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Les agriculteurs bio lancent un label équitable pour maintenir leur rémunération

Mardi, 18. Février 2020 - 14:00

Pour contrer la communication tous azimuts de la grande distribution sur les produits biologiques et tenter d'empêcher une chute des prix, les agriculteurs bio musclent leur offre avec un label équitable qui garantit la rémunération des producteurs.

Le label "bio française équitable" (BFE) lancé par la Fédération de l'agriculture biologique (Fnab) garantit aux consommateurs des légumes biologiques produits en France et un prix rémunérateur aux agriculteurs bio, reprenant ainsi les critères de la loi sur l'Economie sociale et solidaire de 2014, qui définit le commerce équitable.

"Le marché biologique se développant, l'opportunité s'est présentée de construire des partenariats forts avec des entreprises de l'agro-alimentaire sur une bio qui corresponde à nos valeurs", indique Stéphanie Pageot, secrétaire nationale de la Fnab, citée mardi dans un communiqué.

Le label BFE est issu d'un travail avec le groupe de surgelés Picard qui expérimente le lancement à partir du 2 mars d'une gamme bio et locale distribuée dans ses magasins en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, avant de peut-être s'étendre. Picard a signé des contrats tripartites avec trois organisations de producteurs bio et un transformateur du Sud-Ouest de la France.

"Nous avons cherché à valoriser cet engagement, c'est comme ça que l'idée d'un label est venue", explique Mme Pageot.

- Eviter un alignement des prix -

"En 2015, avec le changement d'échelle de l'agriculture biologique, on est passé de 7% de croissance annuelle des taux de conversion, à 15-18%. L'agriculture biologique est sortie de sa niche et a été complètement institutionnalisée. Tous les opérateurs s'en sont emparés: la distribution, les opérateurs de la transformation, les institutions, le système bancaire", rappelle à l'AFP Guillaume Riou, président de la Fnab.

On a ainsi vu des distributeurs utiliser les produits bio comme produits d'appel en cassant les prix. Or pour les agriculteurs bio, l'important reste d'éviter un alignement de leurs prix vers le bas, ce qui ne compenserait plus les coûts supplémentaires de ce mode de production.

"Le marché alimentaire bio est à un tournant", explique le cabinet d'expertise Xerfi Precepta. "Celui-ci fait toujours preuve d'un véritable engouement avec des ventes en hausse de 14% en 2019 et des perspectives prometteuses d'ici 2022 (+12% par an en moyenne pour s'approcher des 15 milliards d'euros)".

Mais "le risque de voir le bio dénaturé de ses valeurs originelles ne cesse de grandir face à l'explosion de la demande et aux offensives des marques conventionnelles et de la grande distribution. Guerre des prix, industrialisation de la production... le marché est sur le point de tomber dans les travers du conventionnel sous couvert de le rendre accessible à tous", souligne le cabinet.

- Première "brique" -

La Fnab a décidé de contrer ce "risque déflationniste par la massification".

"Le commerce équitable a donc été la première brique pour redonner une place importante dans la chaîne de valeur aux agriculteurs face au monde de la transformation et de la distribution et pour satisfaire in fine le consommateur avec un prix qui ne soit pas exagéré", argumente M. Riou.

"Le cahier des charges du règlement européen sur la bio est très adapté à cette phase de transition, mais ça n'englobe pas tout, il y a des tas de questions nouvelles qui sont posées", assure M. Riou en évoquant par exemple la biodiversité, le changement climatique, les dimensions sociales, ou encore la question du bien-être animal.

"Il faut qu'on réponde absolument à tout ces enjeux", et pour cela "il faudra ajouter d'autres briques dans le temps" au label bio, car les critères agronomiques de la charte ne suffisent plus.

Et en face, les autres acteurs multiplient les initiatives pour répondre à la demande en aliments sains et éthiques des consommateurs, qui peuvent parfois en perdre leur latin. Les étiquettes fleurissent actuellement sur les produits: outre les traditionnels produits équitables, on trouve le "sans OGM" ou le "sans résidus de pesticide".

Carrefour, Galliance (Coopérative Terrena) et les magasins U ont rejoint l'Association étiquette bien-être animal (AEBEA), créée en 2018 par des associations de défense des animaux et le groupe Casino, pour proposer un référentiel et un étiquetage unique sur le bien-être animal.

Piotr Pavlenski risque la détention provisoire, pour des violences le 31 décembre

Mardi, 18. Février 2020 - 13:00

L'artiste russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo, au cœur du scandale des vidéos à caractère sexuel ayant poussé Benjamin Griveaux à renoncer à la mairie de Paris, sont présentés mardi à un juge d'instruction en vue de leur éventuelle mise en examen dans ce dossier.

Lui est également sous le menace d'une autre mise en examen et d'une incarcération mais dans une affaire distincte portant sur des violences avec arme commises le 31 décembre.

Le parquet de Paris a ouvert mardi matin deux informations judiciaires distinctes contre ce réfugié politique arrivé en France en 2017: la première pour des violences commises avec arme le soir du réveillon de la Saint-Sylvestre dans un appartement parisien et la seconde pour la publication des vidéos de M. Griveaux.

Le placement en détention provisoire de Piotr Pavlenski, 35 ans, a été requis pour les violences. Pour les vidéos, le parquet réclame que le couple soit placé sous contrôle judiciaire.

C'est cette dernière affaire qui a fait revenir l'artiste russe, déjà condamné en 2019 pour avoir incendié en octobre 2017 une succursale de la Banque de France place de la Bastille, à Paris, au cœur de l'actualité.

Alors que Benjamin Griveaux, distancé dans les sondages, jetait l'éponge vendredi - pour être finalement remplacé comme tête de liste par l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn -, Piotr Pavlenski affirmait être à l'origine de la diffusion des vidéos sur un site créé ad hoc et depuis devenu inaccessible.

Il a justifié son geste en dénonçant l'"hypocrisie" de M. Griveaux car, selon lui, il "a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris" et "a fait de la propagande des valeurs familiales traditionnelles". Cette explication a été qualifiée de "grotesque" par Me Richard Malka, l'avocat de l'ancien porte-parole du gouvernement, qui a porté plainte contre X samedi.

- Silencieux -

Piotr Pavlenski, 35 ans, a été interpellé et placé en garde à vue samedi après-midi, initialement pour le dossier des violences avant d'être interrogé à partir de dimanche sur ces vidéos de 2018. Alexandra de Taddeo a été placée en garde à vue samedi soir dans l'affaire Griveaux.

Lui, dont l'une des "performances" choc a été de se coudre les lèvres en soutien au groupe contestataire Pussy Riot, est resté silencieux lorsqu'il a été interrogé par les enquêteurs, a rapporté à l'AFP une source proche du dossier. En revanche, sa compagne de 29 ans a expliqué avoir été à l'origine la destinataire des vidéos incriminées mais elle nie toute implication dans leur diffusion.

Elle aurait également en sa possession d'autres vidéos de M. Griveaux, a affirmé une autre source proche du dossier.

En ce qui concerne le dossier des violences de la Saint-Sylvestre, il aurait pour origine une dispute entre plusieurs personnes et le Russe, qui se serait saisi d'un couteau dans la cuisine, selon le récit à l'AFP d'un participant à la soirée.

Deux des invités ont été blessés avec ce couteau, a rapporté le site d'information Mediapart, qui avait révélé l'existence de cette enquête.

L'avocat et essayiste Juan Branco, qui dit avoir "conseillé" M. Pavlenski sur les vidéos à l'origine du retrait de M. Griveaux, était également présent à cette soirée de réveillon.

Lui-même est au cœur d'un imbroglio concernant sa désignation comme avocat du Russe dans cette affaire et le bâtonnier de Paris a diligenté une enquête déontologique avant de trancher s'il peut continuer à assurer la défense de Piotr Pavlenski. En attendant, deux autres avocats ont été nommés à ses côtés.

ENA: le rapport Thiriez propose une refondation plutôt qu'une disparition

Mardi, 18. Février 2020 - 13:00

Plus proche du terrain, plus ouverte à la diversité sociale: la nouvelle ENA qui verra le jour en 2022, a annoncé Matignon mardi, va s'inspirer du rapport Thiriez qui tente de répondre aux nombreuses critiques sur "l'entre-soi" sans bousculer les grands corps et la magistrature, soucieux de leur indépendance.

Créée en 1945 par le général de Gaulle pour démocratiser le recrutement des hauts fonctionnaires avec un concours d'accès unique, l'ENA a été fortement critiquée pendant la crise des "gilets jaunes" pour sa formation d'élites "hors sol".

Quatre des six derniers chefs de l'État, dont Emmanuel Macron, sont issus de l'ENA, mais ses liens avec le monde politique sont "à relativiser", selon les rapporteurs: les énarques ne représentent que 10% des membres du gouvernement et 3% des députés.

La démocratisation n'est cependant pas au rendez-vous 75 ans après sa création, puisque les fils de cadres représentent toujours 70% des promotions, constate le rapport piloté par l'ex-président de la Ligue professionnelle de football - et énarque - Frédéric Thiriez.

Le 25 avril, Emmanuel Macron avait créé la surprise en annonçant "la suppression de l'ENA" et la fin des grands corps (Conseil d'État, Cour des Comptes, Inspection des finances, Mines, Pont etc.).

Mais au fil des mois, la levée de boucliers des institutions en question, relayée selon plusieurs médias jusqu'au sommet du gouvernement (Édouard Philippe est issu du Conseil d'État), a conduit à une réforme plus consensuelle.

Ainsi, les grandes écoles publiques de formation des fonctionnaires (Santé, police, magistrature) et ingénieurs de l'État (X, Mines, Ponts etc) ne seront pas fusionnées. Le rapport suggère une formation commune de 6 mois, dont un stage de 4 mois au plus près du terrain, 3 semaines de "préparation militaire" et 3 semaines d'encadrement de jeunes du service national universel.

Dans un communiqué, le Premier ministre n'a pas précisé la durée ni le contenu de ce "tronc commun" - qu'il a néanmoins retenu comme piste de travail - laissant une forte marge de négociation aux écoles.

- Prépas "Égalité des chances" -

"La formation à l'École de la magistrature est déjà très longue, elle dure 35 mois (...) comment ces six mois vont-ils être intégrés?", s'est interrogé un étudiant de l'ENM auprès de l'AFP.

Katia Dubreuil, présidente du Syndicat de la magistrature, a jugé "grotesque" l'idée d'une préparation militaire de 3 semaines suggérée par le rapport. "Quelle image cela enverrait des magistrats, statutairement indépendants, qui commenceraient leur carrière en marchant au pas?"

Matignon évoque "un stage long en territoire et un engagement citoyen obligatoires et/ou une préparation militaire, à réaliser en cours de scolarité".

Le champ de la future "école du management public" n'est pas non plus précisé par Matignon alors que le rapport proposait qu'elle regroupe l'ex ENA mais aussi les ingénieurs des Mines, des Ponts, Eaux et Forêt, de l'Armement et de l'Insee.

Le Premier ministre reprend en revanche la proposition d'une filière "Égalité des chances", avec des classes préparatoires spécifiques pour les élèves de milieux plus modestes. La mission propose que la future "École d'administration publique" accueille 10 à 15% d'élèves issus de 20 nouvelles prépas "Égalité des chances".

Pour mettre fin à la "rente à vie" que constitue l'affectation automatique dans les grands corps, le rapport suggère la suppression du classement de sortie, qui permettait de constituer "la botte" des meilleurs élèves qui intègrent directement les grands corps comme le Conseil d'État, la Cour des Comptes et l'Inspection générale des finances.

Les grands corps ne disparaissent pas pour autant, mais "titularisation et avancement seront désormais conditionnés à la réalisation réussie d'un temps d'apprentissage dans le corps et de missions de terrain en administration active", précise Matignon dans son communiqué.

Frédéric Thiriez admet dans son rapport que le statut des conseillers d'État et fonctionnaires de la Cour des Comptes ne pouvait être touché: la Constitution garantit le statut des magistrats de carrière pour des raisons d'indépendance.

Matignon a confié à trois ministères (Fonction publique, Éducation, Enseignement supérieur) le soin de finaliser cette réforme "d'ici fin avril", a précisé Matignon.

SOS Méditerranée vient en aide à 84 personnes au large de la Libye

Mardi, 18. Février 2020 - 13:00

L'équipage du navire de secours en mer Ocean Viking a aidé 84 personnes en détresse sur une embarcation en bois au large de la Libye, a annoncé l'ONG SOS Méditerranée mardi, qui constate "une activité dense" dans la zone.

Leur bateau de fortune, "dangereusement surchargé", se trouvait à 71 milles nautiques des côtes libyennes, selon l'ONG, lorsque l'Ocean Viking s'est porté à leur secours.

L'équipage a été alerté vers 5h30 du matin qu'un bateau était en détresse, "alors qu'on venait tout juste d'arriver sur zone après une escale technique de plusieurs jours à Marseille", a indiqué à l'AFP Fabienne Lassalle, directrice adjointe de SOS Méditerranée.

Les 84 rescapés viennent du Bangladesh, du Maroc et de la Somalie, a-t-elle précisé, ajoutant que 21 étaient des mineurs non-accompagnés.

"Une fois de plus ce sauvetage s'est passé dans le plus grand désordre et démontre l'incompétence des autorités libyennes", a déploré Mme Lassalle.

Depuis l'été 2018, succédant à l'Italie qui assurait auparavant ce rôle, les garde-côtes libyens sont chargés par l'Europe de coordonner les sauvetages dans une vaste "zone de recherche et de secours" dépassant leurs eaux territoriales.

"Nous avons tenté à trois reprises, sans succès, de joindre les coordinateurs, et la personne qui a fini par répondre ne parlait pas anglais", a raconté Mme Lassalle au sujet du sauvetage de mardi.

Fin janvier, SOS Méditerranée avait porté secours à plus de 400 migrants en 72 heures, qu'elle a ensuite fait débarquer à Tarente, dans le sud de l'Italie. "Ces sauvetages montrent que l'activité sur la zone est dense, avec des besoins importants", a insisté Mme Lassalle, s'inquiétant notamment "de la fin prochaine de l'opération européenne Sofia".

En 2019, l'Organisation internationale des migrations (OIM) a recensé 1.283 décès connus en Méditerranée, la route centrale entre l'Afrique du Nord et l'Italie étant la plus mortelle. Au moins 19.164 migrants auraient péri dans les flots ces cinq dernières années.

Retraites: Véran pas favorable au 49-3 mais n'exclut pas son recours

Mardi, 18. Février 2020 - 11:00

Olivier Véran n'a pas complètement exclu mardi un recours au 49-3 par le gouvernement pour adopter sans vote la réforme des retraites à l'Assemblée, estimant néanmoins que ce n'était pas encore "l'option envisagée".

"Je souhaite que nous ayons le débat au Parlement (...). Maintenant, vous avez face à nous une volonté d'obstruction parlementaire de la part d'une poignée de députés qui déposent 40.000 amendements", a déclaré à l'antenne de France Inter le nouveau ministre des Solidarités et de la Santé.

Pour le ministre, ancien député LREM et rapporteur du projet de loi organique sur les retraites, "alors qu'on pourrait avoir un débat de qualité, acter nos désaccords et aller au vote - c'est comme ça la démocratie -, nous avons une bataille qui est livrée pour nous empêcher de parler, de débattre, de dire. Ca ne me paraît pas sain en démocratie".

"Maintenant ils sont habilités à le faire, nous sommes habilités à utiliser tous les moyens pour adopter cette réforme des retraites", a-t-il poursuivi, en référence notamment au 49-3.

L'article 49 alinéa 3 permet au Premier ministre d'engager la responsabilité du gouvernement devant l'Assemblée nationale sur un texte de loi. Le projet de loi est alors considéré comme adopté sans vote, sauf motion de censure votée par l'Assemblée.

La question du recours à cette méthode apparaît alors que le groupe La France insoumise assume une tactique d'obstruction parlementaire en ayant déposé plus de 20.000 amendements pour les débats en séance plénière qui ont commencé lundi.

"Dire que le 49-3 est sur la table c'est dire que nous l'envisagerions comme une option crédible. Ce n'est pas l'option que nous souhaitons envisager, nous souhaitons que le débat ait lieu dans les meilleures conditions", a-t-il poursuivi.

"Nous verrons dans quelques jours à quelle vitesse nous arrivons à avancer et si le débat est noyé sous les procédures de quelques députés de l'opposition", a ajouté le ministre.

Piotr Pavlenski: deux informations judiciaires ouvertes

Mardi, 18. Février 2020 - 11:00

Le parquet de Paris a ouvert mardi deux informations judiciaires contre l'artiste russe Piotr Pavlenski, la première pour des violences commises avec arme le 31 décembre et la seconde - qui vise aussi sa compagne Alexandra de Taddeo - pour la diffusion de vidéos intimes de Benjamin Griveaux.

Le placement en détention provisoire de M. Pavlenski a été requis par le parquet pour les violences commises le soir du réveillon, a annoncé ce dernier.

Pour l'affaire de la diffusion des vidéos qui a poussé Benjamin Griveaux à renoncer à la mairie de Paris, il a demandé le placement sous contrôle judiciaire du Russe et de sa compagne.

Dans le détail, la première information judiciaire est ouverte pour "violences avec arme et sous l'emprise de l'ivresse ayant entraîné une incapacité inférieure à 8 jours".

La seconde l'est pour "atteinte à l'intimité de la vie privée par enregistrement ou transmission de l'image d'une personne présentant un caractère sexuel" et "diffusion sans l'accord de la personne d'un enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel et obtenues avec son consentement ou par elle-même".

Piotr Pavlenki, 35 ans, avait été initialement interpellé samedi après-midi pour le dossier des violences et placé en garde à vue, quelques jours après la mise en ligne des vidéos intimes de Benjamin Griveaux sur un site internet créé ad hoc et devenu depuis inaccessible.

Avant son arrestation, ce Russe, réfugié politique en France depuis 2017, avait revendiqué vendredi la publication desdites vidéos, assurant vouloir dénoncer l'"hypocrisie" de Benjamin Griveaux.

Ce dernier, qui a porté plainte contre X samedi, "a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris. Il a fait de la propagande des valeurs familiales traditionnelles", a-t-il affirmé.

Sa compagne avait pour sa part été placée en garde à vue samedi soir, dans l'affaire qui concerne M. Griveaux. Selon des sources concordantes, c'est elle qui aurait été au départ la destinataire des vidéos incriminées.

Rapport Thiriez: l'ENA remplacée par une "École d'administration publique"

Mardi, 18. Février 2020 - 11:00

Le rapport de Frédéric Thiriez remis officiellement mardi au Premier ministre propose de remplacer l'ENA par une "École d'administration publique" dédiée à la formation de tous les hauts fonctionnaires avec un tronc commun

Le rapport, commandé en avril 2019 par Emmanuel Macron après plusieurs mois de crise des "gilets jaunes", devait initialement être remis en novembre, puis fin janvier.

Des dissensions entre Matignon et l'Élysée, et les fortes résistances des grands corps concernés, notamment les magistrats opposés à une formation commune, figurent parmi les explications à ces retards.

Le rapport constate que la formation actuelle souffre d'"une diversité très insuffisante, avec une sur-représentation des classes supérieures, une répartition par sexes profondément déséquilibrée et un quasi-monopole parisien pour la préparation aux différents concours".

Il ne propose pour autant pas de "big bang": si l'ENA en tant que telle doit bien disparaître comme l'avait annoncé Emmanuel Macron le 25 avril dernier, le principe d'une formation spécifique pour la haute fonction publique est maintenu.

Quant au "système des grands corps" auquel le Président souhaitait mettre fin, il est modifié mais pas supprimé: les fonctionnaires des inspections (IGF, IGA, IGAS) seraient nommés pour une durée limitée, mais les grands corps juridictionnels (Conseil d'État et Cour des comptes) sont maintenus, car leur indépendance est inscrite dans la Constitution.

Le rapport propose un socle commun de 6 mois géré par sept écoles (administrateurs civils, magistrats, commissaires, pénitentiaire, santé publique etc.), avec une préparation militaire de 3 semaines, l'encadrement de jeunes du service national universel (3 semaines) et enfin un stage de terrain de 4 mois.

Après 15 jours d'enseignements communs, les élèves rejoindraient leurs écoles respectives, dont l'EAP pour les futurs administrateurs civils et les ingénieurs de l'État.

A la sortie, le classement qui permettait de constituer "la botte" des meilleurs élèves qui intègrent directement les grands corps comme le Conseil d'État, la Cour des Comptes et l'Inspection générale des finances, serait supprimé.

L'entrée dans les grands corps ne se ferait pas immédiatement mais après deux ans dans l'administration de terrain, puis deux ans dans l'institution choisie, avant une éventuelle titularisation 4 ou 5 ans plus tard.

Le concours de la future EAP ferait une plus grande place à la mixité sociale: une moitié des places serait réservée aux étudiants, l'autre moitié aux professionnels et un "concours spécial Égalité des chances" serait ouvert pour l'accès des plus modestes aux différentes écoles du service public, à hauteur de 10 à 15% des effectifs.

Une vingtaine de nouvelles classes préparatoires "égalité des chances" accueilleraient des élèves sur des critères sociaux combinés au mérite académique pour cette filière d'admission.

A la demande du Premier ministre, un "Institut des hautes études de service public" serait créé, "afin de dispenser, en milieu de carrière, une formation commune à temps partiel sur une année à des hauts fonctionnaires des trois fonctions publiques, tous corps confondus, ainsi qu'aux magistrats qui le souhaitent, aux officiers de la gendarmerie ou des armées et aux administrateurs des assemblées."

Une "ENA internationale" dispenserait pour sa part des formations aux questions européennes.

Retraites: le face-à-face ne fait que démarrer à l'Assemblée

Mardi, 18. Février 2020 - 5:00

Après des premiers débats parfois chahutés, l'Assemblée nationale va se plonger mardi dans les milliers d'amendements des oppositions au projet de réforme des retraites, lors d'une deuxième journée qui s'annonce encore

La séance des questions au gouvernement à 15h devrait donner lieu à de nouvelles passes d'armes.

Parallèlement au travail de l'Assemblée, les partenaires sociaux démarrent mardi matin la "conférence de financement" chargée de trouver des solutions pour ramener à l'équilibre le système de retraite d'ici à 2027.

Après les questions au gouvernement, les députés se lanceront dans l'examen des premiers amendements d'un texte que les "marcheurs" présentent comme une "refondation sociale" pour un système de retraites par points "universel" et "juste", mais que l'opposition rejette en bloc, avec une avalanche d'amendements des Insoumis et des communistes.

En creux, la question se pose déjà de l'utilisation du "49-3", cette arme de la Constitution qui permet au gouvernement d'abréger les débats et de faire adopter un projet de loi sans vote.

Car la majorité table toujours sur une adoption en première lecture avant les municipales du 15 et 22 mars, et sur un feu vert définitif "d'ici l'été".

Or, sans 49-3, ce calendrier semble "intenable" compte tenu des quelque 41.000 amendements au programme.

"Le président (de l'Assemblée Richard) Ferrand a calculé que ca ferait 365 jours à raison de dix heures par jour. Ce n'est pas très réaliste, même si nous enjambions ou mordions sur la trêve des municipales, nous n'y arriverions pas", a souri lundi soir Gilles Le Gendre, le chef de file des députés LREM.

Mais "il se peut aussi que nos oppositions fassent preuve d'un esprit de responsabilité", glisse-t-il, en assurant que la "volonté unanime du gouvernement et de la majorité reste d'éviter" un 49-3.

Même si certains marcheurs n'excluent plus cette hypothèse "si le débat est impossible".

- "Iceberg" -

La majorité accuse les députés insoumis et communistes de "refuser le débat" et de se "tranformer en robots d'une organisation tayloriste d'obstruction", selon la formule du secrétaire d'Etat aux retraites Laurent Pietraszewski lundi.

En face, selon le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, cette réforme est "la plus terrible régression sociale de toute la Ve République".

"M. Hollande ne s'est jamais remis de la loi El Khomri, M. Macron ne se remettra jamais de sa tentative de destruction du droit à la retraite, il ne s'en remettra jamais", lance-t-il.

Droite comme gauche dénoncent un "mépris" du Parlement et un projet "nébuleux" et "à trous", avec notamment la trentaine d'ordonnances programmées.

Les trois groupes de gauche - PS, PCF et LFI - tablent en plus des amendements (près de 37.000 à eux trois) sur une motion de censure à une date qui reste à déterminer.

Ils ont aussi tenté en vain lundi une "motion référendaire", qui sert à demander au président de la République un référendum. Initiée par les communistes, elle a été rejetée par 160 voix contre 70. Autant de "manoeuvres dilatoires" pour le gouvernement.

A droite, le groupe LR entend incarner "une troisième voie" et n'a de cesse de dénoncer "l'absence totale de visibilité sur le financement".

Le texte est un "iceberg où l'essentiel est immergé sous la surface de la mer", selon l'ancien ministre du Budget et président de la commission des Finances Eric Woerth, qui a écrit au Premier ministre pour obtenir "documents et données factuels" sur le financement de la réforme.

Dans la majorité malgré quelques interrogations en interne, on veut faire aboutir cette réforme "de progrès social", "contre vents d'obstruction et marées d'amendements".

Selon le patron des députés MoDem Patrick Mignola c'est "une réforme socialement de gauche et économiquement de droite, une vraie réforme du +en même temps+" macronien et "un nouveau contrat social pour les Français".

Ministres et élus LREM citent aussi volontiers l'ancien Premier ministre Michel Rocard et son livre blanc sur les retraites (1991), une "référence" selon la députée de Gironde Catherine Fabre.

Le titulaire du perchoir Richard Ferrand a prévu de présider une bonne part des séances pour tenir les débats. Il a commencé à donner de la voix lundi, même si les discussions sont restées globalement courtoises.

"Arrêtez de crier vous, vous êtes pénible", a-t-il dit à un député un peu agité, ou encore, à l'ensemble de l'hémicycle: "ne commencez pas, vous aurez des heures, des jours et des nuits pour vous ébrouer dans la démocratie".

Macron à Mulhouse pour s'engager contre "le séparatisme islamiste"

Mardi, 18. Février 2020 - 5:00

Emmanuel Macron est attendu mardi à Mulhouse pour annoncer de premières mesures de lutte contre le "séparatisme islamiste", un dossier politiquement sensible à l'approche des élections municipales.

Le chef de l'Etat va passer huit heures à Bourtzwiller, quartier sensible de la ville du Haut-Rhin, "où la République doit réaffirmer sa présence" face à l'insécurité, les trafics ou le radicalisme, selon son entourage.

Cette "visite de terrain" est la première étape d'une séquence qui s'étendra au delà des élections municipales des 15 et 22 mars, durant laquelle le chef de l'Etat détaillera la stratégie du gouvernement contre la radicalisation et l'islam politique. Soit "le séparatisme islamiste", une dénomination jugée plus précise que celle de "communautarisme", longtemps employée par l'Elysée.

"Il faut essayer de dire sans diviser. Il faut accepter, en disant, de parfois bousculer. Mais il faut accepter qu'il y a, dans notre République aujourd'hui, ce que j'appellerais un séparatisme", a détaillé le chef de l'Etat en janvier.

Depuis le début du quinquennat, les oppositions, notamment de droite, pressent Emmanuel Macron d'affirmer sa politique sur ce sujet, le taxant de laxisme. Le débat s'est encore durci ces derniers mois, alimenté par de vives polémiques sur la présence de listes communautaristes aux municipales ou sur le port du voile par une mère accompagnant une sortie scolaire.

En réaction à cette affaire, en octobre 2019, Emmanuel Macron a appelé à "être intraitable avec le communautarisme", mais sans" stigmatiser nos concitoyens" musulmans. Il a aussi dénoncé le "raccourci fatal" entre lutte contre le terrorisme et islam.

- "Reconquête républicaine" -

A Bourtzwiller, le chef de l'Etat débutera sa visite par le commissariat de police pour faire le point de la situation avec les forces de l'ordre.

Ce quartier peuplé de plus de 15.000 habitants est l'un des 47 "Quartiers de reconquête républicaine" (QRR) de France, un dispositif créé en 2018 pour lutter contre la délinquance et les trafics, notamment par le renforcement du nombre de policiers.

Il est également l'un des 17 territoires de lutte contre la radicalisation, définis depuis quelques mois, où sont mises en place des cellules contre l'islamisme et le repli communautaire (Clir) dont le chef de l'Etat souhaite renforcer l'action.

Accompagné de quatre ministres - Christophe Castaner et Laurent Nuñez (Intérieur), Gabriel Attal (Jeunesse) et Roxana Maracineanu (Sports) - Emmanuel Macron devrait s'exprimer sur le financement des lieux de culte, notamment depuis l'étranger, la scolarisation d'enfants dans des écoles hors-contrat et la structuration de l'islam de France.

Pourrait ainsi être évoqué le dossier de l'immense mosquée An-Nour en cours de construction à Mulhouse grâce en large partie à des financements d'une ONG du Qatar.

Emmanuel Macron consacrera la seconde partie de son déplacement au volet "positif" de sa stratégie, à savoir la "reconquête républicaine" des quartiers basée sur des services publics plus présents et efficaces et sur le réseau associatif, dont la vitalité est indispensable pour éviter que les habitants, notamment les jeunes, ne soient tentés par les circuits parallèles. Au cours d'une table-ronde, il échangera ainsi avec des associations sociales, cultuelles ou culturelles avant de rencontrer des responsables sportifs.

Le chef de l'Etat ne devrait en revanche pas s'aventurer sur les dossiers très sensibles de la laïcité et du port du voile ou sur une réforme de l'organisation de l'islam de France, actuellement à l'étude.

Sans être la priorité des électeurs sur l'ensemble du territoire, le communautarisme est l'un des enjeux des municipales dans certaines villes, notamment en région parisienne. Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat a proposé dimanche "la mise sous tutelle républicaine" des communes dirigées par des élus "complices des islamistes".

Ian Brossat, porte-parole du PCF, a, lui, accusé lundi Emmanuel Macron de "détourner le débat", par "tactique politique", en mettant en avant la lutte contre le communautarisme en pleine campagne électorale.

Danger pour les producteurs de tomates: virus confirmé dans le Finistère

Lundi, 17. Février 2020 - 22:00

L'heure est à l'inquiétude pour les producteurs français de tomates: le ministère de l'Agriculture a confirmé lundi soir la contamination de fruits en serre dans le Finistère par le virus ToBRFV, sans danger pour les humains mais extrêmement virulent et faisant peser un risque économique pour la filière.

"On a reçu les résultats de l'Anses (Agence de sécurité sanitaire) sur les échantillons prélevés dans les serres qui étaient en suspicion dans le Finistère et les résultats sont positifs, elles sont donc bien contaminées par le virus", a-t-on indiqué au ministère. "L'exploitation concernée a été confinée dans l'attente de la destruction des végétaux et de la désinfection du site dans les plus brefs délais".

Selon l'Agence de sécurité sanitaire (Anses), le virus de la tomate peut infecter jusqu'à 100% des plantes sur un site de production, ce qui le rend redoutable pour les cultures à haute densité de plantation comme les cultures sous serre. En revanche, il n'a pas d'impact sur l'homme.

Les plants incriminés "proviennent du Royaume-Uni mais sont issus de semences produites aux Pays-Bas", selon le ministère. Trois autres exploitations "ont été identifiées comme ayant reçu le même type de plants" et font l'objet d'inspections et de prélèvements, dans le cadre de l'enquête de traçabilité.

L'exploitation contaminée, dans laquelle deux serres ont été touchées, "est assez isolée". "Tout a été mis en oeuvre pour circonscrire le site", a déclaré à l'AFP Laurent Bergé, président de l'AOP Tomates et concombres de France.

"Nous sommes en train de travailler sur toutes les mesures de biosécurité", a-t-il ajouté, évoquant la mise au point avec les services de l'Etat d'un plan de surveillance, pour permettre "une veille permanente d'une éventuelle évolution du virus".

Des documents vont être communiqués à tous les producteurs français, avec les mesures de prophylaxie à mettre en oeuvre. Un plan de communication à destination des professionnels et du public doit informer de l'absence de risque pour la consommation.

- 1.500 producteurs potentiellement concernés -

Début février, l'Anses avait mis en garde contre "le tomato brown rugose fruit virus" (ToBRFV), un nouveau virus "particulièrement dangereux pour les plantes qui y sont sensibles". Il peut se transmettre par les semences, les plants et les fruits infectés et survit longtemps à l'air libre.

Le fruit contaminé perd toutes ses qualités gustatives, en raison d'une rupture de sa maturation, venant altérer la qualité de sa chair et le rendant impropre à la commercialisation.

Sur un plant malade, on peut observer des mosaïques et marbrures sur les feuilles, des taches et nécroses sur les fleurs et une décoloration avec des taches jaunes ou brunes sur les fruits qui peuvent aussi être déformés.

Observé pour la première fois en Israël en 2014, ce virus a été trouvé en 2018 au Mexique, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Italie, puis en 2019 aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Grèce.

Sa diffusion en France "aurait des conséquences économiques majeures pour la filière mais également les jardiniers amateurs", avait prévenu dimanche le ministère.

Selon M. Bergé, d'autres virus ont par le passé été contenus, grâce à des mesures de sécurité "assez élevées".

"Contrairement à d'autres pays comme les Pays-Bas, nos exploitations sont beaucoup plus dispersées sur le territoire donc le risque de contamination d'une exploitation à l'autre est plus limité", a-t-il ajouté.

Toutefois, "si on n'arrive pas à contenir la contamination, le risque, c'est que la filière tomates puisse décliner rapidement, il s'agit d'un virus particulièrement virulent", a-t-il ajouté, évoquant des vecteurs tels que les emballages ou les palettes.

Aucun traitement n'existe à l'heure actuelle: "une fois que le virus est sur la culture, on n'a pas d'autre choix que de détruire cette culture", a rappelé M. Bergé, selon qui plus de 1.500 producteurs font pousser le premier fruit consommé par les Français avec un peu plus de 13,9 kg par ménage et par an.

En tout, 712.000 tonnes de tomates ont été produites en 2018 en France, selon le ministère.

Retraites: ambiance chahutée à l'Assemblée pour le début d'une longue bataille

Lundi, 17. Février 2020 - 21:00

C'est parti pour un long marathon à l'issue incertaine: la bataille des retraites a démarré lundi à l'Assemblée dans une atmosphère déjà électrique, le gouvernement vantant une "ambition immense" face à une opposition qui entend torpiller une réforme jugée "injuste" avec une nuée d'amendements.

Le tout nouveau ministre de la Santé Olivier Véran a défendu un projet annoncé "de longue date" qui "a la légitimité d'un programme présidentiel", à l'ouverture des débats sur cette réforme hautement sensible, voulue par Emmanuel Macron et qui vise à créer un "système universel" de retraite par points.

Le "marcheur" vient de succéder à Agnès Buzyn qui a pris la tête de la campagne LREM pour Paris, après l'affaire Griveaux.

Son discours, précédant celui du secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski, a vite été interrompu par des cris de l'opposition. "Ne commencez pas, vous aurez des heures, des jours et des nuits pour vous ébrouer dans la démocratie", a lancé Richard Ferrand (LREM) depuis le perchoir.

Après des semaines de contestation de la réforme dans la rue, l'appel à une "journée morte" dans les transports était peu suivi lundi. Plusieurs centaines de personnes ont pris part à une manifestation "symbolique" et une "Assemblée populaire" de gauche s'est tenue aux abords du Palais Bourbon, en attendant une nouvelle journée interprofessionnelle jeudi.

Les opposants n'ont pas dit leur dernier mot, alors que 41.000 amendements ont été déposés, près de deux fois plus qu'en commission spéciale qui n'avait pu achever ses travaux, fait inédit.

Pour l'heure, quinze jours de débats sont prévus, soit 84 heures. Face à un calendrier jugé "intenable", Richard Ferrand a proposé un "temps programmé" de 100 heures sur trois semaines, mais les députés LFI et PCF ont refusé.

Devant l'avalanche d'amendements de la gauche de la gauche, M. Pietraszewski a raillé les "robots d'une organisation tayloriste d'obstruction".

Les responsables de la majorité martèlent qu'un recours au 49-3 - arme de la Constitution qui permet l'adoption sans vote - "n'est pas l'objectif", mais des "marcheurs" ne l'excluent pas si le débat est "clairement impossible".

"Ce sera votre Waterloo politique!" a prévenu lundi le LR Damien Abad. Ce serait même "du délire" pour le numéro un de la CFDT Laurent Berger.

Le gouvernement table toujours sur une adoption en première lecture avant les municipales dans un mois et espère un feu vert définitif "d'ici l'été".

- "Une vie d'enfer" -

Malgré quelques interrogations en interne et voix dissonantes, la majorité veut faire aboutir cette réforme "de progrès social", "contre vents d'obstruction et marées d'amendements". Droite comme gauche dénoncent, elles, un "mépris" du Parlement et un projet "nébuleux" et "à trous", avec notamment la trentaine d'ordonnances programmées.

Les trois groupes de gauche - PS, PCF et LFI - tablent en plus des amendements (près de 37.000 à eux trois) sur une motion de censure à une date qui reste à déterminer. Ils ont aussi tenté en vain lundi une "motion référendaire", qui sert à demander au président de la République un référendum. Elle a été rejetée par 160 voix contre 70. Autant de "manoeuvres dilatoires" pour le gouvernement.

Le patron des insoumis Jean-Luc Mélenchon a promis de tenir "la tranchée" jusqu'à "la victoire" contre "la plus terrible régression sociale de toute la Ve République", son collègue Eric Coquerel promettant de mener "une vie d'enfer" à la majorité.

Les députés communistes, qui arboraient des t-shirts "Référendum" dans les couloirs de l'Assemblée, ont aussi défendu une motion de rejet (repoussée par 145 voix contre 68). Leur porte-parole Pierre Dharréville a fustigé un projet "monstrueux" et invité le gouvernement à mettre fin au "supplice".

"Vous n'êtes pas à la hauteur de l'histoire sociale de ce pays", a répliqué le patron de LREM Stanislas Guerini, en jugeant que "la gauche qui s'oppose à tout, elle ne sert à rien du tout".

Quant au groupe LR, qui entend incarner "une troisième voie", il fustige comme la gauche l'"amateurisme" du gouvernement, en particulier sur la question du financement. "Rien n'est clair, tout est à revoir", a lancé le député des Vosges Stéphane Viry, défendant lui aussi une motion de rejet (retoquée par 145 voix contre 94): "Entendez cette France qui gronde".

parl-chl/reb/jk/swi

Coronavirus: plus que six patients hospitalisés en France

Lundi, 17. Février 2020 - 21:00

Sur les douze cas confirmés d'infection par le nouveau coronavirus en France, six personnes restaient hospitalisées lundi soir, a indiqué le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran, après avoir rendu visite à une patiente à l'hôpital Bichat à Paris.

Un deuxième cas positif a en revanche été diagnostiqué parmi les quatre ressortissants français à bord du paquebot Diamond Princess, en quarantaine au Japon, a indiqué lors de la même conférence de presse le Pr Jérôme Salomon, numéro deux du ministère. Un passager français de 80 ans avait déjà été diagnostiqué et est actuellement hospitalisé au Japon.

"Ils sont pris en charge par les autorités médicales japonaises. Il n'y a pas de demande à ce jour de rapatriement médical (...). S’il y avait une demande on l’instruirait, dans l’intérêt de ces malades", a-t-il ajouté.

Sur le territoire français, "il reste à ce jour six patients hospitalisés" après la sortie d'un enfant qui a pu quitter le CHU de Grenoble "guéri", a indiqué pour sa part Olivier Véran, nommé dimanche soir ministre en remplacement d'Agnès Buzyn.

Il s'agit de l'un des six Britanniques - dont cinq restent hospitalisés dans la région lyonnaise - contaminés fin janvier par un compatriote de retour de Singapour à l'occasion d'un séjour dans un chalet aux Contamines-Montjoie, dans les Alpes.

La sixième personne encore à l'hôpital, à Bichat, est une Chinoise de 50 ans, fille d'un touriste chinois de 80 ans décédé vendredi soir.

"Elle va bien aujourd’hui, elle est guérie, les tests montrent qu’elle n’est plus contagieuse. On peut tout-à-fait envisager sa sortie très prochaine", a assuré le ministre après l'avoir rencontrée.

Comme annoncé samedi par Agnès Buzyn, les représentants des personnels hospitaliers et des médecins libéraux seront reçus mardi au ministère pour faire un point sur l'organisation face à l'épidémie.

Cette réunion devrait durer "une bonne partie de la journée pour échanger avec eux" et pour "avoir un retour d'expérience", a souligné Olivier Véran.

"Aujourd'hui l’épidémie est maîtrisée dans notre pays, mais il y a encore un très grand nombre de cas nouveaux chaque jour dans certains pays (...), nous devons être prêts pour parer à toute éventualité", a-t-il conclu.

Le bilan de l'épidémie de nouveau coronavirus a atteint plus de 1.770 morts et contaminé plus de 70.500 personnes, essentiellement en Chine continentale. Hors de Chine continentale, le nombre de contamination s'élève à près de 800 dans une trentaine de pays ou territoires, dont cinq décès.

Piotr Pavlenski et Alexandra de Taddeo sous la menace d'une mise en examen

Lundi, 17. Février 2020 - 20:00

Le Russe Piotr Pavlenski et sa compagne Alexandra de Taddeo vont être présentés à un juge d'instruction mardi et risquent une mise en examen, dans l'affaire des vidéos intimes qui a poussé Benjamin Griveaux à renoncer à briguer la mairie de Paris.

Tous deux avaient été placés en garde à vue ce week-end pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", dans le cadre d'une enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d'une plainte contre X de M. Griveaux.

Ces gardes à vue ont pris fin lundi après-midi et une information judiciaire sera ouverte mardi matin, a-t-on appris auprès du parquet de Paris.

La publication de ces vidéos la semaine passée sur un site internet créé ad hoc et devenu depuis inaccessible a été un coup de tonnerre dans la campagne des municipales à Paris: la tête de liste du parti présidentiel, distancée dans les sondages, a jeté l'éponge vendredi matin et Agnès Buzyn a quitté le ministère de la Santé pour lui succéder dimanche.

Réfugié politique en France depuis 2017, M. Pavlenski, 35 ans, a affirmé vendredi être à l'origine de la mise en ligne des vidéos incriminées, assurant vouloir dénoncer l'"hypocrisie" de Benjamin Griveaux.

Ce dernier "a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris. Il a fait de la propagande des valeurs familiales traditionnelles", a-t-il affirmé.

L'avocat de M. Griveaux, Me Richard Malka, a qualifié cette justification de "grotesque" et dit douter que le Russe, qui se présente comme un artiste, soit le seul responsable de la diffusion des vidéos.

- Imbroglio -

Selon des sources concordantes, c'est sa compagne de 29 ans, placée en garde à vue samedi soir, qui aurait été au départ la destinataire des vidéos en question.

Piotr Pavlenski, condamné en 2019 pour avoir incendié en octobre 2017 une succursale de la Banque de France à Paris lors d'une "performance artistique", avait initialement été interpellé samedi après-midi dans une autre enquête: il est mis en cause pour avoir participé à une rixe dans la soirée du 31 décembre dans un appartement à Paris.

Selon le récit d'un participant à l'AFP, une dispute aurait éclaté entre plusieurs personnes et Piotr Pavlenski, qui se serait saisi d'un couteau dans la cuisine.

Deux des invités ont été blessés avec ce couteau, a rapporté le site d'information Mediapart, qui avait révélé l'existence de cette enquête.

L'avocat et essayiste Juan Branco, qui dit avoir "conseillé" M. Pavlenski sur les vidéos à l'origine du retrait de M. Griveaux, était également présent à cette soirée de réveillon.

Il est lui-même au cœur d'un imbroglio: il a dénoncé le fait de ne pas pouvoir être désigné comme avocat de Piotr Pavlenski dans l'affaire Griveaux, mettant en cause le parquet de Paris.

"Il s'oppose à ce que je représente mon client. Il s'agit d'une atteinte aux droits de la défense inédite, gravissime", a-t-il expliqué dimanche à sa sortie des locaux de la police judiciaire.

Procéduralement, le parquet, ne pouvant le faire seul, doit saisir le bâtonnier s'il souhaite contester la désignation d'un avocat en cas de soupçon de conflit d'intérêts.

Lundi, un rendez-vous a eu lieu entre Juan Branco et le bâtonnier de Paris, Olivier Cousi, et une enquête déontologique a été diligentée.

"En l'état du dossier, je n'ai pas suffisamment d'informations permettant de prendre une décision concernant la poursuite par M. Juan Branco de la défense de M. Pavlenski", a expliqué Me Cousi.

En attendant les résultats de cette enquête, ce sont deux autres avocats qui ont été désignés pour assister l'activiste russe.

Virus de la tomate: contamination confirmée dans le Finistère (ministère)

Lundi, 17. Février 2020 - 20:00

Le ministère de l'Agriculture a confirmé lundi soir la contamination de tomates en serre par le virus ToBRFV, dans une exploitation du Finistère, un virus sans danger pour les humains, mais susceptible d'avoir de graves conséquences économiques pour la filière.

"On a reçu les résultats de l'Anses (Agence de sécurité sanitaire) sur les échantillons prélevés dans les serres qui étaient en suspicion dans le Finistère et les résultats sont positifs, elles sont donc bien contaminées par le virus", a-t-on indiqué au ministère.

La direction générale de l'Alimentation, qui dépend du ministère de l'Agriculture, a finalement reçu les résultats d'analyses ce lundi, contrairement à ce qu'avait indiqué dans la journée l'Anses qui avait évoqué la date du 24 février.

"L'exploitation concernée a été confinée dans l'attente de la destruction des végétaux et de la désinfection du site dans les plus brefs délais", a-t-on précisé au ministère.

Selon l'Agence de sécurité sanitaire (Anses), le virus de la tomate peut infecter jusqu'à 100% des plantes sur un site de production, ce qui le rend redoutable pour les cultures à haute densité de plantation comme les cultures sous serre. En revanche, il n'a pas d'impact sur l'homme.

Début février, l'Anses avait mis en garde contre "le tomato brown rugose fruit virus" (ToBRFV), un nouveau virus "particulièrement dangereux pour les plantes qui y sont sensibles". Il peut se transmettre par les semences, les plants et les fruits infectés et survit longtemps à l'air libre.

Ce virus a été observé pour la première fois en Israël en 2014, puis a été trouvé en 2018 sur des cultures de tomate au Mexique, aux Etats-Unis, en Allemagne et en Italie et enfin en 2019 aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Grèce.

La diffusion de ce virus sur le territoire national "aurait des conséquences économiques majeures pour la filière mais également les jardiniers amateurs", avait indiqué dimanche le ministère, alors que l'enquête n'en était qu'au stade de la suspicion.

La tomate est le premier légume consommé par les Français avec un peu plus de 13,9 kg par ménage et par an. La culture de tomates en France est la première culture légumière avec 712.000 t produites en 2018, d'après la même source.

Fraude fiscale: critiqué, le gouvernement veut montrer son engagement

Lundi, 17. Février 2020 - 19:00

Le gouvernement a voulu montrer lundi son engagement à prendre le problème de la fraude fiscale à bras le corps, après une augmentation des sommes recouvrées en 2019 mais un diagnostic sévère de la Cour des comptes sur l'efficacité de l'action de l'Etat.

"La fraude fiscale c'est (...) ni plus ni moins la négation des principes aux fondations du pacte républicain", a affirmé le Premier ministre Edouard Philippe lors d'une conférence de presse à Bercy.

En 2019, l'administration fiscale a recouvré pour près de 10 milliards d'euros, dont 9 milliards récupérés via les contrôles fiscaux réalisés auprès des particuliers et des entreprises, en hausse de 16,3% par rapport à 2018.

"Aucun passe droit, aucune indulgence, juste la loi", a promis M. Philippe, en évoquant "des sommes tout à fait importantes, des dizaines de milliards, qui échappent au budget de l'Etat et de la Sécurité sociale".

Dans un rapport publié en décembre dernier, la Cour des comptes, mandatée par Matignon pour évaluer l'ampleur de la fraude, avait pointé le retard de la France en la matière et notamment une "modestie de l'impulsion interministérielle". Elle s'était dite aussi incapable de chiffrer l'ampleur du phénomène. Le gouvernement avait jugé le constat "très sévère", mais promis de remédier à ces lacunes.

Selon Edouard Philippe, il faut désormais une "coopération sans faille", une coopération "opérationnelle" entre les différents rouages de l'administration.

Le gouvernement va ainsi créer des groupes thématiques pour mieux faire travailler ensemble les différents services fiscaux, d'enquêtes et les juridictions financières. Ils concerneront notamment la TVA, le commerce en ligne, le travail illégal ou encore les sociétés éphémères frauduleuses.

Le Premier ministre a aussi demandé à l'Institut national de la statistique (Insee) de "prolonger" les travaux de la Cour des comptes sur l'évaluation de la fraude, promettant un point à l'automne.

- 9 milliards récupérés -

Accompagné du ministre des Comptes publics Gérald Darmanin et de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, Edouard Philippe s'est félicité des bons résultats de la lutte contre la fraude fiscale l'an dernier.

"Nos efforts portent leurs fruits. Neuf milliards, c'est l'équivalent du budget du ministère de la Justice", a salué Edouard Philippe. "C'est un milliard de plus qu'en 2017 et 2018, donc un milliard de moins dans la poche de ceux qui ne respectent pas la loi."

530 millions sont également venus d'amendes pénales versées par le géant internet Google (500 millions) et la société d'investissement Carmignac Gestion (30 millions), via deux conventions judiciaires d'intérêt public (CJIP). Ce nouveau dispositif permet à une entreprise de négocier une amende sans procès et sans passer par une procédure de "plaider coupable".

Enfin, le service de traitement des déclarations rectificatives, qui gère notamment la régularisation des comptes à l'étranger, a encaissé 358 millions d'euros.

Pour expliquer ces résultats, les ministres ont mis en avant les mesures prises depuis le début du quinquennat, en particulier la loi anti-fraude votée en 2018, qui a par exemple élargi le mécanisme du "plaider coupable" au domaine fiscal ou instauré depuis l'été dernier une "police fiscale" chargée de lutter contre la délinquance fiscale.

La loi a surtout assoupli le "verrou de Bercy", un dispositif qui donnait à l'administration fiscale le monopole des poursuites en cas de fraude. Désormais, elle est obligée de transmettre à la justice les faits de fraudes supérieures à 100.000 euros.

Le gouvernement a aussi renforcé le contrôle des fraudes réalisées par des entreprises qui vendent des produits sur les plateformes en ligne. Et à partir de 2021, ces plateformes seront redevables de la TVA pour les vendeurs qui les utilisent, pour une partie des transactions.

Un projet controversé d'exploitation des données publiques des particuliers sur les réseaux sociaux est également sur les rails. Critiqué par la Cnil, gendarme français de la protection des données, et amendé par le Parlement, le procédé devrait être expérimenté, une fois validé par la Cnil et le Conseil d'Etat, d'ici la fin de l'année.

Par ailleurs, le déplafonnement des indemnisations attribuées aux aviseurs fiscaux qui dénoncent des faits de fraude pourrait inciter plus d'informateurs à se rapprocher du fisc.

Retraites: une longue bataille lancée à l'Assemblée dans une ambiance déjà chahutée

Lundi, 17. Février 2020 - 18:00

C'est parti pour un long marathon à l'issue incertaine: la bataille des retraites a démarré lundi à l'Assemblée dans une atmosphère déjà électrique, le gouvernement vantant une "ambition immense" face à une opposition qui entend torpiller une réforme jugée "injuste" avec une nuée d'amendements.

Le tout nouveau ministre de la Santé Olivier Véran a défendu un projet annoncé "de longue date" qui "a la légitimité d'un programme présidentiel", à l'ouverture des débats sur cette réforme hautement sensible, voulue par Emmanuel Macron et qui vise à créer un "système universel" de retraite par points.

Jusqu'ici rapporteur du volet organique de la réforme, le "marcheur" vient de succéder à Agnès Buzyn qui a pris le relais, dans la course LREM à la mairie de Paris, de Benjamin Griveaux emporté vendredi par une affaire de vidéos à caractère sexuel.

Son discours, précédant celui du secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski, a vite été interrompu par des cris de l'opposition. "S'il vous plaît, ne commencez pas, vous aurez des heures, des jours et des nuits pour vous ébrouer dans la démocratie", a lancé Richard Ferrand (LREM) depuis le perchoir.

Après des semaines de contestation de la réforme dans la rue, l'appel à une "journée morte" dans les transports était peu suivi lundi. Plusieurs centaines de personnes ont aussi pris part à une manifestation "symbolique" en direction de l'Assemblée, en attendant une nouvelle journée interprofessionnelle jeudi.

Les opposants n'ont pas dit leur dernier mot, alors que 41.000 amendements ont été déposés. L'examen inachevé la semaine passée en commission pour cause d'avalanche d'amendements des députés LFI, un fait inédit après 75 heures de dialogue de sourds, n'était qu'un préambule.

Pour l'heure, quinze jours de débats sont prévus, soit 84 heures. Face à un calendrier jugé "intenable", Richard Ferrand a proposé juste avant le début des débats un "temps programmé" de 100 heures de débat sur trois semaines. Il s'est vu opposer une fin de non-recevoir des députés LFI et PCF.

Face à l'obstruction de la gauche de la gauche, avec ses amendements, les responsables de la majorité martèlent qu'un recours au 49-3 - l'arme de la Constitution qui permet l'adoption sans vote - "n'est pas l'objectif", mais des "marcheurs" ne l'excluent pas si le débat est "clairement impossible".

"Totalement impensable", a cependant prévenu LR. Ce serait même "du délire" pour le numéro un de la CFDT Laurent Berger.

Le gouvernement table toujours sur une adoption en première lecture avant les municipales dans un mois et espère un feu vert définitif "d'ici l'été" sur les deux textes (ordinaire et organique).

- "Lutte implacable" -

Droite comme gauche dénoncent un "mépris" du Parlement et un projet "nébuleux" et "à trous", avec notamment la trentaine d'ordonnances programmées.

Les trois groupes de gauche - PS, PCF et LFI - qui dénoncent un "amateurisme coupable" du gouvernement, tablent en plus des amendements (près de 37.000 à eux trois) sur une motion référendaire lundi, puis une motion de censure à une date qui reste à déterminer, des étapes qui vont ralentir les débats.

Le patron des insoumis Jean-Luc Mélenchon a promis lundi "une très grande bataille parlementaire". "La lutte sera dure, implacable, de longue durée" a-t-il insisté, dénonçant "pagaille, confusion et viol des droits des gens" par le gouvernement.

Les députés communistes, qui jugent la réforme "bien pire" que ce qui avait été annoncé, ne seront pas en reste, comme le PS, persuadé qu'un "certain nombre de concitoyens vont se faire avoir".

Quant à LR, qui entend incarner "une troisième voie", le groupe fustige comme la gauche "l'impréparation" du gouvernement et estime que pour le financement, "on marche sur la tête".

Le vote de la réforme est programmé avant les conclusions de la conférence de financement, qui démarre ses travaux mardi et est censée trouver d'ici avril des mesures permettant d'atteindre l'équilibre en 2027.

Côté majorité, on affiche la volonté de faire aboutir cette réforme "de progrès social", "contre vents d'obstruction et marées d'amendements".

Si le groupe soutient globalement la réforme, des interrogations ont émergé sur son impact budgétaire, et certains à l'aile gauche comptent faire entendre leur voix sur des sujets comme la pénibilité. Un "marcheur" prédit "un exercice de discipline collective forte".

A 100 ans, le plus vieil élu de France ne se réprésente pas aux municipales

Lundi, 17. Février 2020 - 18:00

A 100 ans, le plus vieil élu de France, un conseiller municipal des Grands-Chézeaux, en Haute-Vienne, où il siégeait depuis près de 75 ans, vient de décider de ne pas se représenter aux élections de mars.

Tout jeune centenaire (depuis le 20 octobre), Louis Dauny "quittera ses fonctions après 74 ans et 11 mois au service de la commune", a confirmé ce week-end à l'AFP son fils Jean-Charles, lui aussi adjoint aux Grands-Chézeaux.

"C’est notre boussole", assure l'adjoint au maire André Hérault. "Une figure, la mémoire de la commune", appuie la secrétaire de mairie Karine Fillaud. Aux Grands-Chézeaux, village de 246 habitants du nord de la Haute-Vienne, il y aura un "avant" et un "après" municipales 2020.

Elu pour la première fois en avril 1945, année où les femmes accèdent au droit de vote, Louis Dauny a cumulé 13 mandats successifs. La même année, en 1945, il se mariait, avait son premier enfant et reprenait la filature de laine familiale, qui sera, en 1989, la dernière du département à fermer ses portes.

"J’étais bien occupé. Je ne me suis jamais ennuyé", racontait récemment celui qui porte souvent un pull en laine issu de cette filature. "Dans la vie, il faut savoir être raisonnable en tout. Pour moi, comme pour les électeurs, il ne serait pas raisonnable de se représenter. Place aux jeunes !"

"C’est une grosse perte pour la commune. Il connaît par cœur l'histoire du bourg, des habitants. Physiquement, il avance un peu moins vite qu’avant. Mais dans la tête, ça va vite", assure la secrétaire de mairie.

Louis Dauny se rendait régulièrement chez l’habitant, notamment auprès des personnes isolées "pour écouter les administrés", car "c'est souvent de là que partent les bonnes idées", dit-il.

En décembre dernier, il distribuait encore les colis en Ephad aux "anciens", plus jeunes que lui. Pour la conseillère municipale Sylvie Bennab, l’homme est "un exemple de dévouement toujours à l’écoute de la population. C’était sa grande force".

L'adjoint André Hérault dit avoir été séduit par "sa vision de l'avenir. C’est ce qui m’a frappé. Là où les jeunes étaient parfois un peu tièdes, lui était toujours prêt à s’emballer sur les nouveaux projets".

L’arrivée de l’eau potable au village, le stade municipal inauguré par l'ancien seléctionneur de l'équipe de France Michel Hidalgo, ou encore l’installation d’un garage dont il s’était porté caution et qui emploie 25 personnes aujourd’hui: Louis Dauny a marqué les Grands-Chézeaux de sa foi en ces projets, et de sa bienveillance.

"Une page de l’histoire communale se tourne. On est un peu désemparé", conclut M. Hérault. D’autant que le maire Jacques Dufourd, 72 ans, a lui aussi décidé lui aussi de remiser l’écharpe tricolore au placard.

La mère d'un bébé né sans avant-bras gauche témoigne de son combat pour comprendre

Lundi, 17. Février 2020 - 18:00

Mère d'une petite Charlotte, née en 2012 à Lorient (Morbihan) sans avant-bras gauche, Isabelle Taymans-Grassin raconte dans un livre son long combat, avec une dizaine d'autres familles, pour tenter d'identifier la cause de cette malformation, face à l'inertie des institutions de santé publique.

"Quand Charlotte est arrivée dans notre vie, et qu'on a découvert son handicap, on a reçu une grosse gifle", témoigne l'auteure dans son ouvrage intitulé "D'étranges coïncidences" (Cherche Midi), à paraître mardi.

Un bouleversement d'autant plus grand qu'aucune des trois échographies prénatales n'avait permis de détecter la malformation. "On a beau en détester l'idée mais l'image d'une amputation était là, violente, brutale", écrit ce médecin généraliste, qui vit à Bruxelles après avoir habité Guidel, 11.000 habitants, dans le Morbihan.

Dans ce témoignage qu'elle présente auprès de l'AFP comme "une trace écrite" pour sa fille, Isabelle Taymans-Grassin livre toutes les émotions traversées dans les mois qui ont suivi son accouchement : détresse, larmes, sentiment d'abandon et de culpabilité. "C'était évident: nous n'avions pas bien +fabriqué+ notre fille", écrit-elle.

A la maternité, aucun médecin n'est capable d'expliquer les raisons de la malformation. Le gynécologue qui l'accouche a "tout de suite rebroussé chemin, comme effrayé par ce qu'il constatait". Celui qui a suivi sa grossesse tente, lui, de se dédouaner en expliquant que Charlotte a "perdu" son avant-bras en fin de grossesse...

"Je commençais à anticiper les mensonges qui allaient désormais joncher notre recherche de la vérité", commente la mère. Si la famille s'est agrandie en 2014 et que les parents ont accepté le "petit bras" de leur fille, restent les questionnements.

Lorsque le couple découvre en 2015, grâce à une association, l'existence de deux autres enfants nés au même moment que Charlotte et porteurs de la même malformation, c'est un nouveau choc.

- Règne de la "dissimulation" -

"Trois cas identiques, aussi proches dans l'espace que dans le temps: c'était ce que l'on appelle un +cluster+", explique Isabelle Taymans-Grassin. Avec un cas de malformation pour 10.000 naissances, trois bébés malformés en 18 mois dans une même commune ne peut, statistiquement, relever du hasard.

Pour ce médecin, c'est l'occasion de trouver une cause commune, d'autant qu'elle apprend l'existence d'autres "cas groupés" en Loire-Atlantique et dans l'Ain, mis en évidence par le Remera, seul registre indépendant parmi les six chargés de consigner les malformations congénitales en France. En tout, une quinzaine d'enfants sont concernés.

Après deux ans pendant lesquels "rien ne se passe", les médias s'emparent de l'affaire à l'automne 2018, quand Emmanuelle Amar, directrice générale du Remera, tire la sonnette d'alarme.

"On a assisté à un réel élan politique pour mettre en place une enquête, un comité d'experts et un comité d'orientation avec les familles. Mais depuis que les choses se sont calmées médiatiquement, l'enquête est au point mort, le comité d'orientation a été dissous et les familles n'ont plus accès à l'information", dénonce la mère de Charlotte.

"Il y a eu un semblant d'enquête qui a consisté à regarder la qualité de l'air ou l'eau dans les bases de données. C'est vraiment très léger, car ce n'est pas parce que ce n'est pas dans la littérature scientifique que ça n'existe pas", poursuit l'auteure, qui se dit "furieuse".

Manque d'indépendance des experts, manque de rigueur, statistiques manipulées, guerre de la communication, "la dissimulation règne à tout point de vue", critique Mme Taymans-Grassin, pour qui les autorités cherchent "à masquer leur inaction pendant des années".

Certes, les malformations ne concernent qu'un petit nombre d'enfants, qui "sont en bonne santé", reconnaît-elle, mais cela n'en constitue pas moins "un réel défi scientifique en matière de recherche des causes".

Parmi les hypothèses soulevées, celle des pesticides revient régulièrement, mais ça pourrait "être tout à fait autre chose", admet l'auteure, qui entend poursuivre le combat "pour Charlotte, pour que jamais elle ne puisse douter du fait que j'ai tout tenté afin d'élucider l'origine de son handicap".

Des filtres à microplastiques d'ici 2025 sur les machines à laver

Lundi, 17. Février 2020 - 18:00

La France a lancé le chantier de l'installation de filtres à microfibres plastiques dans les lave-linge, une première mondiale destinée à lutter contre la pollution des océans.

"Est-ce que c'est faisable ? La réponse est oui, parce que nous n'avons pas le choix", a souligné la secrétaire d'Etat à la Transition écologique Brune Poirson lundi à l'issue d'une table-ronde où elle réunissait les constructeurs de machines à laver, des "innovateurs" qui travaillent sur des solutions de filtres, des ONG et des associations de consommateurs.

A compter du 1er janvier 2025, les lave-linge neufs vendus en France, aux professionnels comme aux particuliers, devront être munis de filtres destinés à empêcher le passage dans les eaux usées de fibres plastiques microscopiques libérées par les vêtements au cours du lavage. La mesure figure dans la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, promulguée la semaine dernière.

Les plastiques utilisés dans la confection (polyester, acrylique, élasthanne) libèrent en effet lors du lavage des particules trop petites pour être filtrées dans les usines de traitement, qui se retrouvent dans l'environnement et notamment dans les océans.

Les microplastiques représenteraient entre 15% et près du tiers des quelque 9,5 millions de tonnes de plastiques déversées chaque année en mer, selon des chiffres de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).

- Porter le dossier au niveau européen -

"C'est un défi, c'est très difficile (...) ça ne se fera pas du jour au lendemain" et "ça demande un grand travail de la part des fabricants" et notamment "des changements technologiques", a reconnu Brune Poirson. Mais "il faut qu'on agisse", a martelé la secrétaire d'Etat, qui veut maintenant porter le dossier au niveau européen "pour faire en sorte que cette mesure ne soit pas qu'une mesure française".

Du côté des fabricants, cette première réunion est jugée "constructive" car elle a "permis de soulever de nombreuses questions économiques, techniques et d'utilisation", selon une déclaration de leur fédération professionnelle (Gifam) transmise à l'AFP.

Les constructeurs s'engagent à "tout mettre en oeuvre (...) pour trouver des solutions efficaces" en vue de "réduire la pollution plastique". Mais ils insistent pour que les pouvoirs publics garantissent "une concurrence saine entre les acteurs" et appellent eux aussi de leurs voeux une mesure à l'échelle européenne.

Brune Poirson veut inciter les fabricants à intégrer les filtres dans leurs appareils dès que possible, ce qui leur permettrait d'obtenir un bonus environnemental s'ils le font avant 2025.

"On ne fait pas porter toute la responsabilité aux fabricants de machines à laver", a-t-elle souligné: la solution passe aussi par la filière textile (fabricants et distributeurs de vêtements) avec laquelle elle a également engagé des discussions.

"Nous devrions être optimistes", a assuré de son côté Mojca Zupan, directrice générale de la start-up Planet Care, qui a développé des filtres à microplastiques pour machines a laver.

"Nous avons une solution, qui est prête. Nous l'avons lancée en septembre dernier et nous en avons vendu 500 environ", a-t-elle expliqué, en présentant un filtre extérieur qui se branche à la sortie du lave-linge. Une technologie adaptable à l'intérieur d'une machine à laver, affirme la responsable de Planet Care.

Pour Henri Bourgeois Costa, expert économie circulaire de la Fondation Tara Océan, "il y a un objectif environnemental majeur" qu'il "ne faut jamais perdre de vue" et "ça nous force à réussir". "Réussir, c'est réussir à résoudre le problème et ne plus retrouver ces fibres textiles dans l'environnement", a-t-il insisté.

Quelque 2,7 millions de lave-linge sont vendus en France chaque année, soit plus de 7.000 par jour, selon des chiffres du Gifam. Plus de 97% des foyers français sont équipés d'un lave-linge. Aux ménages s'ajoutent 5.900 établissements professionnels en France qui utilisent des machines à laver (pressings et blanchisseries).

Affaire Griveaux: Pavlenski a-t-il été manipulé et jusqu'où ?

Lundi, 17. Février 2020 - 18:00

Manipulation ? Volonté de déstabiliser Emmanuel Macron ? Les questions s'accumulent concernant l'activiste russe anti-Poutine Piotr Pavlenski qui a "sans doute été aidé", selon le gouvernement, à diffuser des vidéos sexuelles fatales à Benjamin Griveaux.

Piotr Pavlenski, placé en garde à vue avec sa compagne durant le week-end, "a sans doute été aidé", a affirmé lundi sur LCI la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. "Il ne peut pas être le seul impliqué", avait dit samedi soir l'avocat de M. Griveaux, Me Richard Malka.

Il y a "une certaine forme de technicité pour mettre en oeuvre tout cela" comme "le fait de construire un site Internet, le fait d'écrire en français parfaitement alors que manifestement, Piotr Pavlenski parle certes français, mais avec quelques difficultés", a-t-elle relevé.

Cependant, "c'est un peu tôt pour dire [si l'affaire relève d'une manipulation politique plus importante] parce que l'enquête ne fait que démarrer", a ajouté Mme Ndiaye.

"Cette attaque est large, et dépasse Benjamin Griveaux", a confié à l'AFP l'entourage de M. Griveaux, l'un des piliers de la campagne d'Emmanuel Macron de 2017.

L'artiste russe et sa compagne, Alexandra de Taddeo, une étudiante en droit parlant plusieurs langues, dont le russe, ont été placés en garde à vue pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'images à caractère sexuel", dans le cadre de l'enquête ouverte samedi à la suite du dépôt d'une plainte contre X de M. Griveaux.

Mme Taddeo avait déjà cité le nom de Pavlenski en 2017 lors d'une émission sur la radio Fréquence Protestante, où elle avait invité un diplomate russe pour parler d'art russe.

Me Juan Branco, un avocat qui connaît le couple Pavlenski-Taddeo depuis quelques mois, a dit vendredi avoir été "approché" par l'artiste mais dément tout rôle dans la divulgation des vidéos pornographiques.

- "Aucun indice" -

Sur franceinfo, le secrétaire d’État au Numérique Cédric O a dit ne disposer "à ce stade" d'"aucune information qui (lui) laisse(rait) penser qu'il pourrait y avoir autre chose qu'un agissement personnel".

Il a également assuré n'avoir "aucune preuve ni aucun indice qui nous laisse penser que la Russie soit impliquée".

Le président Emmanuel Macron avait affirmé samedi, lors de la conférence sur la sécurité à Munich, que Moscou "allait continuer à essayer de déstabiliser" les démocraties occidentales en s'ingérant dans leurs élections et en manipulant les réseaux sociaux, citant également dans ces intrusions "l'ultradroite américaine".

Mais l'entourage du chef de l'Etat a fait savoir qu'il ne s'agissait pas d'une allusion à l'affaire Griveaux mais à sa campagne présidentielle de 2017, lors de laquelle il s'était dit victime d'ingérences de la part de la Russie.

Pour la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, l'affaire Griveaux est "très clairement un coup monté" pour "déstabiliser un candidat".

Mais si elle a dit sur Radio J qu'elle "connaissait bien (les) méthodes" soviétiques de la compromission (kompromat) qui consistent à monter des dossiers contre un adversaire politique, l'ancienne ministre russophone n'a pas voulu s'avancer sur une quelconque implication de Moscou.

Le directeur de l'Institut Iris, Pascal Boniface, interrogé par l'AFP, "ne voit pas l'intérêt pour la Russie d'affaiblir M. Macron, seul chef d'Etat occidental à souhaiter un rapprochement avec Moscou".

Le directeur de Conspiracy Watch, Rudy Reichstadt, juge "plausible" sur Twitter que l'acte revendiqué par Piotr Pavlenski relève "d'une opération de déstabilisation politique impliquant d'autres personnes que lui-même" mais que "rien ne permet d'affirmer" qu'il s'agit "d'un complot anti-LREM fomenté à Moscou".

A l'inverse, le rédacteur en chef de Philosophie Magazine, Michel Eltchaninoff, qui a rencontré Piotr Pavlenski à plusieurs reprises et a préfacé son livre "Le cas Pavlenski", estime qu'il y a "une piste de l'ingérence qui doit être explorée" avec un activiste qui "a toujours dénoncé le +kompromat+ et utilise maintenant les techniques du FSB" (ex-KGB).

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