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Affaire Griveaux: Pavlenski a-t-il été manipulé et jusqu'où ?

Lundi, 17. Février 2020 - 18:00

Manipulation ? Volonté de déstabiliser Emmanuel Macron ? Les questions s'accumulent concernant l'activiste russe anti-Poutine Piotr Pavlenski qui a "sans doute été aidé", selon le gouvernement, à diffuser des vidéos sexuelles fatales à Benjamin Griveaux.

Piotr Pavlenski, placé en garde à vue avec sa compagne durant le week-end, "a sans doute été aidé", a affirmé lundi sur LCI la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. "Il ne peut pas être le seul impliqué", avait dit samedi soir l'avocat de M. Griveaux, Me Richard Malka.

Il y a "une certaine forme de technicité pour mettre en oeuvre tout cela" comme "le fait de construire un site Internet, le fait d'écrire en français parfaitement alors que manifestement, Piotr Pavlenski parle certes français, mais avec quelques difficultés", a-t-elle relevé.

Cependant, "c'est un peu tôt pour dire [si l'affaire relève d'une manipulation politique plus importante] parce que l'enquête ne fait que démarrer", a ajouté Mme Ndiaye.

"Cette attaque est large, et dépasse Benjamin Griveaux", a confié à l'AFP l'entourage de M. Griveaux, l'un des piliers de la campagne d'Emmanuel Macron de 2017.

L'artiste russe et sa compagne, Alexandra de Taddeo, une étudiante en droit parlant plusieurs langues, dont le russe, ont été placés en garde à vue pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", dans le cadre de l'enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d'une plainte contre X de M. Griveaux.

Mme Taddeo avait déjà cité le nom de Pavlenski en 2017 lors d'une émission sur la radio Fréquence Protestante, où elle avait invité un diplomate russe pour parler d'art russe.

Me Juan Branco, un avocat qui connaît le couple Pavlenski-Taddeo depuis quelques mois, a dit vendredi avoir été "approché" par l'artiste mais dément tout rôle dans la divulgation des vidéos pornographiques.

- "Aucun indice" -

Sur franceinfo, le secrétaire d’État au Numérique Cédric O a dit ne disposer "à ce stade" d'"aucune information qui (lui) laisse(rait) penser qu'il pourrait y avoir autre chose qu'un agissement personnel".

Il a également assuré n'avoir "aucune preuve ni aucun indice qui nous laisse penser que la Russie soit impliquée".

Le président Emmanuel Macron avait affirmé samedi, lors de la conférence sur la sécurité à Munich, que Moscou "allait continuer à essayer de déstabiliser" les démocraties occidentales en s'ingérant dans leurs élections et en manipulant les réseaux sociaux, citant également dans ces intrusions "l'ultradroite américaine".

Mais l'entourage du chef de l'Etat a fait savoir qu'il ne s'agissait pas d'une allusion à l'affaire Griveaux mais à sa campagne présidentielle de 2017, lors de laquelle il s'était dit victime d'ingérences de la part de la Russie.

Pour la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, l'affaire Griveaux est "très clairement un coup monté" pour "déstabiliser un candidat".

Mais si elle a dit sur Radio J qu'elle "connaissait bien (les) méthodes" soviétiques de la compromission (kompromat) qui consistent à monter des dossiers contre un adversaire politique, l'ancienne ministre russophone n'a pas voulu s'avancer sur une quelconque implication de Moscou.

Le directeur de l'Institut Iris, Pascal Boniface, interrogé par l'AFP, "ne voit pas l'intérêt pour la Russie d'affaiblir M. Macron, seul chef d'Etat occidental à souhaiter un rapprochement avec Moscou".

Le directeur de Conspiracy Watch, Rudy Reichstadt, juge "plausible" sur Twitter que l'acte revendiqué par Piotr Pavlenski relève "d'une opération de déstabilisation politique impliquant d'autres personnes que lui-même" mais que "rien ne permet d'affirmer" qu'il s'agit "d'un complot anti-LREM fomenté à Moscou".

A l'inverse, le rédacteur en chef de Philosophie Magazine, Michel Eltchaninoff, qui a rencontré Piotr Pavlenski à plusieurs reprises et a préfacé son livre "Le cas Pavlenski", estime qu'il y a "une piste de l'ingérence qui doit être explorée" avec un activiste qui "a toujours dénoncé le +kompromat+ et utilise maintenant les techniques du FSB" (ex-KGB).

Municipales à Paris: Agnès Buzyn, quatre semaines pour convaincre

Lundi, 17. Février 2020 - 16:00

Quatre semaines pour convaincre: Agnès Buzyn a pris lundi les rênes de l'équipe LREM pour la course à la mairie de Paris avec le défi de sauver le parti présidentiel d'une défaite annoncée qu'Emmanuel Macron veut à tout prix éviter.

"J'y vais pour gagner", a assuré à l'AFP l'ex-ministre de la Santé, qui a quitté le gouvernement lundi matin, pour s'engager à plein temps dans cette campagne éclair, au relais d'un Benjamin Griveaux mis hors jeu après la diffusion de vidéos intimes.

L'enjeu est de taille: avant même que Benjamin Griveaux n'annonce son retrait spectaculaire, il n'était que troisième dans les sondages, derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et la candidate LR Rachida Dati.

"C'est un défi quasiment jamais vu, il y a énormément d'inconnues", constate le directeur général adjoint de l'Ifop, Frédéric Dabi.

Alors que LREM était la "première force politique" à Paris à la présidentielle (34,9% pour Emmanuel Macron au premier tour) et aux européennes (32,9%); depuis le début de campagne de Benjamin Griveaux, "c'était une chute sans fin dans les sondages", note-t-il, en faisant valoir que "l'enjeu pour Agnès Buzyn est de faire revenir au bercail ces électeurs, qui au fur et à mesure, revenaient à gauche, mais surtout à droite".

Or, rappelle le politologue, "une élection municipale, c'est une alchimie entre un projet et une incarnation. Là, le projet est déjà préparé: est-ce qu'elle va s'en extraire?"

Pour Delphine Bürkli (ex-LR), maire sortante du IXè arrondissement et candidate à sa réélection, Mme Buzyn "ajoutera peut-être dans son projet davantage de solidarité, de santé, de soins: elle va vouloir imposer sa marque".

Déjà, lundi, plusieurs voix de la majorité ont considéré comme enterrée la proposition de M. Griveaux de déplacer la gare de l'Est en banlieue.

Quant à l'incarnation, si Mme Buzyn, issue de la société civile, "suscite moins de jugements épidermiques que Benjamin Griveaux", selon Frédéric Dabi, elle souffre d'autres handicaps: une "inexpérience" des campagnes électorales et une notoriété relative - 36% des Français déclarent ne pas la connaître.

Arrivera-t-elle à faire revenir l'ex-LREM Cédric Villani, qui a toujours refusé de rejoindre Benjamin Griveaux? Elle s'est en tout cas entretenue lundi par téléphone avec le mathématicien, qui a posé des "conditions" à "d'éventuelles convergences", comme "l'ouverture à un accord de second tour avec les Verts", dans le cadre d'une "Coalition climat".

- "Apaisante"-

Chez LREM, l'enthousiasme est revenu après les tourments du week-end: Agnès Buzyn "sera une maire exceptionnelle", s'est enflammé auprès de l'AFP le numéro un du parti, Stanislas Guerini, quand le secrétaire d'État Cédric O "pense même qu'on va gagner".

Mot d'ordre répété à l'envi par les troupes depuis lundi: Mme Buzyn est "apaisante". Mieux, elle "rassemble": "à la fois ex-belle-fille de Simone Veil et à l'initiative de la PMA pour toutes, elle parle aux progressistes et c'est une grande dame bourgeoise, elle enjambe la fracture Est/Ouest" de la capitale autant que "le clivage gauche-droite".

Quid de la méthode? "Il faut s'appuyer sur les arrondissements, sur les têtes de liste, leur savoir-faire", prône un ponte de la campagne, qui ne table que sur "un gros meeting" de la nouvelle candidate.

Lundi midi, elle a d'ailleurs déjeuné avec l'ensemble de ses têtes de liste... sans avoir encore indiqué dans quel arrondissement elle comptait elle-même se présenter.

"Ce qu'il faut qu'elle dise, c'est: +Il faut faire les choses de manière radicalement différente+, par rapport au mandat qui s'achève", poursuit un ténor LREM parisien.

Dans le camp Hidalgo, pas d'inquiétude à ce stade. "Ce qui aurait changé les choses, c'est qu'En marche se rallie à Villani", estime le premier secrétaire de la fédération socialiste de Paris, Rémi Féraud, qui ironise: "Choisir une ministre qui ne connaît rien aux dossiers de Paris, ça ne nous inquiète pas plus que ça".

Chez les marcheurs, on attend les premiers sondages. "Si Buzyn est au même niveau que Griveaux, entre 11 et 14%, c'est compliqué. Si elle est à 17-18%, on peut pousser", analyse un élu. "Et si elle est à 20%, même troisième... Tout est ouvert au deuxième tour."

Aide-soignante, avocat ou cheminot: quand les députés parlent de leur propre retraite

Lundi, 17. Février 2020 - 15:00

Certains s'appuient volontiers sur leur métier d'origine, d'autres s'y refusent: l'examen de la réforme des retraites renvoie chaque député à son propre parcours professionnel.

- Caroline Fiat, l'aide-soignante

En fin de carrière, "vu que j'aurai l'âge d'être en Ehpad (maison de retraite), est-ce qu'en compensation je pourrai dormir sur place le soir ?", a ironisé l'insoumise en commission.

Après avoir été ambulancière, téléprospectrice et encore assistante de direction, Caroline Fiat a passé le concours d'aide-soignante, son rêve. Elle a exercé en Meurthe-et-Moselle durant 10 ans. Mais "je n'avais plus le temps de parler avec les patients", déplore auprès de l'AFP la députée de 43 ans.

Horaires décalés, travail souvent "humainement difficile" et physiquement lourd, charge accrue au fil des années: elle s'affiche solidaire "des personnels hospitaliers qui n'y arrivent plus" et sont mobilisés depuis 11 mois. Caroline Fiat s'inquiète que, dans sa réforme des retraites, le gouvernement s'intéresse "aux critères de pénibilité plutôt qu'à la pénibilité elle-même".

- André Chassaigne, le professeur

Le chef de file des députés communistes, 69 ans, qui a fait l'Ecole normale d'instituteurs à 16 ans, est devenu professeur de lettres et d'histoire-géo puis principal de collège pendant 21 ans à Saint-Amant-Roche-Savine (Puy-de-Dôme). Sa femme était aussi prof. Ils ont une fille institutrice, une autre documentaliste.

C'est dire s'il connaît le milieu: "Il faut une revalorisation des salaires, notamment pour les professeurs des écoles. Le métier, exercé jusqu'à 64-65-66 ans, est de plus en plus difficile, par rapport aux enfants d'abord, alors qu'il y a un appauvrissement des familles en particulier en milieu rural. Les parents sont devenus plus exigeants aussi. Il y a une demande de considération des enseignants".

- Stéphane Viry, l'avocat

Toujours associé d'un cabinet à Epinal mais portant moins la robe, le député LR de 50 ans dissocie activité professionnelle et mandat. Il a à coeur de défendre tous les régimes autonomes, pas seulement celui des avocats: experts comptables, architectes, corps médical, pharmaciens... "Ces régimes ne sont pas anachroniques. Dès lors qu'ils sont excédentaires et bien gérés, pourquoi les casser ?"

"Les assujettis ne réclament pas le système universel" voulu par Emmanuel Macron. Plusieurs milliers d'avocats, infirmiers ou encore stewards ont défilé début février à Paris, demandant qu'on les laisse "tranquilles". Les barreaux connaissent une grève dure depuis plus d'un mois.

- Dominique Potier, l'agriculteur

Issu d'une famille de paysans sur plusieurs générations, il s'est installé aux côtés de ses parents à 24 ans puis a fondé un Gaec (groupement d'exploitation en commun). Le député PS de Meurthe-et-Moselle, 55 ans, a passé la main mais défend volontiers les agriculteurs, qui "cochent presque toutes les cases" de pénibilité: "chaud, froid, charges, horaires amplifiés, sans parler des produits chimiques".

Attention à l'âge de départ, donc. Dominique Potier juge "trop tardive" la promesse d'une pension à 85% du Smic à partir de 2025. Il faut aussi "faire justice aux agriculteurs déjà retraités".

- Benoît Simian, le cheminot

Entré à 24 ans à la SNCF, l'élu LREM est passé au fret puis aux ressources humaines comme cadre, à Bordeaux. "J'ai signé il y a 10 ans au statut", explique cet ancien délégué du personnel qui a "milité à la CGT-cheminots" autrefois.

En congé sans solde, il se remémore ses débuts de carrière aux 3x8, week-ends et fêtes compris, à un poste de gestion des crises: suicides sur les voies, problèmes de matériel... "Le point retraite doit peser davantage quand il y a de la pénibilité", à la SNCF comme dans les hôpitaux ou sur les chantiers, défend Benoît Simian, 36 ans. Le régime spécial des cheminots doit disparaître mais "la transition sera longue", rassure-t-il.

- Laure de La Raudière, multi-statuts

Ingénieure en télécommunications, la députée Agir a été fonctionnaire pendant ses études à Normale Sup, salariée d'une start up et encore cheffe d'entreprise. "Impossible de calculer ma retraite", assure la quinquagénaire, qui a reçu un relevé de carrière incomplet.

Il est temps de réformer, selon elle: "Le système universel par points sera beaucoup plus simple et lisible, il permettra une grande mobilité".

"Le système actuel est injuste, j'ai toujours entendu ça", cite l'élue d'Eure-et-Loire. Elle préconise une anticipation de "l'évolution des métiers" pour réussir la réforme.

Municipales à Paris: entretien téléphonique entre Buzyn et Villani, qui pose ses conditions

Lundi, 17. Février 2020 - 15:00

La nouvelle candidate LREM pour les municipales à Paris Agnès Buzyn s'est entretenue lundi avec l'ex-marcheur Cédric Villani, qui a posé "ses conditions pour envisager d'éventuelles convergences", a annoncé un communiqué de l'équipe Villani.

Parmi ces conditions, le mathématicien demande à celle qui a accepté dimanche de succéder à Benjamin Griveaux, contraint d'abandonner après la diffusion de vidéos intimes, que dans le programme il y ait des "concessions majeures sur l'écologie, la démocratie, la métropole: un plan d'investissements de 5 milliards pour le climat, l'agrandissement de Paris", et "le tirage au sort" de certains élus parmi la population, l'une des propositions phares de son projet, précise-t-on de même source.

"D'un point de vue politique", le candidat dissident réclame "l'ouverture à un accord de second tour avec les Verts pour réussir l'alternance à Anne Hidalgo sur une base écologiste et progressiste".

Cédric Villani, exclu de LREM pour s'être maintenu face au candidat officiel Benjamin Griveaux, s'est dit depuis plusieurs semaines ouvert à la proposition du candidat écologiste David Belliard d'une "coalition climat", qui interviendrait au second tour le 22 mars.

Les derniers sondages donnaient Anne Hidalgo (PS) en tête devant Rachida Dati (LR), Benjamin Griveaux (LREM), David Belliard (EELV) et Cédric Villani.

Marie-Laure Harel, porte-parole de Mme Buzyn, a confirmé sur LCI que l'ex-ministre de la Santé avait "immédiatement tendu la main à Cédric Villani" après sa désignation comme nouvelle candidate LREM dimanche soir. "Je crois qu'il va nous rallier", a-t-elle ajouté au sujet de M. Villani.

Les soignants fustigent le "mépris" de Buzyn, Véran promet une enquête sur leur "mal-être"

Lundi, 17. Février 2020 - 14:00

Les personnels hospitaliers dénoncent lundi le départ d'Agnès Buzyn du ministère de la Santé "en pleine tempête", que son successeur Olivier Véran veut s'attacher à apaiser en lançant une enquête nationale sur le "mal-être" des soignants.

Trois jours après une journée de mobilisation des personnels hospitaliers pour exprimer leur attachement à l'hôpital public et leur colère devant l'insuffisance du "plan d'urgence" gouvernemental annoncé l'automne dernier, le président du Collectif inter-urgences Hugo Huon a fustigé "une belle forme de mépris".

M. Huon a critiqué dimanche auprès de l'AFP "le culot" de Mme Buzyn "de quitter le ministère alors que, après onze mois, tout reste à faire à l'hôpital". "Paris vaut bien un hôpital", a commenté le collectif inter-urgences sur son compte Facebook.

"On nous enlève le commandant du navire en pleine tempête", a réagi sur LCI Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes (Amuf).

L'Avenir des jeunes pharmaciens hospitaliers (AJPH) a twitté que "l'hôpital brûle et Agnès Buzyn regarde l'hôtel de ville".

Également sur Twitter, le collectif inter-hôpitaux a imaginé des slogans de campagne pour la nouvelle candidate à la mairie de Paris : "vous êtes pour les brancards aux urgences, votez Buzyn ! Vous êtes contre l'augmentation du salaire des infirmiers, votez Buzyn ! Vous êtes pour l'étranglement financier de l'hôpital public, votez Buzyn ! Vous êtes pour que l'État vole la Sécu, votez Buzyn !"

- Les internes lèvent leur préavis -

Dans un communiqué, ce collectif juge que, "depuis quatre mois, le ministère de la Santé s'est montré incapable de prodiguer autre chose que des bonnes paroles. Le changement d'interlocuteur ne change en rien les revendications".

L'arrivée d'Olivier Véran, médecin lui aussi comme Mme Buzyn, est néanmoins plutôt vue d'un bon oeil par les professionnels de santé.

"Il faut réformer l'hôpital et y associer ceux qui le font vivre au quotidien", a insisté lundi le nouveau ministre lors de la passation de pouvoir. Il a annoncé "une enquête nationale" auprès de l'ensemble de tous les "hospitaliers" pour "tenter de saisir en détail le sens de leur engagement auprès du public et les raisons du mal-être qu'ils nous disent depuis un certain nombre d'années désormais".

L'Intersyndicale des internes (ISNI) prend acte, dans un communiqué, du départ de Mme Buzyn qui "se lance dans une aventure locale" et de l'arrivée de M. Véran. "Souhaitant (lui) donner l'opportunité de faire preuve d'ouverture aux problématiques qui secouent les internes et l'hôpital public", l'ISNI a décidé de lever son préavis de grève illimitée à compter de mercredi.

Au nom de l'association d'urgentistes Samu Urgences de France (SUdF), François Braun a salué auprès de l'AFP Agnès Buzyn "avec qui on a très bien travaillé" et s'est montré confiant pour la suite avec M. Véran, "dont on connaît l'investissement public pour les patients".

"Le nouveau ministre peut compter sur l'engagement de l'hospitalisation privée" pour "l'aider à mener à bien ces chantiers de la transformation du système de santé", a annoncé la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP).

Le Syndicat des médecins libéraux (SML) a salué lui aussi l'arrivée d'Olivier Véran, se souvenant qu'"il fut le véritable artisan de la reprise de contact entre ce qui allait devenir la majorité et les médecins libéraux" pendant la campagne présidentielle de 2017.

Les professionnels du grand âge et de la dépendance se sont montrés beaucoup plus inquiets. La déléguée générale du Synerpa (regroupant les principaux acteurs privés des EHPAD), Florence Arnaiz-Maumé, estime dans un communiqué que "ce remaniement ne doit pas se faire au détriment de la loi Grand Age et Autonomie" annoncée pour l'été 2020.

Retraites: Martinez (CGT), Hommeril (CFE-CGC) et Veyrier (FO) critiquent le départ de Buzyn

Lundi, 17. Février 2020 - 14:00

Des responsables syndicaux réclamant le retrait de la réforme des retraites ont critiqué lundi le départ d'Agnès Buzyn du ministère de la Santé et de la Solidarité où elle avait notamment la charge de ce dossier.

"Quand on est ministre, on est ministre et on devrait mener à bien les sujets", a déclaré M. Martinez sur le plateau de LCI. "Je pense évidemment à la réforme des retraites mais aussi au malaise à l'hôpital qui dure depuis des mois", a-t-il relevé.

"Soit on est ministre et on a son boulot à faire, soit on fait autre chose... Mais il n'y a pas qu'elle, il y a le Premier ministre, il y a M. Darmanin", a-t-il ajouté.

Ni Édouard Philippe, candidat au Havre, ni le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, candidat à Tourcoing, n'ont quitté le gouvernement pour mener campagne.

"L'avenir de l'hôpital public" est "un sujet qui mérite toute l'attention de la ministre et du gouvernement", a jugé M. Martinez, "je ne comprends pas que des ministres en charge de dossiers aussi importants décident de quitter leur poste et de faire autre chose".

Agnès Buzyn a annoncé dimanche sa candidature à la mairie de Paris, où lui revient la délicate mission de porter les couleurs de LREM pour remplacer en urgence Benjamin Griveaux, qui a renoncé après la diffusion de vidéos sexuelles.

Côté FO, son secrétaire général Yves Veyrier a commenté plus sobrement le départ d'Agnès Buzyn sur Cnews: "Il faut croire que le dossier des retraites est lui-même sulfureux, puisqu'on a déjà changé de haut-commissaire, là on change de ministre et je crois que ce dossier n'a pas fini de perturber y compris ceux qui le portent car c'est l'incertitude à tous les étages".

Pour François Hommeril (CFE-CGC) lui aussi opposé à la réforme des retraites en cours d'examen à l'Assemblée, "a priori, ça ne devrait rien changer". "Je trouve qu'on a parfois tendance un peu à trop personnaliser les acteurs, surtout sur des lois de cette nature et de cette importance là", a-t-il ajouté à l'antenne de franceinfo.

"Il faut se concentrer sur l'essentiel, c'est-à-dire le projet de loi, tous ses travers, tous ses dangers et, quel que soit l'interlocuteur en face, et bien de toute façon, pour la CFE-CGC, tous les problèmes demeurent dès l'instant qu'on n'a pas la réponse à nos questions", a-t-il ajouté.

Au terme d'un week-end d'intenses tractations, le député et médecin Olivier Véran a été nommé en remplacement de Mme Buzyn.

M. Véran est "d'abord un homme politique, avant d'être un technicien", a commenté Philippe Martinez.

Alstom veut racheter Bombardier Transport pour environ 6 milliards d'euros

Lundi, 17. Février 2020 - 13:00

Le constructeur ferroviaire français Alstom a annoncé lundi avoir signé un protocole d'accord avec Bombardier et la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour racheter 100% de Bombardier Transport, la branche ferroviaire du conglomérat canadien, pour un prix compris entre 5,8 et 6,2 milliards d'euros.

Le groupe canadien, en difficultés financières, compte affecter le produit de la vente à la réduction de sa dette, qui s'élevait fin 2019 à 9,3 milliards de dollars américains.

"Cette acquisition renforcera notre présence internationale ainsi que notre capacité à répondre à la demande toujours plus importante de solutions de mobilité durable", a commenté le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge, évoquant "une très belle opération".

Bombardier Transport, basé à Berlin, a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de 8,3 milliards de dollars américains (7,7 milliards d'euros au cours actuel), terminant l'année avec un carnet de commandes de 35,8 milliards de dollars (33 milliards d'euros). Elle emploie 36.000 personnes.

Bombardier dispose notamment à Crespin (Nord) de la plus grosse usine ferroviaire de France --Alstom exploitant de nombreux sites plus petits-- avec 2.000 employés.

Alstom a bouclé son dernier exercice 2018-19 (clos fin mars) avec un chiffre d'affaires global de 8,1 milliards d'euros, son carnet de commandes culminant à 43 milliards d'euros au 31 décembre 2019. Le fabricant du TGV emploie 36.300 personnes, dont 9.500 en France.

Les deux groupes disposent d'un quasi-monopole sur le matériel roulant en France, où ils collaborent régulièrement comme sur le métro et le RER de Paris.

"Il n'y a pas du tout d'idée de restructurations ou de menace sur l'emploi dans cette acquisition, bien au contraire", a assuré Henri Poupart-Lafarge à des journalistes. "Ce n'est pas une fusion défensive dans laquelle nous essaierions de gagner des synergies de coûts par des restructurations, c'est une fusion offensive dans un marché en croissance".

Des "adaptations" seront peut-être nécessaires, "ponctuellement", en fonction des plans de charge des différentes usines, a-t-il toutefois reconnu, interrogé sur les sites allemands de Bombardier. En tout état de cause, ni l'usine Bombardier de Crespin, ni celle d'Alstom à Valenciennes, à quelques kilomètres, ne sont concernées, selon lui.

Avec un chiffre d'affaires cumulé de plus de 15 milliards d'euros et un carnet de commandes dépassant les 75 milliards, un mariage Alstom-Bombardier doit créer un groupe puissant pour affronter le mastodonte chinois CRRC, dont les ventes dépassaient 28 milliards d'euros en 2018, et qui exporte désormais dans le monde entier.

- Le Maire chez Vestager -

La menace chinoise et la nécessité de progresser dans les technologies numériques avaient déjà été évoquées pour justifier la reprise d'Alstom par Siemens, bloquée en février 2019 par la Commission européenne, qui craignait une position trop dominante en Europe dans la signalisation ferroviaire et les trains à grande vitesse.

Il restera à voir quelle sera la réaction de Bruxelles quant à ce nouveau mariage ferroviaire. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, doit s'entretenir mardi avec la vice-présidente de la Commission Margrethe Vestager, dont le veto avait été très critiqué l'an dernier à Paris et à Berlin.

"Nous sommes confiants", a noté M. Poupart-Lafarge lundi, tandis que la Commission européenne s'est refusée à tout commentaire.

Recentré depuis novembre 2015 sur le transport ferroviaire après la cession de sa branche énergie à l'américain General Electric (GE), le groupe français jouit d'une situation financière saine.

La CDPQ, qui détient actuellement 32,5% de Bombardier Transport, doit devenir au terme de l'opération son premier actionnaire avec environ 18% du capital, selon le groupe français. La Caisse doit réinvestir dans Alstom l'intégralité du produit net de la cession de sa participation dans Bombardier Transport et investir 700 millions d'euros supplémentaires dans le groupe.

Alstom s'est engagé à développer ses activités au Québec et à installer le siège de ses opérations américaines à Montréal.

Bouygues, premier actionnaire du groupe ferroviaire français avec 15% du capital, en conservera environ 10%. Et Bombardier devrait en récupérer 3%.

La transaction, payée pour partie en numéraire et pour partie en actions nouvellement émises par Alstom, doit encore être approuvée par les autorités de la concurrence, notamment Bruxelles.

"La réalisation de l'opération est attendue pour le 1er semestre 2021", a indiqué Alstom.

Retraites: la réforme dans le chaudron de l'Assemblée lundi, avec un nouveau ministre

Lundi, 17. Février 2020 - 12:00

La bataille autour de la réforme des retraites entre dans le vif lundi à l'Assemblée: la majorité, après une fin de semaine chaotique, va défendre dans l'hémicycle un projet que l'opposition dénonce comme "injuste" et entend torpiller par une nuée d'amendements.

Après des semaines de contestation dans la rue et un appel à une nouvelle journée de mobilisation dans les transports lundi, la macronie arrive chamboulée, le rapporteur du volet organique de la réforme Olivier Véran ayant dû prendre au pied levé dimanche la casquette de ministre de la Santé.

Agnès Buzyn lui a laissé sa place pour prendre le relais, dans la course LREM à la mairie de Paris, de Benjamin Griveaux, emporté vendredi par une affaire de vidéos à caractère sexuel.

"Par delà les velléités d'obstruction qui s'annoncent - je fais désormais attention aux mots que j'utilise - je voudrais dire aux parlementaires que je serai à leur écoute", a assuré Olivier Véran, lors de la passation de pouvoirs avec une Agnès Buzyn en larmes, ajoutant qu'il serait présent aux débats.

Emmanuel Macron a appelé la majorité à "l'unité" pour "gagner la bataille des retraites" et "vendre" ce projet hautement sensible visant à créer un "système universel" de retraite par points.

Même si l'appel à une "journée morte" dans les transports était peu suivi lundi matin, avec un trafic "perturbé" sur les lignes 2, 5 et 12 du métro, selon la RATP, les opposants à la réforme n'ont pas dit leur dernier mot.

L'examen inachevé la semaine passée en commission pour cause d'avalanche d'amendements des députés LFI, un fait inédit après 75 heures de dialogue de sourds, n'était qu'un préambule.

"Je crois que le calendrier dans lequel on est enfermé n'est pas tenable", a déclaré le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux alors que 41.000 amendements ont été déposés.

De son côté, Philippe Martinez (CGT) a critiqué sur LCI le timing du départ d'Agnès Buzyn, estimant qu'un ministre "devrait mener à bien les sujets" dont il a la charge, rejoint sur ce point par le socialiste Olivier Faure qui y a vu sur France Inter un signe de "légèreté du gouvernement", qui veut "y aller au forceps".

Pour l'heure, quinze jours de débats sont prévus, soit 84 heures, mais une 3e semaine de débat est probable.

Le gouvernement table toujours sur une adoption en première lecture avant les municipales dans un mois et espère un feu vert définitif "d'ici l'été" sur les deux textes (ordinaire et organique).

Face à l'obstruction des insoumis avec leurs amendements, les responsables de la majorité martèlent qu'un recours au 49-3 - arme de la Constitution qui permet l'adoption sans vote - "n'est pas l'objectif" mais des "marcheurs" ne l'excluent pas si le débat est "clairement impossible".

"Totalement impensable", a prévenu LR. Ce serait même "du délire" pour le numéro un de la CFDT Laurent Berger.

- "On marche sur la tête" -

Droite comme gauche dénoncent un "mépris" du Parlement et un projet "nébuleux" et "à trous", avec notamment la trentaine d'ordonnances programmées.

Les trois groupes de gauche - PS, PCF et LFI - qui dénoncent un "amateurisme coupable" du gouvernement, tablent en plus des amendements (près de 37.000 à eux trois) sur une motion référendaire lundi, voire une motion de censure, des étapes qui vont ralentir les débats.

Le patron des insoumis Jean-Luc Mélenchon qui revendique "une victoire" en commission, a promis une "noria" de son groupe afin "d'enfoncer la ligne de défense macroniste". Le PCF, qui juge la réforme "bien pire" que ce qui avait été annoncé, ne sera pas en reste tout comme le PS, persuadé qu'un "certain nombre de concitoyens vont se faire avoir".

LR fustige comme eux "l'impréparation" du gouvernement et estime que pour le financement "on marche sur la tête".

Le vote de la réforme est programmé avant les conclusions de la conférence de financement, censée trouver d'ici avril des mesures permettant d'atteindre l'équilibre en 2027.

Côté majorité, où l'on dénonce le "sketch" des insoumis, on affiche la volonté de faire aboutir cette réforme "de progrès social", "contre vents d'obstruction et marées d'amendements".

Le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski a appelé dans La Croix "les oppositions à se mettre à la hauteur de l’enjeu, à venir sur le terrain de la confrontation d’idées".

"On s'est organisés pour durer", indique à l'AFP le co-rapporteur Jacques Maire (LREM). Si le groupe soutient globalement la réforme, des interrogations ont émergé sur son impact budgétaire, et certains à l'aile gauche comptent faire entendre leur voix sur des sujets comme la pénibilité. Un "marcheur" prédit "un exercice de discipline collective forte".

Affaire Griveaux: Pavlenski "a sans doute été aidé", estime Ndiaye

Lundi, 17. Février 2020 - 12:00

L'artiste russe Piotr Pavlenski, qui a revendiqué la mise en ligne de vidéos intimes qui ont poussé Benjamin Griveaux à renoncer à briguer la mairie de Paris, "a sans doute été aidé", a estimé lundi la porte-parole du gouvernement.

Interrogée sur LCI pour savoir si cette affaire relevait d'une manipulation politique plus importante, Sibeth Ndiaye a répondu que "c'est un peu tôt pour le dire parce que l'enquête ne fait que démarrer" et qu'"il faut laisser du temps à l'enquête pour se dérouler".

"Moi je ne veux pas verser dans le complotisme. Néanmoins, je remarque qu'il y a quand même une certaine forme de technicité pour mettre en oeuvre tout cela", a déclaré la représentante du gouvernement, en évoquant "le fait de construire un site Internet, le fait d'écrire en français parfaitement alors que manifestement, Piotr Pavlenski parle certes français, mais avec quelques difficultés".

"Donc il a sans doute été aidé, je ne suis pas sûr que ce soit le personnage central de cette affaire", a-t-elle conclu.

Le secrétaire d’État au numérique Cédric O a lui assuré sur FranceInfo ne disposer "à ce stade" d'"aucune information qui me laisse penser qu'il pourrait y avoir autre chose qu'un agissement personnel". "Si ça devait être le cas, ce serait très grave".

"Nous n’avons aucune preuve ni aucun indice qui nous laisse penser que la Russie soit impliquée", a ajouté le ministre.

Véran: le coronavirus reste la "priorité numéro 1" du ministère de la Santé

Lundi, 17. Février 2020 - 12:00

L'épidémie de nouveau coronavirus reste "la priorité numéro 1" du ministère de la Santé, a assuré lundi le nouveau titulaire du portefeuille, Olivier Véran, lors de la passation de pouvoir avec Agnès Buzyn.

La gestion de l'épidémie liée à ce virus qui a touché à ce jour 12 patients sur le territoire français, dont l'un est décédé, "nous mobilise pleinement" et "il s'agit encore de la priorité numéro 1 de ce ministère", a déclaré M. Véran, ajoutant avoir échangé sur cette situation avec Agnès Buzyn avant leurs prises de parole.

"Je partagerai avec les Français l'ensemble des informations dont je disposerai, (...) je continuerai de faire des compte-rendus réguliers sur la situation", comme l'ancienne ministre l'a fait depuis le début de la diffusion de l'épidémie de Covid-19 hors de Chine, où le virus est apparu en décembre.

"Je tiens à rassurer les Français et à leur dire que le dispositif opérationnel de gestion du coronavirus est solide", avait auparavant affirmé Agnès Buzyn, qui a annoncé dimanche quitter le ministère de la Santé pour se lancer dans la bataille de l'élection municipale à Paris, en remplacement de Benjamin Griveaux.

"Je me suis assurée que tout était en place", a-t-elle ajouté, estimant que les mesures "prises ces dernières semaines sont efficaces" et que le système de santé français est "capable d'absorber le risque auquel nous faisons face".

Alors que la crise du coronavirus entraîne des craintes concernant l'approvisionnement des médicaments en Europe, dans un contexte déjà marqué par une forte hausse des ruptures de stocks pour certains d'entre eux, Olivier Véran a par ailleurs estimé qu'il était "possible" et "même urgent" de "recréer des filières productives en France et en Europe".

L'Académie française de pharmacie a notamment appelé jeudi à "relocaliser la production des matières premières pharmaceutiques", actuellement très majoritairement située en Asie.

Filtres anti-plastiques dans les lave-linge: Brune Poirson réunit les fabricants

Lundi, 17. Février 2020 - 7:00

La secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Brune Poirson, réunit lundi les fabricants de lave-linge pour préparer l'application d'une mesure adoptée dans la loi pour l'économie circulaire: l'installation de filtres à microfibres plastiques dans les machines à laver neuves.

A compter du 1er janvier 2025, les lave-linge neufs devront être munis de ces filtres, qui sont destinés à empêcher le passage dans les eaux usées des fibres plastiques microscopiques libérées par les vêtements au cours du lavage, a-t-on expliqué au ministère de la Transition écologique.

"Les fabricants de machines à laver vont devoir innover pour s'adapter à ce nouveau standard", a souligné Brune Poirson.

Les plastiques utilisés dans la confection (polyester, acrylique, élasthanne) libèrent des particules au lavage qui sont trop petites pour être filtrées dans les usines de traitement, et se retrouvent dans l'environnement et notamment dans les océans.

Les microplastiques représenteraient entre 15% et 31% des 9,5 millions de tonnes de plastiques déversées chaque année en mer, selon des chiffres de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

La France est le premier pays au monde à légiférer sur cette source de pollution plastique, en imposant d'équiper les machines à laver de filtres à microplastiques d'ici 2025.

En réunissant les industriels du secteur, ainsi que des porteurs de solutions technologiques de filtres et des ONG, Brune Poirson veut établir une feuille de route permettant d'atteindre l'objectif fixé.

La secrétaire d'Etat veut inciter les fabricants à intégrer les filtres dans leurs appareils dès que possible, ce qui leur permettrait d'obtenir un bonus environnemental s'ils le font avant 2025.

La mesure "place la France à l'avant-garde de la lutte contre la pollution aux microplastiques et de l'innovation pour la transition écologique", a affirmé Brune Poirson qui souhaite que les inventeurs et chercheurs voient la France "comme un laboratoire de solutions à grande échelle".

Quelque 2,7 millions de lave-linge sont vendus en France chaque année, soit plus de 7.000 par jour, selon des chiffres du Gifam, la fédération professionnelle du secteur. Plus de 97% des foyers français sont équipés d'un lave-linge.

Aux ménages s'ajoutent 5.900 établissements professionnels en France qui utilisent des machines à laver (pressings et blanchisseries).

Retraites: la réforme dans le chaudron des députés lundi, avec un nouveau ministre

Lundi, 17. Février 2020 - 5:00

La bataille autour de la réforme des retraites entre dans le vif lundi à l'Assemblée: la majorité, après une fin de semaine chaotique, va défendre dans l'hémicycle un projet que l'opposition dénonce comme "injuste" et entend torpiller par une nuée d'amendements.

Après des semaines de contestation dans la rue et un appel à une nouvelle journée de mobilisation lundi, la macronie arrive chamboulée, le rapporteur du volet organique de la réforme Olivier Véran ayant dû prendre au pied levé dimanche la casquette de ministre de la Santé.

Agnès Buzyn lui a laissé sa place pour prendre le relais, dans la course LREM à la mairie de Paris, de Benjamin Griveaux, emporté vendredi par une affaire de vidéos à caractère sexuel.

Des turbulences qui s'ajoutent aux couacs et aux voix discordantes qui se sont élevées dans la majorité. Au point qu'Emmanuel Macron avait appelé mardi les députés "à l'unité" pour "gagner la bataille des retraites" et "vendre" ce projet hautement sensible visant à créer un "système universel" de retraite par points, fruit d'un engagement de campagne du chef de l'Etat.

L'examen inachevé la semaine passée en commission pour cause d'avalanche d'amendements des députés LFI, un fait inédit après 75 heures de dialogue de sourds, n'était qu'un préambule.

Le calendrier sera-t-il cette fois tenable alors que 41.000 amendements ont été déposés, encore davantage que les 22.000 en commission?

Pour l'heure, quinze jours de débats sont prévus, soit 84 heures. Mais "s'il faut une troisième (semaine de débat), nous prendrons la troisième", a affirmé le patron de la majorité à l'Assemblée Gilles Le Gendre, dimanche à RTL-LCI-Le Figaro.

Le gouvernement, représenté par le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski et donc le nouveau ministre Olivier Veran, table toujours sur une adoption en première lecture avant les municipales dans un mois et espère un feu vert définitif "d'ici l'été" sur les deux textes (ordinaire et organique).

Face à l'obstruction des insoumis avec leurs amendements, les responsables de la majorité martèlent qu'un recours au 49-3 --arme de la Constitution qui permet l'adoption sans vote-- "n'est pas l'objectif" mais des "marcheurs" ne l'excluent pas si le débat est "clairement impossible".

"Totalement impensable", a prévenu LR. Ce serait même "du délire" pour le numéro un de la CFDT Laurent Berger.

Mais les oppositions ont prévenu que le texte ne passerait pas "comme une lettre à la poste".

Les quelques signaux envoyés en commission pour les enseignants ou avocats n'ont pas convaincu. S'y ajouteront de nouveaux amendements annoncés cette semaine sur la pénibilité ou les droits familiaux.

- "Amateurisme" -

Droite comme gauche dénoncent un "mépris" du Parlement et un projet "nébuleux" et "à trous", avec notamment la trentaine d'ordonnances programmées.

Les trois groupes de gauche --PS, PCF et LFI-- qui dénoncent un "amateurisme coupable" du gouvernement, tablent en plus des amendements (près de 37.000 à eux trois) sur une motion référendaire lundi, voire une motion de censure, des étapes qui vont ralentir les débats.

Le patron des insoumis Jean-Luc Mélenchon qui revendique "une victoire" en commission, a promis une "noria" de son groupe afin "d'enfoncer la ligne de défense macroniste". Le PCF, qui juge la réforme "bien pire" que ce qui avait été annoncé, ne sera pas en reste tout comme le PS, persuadé qu'un "certain nombre de concitoyens vont se faire avoir".

LR fustige comme eux "l'impréparation" du gouvernement et estime que pour le financement "on marche sur la tête".

Le vote de la réforme est programmé avant les conclusions de la conférence de financement, censée trouver d'ici avril des mesures permettant d'atteindre l'équilibre en 2027.

Côté majorité, où l'on dénonce le "sketch" des insoumis, on affiche la volonté de faire aboutir cette réforme "de progrès social", "contre vents d'obstruction et marées d'amendements".

"On s'est organisés pour durer", indique à l'AFP le co-rapporteur Jacques Maire (LREM), une source parlementaire tablant sur le fait que l'opposition va "mettre du bazar" les premiers jours mais que cela ne durera pas.

Si le groupe soutient globalement la réforme, des interrogations ont émergé sur son impact budgétaire, et certains à l'aile gauche comptent faire entendre leur voix sur des sujets comme la pénibilité. Un "marcheur" prédit "un exercice de discipline collective forte".

Olivier Véran, la fulgurante ascension d'un neurologue macroniste

Dimanche, 16. Février 2020 - 21:00

Olivier Véran, nommé dimanche ministre de la Santé, est un neurologue de 39 ans, député de l'Isère et soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, rapporteur depuis janvier du volet organique de la réforme des retraites.

L'Isérois, médecin du CHU de Grenoble, n'entend pas faire de vieux os en politique mais il a accepté la lourde tâche de reprendre en main un ministère sous la pression des personnels hospitaliers en colère et de la menace d'épidémie du nouveau coronavirus, après le départ d'Agnès Buzyn annoncé dimanche.

Ce macroniste de la première heure pourra bénéficier, au moins dans un premier temps, de son statut de médecin comme le furent avant lui à ce poste Bernard Kouchner, Philippe Douste-Blazy, Nora Berra, ou Agnès Buzyn.

Alors jeune suppléant de Geneviève Fioraso (PS), il s'était fait connaître en entrant au Palais Bourbon en 2012 quand celle-ci avait rejoint les gouvernements Ayrault puis Valls jusqu'en 2015.

Il a rencontré Emmanuel Macron cette même année au moment de la discussion à l'Assemblée de la loi Macron. Et avait adhéré au mouvement En Marche! dès sa création, jusqu'à devenir le référent santé du candidat à la présidentielle.

Séduit par le "dépassement des clivages et de la politique politicienne" de celui qui était alors ministre de l’Économie, le neurologue a longtemps ambitionné de "faire prendre le virage de la prévention", parent pauvre des politiques de santé en France.

Au palais Bourbon, Olivier Véran a d'ailleurs été le rapporteur du volet prévention de la loi Santé, avant de devenir l'incontournable rapporteur général de la Commission des affaires sociales en 2017.

Il est aussi Conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2016 et a été nommé, en janvier, rapporteur du volet organique de la réforme des retraites, celui sur l'équilibre financier.

- "Le coeur à gauche" -

Ce politique affable, né en 1980 et issu du Parti socialiste, dit avoir "le cœur à gauche".

Déjà pressenti pour occuper le maroquin de la Santé en 2017, Olivier Véran était qualifié à l'époque de "bosseur", "sympathique", "très bon connaisseur de l'hôpital" par Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF, premier syndicat de médecins libéraux (généralistes et spécialistes).

L'intéressé se définit lui-même comme "énergique", y voyant à la fois sa principale qualité et son principal défaut.

Ancien vice-président de l'Inter-Syndicat national des internes (ISNI) durant ses études de médecine à Grenoble, il a financé sa formation en travaillant comme aide-soignant, notamment en gériatrie.

"Tombé amoureux de l'organisation du système de soins", il a suivi un master en gestion et politique de santé à Sciences Po Paris (avec un mémoire sur les déserts médicaux) en parallèle à son clinicat. A cette époque, le jeune chef de clinique en neurologie vasculaire développe également un hôpital de jour pour faire de l'ambulatoire.

C'est en visitant cette structure que Geneviève Fioraso repère l'entreprenant praticien et lui propose d'être son suppléant en 2012.

"Je n'avais jamais été encarté politiquement, même si j'ai ma sensibilité évidemment", avait-il alors déclaré à l'AFP, se présentant comme "progressiste vraiment, très européen convaincu, opposé aux inégalités".

Parlant anglais et espagnol, marié à une gynécologue-obstétricienne avec qui il a deux enfants, Olivier Véran n'entend pas faire de la politique plus d'un ou deux mandats: "Hors de question que ma femme sacrifie sa carrière !", assure ce défenseur du non cumul.

Et puis, "la classe politique n'est pas aimée; quand je porte ma blouse blanche, j'ai une cote de confiance de 84%, quand je mets l'écharpe tricolore, ça tombe à 6%! Il faut renouveler la vie politique et être plus proches des gens", soutient ce pianiste amateur.

Affaire Griveaux: Piotr Pavlenski et sa compagne placés en garde à vue

Dimanche, 16. Février 2020 - 14:00

L'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne ont été placés en garde à vue dans l'enquête sur les vidéos intimes ayant poussé Benjamin Griveaux à retirer sa candidature à la mairie de Paris, a-t-on appris dimanche auprès du parquet de Paris.

Tous deux sont en garde à vue pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", dans le cadre de l'enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d'une plainte contre X de M. Griveaux.

Piotr Pavlenski, 35 ans, avait été placé en garde à vue samedi après-midi dans un autre dossier portant sur des violences commises le soir du 31 décembre. Celle-ci a été suspendue dimanche et une seconde garde à vue a démarré pour l'interroger sur l'affaire Griveaux. La durée totale de ces gardes à vue ne pourra excéder 48 heures, soit jusqu'à lundi après-midi.

Sa compagne, Alexandra de Taddeo, 29 ans, est en garde à vue depuis samedi soir dans l'affaire Griveaux. Selon une source proche du dossier, c'est elle qui aurait été au départ la destinataire des vidéos incriminées.

Réfugié politique en France depuis 2017, M. Pavlenski a affirmé vendredi être à l'origine de la mise en ligne desdites vidéos, assurant vouloir dénoncer l'"hypocrisie" de Benjamin Griveaux.

Ce dernier "a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris. Il a fait de la propagande des valeurs familiales traditionnelles", a affirmé M. Pavlenski.

Cette justification est "grotesque", a répondu samedi soir l'avocat de M. Griveaux, Me Richard Malka. "J'ai rarement vu personnalité plus cynique. On est dans une imposture absolue, avec des pseudo artistes qui considèrent qu'ils sont dans une dictature et donnent des leçons de morale", a-t-il déclaré sur LCI.

Il a également dit douter que M. Pavlenski soit le seul responsable de la diffusion des vidéos. "Clairement, je ne crois pas du tout qu'il ait agi tout seul", a-t-il poursuivi, sans s'avancer davantage et en renvoyant à l'enquête ouverte par le parquet.

L'artiste russe, condamné en 2019 pour avoir incendié en octobre 2017 une succursale de la Banque de France à Paris lors d'une "performance artistique", est également mis en cause pour avoir participé à une rixe dans la soirée du 31 décembre dans un appartement à Paris.

Selon le récit d'un participant à l'AFP, une dispute aurait éclaté entre plusieurs personnes et Piotr Pavlenski, qui se serait saisi d'un couteau dans la cuisine.

Deux des invités ont été blessés avec ce couteau, a rapporté le site d'information français Médiapart, qui avait révélé l'existence de cette enquête.

L'avocat et essayiste Juan Branco, qui dit avoir "conseillé" M. Pavlenski sur les vidéos à l'origine du retrait de M. Griveaux, était également présent à cette soirée de réveillon.

Dimanche, Me Branco a dénoncé le fait de ne pas pouvoir être désigné comme avocat de Piotr Pavlenski dans la procédure portant sur la diffusion des vidéos, mettant en cause le parquet de Paris.

"Il s'oppose à ce que je représente mon client. Il s'agit d'une atteinte aux droits de la défense inédite, gravissime", a-t-il expliqué à sa sortie des locaux de la police judiciaire.

Procéduralement, le parquet, ne pouvant le faire seul, doit saisir le bâtonnier s'il souhaite contester la désignation d'un avocat. Contactés par l'AFP, le parquet de Paris et le bâtonnier de Paris n'ont pas souhaité faire de commentaire.

Juan Branco a précisé à l'AFP que sa procédure de désignation était pour le moment suspendue, dans l'attente d'une rencontre qu'il doit avoir lundi avec le bâtonnier.

Le retrait de Benjamin Griveaux a provoqué une onde de choc politique et contraint le parti présidentiel à lui trouver dans l'urgence un successeur pour briguer la mairie de Paris aux municipales de mars.

Après deux jours ponctués de réunions, c'est la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui a été choisie dimanche après-midi. Elle a annoncé à l'AFP qu'elle allait quitter le gouvernement une fois investie par La République en marche (LREM).

Enneigement par hélicoptère: "Pas une voie possible", pour Borne

Dimanche, 16. Février 2020 - 14:00

"Enneiger des stations de ski par hélicoptère n’est pas une voie possible", a tranché dimanche la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, après la décision de la Haute-Garonne de déverser de la neige par hélicoptère sur la station de Luchon-Superbagnères.

"Nous réunirons avec Jean-Baptiste Lemoyne (secrétaire d'Etat au Tourisme et au Commerce extérieur) les acteurs concernés dans les prochains jours", a-t-elle ajouté dans un tweet.

Le périmètre de cette consultation, qui aura lieu dans la semaine, n'est pas encore précisément fixé, elle devrait réunir en tous cas les responsables du domaine skiable de France, a-t-on indiqué dimanche à son cabinet.

Le message de la ministre était clair avec ce tweet: il s'agissait de mettre un coup d'arrêt rapide, car il n'est pas possible de réitérer de telles opérations très polluantes, a tenu à souligner un de ses conseillers à l'AFP.

Cette réunion vise aussi à chercher des solutions pour les élus locaux, les transports de neige par camions étant également problématiques, selon la même source.

Afin de pallier le manque d'enneigement dans la station pyrénéenne, le conseil départemental de Haute-Garonne avait pris une mesure spectaculaire, en faisant livrer de la neige par hélicoptère sur certains tronçons vendredi et samedi.

Il a fallu deux heures et demie d'hélicoptère pour transporter quelque 50 tonnes de neige. Le coût est évalué entre 5.000 et 6.000 euros, mais "en terme de retour sur investissement, il faut multiplier au moins par 10", avait justifié le syndicat mixte chapeautant cette station.

Selon le syndicat, entre 50 et 80 personnes vont pouvoir travailler grâce à cette opération: le personnel de la station, mais aussi les moniteurs, les loueurs de matériel, les restaurateurs.

L'initiative, très dispendieuse et très peu écologique en termes d'émission de CO2, a suscité une vague de réactions très critiques dans les médias, alors que le gouvernement met en avant la priorité environnementale pour réduire les émissions de CO2.

Municipales: Buzyn (LREM) remplace Griveaux à Paris, Véran ministre de la Santé

Dimanche, 16. Février 2020 - 13:00

"J'y vais pour gagner": Agnès Buzyn a annoncé dimanche sa candidature à la mairie de Paris, où lui revient la délicate mission de porter les couleurs de LREM pour remplacer en urgence Benjamin Griveaux, qui a renoncé après la diffusion de vidéos sexuelles.

Sur proposition du Premier ministre et au terme d'un week-end d'intenses tractations, Emmanuel Macron a "mis fin" aux fonctions d'Agnès Buzyn au gouvernement et nommé le député et médecin Olivier Véran au ministère des solidarités et de la santé.

Le passation entre Mme Buzyn et M. Véran devrait avoir lieu lundi matin à 10H00, a appris l'AFP de source gouvernementale. Mon "successeur évidemment prendra en main" les sujets "d'importance" du ministère, avait assuré Agnès Buzyn, alors que l'opposition lui reproche déjà un "abandon de poste", en plein "coronavirus, crise hospitalière" et débat sur les retraites qui arrive lundi dans l'hémicycle.

"J'y vais, j'en ai envie", a affirmé à l'AFP la nouvelle candidate, qui a été sollicitée pendant plusieurs jours par nombre de marcheurs et partenaires de la majorité présidentielle dans la bataille parisienne.

Sous un déluge de pluie, elle est arrivée dans la soirée dans un café parisien où LREM avait organisé un rassemblement. "Cette ville va mal, elle n'est pas bien gérée", a tout de suite lancé l'ex-ministre, entourée de militants enthousiastes et du délégué général du mouvement Stanislas Guerini.

A moins de trente jours du premier tour le 15 mars, c'est un nouveau rebondissement majeur dans cette campagne qui n'en manque pas. Vendredi encore, Agnès Buzyn disait sur France Inter qu'elle ne "pourrait pas" être candidate en raison de son agenda "très chargé" et du "surcroît de travail" provoqué par la crise du coronavirus.

Mais LREM peinait à trouver un plan B et dimanche midi, les alliés du MoDem, par la voix de Patrick Mignola, chef de file des députés centristes, réclamaient encore sur France 3 le "plan B comme Buzyn".

A 57 ans, l'ancienne médecin et ex-présidente de l'institut national du cancer, hérite d'une mission difficile pour la première expérience électorale de sa carrière.

Avant même son retrait spectaculaire vendredi, Benjamin Griveaux était troisième dans les sondages, derrière la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et la candidate LR Rachida Dati.

Les marcheurs souhaitaient donc un poids lourd et une solution rapide dans une séquence municipale globalement compliquée, alors que le débat agité sur les retraites démarre dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale lundi.

- "Rebattre les cartes" -

Selon Stanislas Guerini, à l'AFP: "sa candidature est à même de rebattre les cartes et est une candidature de rassemblement".

Le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre salue aussi un "excellent choix", avec une personnalité qui "saura rassembler". L'ex-ministre était souvent décrite comme une tenante de la "fibre sociale" du gouvernement.

Les nouveaux rivaux parisiens d'Agnès Buzyn fustigent à l'inverse un "abandon de poste" au ministère de la Santé. Pour le directeur de campagne d'Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire (PS), la marcheuse commet "une grave faute politique" alors qu'elle "expliquait il y a deux jours qu'elle ne pouvait être candidate à Paris en raison des sujets majeurs dont elle s'occupe : coronavirus, crise hospitalière...".

Dans l'entourage du dissident et ex-LREM Cédric Villani, on critique aussi une "décision incompréhensible" qui "fragilise l'exécutif en pleine crise sanitaire".

Pour l'eurodéputé RN Jordan Bardella, c'est une décision "accablante", au moment où "le pays traverse une épidémie inquiétante".

Le secrétaire national du PCF Fabien Roussel, sur BMFTV, "sent un grand cafouillage", alors "qu'on a une réforme (des retraites) fondamentale qui arrive lundi dans l'hémicycle", et que la ministre devait porter avec le secrétaire d'Etat aux retraites Laurent Pietraszewski.

Et dans le milieu hospitalier, le président du collectif Inter-Urgences, Hugo Huon, reproche à Mme Buzyn "une belle forme de mépris", quand "tout reste à faire à l'hôpital"

C'est maintenant Olivier Véran qui va devoir gérer les nombreux dossiers sensibles du ministère. Agé de 39 ans et issu des rangs socialistes, ce député LREM de l'Isère, neurologue de profession, était rapporteur du budget de la Sécurité sociale à l'Assemblée et co-rapporteur de la loi sur la réforme des retraites.

Adepte de formules chocs, volontiers taquin avec les oppositions, il espérait depuis longtemps entrer au gouvernement, y compris sous le précédent quinquennat.

Il y avait urgence chez LREM à tourner la page Benjamin Griveaux, premier homme politique de premier plan à démissionner pour une affaire de "sex tape".

Les diffuseurs présumés de vidéos sexuelles, l'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo, sont tous deux en garde à vue pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", dans le cadre de l'enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d'une plainte contre X de M. Griveaux.

Selon une source proche du dossier, Mme de Taddeo, en garde à vue depuis samedi soir, aurait été au départ la destinataire des vidéos sexuelles datant de mai 2018, lorsque Benjamin Griveaux était porte-parole du gouvernement, selon des sources concordantes.

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Retraites: les principaux points de la réforme au menu de l'Assemblée

Dimanche, 16. Février 2020 - 12:00

Un nouveau système de retraite "universel" et par points, avec un "âge d'équilibre" très controversé: voici les principaux points de la réforme qui sera examinée à partir de lundi à l'Assemblée nationale.

La commission spéciale n'ayant pu achever ses travaux sur le principal volet, c'est la version initiale du gouvernement qui sera examinée par les députés. Les 21 amendements adoptés - sur plus de 5.000 étudiés -, devront donc être à nouveau soumis au vote.

"Universel"

Le futur système couvrira "l'ensemble des personnes travaillant en France, sans exception": salariés du privé et des régimes spéciaux, fonctionnaires, magistrats, militaires, agriculteurs, travailleurs indépendants...

Tous les actifs nés à partir de 1975 cotiseront à une nouvelle "Caisse nationale de retraite universelle" qui chapeautera les 42 régimes existants - avant, peut-être, de les absorber.

En commission, les députés ont symboliquement acté la future hausse des salaires des enseignants, en isolant dans un article spécifique du projet de loi cette "garantie", amendement qui devra toutefois être revoté en séance.

Pour répondre notamment à la grogne des avocats, ils ont aussi voté en faveur d'un abattement sur les cotisations des professions indépendantes, disposition qui devra aussi être confirmée dans l'hémicycle.

Ils ont aussi prévu que les régimes de retraite complémentaire pourront puiser dans leurs réserves financières pour aider à la transition vers le régime universel dans des conditions fixées par ordonnance.

Quant aux employeurs des régimes spéciaux, ils pourront prendre en charge pendant la période de transition les écarts de cotisation salariale des employés concernés.

Les députés ont également inscrit "en dur" une des ordonnances sur le "droit à l'information" des retraités, les oppositions critiquant de façon récurrente la trentaine d'ordonnances programmées.

Dans un souci d'"exemplarité", les députés ont également prévu que la réforme s'appliquera dès 2022 pour les parlementaires entrant en fonction.

Par points

Le montant de la retraite dépendra du nombre de points accumulés "tout au long de la carrière professionnelle" et non plus de la durée de cotisation (en trimestres) et du salaire de référence (25 meilleures années dans le privé, 6 derniers mois dans le public).

Unité de compte fondamentale du futur système, le point aura une "valeur d'acquisition" (durant la carrière) et une "valeur de service" (pour le calcul de la pension), qui ne pourront pas baisser, ni augmenter moins vite que l'inflation. Cette règle sur l'évolution de la valeur du point, qui figurait déjà dans le projet de loi ordinaire, a été ajoutée par les députés au projet de loi organique.

La valeur du point sera calculée à l'aide d'un "nouvel indicateur" de l'Insee sur "l'évolution du revenu moyen d'activité par tête", la gauche critiquant un "amateurisme coupable" en fondant un modèle sur "un indicateur qui n'existe pas" à ce jour.

Autre sujet sensible, la prise en compte de la pénibilité de certaines professions, sur laquelle les discussions avec les partenaires sociaux n'ont pas encore abouti.

Age d'équilibre

L'âge légal de départ restera maintenu à 62 ans (ou moins pour certaines professions), mais il faudra "travailler un peu plus longtemps" pour toucher une retraite à taux plein.

Un "âge d'équilibre", assorti d'un "mécanisme de bonus-malus" de 5% par an, aura ainsi pour objectif "d'inciter les Français à partir plus tard avec une meilleure pension".

Dans un premier temps, le gouvernement envisageait son entrée en vigueur dès 2022, pour le porter progressivement à 64 ans en 2027. Face à l'opposition des syndicats, cette "mesure de court terme" a été retirée du projet de loi, une "conférence des financeurs" devant proposer d'ici fin avril d'autres moyens "d'atteindre l'équilibre financier".

Départs anticipés

Les fonctionnaires exerçant certaines "fonctions régaliennes" (policiers, douaniers, surveillants pénitentiaires, contrôleurs aériens) pourront toujours partir en retraite à 57, voire 52 ans. Idem pour les militaires, qui garderont le droit de toucher une pension après 17 ou 27 années de "services effectifs".

Pour les autres fonctionnaires des "catégories actives" et les salariés des régimes spéciaux, l'âge légal sera progressivement relevé à 62 ans, mais l'extension du "compte pénibilité" et de la retraite pour incapacité permanente déjà en vigueur dans le secteur privé permettra à certains de cesser le travail à 60 ans.

Fins de carrière

La retraite progressive, qui permet de toucher une partie de sa pension en continuant de travailler à temps partiel, sera étendue aux salariés en forfait-jours, aux régimes spéciaux et aux agriculteurs.

Les règles du cumul emploi-retraite seront modifiées pour que ceux qui touchent une pension à taux plein puissent engranger des points supplémentaires quand ils reprennent une activité.

Pension minimum

Les futurs retraités "ayant effectué une carrière complète" recevront si nécessaire "des points supplémentaires" afin que leur pension atteigne 1.000 euros net en 2022, puis 83% du Smic net en 2023, 84% en 2024 et 85% en 2025.

Droits familiaux

Chaque enfant donnera droit à "une majoration en points de 5%", attribuée par défaut à la mère mais que les deux parents auront "la possibilité de se partager".

Un bonus supplémentaire de 2% sera accordé pour le troisième enfant et réparti à parts égales entre le père et la mère, à moins qu'ils en décident autrement.

Le gouvernement a annoncé de nouveaux amendements sur ce sujet.

Droits conjugaux

La pension de réversion garantira au conjoint survivant, à partir de 55 ans et après au moins deux ans de mariage, "70% des points de retraite acquis par le couple".

Ces règles ne s'appliqueront toutefois "qu'à partir de 2037", pour les personnes ayant intégré le système universel. Les droits des conjoints divorcés seront précisés ultérieurement par ordonnance.

gbh-parl/swi

Rééduquer les chiens agressifs par la salive? La méthode questionne

Dimanche, 16. Février 2020 - 12:00

Rééduquer les chiens agressifs avec une technique "empirique" consistant à leur cracher à la gueule ou en leur appliquant de la salive avec la main? Promue par un dresseur, cette méthode est de plus en plus populaire sur internet mais dérange les professionnels animaliers.

Dans ses vidéos cumulant 10 millions de vues sur YouTube, Eric Tramson revendique une méthode basée sur la "communication salivaire" respectant "de manière rigoureuse le bien-être et la santé du chien". Il la décrit dans un livre paru récemment aux éditions Sydney Laurent.

Selon cet éducateur canin, créer un contact olfactif avec l'animal, comme le fait la chienne avec son chiot, est "une solution non violente aux problèmes de comportement des chiens mordeurs ou agressifs" et permet d"'éviter l'euthanasie et la castration".

Mais cette méthode à l'audience grandissante laisse sceptique Jacques Guérin, président du Conseil national de l'Ordre des vétérinaires.

Elle "met en avant une certaine forme de maltraitance des animaux, ce qui n'est pas le but d'un éducateur canin, ni d'un vétérinaire, qui traite les problèmes comportementaux d'un chien", indique-t-il à l'AFP, pointant aussi "des problèmes sanitaires, liés à l'hygiène et à la transmission de maladies".

"Pas surpris" par ces remarques, Eric Tramson répond à l'AFP que la salive des chiens n'est pas plus toxique que celles des humains et préconise aux personnes à la santé fragile d'être "prudentes" dans tous leurs contacts en général, "c'est une question de bon sens".

- "Pas de données scientifiques" -

Reste toutefois un réel déficit de données scientifiques.

Toute méthode doit "être validée et démontrée de manière scientifique, selon un protocole expérimental", rappelle la vétérinaire Christine Debove qui n'"a pas connaissance d'une étude sur le sujet".

Cette méthode "curieuse" peut, selon elle, masquer "un danger toujours existant": "Le chien peut ne plus être agressif avec une personne qui a une certaine autorité mais qu'en sera-t-il lorsque le chien sera dans son milieu face à des gens qui n'auront pas le même comportement que l'éducateur?"

"J'enseigne à mes élèves que le chien communique avec l'homme avec des signaux visuels et auditifs et en aucun cas avec la salive!", abonde Caroline Gilbert, professeur en éthologie fondamentale et appliquée à l'Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort.

Pour Muriel Marion, comportementaliste animalier, c'est même "délirant". Outre l'absence d'études, elle réfute la possibilité de traiter un animal sur "un comportement en particulier", comme l'agressivité, une méthode devant porter selon elle sur "l'ensemble du comportement du chien pour avoir des réponses individualisées".

Sa consœur, Claire Bentolila se veut plus nuancée. "Je ne pense pas que de cracher sur un chien lui fasse du mal, et si ça marche pourquoi pas ?", lance-t-elle, pas "certaine toutefois que ce soit très efficace".

Face aux critiques nombreuses, Eric Tramson défend sa "démarche empirique".

"Je n’ai jamais prétendu être un scientifique. J’ai découvert l’impact de la salive sur le comportement des chiens par hasard, puis j’ai répété cette expérience (...), et mon intuition a été confirmée par l'expérience et les résultats", affirme le dresseur canin qui "aimerait beaucoup que (ses) constatations fassent un jour l’objet d’une étude sérieuse".

Tempête Dennis: encore 45.000 foyers privés d'électricité, trains perturbés

Dimanche, 16. Février 2020 - 11:00

Près de 45.000 foyers étaient toujours privés d'électricité dimanche soir dans le quart nord-ouest après le passage de la tempête Dennis qui perturbait également le trafic ferroviaire, dont un TGV resté immobilisé en Eure-et-Loir.

Les 700 passagers d'un TGV Nantes-Paris, parti à 14H52 et bloqué par un arbre tombé sur les voies depuis le début de soirée, devaient être transbordés dans la nuit : ils vont dans un premier temps repartir en arrière vers Le Mans, d'où ils embarqueront à bord d'un nouveau convoi qui les acheminera à Paris autour de 2H00.

Arrivés dans la capitale, ils seront pris en charge par la SNCF (taxi, logement) a assuré une porte-parole.

Le TGV a été arrêté dans le secteur de La Loupe (Eure-et-Loire) où il était toujours coincé à minuit.

Un autre TGV, parti de Nantes à 13H57 à destination de Lille et Strasbourg a été lui immobilisé à hauteur de Connerré (Sarthe) à 16H12 en raison d'un défaut d'alimentation électrique lié à la tempête. Il est cependant reparti avec ses 675 passagers avant 21H00, selon la même source.

Selon la SNCF, quatre régions ont été impactées par la tempête: Pays de la Loire, Bretagne, Centre Val de Loire et Paris rive gauche.

Des trains au départ de Rennes et Nantes ont notamment été détournés par Tours à partir de 19H00.

Sur le front des coupures d'électricité les foyers dépourvus de courant se trouvent "principalement en Bretagne, Pays de la Loire et Normandie", a indiqué à l'AFP une porte-parole du gestionnaire du réseau de distribution d'électricité, après un point de situation effectué à 20H30.

En Bretagne, 7.000 foyers étaient plongés dans le noir vers 20H45 d'après Enedis, dont 3.000 en Ille-et-Vilaine.

Après "un pic à 30.000 foyers concernés en début d'après-midi, 23.000 foyers ont retrouvé l'électricité grâce aux 450 agents mobilisés. Les interventions se poursuivent avec des renforts lundi matin ", a précisé une porte-parole d'Enedis Bretagne à l'AFP.

Les pompiers du Morbihan, qui ont connu "un pic d'activité entre 14H00 et 16H00", ont rapporté à l'AFP avoir effectué 200 interventions liées à "ce coup de vent" qui n'a cependant pas fait de blessé. Dans les Côtes-d'Armor, les pompiers ont enregistré "une très forte activité" avec 800 appels dimanche.

Quant aux pompiers du Finistère, ils ont effectué près de 350 interventions liées à la tempête "Dennis", notamment pour des fils arrachés ou des branches sur la voie publique.

En Pays de Loire, 15.000 foyers restaient privés de courant à 19H00: 6.500 dans le Maine-et-Loire, 4.000 en Mayenne, 3.000 dans la Sarthe, 1.500 en Loire-Atlantique et pratiquement aucun en Vendée. "On attend des renforts d'autres régions, on fait notre possible, mais le retour à la normale est plutôt attendu lundi", prévenait l'AFP une porte-parole régionale d'Enedis.

En Normandie, vers 20H00 4.000 clients étaient privés d’électricité dont 1.100 dans l'Orne, 1.100 dans l'Eure, 800 en Seine-Maritime, 500 dans le Calvados ou encore 500 dans la Manche, a indiqué Enedis. "A cette heure, des techniciens sont encore en intervention sur le terrain. Il devrait rester, au maximum, 1.500 clients coupé ce soir sur l'ensemble de la Normandie", assurait Enedis.

Météo France a levée la vigilance orange (vent et/ou pluie) dimanche après-midi pour les quatre départements bretons ainsi que pour La Manche et le Calvados.

"L'épisode pluvieux touche à sa fin. Les cumuls de pluie mesurés pour l'épisode dépassent généralement 40 mm sur le Finistère et le Morbihan", assurait l'organisme.

"Sur les départements sortis de la vigilance, le vent est repassé sous le seuil des 100 km/h et va continuer de faiblir en soirée. On pourra encore observer des rafales autours de 90km/h jusqu’en début de nuit", selon son dernier bulletin en soirée.

Dans les Hauts-de-France, vers 20h il restait 3.300 foyers privés d’électricité notamment dans l’Avesnois et dans la métropole lilloise, selon Enedis.

mas-jra-eva-gvy/

Fin de quarantaine pour un deuxième groupe de rapatriés de Wuhan en France

Dimanche, 16. Février 2020 - 9:00

Après 14 jours de quarantaine près de Marseille, quelque 120 personnes évacuées de Wuhan en Chine ont commencé à recouvrer la liberté dimanche, avec le soulagement de ne pas être contaminées par le nouveau coronavirus, a constaté une journaliste de l'AFP.

Il s'agit de la deuxième vague de rapatriés en France à pouvoir sortir du centre de vacances de Carry-le-Rouet, que 181 personnes avaient déjà pu quitter vendredi.

Vers 07H00, une navette a quitté le centre, a constaté une journaliste de l'AFP, et d'autres devaient la suivre dans la matinée. Au total, 44 personnes doivent partir de Carry-le-Rouet, selon la préfecture des Bouches-du-Rhône. Ils étaient arrivés le 2 février en France.

Dans leur avion, 78 autres rapatriés - 19 Français et 59 ressortissants d'autres pays - avaient été placés en quarantaine dans un centre de formation des officiers de sapeurs-pompiers à Aix-en-Provence (Ensosp), à une trentaine de kilomètres de Marseille. Ils devaient eux aussi quitter dans la journée de dimanche leur lieu de quarantaine.

En revanche, 35 autres personnes arrivées via Londres le 9 février resteront confinées jusqu'au 23 février à Aix-en-Provence.

Après les départs de dimanche, le centre de vacances de Carry-le-Rouet réquisitionné pour cette période de confinement sera vide. "Personne n'était malade finalement, donc, oui, on va nettoyer et appliquer les procédures de désinfection mais comme à l'arrivée, pas plus", a précisé Marc Zyltman, chef du dispositif pour la Croix-Rouge.

La maladie due au nouveau coronavirus apparu à Wuhan, dans le centre de la Chine, a tué près de 1.700 personnes, dont 4 hors de Chine continentale, où plus de 68.000 personnes sont contaminées,

Ailleurs, près de 600 cas de contamination par l'épidémie du coronavirus, appelée officiellement Covid-19, ont été confirmés dans une trentaine de pays avec un premier cas signalé vendredi en Afrique. Un premier décès hors d'Asie est survenu vendredi soir, en France, celui d'un octogénaire chinois originaire d'une ville située à quelque 400 km de Wuhan, arrivé en France le 23 janvier .

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