jugé pour corruption.

Nicolas Sarkozy, retraité politique depuis sa défaite à la primaire de la droite fin 2016, est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir début 2014, via son avocat Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert dans une procédure concernant la saisie de ses agendas dans l'affaire Bettencourt - soldée pour lui par un non-lieu en 2013 - en échange d'un coup de pouce pour un poste prestigieux à Monaco.

Au terme de leur instruction, émaillée de nombreux recours, les juges avaient ordonné le 26 mars 2018 un procès pour "corruption" et "trafic d'influence" contre les trois hommes, conformément aux réquisitions du parquet national financier (PNF) en octobre 2017. MM. Herzog et Azibert seront aussi jugés pour "violation du secret professionnel".

Mardi, la Cour de cassation avait déjà rejeté les recours de MM. Sarkozy et Herzog contre le réquisitoire du PNF, et validé la tenue du procès pour Gilbert Azibert.

La haute juridiction avait aussi examiné, dans une procédure rapide, les pourvois de Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog visant à contester leur renvoi devant le tribunal correctionnel. Elle les a rejetés dans la foulée, ce qui valide définitivement la tenue du procès, selon une source proche du dossier et l'un des avocats de la défense.

Sollicités, les avocats de Nicolas Sarkozy n'étaient pas joignables dans l'immédiat.

L'affaire trouve son origine dans des écoutes téléphoniques de l'ex-chef de l'Etat diligentées dans une autre enquête, celle sur les accusations de financement libyen de sa campagne de 2007. Grâce à ces écoutes, les enquêteurs s'étaient aperçus que l'ancien président et son avocat communiquaient via des téléphones portables acquis sous une fausse identité, notamment celle de Paul Bismuth pour M. Sarkozy.

Pas d'apéro sans pistaches de France! Le pari d'agriculteurs en Provence

il y a 6 heures 42 min

Elles poussent à l'état sauvage en France, et pourtant, les pistaches de l'apéro à la française viennent de l'autre bout du monde. Pour y remédier, une poignée d'agriculteurs réintroduit le pistachier en Provence, un moyen aussi de se préparer au changement climatique.

Entre vignes, oliviers et chênes truffiers, sur un terrain vallonné du parc régional du Lubéron, dans le sud de la France, Jean-Louis Joseph a planté au début de l'année 600 plants de pistachiers, protégés de l'appétit des chevreuils par une imposante clôture électrique.

La première récolte n'est attendue que dans cinq ans mais, déjà, de minuscules fleurs rouges ont commencé à apparaître.

"C'est un pari mais nous ne sommes pas fous, on a les pieds sur terre", explique M. Joseph, qui pour ce test, en bio, a mixé deux variétés: des plants sélectionnés en Grèce, bien acclimatés à la Méditerranée, et la Kerman, une variété originaire d'Iran, très productive, et cultivée aux Etats-Unis.

Par souci écologique, et convaincu que la pistache peut lui apporter un complément de rémunération, M. Joseph a co-fondé une association chargée de promouvoir la culture du pistachier "local".

Le fruit à coque était déjà cultivé en Provence dans l'Antiquité, lorsqu'un gouverneur romain en a rapporté de Syrie, assure M. Joseph, qui a fait des recherches sur le sujet. Il a retrouvé traces d'autres échanges aux temps des Croisades, puis de ventes de pistaches sur des marchés provençaux au XIXe siècle. La culture s'est poursuivie en Espagne ou en Italie, mais seuls des pistachiers à l'état sauvage persistent en Provence.

- Pierre Hermé intéressé -

Pour convaincre les agriculteurs d'en replanter, l'association veut faire émerger une véritable filière : plants "certifiés", exempts de toute maladie, recueil de bonnes pratiques... Il a fallu repartir de zéro, l'Institut national de recherche agronomique (Inra), expliquant ainsi à l'AFP n'avoir aucun chercheur travaillant sur le sujet.

En France, les surfaces cultivées sont encore minimes, huit à dix hectares plantés cette année, qui devraient doubler l'an prochain, selon les projets de l'association. Une surface à rapporter aux 770.000 d'hectares dans le monde de Pistacia Vera, le nom scientifique de la pistache, selon l'organisation des Nations unies pour l'agriculture (FAO).

L'Iran, berceau historique, reste un producteur majeur mais la pistache iranienne a subi, entre autres, des problèmes de conformité sanitaire avec les règles européennes au début des années 2000. Les Etats-Unis lui font de l'ombre avec leurs grandes exploitations, très exportatrices, en Californie notamment.

En France, au-delà du sachet de pistaches grillées de l'apéro, le fruit à coque intéresse les magasins bio, les producteurs d'huile cosmétique, et surtout glaciers et pâtissiers.

Olivier Baussan, le propriétaire de la Confiserie du Roy René qui produit 50 millions de calissons par an (une spécialité du sud de la France à base de melon confit et d'amandes), achètera ainsi les premières récoltes.

Dans son atelier-laboratoire aux murs blancs immaculés de la périphérie d'Aix-en-Provence, 5 tonnes de pistaches - des variétés américaine et espagnole pour l'instant - sont brassées chaque année dans un mélange brûlant de miel et de meringue pour fabriquer le nougat.

L'entrepreneur, qui s'est déjà impliqué pour relancer la culture de l'amande et soutenir celle de la lavande, imagine "des contrats avec des agriculteurs pour leur garantir un prix de marché qui puisse les satisfaire".

Le célèbre pâtissier français Pierre Hermé a également manifesté son intérêt et dit son "envie de voir progresser" la filière de la pistache française. Il travaille pour l'instant avec de la pistache d'Iran.

- Terres pauvres -

Au royaume de la vigne et d'exploitations fruitières sur lesquelles des parasites font des ravages, le pistachier, arbuste robuste, pourrait par ailleurs offrir une diversification bienvenue face aux chamboulements du climat.

Il a besoin de peu d'irrigation, supporte particulièrement bien les variations de chaleur et de froid "qui vont se succéder", et a besoin d'un vent puissant comme le mistral pour se reproduire, souligne M. Joseph. Il précise avoir enregistré ces dernières années des périodes de quatre ou cinq mois sans eau, "qui n'arrivaient presque jamais avant".

La pistache peut être un complément sur des terres pauvres et difficiles, de petites parcelles ou des "dents creuses", ajoutent les promoteurs de la pistache française, alors qu'en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, un quart des exploitations agricoles a disparu en une décennie, selon la chambre régionale d'agriculture.

Dans une région où le foncier agricole est sous pression et où les terres valent de l'or, "il vaut mieux planter du pistachier plutôt que de vendre une friche en terre constructible", ajoute l'exploitante Georgia Lambertin, qui préside la chambre d'agriculture du Vaucluse.

Elle-même a pu convaincre son banquier de la suivre, en lui faisant visiter ses pieds de pistachiers au pied du mont Ventoux.

Nouvelle évacuation de plus de 200 migrants près de Paris

il y a 7 heures 21 min

Plus de 200 migrants ont été évacués dans le calme mercredi matin d'un campement de fortune de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), à la lisière nord de Paris, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Nous avons mis à l'abri entre 200 et 230 personnes dans l'un des cinq centres d'accueil et d'examen de situation (CAES) d'Ile-de-France", a indiqué à l'AFP un représentant de la Préfecture de région, qui a affrété cinq bus ornés d'affiches "Bienvenue à Paris".

L'opération, menée par la Préfecture de région et l'association France terre d'asile, s'est déroulée dans le calme et toutes les personnes présentes sur place ont pu être prises en charge. "231 hommes isolés, un couple et une femme ont été mis à l'abri. Une quarantaine de personnes ont refusé", a ajouté la préfecture, qui estime avoir mis à l'abri plus de 5.000 personnes depuis le début de l'année.

Mais, "cela ne règle pas le problème sur le fond, c'est un cycle sans fin, nous en sommes à la troisième évacuation depuis janvier", déplore Philippe Caro, du collectif Solidarité migrants Wilson.

"C'est un répit pour quelques jours. Les personnes pourront voir un médecin, se doucher et se reposer, un temps donné", ajoute une autre membre de l'association, "mais les migrants n'en peuvent plus d'être embarqués pour deux jours, certains peuvent être remis à la rue dès ce soir, c'est décourageant pour eux", regrette-elle.

Une information démentie par la préfecture de région: "la durée moyenne dans un CAES est entre 10 à 15 jours, les personnes qui repartent dès le soir, c'est de leur volonté car ils savent qu'ils ont épuisé leurs droits".

Prévenus la veille, ces hommes isolés, originaires majoritairement d'Afghanistan, d'Irak, de Somalie et du Soudan, rangeaient leurs affaires, leurs tentes et leurs duvets jusqu'au dernier moment avant de monter dans les bus, "de peur de perdre nos affaires", rapporte Mattio, un Afghan de 22 ans, en France depuis août 2016.

La centaine de tentes était installée devant l'église Sainte-Geneviève-de-la-Plaine, à quelques mètres d'autres campements qui longent le périphérique, porte de la Chapelle.

"Nous sommes dépités et scandalisés par ces mises à l'abri sur un temps donné. On réclame que l'Etat mette des moyens pour assurer ses missions. Aujourd'hui, la situation est inhumaine", a affirmé Suzanna de la Fuente, adjointe à la mairie de Saint-Denis.

Lors d'une précédente opération en avril, près de 800 migrants avaient été évacués de deux campements dans le nord de Paris.

Le revolver que Van Gogh aurait utilisé pour se suicider aux enchères à Paris

il y a 7 heures 29 min

Un revolver rouillé, qui aurait servi à Van Gogh pour se suicider en 1890, est vendu aux enchères mercredi à Paris: découverte seulement en 1960, l'arme intéresse des musées et collectionneurs et fascine les "accros" au peintre néerlandais.

Surnommé "l'arme la plus célèbre de l'histoire de l'art", ce revolver de type Lefaucheux de calibre 7 mm, est mis sous le marteau à l'hôtel Drouot par la maison AuctionArt - Rémy Le Fur. L'arme, dont la provenance est jugée sérieuse à défaut de pouvoir être formellement établie, est estimée entre 40.000 et 60.000 euros, avec un prix de départ de 20.000 euros.

Elle avait été retrouvée dans les années 1960 par le cultivateur du champ où le peintre s'était mortellement blessé à Auvers-Sur-Oise et a été exposée par le Musée Van Gogh d’Amsterdam en 2016.

Elle avait été remise aux propriétaires de l'hôtel Ravoux où Van Gogh séjournait en 1890. C'est la fille de ces propriétaires qui la vend aux enchères. L'hôtel avait changé de propriétaires dans les années 80.

L'artiste néerlandais, sujet à de fréquentes crises psychologiques, était au sommet de son art, peignant plus d’une toile par jour.

Le dimanche 27 juillet 1890, il se serait rendu dans un champ, aurait soulevé sa chemise et se serait tiré une balle dans la poitrine avec cette arme empruntée à son hôte, l'aubergiste Arthur Ravoux, selon la thèse généralement retenue par les spécialistes.

Le revolver lui aurait échappé des mains et il se serait évanoui. Il se serait réveillé à la tombée de la nuit, blessé, et aurait pris le chemin de l'auberge. Malgré les soins du docteur Paul Gachet, ami des impressionnistes, Van Gogh meurt après deux jours d'agonie dans une chambre modeste.

- "Présomption forte" -

Selon AuctionArt, l'analyse de l'arme atteste qu'elle est restée enfouie dans le sol durant un laps de temps pouvant correspondre à 1890.

En 2011, des chercheurs américains ont défendu une autre thèse en affirmant que Vincent van Gogh aurait été blessé par un tir accidentel de jeunes gens qui jouaient avec une arme.

"Nous pensons que cette arme est celle de Van Gogh, les expertises vont dans le sens de cette attribution. C'est une présomption forte mais cela ne peut jamais être prouvé à 100%", a déclaré à l'AFP Me Grégoire Veyrès, commissaire priseur qui assistera Me Rémy Le Fur au marteau.

En 2012 paraissait un livre d'Alain Rohan, qui fait depuis référence "Vincent van Gogh: Aurait-on retrouvé l'arme du suicide ?" "Nous avons suivi" cette enquête, a expliqué Me Veyrès.

"La notoriété internationale de Van Gogh" est telle que Japonais, Américains, Mexicains, Finlandais, Allemands, Italiens sont venus voir l'arme rouillée quand elle a été exposée durant une semaine fin mai, a rapporté le commissaire-priseur. Elle a été réexposée samedi, lundi et mardi.

Des collectionneurs privés et quelques musées devraient être présents à Drouot, avec de nombreux curieux.

"Le revolver fait déjà l'objet d'une demande de prêt du Musée Städel de Francfort pour une exposition d'octobre prochain à février 2020". Un argument supplémentaire pour persuader un futur acquéreur.

Depuis 1987, l'Institut Van Gogh, présidé par Dominique-Charles Janssens, se consacre à la préservation de ce lieu mythique qu'est l'Auberge Ravoux. Il s'est également donné pour mission de préserver l'héritage immatériel du peintre, à travers des publications et des actions pouvant contribuer à une compréhension aussi fine que possible de son œuvre et de sa pensée.

Van Gogh suscite les fantasmes par ses crises de folie, son originalité qui a franchi les frontières de son pays, et les films et livres sur lui: "Nous recevons chaque année de nombreuses sollicitations fantaisistes de collaboration et d'expertise. L'annonce de la mise en vente des restes de revolver est à l'origine d'un grand nombre de sollicitations de ce type", souligne l'Institut.

La vente aux enchères intervient au moment où une exposition immersive, organisée par l'Atelier des lumières à Paris jusqu'en décembre, permet aux visiteurs de plonger dans les paysages qu'il a peints à travers des projections sur les murs, les plafonds et le sol.

L'avenir du biscuit LU, source d'inquiétudes dans son berceau nantais

il y a 7 heures 33 min

Baisse de la production dans l'usine de La Haye-Fouassière près de Nantes, débrayages des ouvriers, et fermeture annoncée du musée LU à quelques kilomètres: la marque LU, propriété du groupe américain Mondelez, suscite l'inquiétude dans le berceau de l'iconique Petit Beurre.

"Ce n'est plus l'usine que certains ont connue il y a dix ou quinze ans, ce n'est plus la belle époque de LU et aujourd'hui le rouleau avance, avance, avance…", déplore Fabrice Defoort, délégué CGT à l'usine LU de La Haye-Fouassière.

C'est sur ce site que sont produits, depuis le déménagement du quai Baco en 1986, les biscuits LU, à commencer par le plus célèbre d'entre eux, reconnaissable à ses quatre côtés et ses 52 dents: le Petit Beurre, imaginé par Louis Lefèvre-Utile il y a plus de 130 ans.

Mais à La Haye-Fouassière, des salariés s'inquiètent: la production est passée de 45.000 tonnes en 2014 à 31.000 tonnes aujourd'hui, et les effectifs ont chuté de 500 salariés à 330, selon les chiffres de la CGT, qui alerte aussi sur la suppression d'une quinzaine de postes à l'horizon 2020.

Depuis lundi après-midi, la production est perturbée en raison d'un appel à la grève en soutien à un ouvrier, licencié après 17 ans au sein de l'entreprise. Le mouvement social, qui impactait hier trois des quatre lignes de production (Belin, BelVita, Petit Beurre et Paille d'Or), est reconductible jusqu'à samedi.

C'est "un licenciement pour faute, en lien avec des manquements répétés à différentes règles de sécurité", a assuré à l'AFP le groupe agroalimentaire Mondelez, propriétaire de LU depuis 2007.

La CGT demande la réintégration de l'ouvrier de 41 ans dont le licenciement reflète, à ses yeux, un climat "très tendu" depuis novembre dernier, date de l'arrivée d'un nouveau directeur dans l'usine.

"Il y a un changement phénoménal et du matin au soir on fait du chantage à l'emploi aux salariés: nous, nos concurrents ce ne sont ni les galettes Saint-Michel ni quoi que ce soit, nos vrais concurrents ce sont les salariés de l'Europe de l'Est, dans la même société" que la nôtre, dénonce M. Defoort, mentionnant la Pologne et la République tchèque.

"On nous dit: +si vous n'êtes pas compétitifs, on a les mêmes lignes qui ne sont pas saturées en Europe de l'Est, et bien on va envoyer des volumes là-bas+", explique-t-il.

Un argument balayé par Mondelez qui réaffirme que "la France est un pays clef" pour le groupe. "Le portefeuille de marques historiques et iconiques, la présence du groupe et ses investissements sont importants", note-t-il. Un million d'euros a été investi en 2018 sur l'une des lignes de biscuits secs.

Parmi les neuf usines françaises, celle de La Haye-Fouassière est le deuxième site de production du groupe. Le géant américain, également propriétaire de Mikado et des chocolats Milka et Côte-d'Or, tire 40% de ses revenus de ses ventes en Europe.

- Un nouveau musée ? -

Les inquiétudes touchent aussi le château de Goulaine, à quelques kilomètres de l'usine. Cet écrin accueille depuis 1999 le musée LU, riche de plus de 600 objets, affiches publicitaires et boites en métal décorées. Ouvert à l'époque où la marque était dans le giron de Danone, le musée fermera ses portes fin novembre, a décidé Mondelez.

"C'est complètement incompréhensible puisque ça n'a pas été dans le sens des échanges que nous avions", s'étonne Christophe de Goulaine, copropriétaire du château, qui déplore "une décision brutale".

Avec 20.000 visiteurs en 2018, le musée était pourtant sur "une croissance annuelle entre 15 et 18% de visiteurs en plus", souligne-t-il, assurant que sans les ressources du musée, la pérennité du château se pose.

Mondelez avance que la collection sera exposée dans un nouveau lieu dans le berceau d'origine de la marque, "où les œuvres seront mieux valorisées et mieux conservées qu’actuellement", sans donner plus de détails. En septembre dernier, le groupe avait d'ailleurs acquis plusieurs œuvres lors d'une vente aux enchères, dont le premier dessin du "Petit Beurre" de la main de Louis Lefèvre-Utile en 1886, adjugé 16.900 euros.

"Vous allez me manquer !": survolté et ému, Elton John entame ses adieux à la France

il y a 8 heures 8 min

"Vous allez tellement me manquer!" Avec une énergie débordante et une pointe d'émotion, Elton John a signé un concert de haut vol près de Lille aux allures de rétrospective, pour la première date française de sa monumentale tournée d'adieux.

Fidèle à son excentricité légendaire, le chanteur britannique a débarqué mardi soir devant les 26.500 spectateurs du stade Pierre-Mauroy de Villeneuve d'Ascq vêtu d'une veste brodée à strass noire, ses éternelles lunettes à paillettes sur le nez.

"C'est la 100e de la tournée ce soir", a-t-il lancé -en français- au public alors que quelque 300.000 personnes ont déjà assisté au show en Europe, et bientôt plus d'1,5 million à travers le monde, pour un total de 300 dates.

Pour ces adieux aux airs de retour aux sources, l'artiste a soigné la mise en scène: derrière lui, un immense écran entremêle le spectacle en direct et des images d'archives. Sur un décor bariolé au style très "Eltonien" figure le nom de la tournée: Farewell Yellow Brick road, référence à l'album phare de 1973 dont les visuels sont inspirés du Magicien d'Oz.

Pendant 2H45, la superstar enchaîne ses plus grands succès -Bennie and the Jets, Tiny Dancer, Take me to the Pilot…- aux tonalités pop rock, porté par une vivacité truculente, comme pour prouver que ses 72 ans n'ont pas d'emprise sur son exaltation.

Le public, lui, se régale. Dans les gradins, des spectateurs de tous âges dont de nombreux étrangers et des fans de la première heure, portant des lunettes clignotantes en forme d'étoile ou de cœur, à l'image de leur idole.

Décontracté, Elton John fait preuve d'une déconcertante maîtrise, tant dans la voix -sa tessiture a gagné en graves au fil du temps- qu'au piano. Il impressionne notamment sur le solo de RocketMan, chanson fleuve de neuf minutes et titre éponyme du biopic actuellement au cinéma.

- "Une aventure incroyable" -

Après plus de deux heures de show XXL, le public chavire sur "Levon", où le talent des musiciens -basse, batterie, guitare et clavier- est mis à l'honneur. Des dizaines de spectateurs se massent devant la scène tandis que les jeux de lumière et de fumée redoublent d'intensité.

L'immense carrière de Sir Elton -plus de 300 millions de disques écoulés- a traversé l'Histoire et le concert prend parfois des airs de voyage dans le temps à travers des images en noir et blanc de la guerre du Vietnam pour "Daniel" ou de Marilyn Monroe pour le célèbre "Candle in the Wind".

A plusieurs reprises, le chanteur s'adresse longuement au public, revenant sur son combat contre les drogues et l'alcool et son engagement dans la lutte contre le sida, par le biais de sa fondation AIDS qui a levé quelque 450 millions de dollars depuis sa fondation en 1992. "A l'époque, il n'y avait absolument rien. Aujourd'hui, il n'y a aucune raison de mourir de cette maladie", se réjouit-il avant d'entonner "Believe".

Vient ensuite le temps des adieux. "Ca a été une aventure incroyable pendant 50 ans. Vous allez tellement me manquer", confie-t-il, remerciant ses fans pour leur "loyauté" et leur "générosité".

"Vous êtes dans mon coeur et dans mon âme mais il est temps pour moi d'ouvrir un nouveau chapitre dans ma vie", concède la star après avoir expliqué vouloir consacrer plus de temps à son mari David Furnish et ses deux enfants.

Sur le final de "Saturday night", une pluie de confettis met un terme à ce spectacle sonore et visuel, qui sera joué jeudi à Paris, à Bordeaux samedi et Nîmes dimanche.

Deux nouvelles dates ont récemment été annoncées pour les 10 et 11 octobre 2020 à Paris. Une dernière chance de dire "Farewell" au compositeur, qui recevra vendredi la Légion d'honneur des mains du président Emmanuel Macron.

Emballages: Poirson installe un comité de pilotage pour mettre en oeuvre la consigne

il y a 8 heures 26 min

La secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson va installer mercredi un comité de pilotage chargé de définir les modalités de mise en œuvre de la consigne en France, un dispositif visant à améliorer la collecte des emballages usagés.

Ce comité, qui rassemblera des élus, des fabricants de produits, des industriels et des associations, se réunira pour la première fois mercredi à Strasbourg.

Il doit réfléchir aux "nouveaux équilibres" du système de gestion de déchets en France, précise un document du ministère de la Transition écologique consulté par l'AFP.

Il doit notamment s'assurer que les collectivités locales, qui tirent actuellement des revenus de la gestion de certains emballages usagés, ne soient pas lésées par la mise en place d'un dispositif de consigne.

Le comité cherchera à définir quels produits pourront être concernés par la consigne, dans quel but (recyclage ou réemploi) et comment gérer la somme d'argent qui résultera de la mise en place de ce système.

Les produits ménagers ayant des taux de collecte bas peuvent être concernés. C'est le cas par exemple des canettes en métal, des bouteilles et des boîtes en plastique à usage unique.

Cette mission sera menée en parallèle de la présentation, prévue début juillet et de l'examen du projet de loi anti-gaspillage pour une économie circulaire.

L'objectif est qu'une expérimentation puisse être lancée "lorsque la loi sera adoptée".

En France, des systèmes de consignes existent à une échelle locale ou dans le circuit de vente aux professionnels (cafés, restaurants et hôtels, notamment). D'autres pays européens, comme l'Allemagne, ont développé le dispositif à grande échelle.

Un total de 70% des emballages ont été recyclés en 2018, contre 68% l'année précédente, selon Citeo, l'organisme chargé de la gestion des déchets ménagers.

Dans le détail, le taux de recyclage a atteint 86,5% pour le verre, 26,5% pour le plastique (58% pour les bouteilles et flacons, 4% pour les autres emballages) et 44% pour l'aluminium.

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