Actualité France

Affaire Griveaux: le bâtonnier de Paris a demandé à Me Branco de renoncer à défendre Pavlenski

Mercredi, 19. Février 2020 - 13:00

Le bâtonnier de Paris a demandé à Juan Branco de renoncer à défendre Piotr Pavlenski dans l'affaire Griveaux, en raison notamment de "l'absence de distance" entre l'avocat et les actions de son

Me Branco avait dénoncé ce week-end une atteinte aux droits de la défense, expliquant que le parquet s'opposait à sa désignation comme avocat de l'artiste russe, mis en examen mardi pour la diffusion de vidéos à caractère sexuel de l'ex-candidat LREM à la mairie de Paris, tout comme sa compagne Alexandra de Taddeo.

L'avocat et essayiste avait dit avoir "conseillé" M. Pavlenski sur les vidéos à l'origine du retrait de M. Griveaux avant leur diffusion.

Procéduralement, le parquet ne peut pas s'opposer seul au choix d'un avocat mais il peut, lorsqu'il redoute un conflit d'intérêts, saisir le bâtonnier pour qu'il tranche la question.

Au cours de l'enquête déontologique annoncée lundi par le bâtonnier de Paris, Me Olivier Cousi, "il n'a pas été relevé de conflit d'intérêts avéré (...) pouvant être opposé à M. Juan Branco", indique le communiqué.

"Toutefois, l'absence de distance manifestée par M. Juan Branco entre sa mission d'avocat et l'action reprochée à son client, ainsi que son absence de prudence lors de déclarations dans les médias l'exposaient à un risque de manquement aux principes essentiels, notamment d'indépendance et de prudence", ajoute-t-il.

"Dans ces conditions, le bâtonnier a demandé à M. Juan Branco de renoncer à la défense de M. Pavlenski", conclut-il.

Dans une réaction transmise à l'AFP, Me Juan Branco a expliqué que "c'est en plein accord avec le bâtonnier qu('il a) décidé, après l'avoir sollicité, de (se) retirer".

"Je note que la seule ambiguïté qui pourrait m'être reprochée consiste en l'utilisation, lors d'une déclaration à un média gilet jaune, du +on+, pronom indéfini systématiquement utilisé en plaidoirie, afin de protéger mon client", explique Juan Branco.

"Si la confusion peut être faite dans l'esprit du public (...), le bâtonnier ne peut ignorer que cette pratique est non seulement normale mais aussi encouragée afin de ne pas donner l'impression que l'on prendrait ses distances avec le client", ajoute-t-il.

C'est finalement Me Yassine Bouzrou qui a été désigné mardi par l'artiste russe de 35 ans pour assurer sa défense.

A Ungersheim, village "en transition", la vision du maire au défi d'un 6e mandat

Mercredi, 19. Février 2020 - 13:00

Pionnière de l'écologie, la petite commune alsacienne d'Ungersheim est engagée de longue date sur la voie de l'autonomie énergétique et alimentaire mais son maire atypique, en quête d'un 6e mandat, peine

La "transition" ne saute pas forcément aux yeux quand on déambule dans ce bourg de 2.400 habitants installé au pied des Vosges, en grande banlieue de Mulhouse... jusqu'au moment où une carriole emplie d'enfants et tirée par un solide cheval comtois apparaît au détour d'une rue.

Facette la plus pittoresque de la transformation engagée, Diabolo, Cosak ou Richelieu ont la charge du ramassage scolaire, épargnant 4.000 kilomètres par an aux parents, selon le maire Jean-Claude Mensch.

A 74 ans, cet ancien électrotechnicien et syndicaliste de la mine de potasse désormais fermée, yeux bleus sous des cheveux gris, chemise à petites fleurs, se montre aussi pessimiste pour l'avenir de la planète que foisonnant d'idées pour sa commune.

"On ne peut plus rien faire, on est déjà dans l'effondrement, on peut juste trouver des solutions pour s'adapter", constate-t-il depuis son bureau un peu en désordre car, dit-il, il se prépare comme avant chaque élection municipale à déménager.

Inspiré par le Britannique Rob Hopkins, chantre de la transition des villes vers l'après-pétrole, ce maire sans étiquette mais compagnon de route d'EELV vise l'autonomie énergétique -elle devrait être atteinte en 2022 ou 2023, assure-t-il-, alimentaire mais aussi "intellectuelle" pour sa commune.

- "Meilleur qu'à la maison" -

Alors que la potasse extraite pendant de longues années de la mine servait d'engrais pour l'agriculture conventionnelle, les engrais chimiques n'ont plus droit de cité depuis 2006 dans les espaces verts communaux.

De la cantine bio où sont concoctés quelque 500 repas chaque jour pour les écoles d'Ungersheim et des environs à la chaufferie à bois qui alimente sept bâtiments communaux, du vaste parc photovoltaïque à la régie agricole communale, de l'éco-hameau "passif" à la "conserverie", beaucoup de projets ont en commun une "méthode Mensch": la mairie lance l'idée, fournit parfois le terrain, puis une association ou une entreprise assure la gestion, à l'image de l'entreprise d'insertion qui veille sur la cuisine bio.

Pour la plupart des parents rencontrés devant l'école primaire, pas de doute, il fait bon vivre à Ungersheim.

"A la cantine, c'est bon, mon fils adore y manger, c'est meilleur qu'à la maison, où on mange beaucoup de surgelés !" s'amuse Pascale Moll, enseignante qui réside à Ungersheim depuis 2012.

Pourtant, cette commune qui réélit son maire très vert depuis 1989 plébiscite l'extrême droite aux autres élections. Au second tour de la présidentielle, Marine Le Pen y a obtenu 56,5% des voix. "Un revers" pour Jean-Claude Mensch, qui prône "le partage, la fraternité".

Au-delà de ce paradoxe, tous les habitants ne pensent pas les énergies fossiles au passé et certains expriment des préoccupations plus immédiates que leur maire.

- "Mélange des genres" -

Derrière l'image idyllique de la carriole se profile l'ombre des poids-lourds: 400 à 500 traversent la commune quotidiennement. "Y a quand même beaucoup de camions, alors à quoi ça sert la transition ?" s'interroge Martine, assistante maternelle.

Et si les repas servis à la cantine sont bien bio, tous les ingrédients ne sortent pas de terre dans la commune, certains sont même congelés.

"Quel est le profit pour les habitants de tous ces investissements ? Cela ne nous apporte rien, à part de le rayonnement international du maire. On ne paie pas moins cher l'électricité !", s'agace Dominique Wurch, conseiller municipal d'opposition, numéro 3 sur la liste "Un nouvel air pour Ungersheim" (sans étiquette).

"Le rôle d'une mairie n'est pas de vendre des légumes bio mais d'aider les agriculteurs à se mettre au bio et vendre leurs produits, là il y a un mélange des genres", complète sa colistière, Ghislaine Rouge Dit Gaillard, engagée dans le parti régionaliste Unser Land.

Exaspérée par ce maire acclamé de toutes parts, l'opposition dénonce une "dérive dogmatique", une gestion "opaque" et, là où M. Mensch vante la démocratie participative, pointe l'emprise d'un "clan", rappelant sa condamnation à une amende avec sursis pour un permis de construire concernant la maison de son épouse.

Elle raille des initiatives qui n'ont "strictement aucun sens", comme la monnaie locale, le Radis, dont l'utilisation reste très marginale.

M. Mensch reconnaît aisément qu'il n'y a "ni adhésion massive ni participation assidue" à la dynamique de la transition, évoquant "quelques centaines de personnes vraiment engagées".

Une relative apathie qui ne l'empêche pas de lancer de nouveaux projets, microbrasserie, panneaux photovoltaïques qui doivent transformer l'école primaire en bâtiment à énergie positive ou encore épicerie faisant la part belle au local.

Les rats des villes entrent dans la campagne des municipales

Mercredi, 19. Février 2020 - 12:00

En face de la Tour Eiffel, à cinquante mètres d'une poubelle dont le fond a été déchiqueté pendant la nuit, un bout de museau pointe hors d'un terrier creusé au pied d'un

Depuis toujours, ils font partie du paysage urbain souterrain. Mais aujourd'hui les rats des villes, en particulier ceux de Paris, arrivent à l'air libre, chassés notamment par les crues à répétition ou les travaux sur ou sous la voirie, et alimentent les débats de la campagne des élections municipales.

Via les réseaux sociaux, leur présence au bord de la Seine, dans les parcs et jardins, a été médiatisée à plusieurs reprises depuis 2017.

Le maire du XVIIe arrondissement Geoffroy Boulard (LR) a mis les pieds dans le plat en créant une "brigade citoyenne" et un site pour signaler les rongeurs, après avoir dû fermer "des crèches, des cours d'école" parce qu'il "était impossible aux enfants d'y circuler", a-t-il affirmé à l'AFP.

La municipalité d'Anne Hidalgo a aussi engagé de nombreuses actions correctives, notamment pour ne pas dégrader le potentiel touristique de la ville lumière avant les jeux Olympiques de 2024.

"Ils font des passages partout, dans les canalisations, le long des clôtures de parcs, on peut les suivre à la trace", indique Stéphane Bras, porte-parole de la chambre syndicale des entreprises spécialisées dans la dératisation, la désinsectisation et la désinfection (cs3d), en montrant à l'AFP les terriers dans un petit jardin du Trocadéro, en face de la Tour Eiffel.

A cette heure matinale, où deux ou trois rats circulent encore furtivement le long d'une petite haie, les premiers joggers passent en courant.

"Quand les rats ont conquis un territoire, ils n'ont guère de raison de reculer", dit M. Bras.

Et pourtant des boîtes pièges sont posées sous les bancs. Une poubelle flambant neuve métallique, enterrée, inaccessible aux rongeurs, est installée à proximité. Mais elle déborde. Et d'autres sacs de déchets sont posés à côté.

"Il faudrait une dizaine de poubelles renforcées car on est (au Trocadéro) dans l'un des quartiers les plus fréquentés de Paris", avance M. Bras.

L'an dernier, les 1.200 entreprises de dératisation en France ont constaté une augmentation de 23% des interventions concernant les rats, selon la cs3d.

Les causes sont multiples: depuis la généralisation des pique-niques urbains, les déchets comestibles s'accumulent sur la voie publique, obligeant les équipes municipales à décaler les heures de collecte et de nettoyage. Et surtout à passer tard pour ne pas laisser place libre aux festins nocturnes de rongeurs.

- Paris et New York s'échangent des recettes -

De plus, à Paris, les poubelles dites "vigipirates" en plastique transparent (pour empêcher le dépôt d'objets explosifs, NDLR) sont accessibles aux rats. Redressés sur leurs pattes arrières, ils grignotent les contenus comestibles, reconnait la mairie.

Pour Pierre Falgayrac, ingénieur et expert en hygiène et sécurité, auteur du "Grand guide de lutte raisonnée contre les nuisibles et bioagresseurs urbains" (Editions Lexitis, 2014), beaucoup repose sur l'anticipation et la prévention.

"A Toulouse, aucun média n'a rapporté d'invasion de rats alors que la ville construit un métro souterrain", dit-il à l'AFP, grâce à des opérations de dératisation préventive avant le début des travaux.

"En sous-sol, les rats jouent un rôle écologique fondamental", dit à l'AFP Paul Simondon, adjoint à la propreté de la mairie de Paris. Ils nettoient les canalisations ou égouts. "La difficulté, c'est leur présence en surface due à la présence de nourriture disponible" laissée par les passants ou des commerces indélicats.

Depuis 2017, la brigade municipale chargée du sujet à Paris a été renforcée à 75 agents, 4.500 poubelles ont été changées dans les parcs et jardins, et plus de 500 pièges à alcool installés, fait-il valoir.

Les grandes villes s'échangent leurs "trucs": New York vient d'importer les pièges à alcool parisiens et Paris a copié la "carbo-glace" new-yorkaise, du CO2 sous forme solide pour asphyxier les rongeurs dans leurs terriers en cas de surpopulation, explique M. Simondon.

Un activisme sanitaire parfois critiqué par des associations animalistes comme Zoopolis, dont une poignée de militants a manifesté contre "l'empoisonnement des rats" début février à Paris.

Retraites: la CGT claque la porte de la conférence de financement

Mercredi, 19. Février 2020 - 12:00

La CGT a décidé de quitter la conférence de financement sur les retraites, a annoncé mercredi la secrétaire confédérale de l'organisation syndicale, Catherine Perret, dénonçant "un même combat" entre le Medef et le gouvernement.

"La CGT a décidé de quitter la conférence de financement et d'organiser" avec les organisations syndicales opposées au projet de loi sur les retraites (FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC) "sa vraie conférence de financement", a-t-elle affirmé sur les ondes de Radio Classique.

Le patron du Medef, "Geoffroy Roux de Bézieux n'a cessé de dire qu'il voulait reculer l'âge légal de la retraite à 65 ans et surtout économiser toujours sur les prestations sociales (...) Ce qui m'alerte, c'est que le Medef et le gouvernement, c'est le même combat", a poursuivi cette haute dirigeante et négociatrice retraite de la centrale de Montreuil.

"Tout le monde sait qu'il n'y a pas de véritable déficit au niveau des retraites et que c'est un problème de recettes. Pour améliorer les droits et pérenniser le système, il faut amener des recettes supplémentaires en termes de salaires", a-t-elle insisté.

Le gouvernement a lancé fin janvier avec les partenaires sociaux la conférence de financement chargée de trouver les solutions pour assurer l'équilibre financier du régime des retraites d'ici 2027, ainsi que celui du futur système, universel et à points.

Cette conférence de financement avait été proposée par la CFDT afin d'éviter la fixation d'un âge pivot fixé progressivement à 64 ans entre 2022 et 2027 et en dessous duquel il n'aurait pas été possible de partir avec une retraite complète.

Manger bio à la cantine, un choix politique pour des maires de terrain

Mercredi, 19. Février 2020 - 12:00

Manger bio et local dans les cantines scolaires, "c'est politique". Ce slogan d'un réseau de cantines bio est devenu celui de maires précurseurs qui n'ont pas attendu la loi alimentation (Egalim) pour faire manger sainement, sans surcoût, les enfants de leur commune.

L'attente des électeurs est forte en la matière à l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars, alors qu'aujourd'hui les cantines plafonnent à 3% de leurs achats alimentaires en bio, contre un objectif fixé par la loi Egalim de 50% de "produits bio, de qualité et durables" d'ici 2022.

Sondés à l'automne 2018 par l'Agence Bio, qui promeut l'agriculture biologique, plus des deux tiers des élus (68%) voulaient augmenter la part des produits bio dans leurs cantines d'ici 2022 et 42% notaient une "demande forte des usagers sur ce sujet".

"Manger mieux à la cantine, c'est nourrir des estomacs de mangeurs, mais également des territoires", plaide le réseau de cantines bio Un Plus Bio dans un guide édité à l'intention des élus locaux.

Cela implique d'acquérir de l'expertise, afin de trouver des produits bio disponibles à prix abordable, d'identifier les producteurs locaux et leur assurer des volumes de commandes suffisants en respectant le code des marchés publics, notait la fondation Terra Nova dans un rapport en janvier.

Parmi les "bonnes pratiques" identifiées par la fondation: former les cuisiniers, construire un cahier des charges pertinent et suivre précisément l'exécution des contrats, dégager les marges budgétaires nécessaires à l'achat de produits de meilleure qualité.

"Cela demande des compétences variées: il faut s'intéresser au monde agricole, se pencher sur des questions foncières complexes. Certains préfèrent confier cela à un prestataire, mais de plus en plus de maires veulent reprendre la main pour aider l'agriculture à se développer, recréer une dynamique économique et réapprendre aux enfants d'où viennent les aliments", dit Florent Guhl, directeur de l'Agence Bio, composée de représentants ministériels et syndicaux du monde agricole et agroalimentaire.

- "Trouver son chemin en fonction de ses atouts" -

Florent Guhl préconise "le dialogue: cela peut paraître bateau, mais les plans alimentaires territoriaux, c'est mettre tout le monde autour de la table: parents, agriculteurs, cuisiniers des collectivités, acheteurs des cantines... Quand cela se fait, on a déjà gagné beaucoup".

Des structures comme Manger Bio Ici et Maintenant (MBIM), né en 2010, maillent le territoire via des plateformes regroupant producteurs de bio et acheteurs, pour faciliter des achats à des "prix souvent très intéressants parce qu'il n'y a plus d'intermédiaire", dit-il.

Et si s'approvisionner en produits de qualité fait grimper les prix d'achat, "acheter différemment, réduire les portions pour diminuer le gaspillage", permet de lisser ce surcoût.

Passée au 100% bio dès 2012 pour nourrir son millier d'écoliers, la commune de Mouans-Sartoux, au nord de Cannes, a fait école en créant en 2018 avec l'université Côte d'Azur un diplôme de chef de projet en alimentation durable.

"Nous formons des employés de collectivités locales, des personnes en reconversion professionnelle ou de jeunes diplômés d'école d'agronomie à identifier les points forts et les points faibles d'un territoire pour un projet donné. Chaque commune doit trouver son chemin en fonction de ses atouts", explique à l'AFP Stéphane Bouissou, responsable pédagogique de la formation. "Ces projets se traduisent en objectifs concrets, à déployer en un à trois ans".

Fraîchement diplômé, Nicolas Gambé, chargé de mission développement durable à Gonfreville-l'Orcher, près du Havre, veut "développer d'ici deux ans une production bio et locale" en direct, sur des terrains municipaux, pour fournir 1.200 repas par jour à cinq écoles, deux maisons de retraite et un Ehpad.

"Aujourd'hui nous ne sommes qu'à 10% de bio, nous voulons tripler ou quadrupler cela. Nous avons prêté 10 hectares à deux agriculteurs pour les inciter à passer au bio", dit-il. Mais cela prend du temps: "notre terrain est éloigné et pas du tout aménagé", explique-t-il. "Nous avons planté des haies végétales pour limiter le ruissellement et nous créons sur 8 hectares un verger, un espace maraîcher et un espace pédagogique pour les enfants."

"Les premières marches sont compliquées", souligne M. Guhl, "mais quand on revoit toute l'organisation, la dynamique est beaucoup plus forte, et s'étend à tout le territoire".

Municipales: vague écolo en vue

Mercredi, 19. Février 2020 - 12:00

Nourrie par d'excellents sondages, l'hypothèse d'une vague verte inédite déferlant sur les élections municipales de mars se renforce. Mais pour décrocher des mairies, les candidats Europe Ecologie Les Verts savent qu'ils

"Ca donne le vertige": les cadres et candidats du parti, ces dernières semaines, sont parfois incrédules face à une situation nouvelle pour EELV.

Alors que tous les partis ont verdi leur discours, le dernier sondage à faire tourner les têtes concerne Bordeaux. L'avocat Pierre Hurmic est passé de moins de 20% il y a quelques mois à 33% d'intentions de vote la semaine dernière, talonnant l'héritier d'Alain Juppé Nicolas Florian (34%).

Pour expliquer cette dynamique, Pierre Hurmic évoque auprès de l'AFP les pics de chaleur dans une ville "à l'urbanisme très minéral" et le "retard accumulé" en matière d'écologie par la municipalité.

Mais le contexte est aussi favorable dans de nombreuses grandes villes, après des élections européennes où l'électorat urbain avait déjà plébiscité le bulletin EELV. Près d'un électeur sur deux (45%) envisage la possibilité de voter pour une liste du parti dans les villes de plus de 10.000 habitants, selon une enquête publiée le 7 février.

A Strasbourg, Jeanne Barseghian, soutenue par le PCF, est donnée gagnante au second tour avec 40% des voix en cas de soutien du PS. La juriste de 39 ans est méconnue mais bénéficie de l'étiquette EELV, la seule à être attractive en cette période de défiance contre les partis.

La candidate souligne la nécessité de ne pas se reposer sur ce sésame en écologie et rappelle que sa liste est composée en majorité de militants non encartés. "Mobilisations citoyennes, dans les entreprises (...). Ce qui fait la force de ce mouvement de fond est le fait qu’il sorte des cadres établis".

Son opposition à une autoroute de contournement et le ras-le-bol de Strasbourgeois particulièrement exposés à la pollution semblent également jouer.

- "Baronnies" -

Mais plus que la simple contestation, les candidats EELV entendent incarner l'alternative. Contrairement au "discours de lutte de La France insoumise, nous c'est Bordeaux apaisée: la transition se fera avec les habitants, on ne passera pas en force", confie Pierre Hurmic.

"On parle de transition et non de révolution, on ne capitalisera pas sur les peurs", abonde Sabrina Sebaihi, qui avec le soutien de LFI et du PS se présente à Ivry-sur-Seine contre les communistes, aux manettes depuis des décennies.

Les écologistes doivent aussi combattre leur image traditionnelle, qui les cantonne parfois "aux arbres et aux pots de fleurs", note Mme Sebaihi. Elle revendique ainsi son expertise sur la sécurité, préoccupation centrale pour ces élections municipales. C'est aussi une priorité déclarée de Béatrice Vessiller à Villeurbanne et d'Agnès Langevine à Perpignan.

La crédibilité est élevée au rang de vertu cardinale par le leader écologiste Yannick Jadot, qui veut attirer les électeurs déçus d'Emmanuel Macron. S'il partage cet objectif, Julien Bayou, le secrétaire national d'EELV, a d'autres références en tête lorsqu'il évoque "le socialisme municipal, sauce écolo".

Le spectre des remous internes jalonnant l'histoire du parti a d'ailleurs refait surface à Montpellier, où la tête de liste Clothilde Ollier a été désavouée par la direction nationale.

Pas de quoi briser la vague EELV, qui entraîne derrière elle la gauche plus ou moins unie à Besançon, Bordeaux, Strasbourg ou encore Toulouse, et creuse son sillon seule et sans sciller à Marseille, Nantes ou Lille.

Paul Vannier, en charge des municipales à LFI, ne cache pas son amertume: "On soutient parfois des têtes de liste EELV, mais la réciproque est beaucoup moins vraie..." Il critique un parti qui a selon lui surtout pour objectif "de constituer le plus grand nombre de baronnies locales et de devenir un parti d'élus locaux".

Un élu communiste espère pour sa part que les écologistes "ne finiront pas comme les socialistes" et "auront assez d’intelligence pour considérer que ce n'est pas parce qu’ils sont la force dominante qu’ils doivent être les premiers" de liste à tous les scrutins.

Les "bonnes bactéries", secret de la saveur des fromages au lait cru

Mercredi, 19. Février 2020 - 12:00

Comment conserver et favoriser les bonnes bactéries tout en évitant le développement des mauvaises ? C'est le secret des fromages français au lait cru et un défi relevé quotidiennement par les producteurs fermiers, comme à la ferme savoyarde "la marmotte en Bauge".

Il est 07H00. Par groupe de cinq, les tarentaises, des vaches à la robe rousse et aux yeux bordés de noir, se pressent vers la salle de traite. Jocelyne Pavy, un bonnet sur la tête par ce matin frisquet à La Motte-en-Bauges, à 1.000 mètres d'altitude, branche sa machine à traire.

Après la traite, elle repasse sur chaque trayon avec un chiffon enduit d'un nettoyant doux, pour ne pas endommager le délicat microbiote, les micro-organismes accumulés sur le pis de la vache et qui contribueront à la saveur du fromage.

Une étude de 2016 de l'Institut national français de recherche agronomique et de l'environnement (Inrae), menée par la chercheuse Marie Fretin, a montré l'importance de ne pas aseptiser totalement le pis des vaches, qui contient à lui seul 85% du microbiote de l'animal.

Car avec les mesures sanitaires de plus en plus drastiques prises depuis les années 1970 pour éviter le développement de bactéries dangereuses (listéria, salmonella, E. coli...), les scientifiques ont constaté un appauvrissement de la richesse du microbiote des fermes et de leurs produits.

- Pas de pasteurisation -

La traite terminée, Jocelyne ouvre le robinet du réservoir. Le lait (15 litres par vache en moyenne) descend dans un grand chaudron situé dans le "labo" de la ferme, à l'étage du dessous. Dans cette pièce, où tout le matériel inox et cuivre peut être lavé à grandes eaux, commence la fabrication de la tome des bauges, un fromage en appellation d'origine protégée (AOP) au lait cru.

Le lait du matin est mélangé à celui de la traite du soir pour "garder les ferments lactiques naturels", explique Patrick Pavy, le mari de Jocelyne. En blouse blanche, il réchauffe lentement le lait après y avoir ajouté de la présure extraite des sucs gastriques du veau, pour l'acidifier.

"Autour de 10 degrés, les bactéries commencent à travailler", détaille-t-il. Ici, pas de pasteurisation: Patrick Pavy veille à ce que le chaudron ne dépasse jamais les 40 degrés, température à laquelle commencent à disparaître les précieuses bactéries qui font le goût de la tome.

Assez rapidement, la texture s'épaissit. Le "caillé" se forme. Fort d'années d'expérience, Patrick Pavy voit à l'oeil nu quand la transformation est achevée: c'est le moment de vider l'énorme chaudron et de mouler le caillé dans des faisselles qu'il met à égoutter.

Quelques heures plus tard, les futurs fromages sont posés sur des planches en bois local dans la cave d'affinage. A la fraîcheur et dans le noir, ils perdent leur eau et développent des bactéries et champignons qui formeront la croûte et la saveur.

Tous les jours, le fromager retourne les tomes, enlève les moisissures de surface. Un mois et demi plus tard, elles seront affinées et prêtes à consommer, avec une belle croûte brune.

- Savoir-faire -

Comme dans cette ferme savoyarde, ce sont le savoir-faire local, les pratiques d'élevage et de transformation qui garantissent, dans différents terroirs de France, des goûts, des textures et des saveurs très différents à des fromages ayant pourtant tous la même base: le lait.

Cette diversité est liée également à la richesse microbienne de l'environnement de la ferme, contenues notamment dans l'herbe que consomment les vaches.

Dans le cadre du projet de recherche MétaDPOcheese, auquel participe l'Inrae, "nous avons trouvé plus de 1.400 espèces bactériennes" dans des échantillons de lait cru venant de toute la France, selon Françoise Irlinger, ingénieur de recherches en microbiologie à l'Institut. "Cela représente 180 à 450 espèces bactériennes" en moyenne pour chaque lait -leur nombre varie en fonction de l'AOP.

Au niveau sanitaire, ces découvertes ont aussi un intérêt, car la nature a horreur du vide: "Les premières bactéries arrivées vont empêcher les autres de coloniser" et si les bonnes bactéries se développent bien, cela ne laisse pas de place aux mauvaises pour survivre, assure Françoise Irlinger.

Début de la fin pour la centrale de Fessenheim samedi, après des années de remous

Mercredi, 19. Février 2020 - 11:00

Après des années de débat qui ont fait de sa fermeture un serpent de mer de la vie politique française, le réacteur N°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim doit être définitivement arrêté samedi, première étape sur le long chemin du démantèlement.

Mise en service en 1977, la doyenne des centrales françaises en activité aura connu six présidents de la République, de Valéry Giscard d'Estaing à Emmanuel Macron, en passant par François Hollande, qui scella son sort en promettant sa fermeture dès 2011, mais aussi des grèves de la faim et d'innombrables manifestations d'opposants.

Une fermeture qui n'entraînera "aucune perte d'emploi", a assuré mercredi la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne, alors que la centrale génère quelque 2.000 emplois dans l'un des territoires les moins bien dotés sur le plan industriel d'Alsace.

Les élus locaux dénoncent, eux, un Etat incapable d'assurer la transition du territoire et prévoient de lancer samedi un SOS au président de la République.

Près d'une décennie après la promesse de François Hollande, le réacteur n°1 de la centrale alsacienne doit être mis à l'arrêt à 02H30 du matin samedi, avant le n°2 le 30 juin. Ces dates ont été entérinées mercredi, avec la parution au Journal officiel d'un décret qui "abroge l'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim dont EDF est titulaire". Une "première étape dans la stratégie énergétique de la France", a salué Matignon.

L'arrêt en douceur du réacteur de 900 mégawatts (MW) à eau pressurisée commencera à 20H30 vendredi, selon une procédure identique à celle utilisée lors des phases de maintenance.

- Absurdité -

La température et la pression, qui atteignent 306,5°C et 155 bars à pleine puissance, baisseront progressivement dans le circuit primaire du réacteur et, lorsque le réacteur atteindra 8% de sa puissance, il sera déconnecté du réseau électrique national", explique EDF.

Enjeu de la négociation entre les Verts et le PS pour la présidentielle de 2012, la fermeture de Fessenheim avait été annoncée après l'élection du président socialiste pour fin 2016. Puis elle avait été liée à la mise en service de l'EPR de Flamanville et repoussée à 2018, mais c'est à Emmanuel Macron qu'il revint finalement d'annoncer son arrêt définitif en 2020.

Bâtie à la frontière entre la France et l'Allemagne, non loin de la Suisse, la centrale est devenue le symbole de tous les dangers de l'atome pour les anti-nucléaire des trois pays, qui n'ont cessé de pointer, outre le vieillissement qui complexifierait le remplacement de certaines pièces, une situation en contrebas du grand canal d'Alsace et dans une région à la sismicité avérée. Des critiques qui se sont intensifiées après la catastrophe de Fukushima, en mars 2011 au Japon.

Des voix dénoncent à l'inverse l'absurdité de se priver de cette source d'énergie décarbonée alors que la France s'est fixé pour horizon la neutralité carbone en 2050.

Dans un paysage français où les centrales nucléaires assurent 70% de la production d'énergie - de loin la plus forte proportion au monde, avec le deuxième plus important parc nucléaire au monde derrière les Etats-Unis - un réacteur comme ceux de Fessenheim produit en moyenne chaque mois l'équivalent de la consommation de 400.000 foyers, selon EDF.

- "Toit en tôle" -

Douze réacteurs supplémentaires, sur les 58 que compte la France aujourd'hui, doivent être arrêtés d'ici 2035, sans toutefois entraîner de fermeture de centrale complète comme à Fessenheim.

"Cette centrale est grabataire, cette centrale est dangereuse, ça fait longtemps qu'elle aurait dû fermer !", tempête le président de l'association Stop Fessenheim, André Hatz.

Pour autant, pas question de crier victoire samedi pour les anti-Fessenheim, qui se contenteront d'une conférence de presse avant, peut-être, un événement "plus festif" à l'arrêt du second réacteur.

"C'est juste un point d'étape, il y a encore plein de dangers liés à la fermeture: pendant au moins trois ans, le combustible nucléaire restera stocké dans les piscines de décontamination, qui sont non-bunkérisées et dont les toitures sont un simple toit en tôle", pointe M. Hatz.

L'évacuation des combustibles usés devrait en effet intervenir d'ici à l'été 2023, puis le démantèlement à proprement parler durer jusqu'à 2040 au plus tôt.

"Le fonctionnement des centrales de la même génération et de la même technologie que celle de Fessenheim a été prolongé d'au moins dix ans", s'agace Raphaël Schellenberger, qui préside une commission parlementaire de suivi de la fermeture de la centrale.

"Lorsque l'on considère comme défi prioritaire la lutte contre les dérèglements climatiques, il n'est pas concevable d'arrêter aujourd'hui deux réacteurs nucléaires en très bon état et de continuer à produire de l'électricité à base de charbon sur le sol français jusqu'en 2024, voire 2026", s'étrangle le député LR.

SOS Méditerranée secourt 98 migrants au large de la Libye

Mercredi, 19. Février 2020 - 10:00

L'Ocean Viking, navire de secours en mer, est venu en aide mardi en fin de journée à 98 personnes fuyant la Libye à bord d'une embarcation pneumatique dans des conditions météorologiques "dégradées", a annoncé mercredi l'ONG SOS Méditerranée.

Parmi les rescapés, originaires notamment du Nigeria, dont certains de la région du Biafra, d'Afrique de l'Ouest ou du Soudan, figurent une femme et 15 mineurs, dont 14 non accompagnés.

Au petit matin mardi, l'équipage du navire affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières avait déjà secouru 84 personnes dont 21 mineurs non accompagnés venant du Bangladesh, du Maroc et de la Somalie.

Depuis l'été 2018, succédant à l'Italie qui assurait auparavant ce rôle, les garde-côtes libyens sont chargés par l'Europe de coordonner les sauvetages dans une vaste "zone de recherche et de secours" dépassant leurs eaux territoriales. Une mission que la Libye, en guerre, est incapable de mener à bien, dénonce SOS Méditerranée.

La situation est "profondément préoccupante" en Libye, plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, avec de multiples violations du cessez-le-feu entré en vigueur en janvier et de l'embargo sur les armes, selon l'ONU.

Dans la nuit de mardi à mercredi, le Gouvernement d'union nationale (GNA) a annoncé la suspension de sa participation aux travaux d'une commission conjointe militaire à Genève, sous l'égide de l'ONU, à la suite de violations répétées de la trêve.

L'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, mène depuis avril 2019 une offensive contre Tripoli, où siège le GNA reconnu par l'ONU. Les affrontements ont causé la mort de plus de 1.000 personnes tandis que 140.000 ont été déplacées, selon l'ONU.

En 2019, l'Organisation internationale des migrations (OIM) a recensé 1.283 décès connus en Méditerranée, la route centrale entre l'Afrique du Nord et l'Italie étant la plus mortelle. Au moins 19.164 migrants auraient péri dans les flots au cours des cinq dernières années.

Retraites: l'Assemblée entame sous tension l'examen des milliers d'amendements

Mercredi, 19. Février 2020 - 8:00

Débuts poussifs et sous tension mardi pour l'examen à l'Assemblée des milliers d'amendements au projet de réforme des retraites: les oppositions ont multiplié les critiques et batailles de procédure face une majorité "consternée" continuant de plaider pour un "vrai débat".

Après des premiers échanges parfois chahutés la veille sur ce projet visant à créer un système "universel" de retraites par points, les rappels au règlement, suspensions ou encore demandes de vote électronique et de quorum se sont enchaînés, émaillés d'invectives.

La tension était montée dans l'après-midi avant même d'étudier le premier des quelque 41.000 amendements.

Les communistes, très remontés contre un "projet de régression sociale", ont reproché aux "marcheurs" d'"insulter la mémoire" de leur famille politique en se réclamant d'Ambroise Croizat - l'un des pères fondateurs de la Sécurité sociale en 1945 - ou de l'ex-secrétaire général du parti Maurice Thorez. "Vous êtes +en même temps+, vous auriez été beau dans la Résistance, vous auriez été +en même temps quoi ?+", a lancé le numéro un du parti Fabien Roussel, suscitant l'indignation de la majorité.

Les oppositions de droite comme de gauche ont jugé "vain et inutile" (Eric Woerth, LR) de débattre, en raison de la tenue au même moment de la "conférence de financement" des partenaires sociaux, chargés de trouver d'ici à avril des solutions pour ramener à l'équilibre le système de retraite d'ici à 2027. Mais sans avancées notables mardi.

"Vous êtes incroyablement prévisibles" et il y a un "désir que ce débat n'ait pas lieu", a rétorqué le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre, qui a prévenu que les oppositions "ne rentrer(aient) pas dans la majorité comme dans un saloon !".

Sans atteindre - à ce stade - la paralysie de juillet 2018 lors de l'examen du projet de révision constitutionnelle, victime collatérale de l'affaire Benalla, il y avait de l'électricité dans l'air tout au long de la soirée. A plusieurs reprises, le président Richard Ferrand (LREM) au perchoir a dû appeler au calme.

Récusant le caractère "universel" de la réforme, les oppositions ont notamment proposé dans les premiers amendements de changer le terme pour "inéquitable" ou de le supprimer.

Leurs attaques ont aussi porté sur l'idée que la réforme créé "un régime spécial, celui des hyper riches" comme l'a affirmé Boris Vallaud (PS), pour qui la majorité porte ce "stigmate" depuis le début du quinquennat et n'arrête pas de "rembourser ses bookmakers", autant d'attaques récusées par LREM.

"Chers collègues de la majorité, vous m'inquiétez, vous êtes pris dans une idéologie qui vous provoque des crampes mentales", a aussi lancé le communiste André Chassaigne, tandis que l'insoumis Alexis Corbière (LFI) les a taxés d'être "illégitimes", suscitant à nouveau une bronca.

- "Combat de coq" -

"Ce combat de coq avant qu'on arrive au coeur du projet me consterne un peu", leur a lancé Bruno Millienne (MoDem). "Laissez cette Assemblée travailler !", a-t-il tonné.

"On peut avoir une forme de colère quand on voit retourner contre la démocratie des moyens dilatoires", a renchéri la "marcheuse" Aurore Bergé, estimant que les Français "attendent mieux que des heures de débat sur le titre du projet de loi"

D'autres se sont dits "blindés" face à l'obstruction et ont demandé à l'opposition si elle avait "peur" de débattre, le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski déplorant aussi leurs "refus de débattre sur le fond".

Dans l'espoir que le calendrier puisse tenir, les députés siègeront jusqu'au 6 mars avec des travaux ce week-end. Richard Ferrand (LREM) a posé des règles pour l'organisation des débats, avec notamment un seul orateur par groupe sur les amendements identiques, ce contre quoi s'est élevée en particulier la gauche de la gauche.

La question de l'utilisation du "49-3", arme de la Constitution qui permet au gouvernement d'abréger les débats et de faire adopter un projet de loi sans vote, reste posée, même si Laurent Pietraszewski a encore insisté mardi sur une volonté de "débattre, enrichir le texte" et "aboutir".

La majorité table toujours sur une adoption en première lecture avant les municipales des 15 et 22 mars, et sur un feu vert définitif "d'ici l'été".

Les députés n'avaient étudié mardi qu'une centaine d'amendements, tous rejetés.

Début de la fin pour la centrale de Fessenheim samedi, après des années de remous

Mercredi, 19. Février 2020 - 3:00

Après des années de débat qui ont fait de sa fermeture un serpent de mer de la vie politique française, le réacteur N°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim doit être définitivement arrêté samedi, première étape sur le long chemin du démantèlement.

Mise en service en 1977, la doyenne des centrales françaises en activité aura connu six présidents de la République, de Valéry Giscard d'Estaing à Emmanuel Macron, en passant par François Hollande, qui scella son sort en promettant sa fermeture dès 2011, mais aussi des grèves de la faim et d'innombrables manifestations d'opposants.

Près d'une décennie après la promesse de François Hollande, le réacteur n°1 de la centrale alsacienne doit être mis à l'arrêt à 02H30 du matin samedi, avant le n°2 le 30 juin. Ces dates ont été entérinées mercredi, avec la parution au Journal officiel d'un décret qui "abroge l'autorisation d'exploiter la centrale nucléaire de Fessenheim dont EDF est titulaire". Une "première étape dans la stratégie énergétique de la France", a salué Matignon.

L'arrêt en douceur du réacteur de 900 mégawatts (MW) à eau pressurisée commencera à 20H30 vendredi, selon une procédure identique à celle utilisée lors des phases de maintenance.

La pression et la température, qui atteignent 306,5°C et 155 bars à pleine puissance, baisseront progressivement dans le circuit primaire du réacteur et, "lorsque le réacteur atteindra 8% de sa puissance, il sera découplé, c'est-à-dire déconnecté du réseau électrique national", explique EDF.

Enjeu de la négociation entre les Verts et le PS pour la présidentielle de 2012, la fermeture de Fessenheim avait été annoncée après l'élection du président socialiste pour fin 2016. Puis elle avait été liée à la mise en service de l'EPR de Flamanville et repoussée à 2018, mais c'est à Emmanuel Macron qu'il revint finalement d'annoncer son arrêt définitif en 2020.

- "Grabataire" -

Bâtie à la frontière entre la France et l'Allemagne, non loin de la Suisse, la centrale est devenue le symbole de tous les dangers de l'atome pour les anti-nucléaire des trois pays, qui n'ont cessé de pointer, outre le vieillissement qui complexifierait le remplacement de certaines pièces, une situation en contrebas du grand canal d'Alsace et dans une région à la sismicité avérée. Des critiques qui se sont intensifiées après la catastrophe de Fukushima, en mars 2011 au Japon.

Des voix dénoncent à l'inverse l'absurdité de se priver de cette source d'énergie décarbonée quand le réchauffement climatique fait des ravages et alors que la France s'est fixé pour horizon la neutralité carbone en 2050.

Dans un paysage français où les centrales nucléaires assurent 70% de la production d'énergie - de loin la plus forte proportion au monde, avec le deuxième plus important parc nucléaire au monde derrière les Etats-Unis - un réacteur comme ceux de Fessenheim produit en moyenne chaque mois l'équivalent de la consommation de 400.000 foyers, selon EDF.

Douze réacteurs supplémentaires, sur les 58 que compte la France aujourd'hui, doivent être arrêtés d'ici 2035, sans toutefois entraîner de fermeture de centrale complète comme à Fessenheim.

"Cette centrale est grabataire, cette centrale est dangereuse, ça fait longtemps qu'elle aurait dû fermer !", tempête le président de l'association Stop Fessenheim, André Hatz.

Pour autant, pas question de crier victoire samedi pour les anti-Fessenheim, qui se contenteront d'une conférence de presse avant, peut-être, un événement "plus festif" à l'arrêt du second réacteur.

"C'est juste un point d'étape, il y a encore plein de dangers liés à la fermeture: pendant au moins trois ans, le combustible nucléaire restera stocké dans les piscines de décontamination, qui sont non-bunkérisées et dont les toitures sont un simple toit en tôle", pointe M. Hatz.

- "Réacteurs en très bon état" -

L'évacuation des combustibles usés devrait en effet intervenir d'ici à l'été 2023, puis le démantèlement à proprement parler durer jusqu'à 2040 au plus tôt.

"Le fonctionnement des centrales de la même génération et de la même technologie que celle de Fessenheim a été prolongé d'au moins dix ans", s'agace Raphaël Schellenberger, qui préside une commission parlementaire de suivi de la fermeture de la centrale.

"Lorsque l'on considère comme défi prioritaire la lutte contre les dérèglements climatiques, il n'est pas concevable d'arrêter aujourd'hui deux réacteurs nucléaires en très bon état et de continuer à produire de l'électricité à base de charbon sur le sol français jusqu'en 2024, voire 2026" s'étrangle le député LR.

Les élus locaux, eux, s'inquiètent surtout du trou d'air occasionné par l'arrêt de la centrale, implantée dans l'une des sous-régions les plus pauvres et les moins bien dotées sur le plan industriel d'Alsace, et qui génère quelque 2.000 emplois.

Ils se rendront au pied de la centrale samedi pour dénoncer un Etat incapable d'assurer la transition du territoire et lancer un SOS au président de la République.

Piotr Pavlenski, l'artiste russe controversé tombeur de Griveaux

Mardi, 18. Février 2020 - 20:00

Piotr Pavlenski, diffuseur de la vidéo qui a fait chuter l'ex-candidat à la mairie de Paris Benjamin Griveaux, est un artiste contestataire connu pour ses "performances" choc à connotation politique, réfugié en France après avoir fui la Russie.

Crâne rasé, joues creusées, Piotr Pavlenski, 35 ans, dit pratiquer "l'art politique" contre "l'individu réduit à l'état de bétail par l'Etat, la propagande et les instruments du pouvoir".

C'est donc par la politique qu'il est entré ce mois-ci avec fracas dans l'actualité française, mettant en ligne les vidéos à caractère sexuel qui ont dynamité les municipales parisiennes et entraîné vendredi le retrait de la candidature de Benjamin Griveaux, l'un des lieutenants d'Emmanuel Macron.

Ces vidéos étaient au départ destinées à sa compagne de 29 ans, Alexandra de Taddeo, mise en examen dans l'information judiciaire ouverte mardi et qui a nié toute implication dans leur diffusion.

M. Pavlenski, lui, revendique leur publication, afin de "dénoncer l'hypocrisie dégoûtante" du candidat LREM, qui "a utilisé sa famille en se présentant en icône pour tous les pères et maris de Paris".

Diplômé de l'Académie d'art et d'industrie de Saint-Pétersbourg et père de deux enfants, il vit avec peu de ressources et squattant régulièrement de nouvelles maisons vides dans le quartier de la Mouzaïa à Paris.

"C'est pas quelqu'un de très engageant, il est toujours habillé tout en noir, et puis avec ses frasques, ça nous effraie un peu", raconte Aline, une voisine qui l'a vu encore récemment dans le quartier.

L'activiste a déjà eu affaire à la justice française quand il avait incendié en octobre 2017, la façade d'une succursale de la Banque de France sise place de la Bastille, un contre-sens historique selon lui.

Après un procès agité en janvier 2019 qu'il avait utilisé comme une tribune pour proclamer "vive les +gilets jaunes!", il avait été à trois ans de prison dont un ferme.

- Lèvres cousues et testicules cloués -

Piotr Pavlenski n'a pas attendu d'être en France pour commencer ses coups d'éclats.

Sa première vie russe a été émaillée de "performances" choc virant souvent à l'auto-mutilation : peau des testicules clouée sur les pavés de la place Rouge, bout d'oreille coupé ou lèvres cousues en soutien au groupe contestataire Pussy Riot.

En novembre 2015, déjà, il incendie l'une des portes de la Loubianka, le siège historique des services de sécurité russes en plein coeur de Moscou.

Après sept mois de détention provisoire, il est condamné à une simple amende dans une décision d'une rare clémence pour la justice russe.

Si certains militants de l'opposition russe ont défendu ses actions coup de poing et ses prises de position comme une forme d'art engagé, d'autres comme l'écrivaine et défenseure réputée des droits humains Lioudmila Alexeïeva ont condamné des actes "idiots".

Affirmant vouloir échapper à "dix ans de camp" alors qu'il était accusé de "violences à caractère sexuel" qu'il conteste sur une actrice d'un théâtre moscovite, Piotr Pavlenski obtient, avec sa compagne d'alors Oksana Chalyguina, l'asile en France en mai 2017 après avoir fui la Russie.

Une faveur qu'il estimait sans conditions : "On ne m'a pas accordé (l'asile) à condition que je cesse l'art politique", a-t-il précisé lors de son procès de janvier 2019.

Pourquoi avoir choisi la France, lui qui ne parlait alors pas français (ni anglais) ? "C'est l'Alma mater de la Révolution russe", s'enflammait-il. L'artiste se dit désormais "Français et parisien", concerné par la politique française.

Michel Eltchaninoff, rédacteur en chef à Philosophie Magazine et bon connaisseur de Piotr Pavlenski, a confié à franceinfo que l'artiste avait "totalement changé".

Selon lui, "il y a quelques années, Piotr Pavlenski dénonçait les pratiques du FSB, les services secrets russes et aujourd'hui, il utilise leurs pratiques, c'est-à-dire la fabrique d'un +Kompromat+, un matériau compromettant, et le diffuse" pour faire tomber M. Griveaux.

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Gynécologue d'Arras accusé de viol: deux plaignantes demandent une audition au juge

Mardi, 18. Février 2020 - 20:00

Plus de 60 victimes potentielles, une vingtaine de plaintes déposées... Deux femmes qui accusent un ex-gynécologue d'Arras de viol et d'agression sexuelle demandent une audition au juge d'instruction, "souffrant", selon leur avocat, de ne pas avoir été entendues depuis l'ouverture de l'information judiciaire en 2015.

Angélique, 38 ans, avait déposé plainte en 2014, quelques jours après une consultation "de rééducation post-accouchement", lors de laquelle elle dit avoir "senti le souffle, puis la langue" du médecin sur son vagin, a expliqué à l'AFP son avocat Me Loïc Bussy. Sa soeur, A., 33 ans, avait elle porté plainte "quelques mois plus tard", elle aussi pour "viol et agression sexuelle".

L'enquête menée par la brigade de recherches de la gendarmerie d'Arras, sous la direction du parquet de Béthune, a depuis permis d'identifier "62 potentielles victimes", parmi lesquelles "une vingtaine ont déposé plainte", selon une source proche du dossier. Les plaignantes dénoncent notamment des attouchements déplacés avec la main et un appareil de gynécologie dans le cadre de consultations de rééducation du périnée.

Pour retrouver ces femmes, les enquêteurs avaient exploité la liste des patientes du gynécologue, adressant ainsi un questionnaire à environ 2.000 personnes. "Les investigations ont été clôturées fin 2018" mais, depuis, "une bataille d'expertises et de contre-expertises se joue", a confié à l'AFP une source proche du dossier.

Depuis 2015, Angélique et sa soeur "attendent d'être entendues par la justice. Nous savons que ce dossier est complexe au vu du nombre de plaignantes, que les juges d'instruction sont débordés mais, dans des dossiers aussi douloureux, cinq ans d'attente, c'est trop long. Angélique a le sentiment de ne pas être prise au sérieux", déplore Me Bussy, qui "ne peut pas avoir accès au dossier" tant que l'audition n'a pas lieu.

"Traumatisée", Angélique avait démissionné de son emploi peu après les faits, ne souhaitant plus se rendre à Arras ni consulter le moindre gynécologue. Atteinte d'endométriose et en l'absence de suivi, "elle a dû un jour être hospitalisée" en urgence et se faire retirer "l'intégralité de son appareil génital", selon l'avocat. Avant l'affaire, "elle consultait ce médecin de manière régulière depuis plusieurs années et lui faisait entièrement confiance".

- "Procès médiatique honteux" -

"Mon client est innocent. Il conteste les faits" et n'a "pratiqué aucun geste" contraire à la pratique médicale usuelle, a réagi auprès de l'AFP Me Frank Berton, avocat du mis en cause, appelant au respect de la "présomption d'innocence".

L'avocat dénonce un "procès médiatique honteux", dans un dossier "bien plus compliqué que ne veut le présenter" un confrère "qui n'y a pour l'instant pas accès". Et si le médecin a été privé en 2015 du droit d'exercer la gynécologie, "il n'a pas interdiction de pratiquer la médecine. Si c'était un violeur en série, la justice y aurait mis un terme", estime Me Berton.

"La méthode d'enquête est très particulière, on a envoyé des questionnaires très orientés à des centaines de patients", a encore jugé l'avocat du médecin.

"Dans cette affaire, on est vraiment dans des délais anormaux", regrette de son côté Me Alain Reinsenthel, dont la cliente, aujourd'hui quadragénaire, a porté plainte pour agression sexuelle en août 2016 puis s'est constituée partie civile en 2018. "Toujours pas été entendue non plus", elle dénonce "plusieurs séances de rééducation post-accouchement" et même "pré-accouchement" anormales.

"La loi prévoit qu'il puisse y avoir un collège de deux ou trois juges dans des dossiers aussi lourds (...) mais la justice n'a pas les moyens de ses ambitions (...) Les juges passent leur temps à gérer des urgences, comme les crimes pour lesquels les suspects sont en détention provisoire...", a-t-il regretté auprès de l'AFP.

Me Antoine Vaast défend lui quatre plaignantes, dont l'une a récemment été entendue par le juge "dans la mesure où elle n'allait pas bien". Les autres "commencent à trouver le temps long...", a-t-il déclaré à l'AFP.

Contacté par l'AFP, le parquet de Béthune n'a pas souhaité s'exprimer sur cette affaire.

Affaire Griveaux: Alexandra de Taddeo mise en examen et placée sous contrôle judiciaire

Mardi, 18. Février 2020 - 18:00

Alexandra de Taddeo, compagne de l'artiste russe Piotr Pavlenski qui a diffusé les images fatales à la candidature aux municipales à Paris de Benjamin Griveaux, a été mise en examen mardi et placée sous contrôle judiciaire, a-t-on appris auprès de sources concordantes.

Mme Taddeo, destinataire des images à caractère sexuel de Benjamin Griveaux, a été mise en examen pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "diffusion sans l'accord de la personne d'un enregistrement portant sur des paroles ou images à caractère sexuel et obtenues avec son consentement ou par elle-même" dans l'information judiciaire ouverte le jour-même, a indiqué une source judiciaire.

"Elle est la destinataire, elle le reconnaît sans objection, c'est bien elle. Elle les a gardées, pas pour les diffuser sur un site internet, elle les a gardées pour les garder", a déclaré son avocate Noémie Saidi-Cottier qui a précisé que la jeune femme a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction d'entrer en contact avec son compagnon, M. Pavlenski.

"Sa position est claire, elle n'est pas à l'initiative de la diffusion des images, elle conteste son implication dans la diffusion des images. Pour le reste, elle apporte son soutien total à son petit ami", a expliqué l'avocate.

Cette dernière a décrit Mme Taddeo comme "extrêmement fatiguée" et "un peu à bout", après près de 48 heures de garde à vue et une nuit supplémentaire au dépôt du tribunal de Paris, avant d'être interrogée par la juge d'instruction en charge de l'information judiciaire.

Cela explique, d'après son avocate, elle n'ait "pas fait de déclarations" à la juge ce mardi, même si "elle a coopéré au cours de la garde à vue, tout le long, elle a donné les codes de son téléphone, elle a répondu à chacune des questions".

Alexandra de Taddeo, qui n'est pas apparue devant la presse mardi, "parlera aux médias quand elle s'en sentira le courage", a ajouté son avocate.

Piotr Pavlenski devait être également interrogé mardi par la juge d'instruction dans cette affaire.

Il est visé par une autre information judiciaire ayant trait à des violences commises avec arme le 31 décembre, pour lesquelles le parquet a annoncé avoir requis son placement en détention provisoire.

Chirurgien pédophile: un psychiatre avait donné l'alerte en 2006

Mardi, 18. Février 2020 - 17:00

Un psychiatre de l'hôpital de Quimperlé avait alerté dès 2006 sur la "dangerosité" de Joël Le Scouarnec, le "chirurgien de Jonzac" suspecté de viols et agressions sexuelles sur des patients mineurs durant près de 30 ans de carrière.

"Je me demande comment j'aurais pu être plus convaincant sur ce que je percevais de la dangerosité de Le Scouarnec", a déclaré à l'AFP le docteur Thierry Bonvalot, confirmant une information de franceinfo et la cellule investigation de Radio France. "C'est un souvenir qui m'a accompagné pendant des années", a-t-il ajouté.

En 2006, ce psychiatre, alors président de la commission médicale d'établissement de l’hôpital de Quimperlé (Finistère), avait appris la condamnation de M. Le Scouarnec pour détention d'images à caractère pédopornographique "par quelqu'un de proche du dossier".

Quelques mois plus tard, M. Le Scouarnec "avait tenu des propos complètement déconnants" quand il avait défendu un radiologue visé par des plaintes de patientes, selon M. Bonvalot. "Cela m'a fait penser que cette personne était un type pervers", a-t-il expliqué.

Puis, le médecin "avait filé à l'anglaise sans voir la famille" après un "problème avec un enfant qu'il a opéré", a décrit le Dr Bonvalot.

Le psychiatre dit alors avoir fait part de ses craintes au directeur de l'hôpital. "J'ai mis par écrit ce qui était possible sans que je me retrouve moi-même au tribunal pour diffamation", a-t-il indiqué.

Dans un courrier au directeur, daté du 14 juin 2006 et publié par franceinfo, le Dr Bonvalot dit s'interroger "quant à la capacité du Dr Le Scouarnec à conserver toute sa sérénité lorsqu'il intervient auprès de jeunes patients".

"Le directeur ne m'a pas informé des suites qu'il donnait à ce signalement", a précisé M. Bonvalot.

Il dit en avoir ensuite parlé à Daniel Le Bras, à l’époque maire de Quimperlé et anesthésiste à l’hôpital, qui lui aurait assuré que M. Le Scouarnec serait accompagné lors des consultations de patients mineurs. "Une mesure ni possible ni suffisante", selon le Dr Bonvalot.

"Je n’étais pas au courant qu’il y avait un problème", a de son côté affirmé mardi Daniel Le Bras dans le quotidien breton Le Télégramme, se disant "très occupé à l’époque".

Interrogée, la direction de l'hôpital n'a pas souhaité faire de commentaires. L'Ordre des médecins du Finistère et le parquet de Lorient n'ont pas donné suite.

Soupçonné de centaines d'abus sexuels sur mineurs pendant 30 ans de carrière, Joël Le Scouarnec, 69 ans, doit comparaître les 13, 16 et 17 mars devant la cour d'assises de la Charente-Maritime à Saintes dans un premier volet.

Une seconde procédure est en cours à Lorient. A ce jour, les enquêteurs ont identifié 349 autres victimes potentielles du chirurgien dont 246 avaient porté plainte au 11 février, selon le parquet.

L'enquête porte également sur les informations dont sa hiérarchie et les autorités administratives pouvaient disposer après sa condamnation par le tribunal correctionnel en novembre 2005.

Le Dr Bonvalot a précisé avoir été convoqué "il y a quelques mois" à la gendarmerie pour apporter son témoignage dans cette affaire.

Gynécologue d'Arras accusé depuis 2014 de viol: deux plaignantes demandent une audition au juge

Mardi, 18. Février 2020 - 17:00

L'avocat de deux trentenaires, qui accusent comme une vingtaine d'autres femmes un ex-gynécologue d'Arras de viol et d'agression sexuelle, a adressé mardi une "demande d'audition" au juge d'instruction, ses clientes "souffrant de ne pas avoir été entendues" depuis l'ouverture d'une information judiciaire en 2015.

Angélique, 38 ans avait déposé plainte en 2014, quelques jours après une consultation "de rééducation post-accouchement", lors de laquelle elle dit avoir "senti le souffle puis la langue" du médecin sur son vagin, a expliqué à l'AFP son avocat Me Loïc Bussy, confirmant une information du Journal du Dimanche. Sa soeur, A., 33 ans, avait porté plainte "quelques mois plus tard", elle aussi pour "viol et agression sexuelle".

L'enquête menée par la brigade de recherches de la gendarmerie d'Arras, sous la direction du parquet de Béthune a depuis permis d'identifier "62 potentielles victimes", parmi lesquelles "une vingtaine ont déposé plainte", selon une source proche du dossier, dénonçant notamment des attouchements déplacés avec la main et un appareil de gynécologie dans le cadre de consultations de rééducation du périnée.

Les enquêteurs avaient exploité la liste des patientes du gynécologue, adressant ainsi un questionnaire à environ 2.000 femmes. "Les investigations ont été clôturées le fin 2018" mais depuis, "une bataille d'expertises et de contre-expertises se joue", a confié à l'AFP une source proche du dossier.

Depuis 2015, "mes clientes attendent d'être entendues par la justice. Nous savons que ce dossier est complexe au vu du nombre de plaignantes, que les juges d'instruction sont débordés car ils n'ont pas suffisamment de moyens mais, dans des dossiers aussi douloureux, cinq ans d'attente, c'est trop long. Angélique a le sentiment de ne pas être prise au sérieux", déplore Me Bussy.

"Traumatisée", la jeune femme avait démissionné de son emploi peu après les faits, ne souhaitant plus se rendre à Arras ni consulter le moindre gynécologue. Atteinte d'endométriose et en l'absence de suivi, "elle a dû un jour être hospitalisée" en urgence, se voyant retirer "l'intégralité de son appareil génital", selon l'avocat.

Au moment des faits, "elle consultait ce médecin de manière régulière depuis plusieurs années et lui faisait entièrement confiance".

"L'audition des deux femmes par le juge me permettrait aussi d'avoir enfin accès au dossier d'instruction", a-t-il conclu.

Contacté par l'AFP, le parquet de Béthune n'a pas souhaité s'exprimer. L'avocat du médecin, Me Frank Berton, n'était lui pas joignable dans l'immédiat.

Privé de son titre de gynécologue, le médecin, qui a toujours contesté ces accusations, exerce toujours à Arras en tant qu'endocrinologue.

Avec SignalConso, la Répression des fraudes veut "se rapprocher" du consommateur

Mardi, 18. Février 2020 - 14:00

Vous voyez une souris dans un restaurant, découvrez un yaourt périmé sur un étal de supermarché, estimez avoir subi une arnaque dans un commerce ? La Répression des fraudes invite à signaler ces problèmes via un nouveau site, SignalConso.

Officiellement lancé mardi au niveau national, SignalConso () était expérimenté depuis 2019 dans trois Régions : en Centre-Val-de-Loire, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie.

Il se veut "simple et intuitif", a assuré la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, au cours d'une conférence de presse.

L'interface, accessible sur smartphone, aiguille pas à pas la personne en fonction du secteur d'activité, des catégories de signalements récurrents et redirige vers d'autres services si la plainte n'entre pas dans les domaines d'intervention de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Il est possible de prendre une photo directement avec son portable pour l'appuyer.

Les réclamations ont jusqu'ici principalement concerné "des problèmes de prix, d'hygiène et de produits périmés et des litiges contractuels", a expliqué la secrétaire d'Etat, qui a estimé que l'outil pouvait aussi servir de "médiation" entre le consommateur et l'entreprise, tout en le "rapprochant" de l'administration.

Le consommateur fournit une adresse électronique pour être tenu au courant de la suite donnée à sa plainte. L'entreprise concernée est avertie et peut accepter la réclamation ou la réfuter.

Elle peut répondre directement au consommateur qui l'incrimine sur les mesures qui sont prises et la DGCCRF a accès aux échanges.

"SignalConso nous permet aussi un pré-ciblage pour nos contrôles", a commenté Virginie Beaumeunier, directrice générale de la DGCCRF. "On évite d'aller contrôler une entreprise qui réagit rapidement vis-à-vis de ses clients", a renchéri Agnès Pannier-Runacher.

En Centre-Val-de-Loire, 326 signalements ont été recensés via la plateforme, a indiqué Fabienne Bibet, directrice régionale adjointe de l'antenne locale de la Répression des fraudes.

"Deux tiers des entreprises concernées ont accepté de lire la plainte et 50% des entreprises ont appliqué une mesure corrective", a-t-elle ajouté, alors que la direction régionale est saisie "environ 2.000 fois par an", sur la consommation, pour des plaintes ou des questions.

SignalConso sera encore "enrichi" dans "les prochains mois", notamment pour prendre en compte le commerce sur internet, a précisé la secrétaire d'Etat.

signal.conso.gouv.fr

Coronavirus: plus que quatre patients hospitalisés en France

Mardi, 18. Février 2020 - 14:00

Sur les douze cas confirmés d'infection par le nouveau coronavirus en France, seules quatre personnes restaient hospitalisées mardi, a indiqué le ministre de la Santé Olivier Véran lors d'un point presse.

"Aujourd'hui, sur les douze personnes initialement hospitalisées en France, il en reste quatre à l’hôpital encore positives au virus. Trois personnes hospitalisées à Lyon et une personne hospitalisée à Saint-Etienne", a précisé le ministre à l'issue d'une rencontre avec les représentants des personnels hospitaliers et des médecins libéraux.

Il s'agit de quatre des six Britanniques contaminés fin janvier par un compatriote de retour de Singapour à l'occasion d'un séjour dans un chalet aux Contamines-Montjoie, dans les Alpes.

La ressortissante chinoise, fille du touriste de 80 ans décédé vendredi soir, est "guérie et ne présente plus aucun signe de virus", a-t-il ajouté, précisant que son rapatriement en Chine était en train d'être organisé.

Un troisième cas positif a en revanche été diagnostiqué parmi les quatre ressortissants français à bord du paquebot Diamond Princess, en quarantaine au Japon. "Son état de santé n'est pas inquiétant", a précisé Olivier Véran, nommé dimanche soir ministre en remplacement d'Agnès Buzyn.

Le passager "qui ne réside pas en France métropolitaine" n'a pas pour l'instant fait de demande de rapatriement.

Les trois autres passagers français, dont l'un de 80 ans, sont hospitalisés au Japon.

Paul Lay, pianiste de jazz chercheur et inventeur

Mardi, 18. Février 2020 - 14:00

Le pianiste Paul Lay a trouvé dès l'âge de dix ans son terrain de jeu idéal: le jazz. Il en explore aujourd'hui toutes les strates, jusqu'à sa genèse, illuminant les mélodies dont

"C'est un musicien extrêmement polyvalent, qui a la capacité de jouer dans des styles très différents et qui sait trouver le chemin de la musique dans chaque style", dit de lui Laurent De Wilde, pianiste et producteur, qui a dirigé l'enregistrement de trois disques où joue Paul Lay: deux comme "sideman" (accompagnateur) dans le quartette de la saxophoniste Géraldine Laurent et son album en duo avec le trompettiste Eric Le Lann.

"Peu importe le matériau, l'essentiel est de savoir de quoi on parle", affirme Paul Lay, dont le champ d'investigation va du jazz contemporain aux chants populaires de la Guerre de Sécession. "Dans mon esthétique, il y a un respect de la tradition, et en même temps j'adore les bifurcations".

Ces "bifurcations", ce Béarnais de 35 ans les emprunte depuis l'enfance.

"Je ne pouvais pas m'empêcher dans mes cours de piano classique de changer les notes et remodeler la partition", se souvient-il.

Didier Datcharry, "un super prof" qui animait l'atelier jazz à l'école de musique d'Orthez, l'aiguille, alors qu'il n'a que dix ans, vers le jazz. Avec beaucoup de travail, Paul Lay parviendra à ses fins: après une très solide formation classique acquise au Conservatoire de Toulouse dans ses années de lycée, Paul Lay, bac en poche, met le cap sur Paris et la classe jazz et improvisation du Conservatoire national supérieur de Paris.

Depuis une quinzaine d'années, ce musicien animé d'une grande soif d'apprendre s'est construit une carrière et une réputation qui lui ont valu le Prix Django-Reinhardt du meilleur musicien français 2015.

Et cette année encore, l'agenda du trentenaire à l'allure juvénile, mèches brunes sur le front et barbe de trois jours, est bien rempli.

- Gymnastique et "grands écarts" -

Il jongle entre son trio "Deep Rivers" (où il se penche au chevet des chants blues, folk et gospel de la fin du XIXe et du début du XXe siècle américains), le duo avec Eric Le Lann au service de la musique de Louis Armstrong, le quartette plutôt hard-bop de Géraldine Laurent, le quintette des frères Moutin résolument jazz contemporain, ses récitals, ses créations, autour de la musique de Beethoven par exemple...

Les changements d'esthétiques et les "grands écarts dans le temps" n'effraient pas un musicien qui cite parmi ses pianistes préférés aussi bien Duke Ellington que Cecil Taylor, un pionnier du free jazz.

"Dans son album avec Eric Le Lann, il a réussi ce tour de force de jouer dans un style très ancien et en même temps hyper moderne, hyper aventureux", confie Laurent de Wilde.

Cette gymnastique n'est possible que grâce à une immense technique, beaucoup de travail, une solide culture musicale. Mais aussi un enthousiasme enfantin inaltérable.

"Mon mantra, inspiré par une phrase de Picasso, est d'essayer de m'exprimer avec le sérieux d'un enfant qui joue", dit-il. "Quand je suis sur scène, je suis sérieux, évidemment, (...) il y a une partie architecturale, de contrôle, mais en même temps ça n'est que du jeu".

Qu'il soit sideman ou leader, Paul Lay aime aussi faire briller l'autre. Dans son trio "Deep Rivers", par exemple, l'étonnante chanteuse suédoise Isabel Sörling lui vole parfois la vedette.

"Il aime bien jouer au ping pong musical avec ses collaborateurs", confirme Laurent de Wilde.

Géraldine Laurent renchérit: "Il sait très bien accompagner, il sait quand il faut relancer, ne pas relancer, il est très à l'écoute, et réellement au service de la musique et des musiciens".

/ao

A Marseille, l'état des écoles au coeur de la campagne municipale

Mardi, 18. Février 2020 - 14:00

Des enfants dans des préfabriqués depuis des années, des toilettes ouvertes aux quatre vents, un état sanitaire déplorable: l'école primaire Ruffi est devenue le symbole du délabrement de certains établissements scolaires à Marseille, dénoncé à l'unisson par tous les candidats aux municipales.

"On met nos enfants dans des containers depuis 17 ans !", peste Sandrine Desmaris, une mère d'élèves, énumérant "les cours par 40°C en été, 15°C en hiver", "les toilettes à l'extérieur où on attrape froid", "les punaises de lit dans les dortoirs"...

En 2015, un plafond de cette école construite pour absorber temporairement le "trop-plein" d'élèves du quartier, s'effondre. Dans la foulée, la décrépitude des écoles marseillaises commence à faire régulièrement la une de la presse.

La municipalité promet alors la construction d'une école Ruffi, au coeur du nouveau quartier Euroméditerranée. Mais à la rentrée 2019, c'est la claque: la carte scolaire exclut du nouvel établissement la majorité des enfants scolarisés dans les préfabriqués.

Le dossier des écoles - 470 à Marseille - a poursuivi Jean-Claude Gaudin, maire LR depuis 25 ans, jusqu'à la toute fin de son mandat: pour son dernier conseil municipal, il a été accueilli par un concert de casseroles d'une cinquantaine de militants du Collectif des écoles marseillaises.

Et à quelques semaines des élections, à des degrés variables, tous les candidats à sa succession blâment son bilan dans ce domaine. Lui y voit du "Marseille +bashing+": "L'état de nos écoles a fait l'objet des qualificatifs les plus extrêmes mais aussi les plus injustes à mes yeux".

Même parmi ceux qui ont été élus dans sa majorité pendant des années, les mots sont durs.

Son idée - enterrée par la justice - d'avoir recours à un partenariat public privé pour construire ou rénover une quarantaine d'écoles ? "Une aberration", fustige Bruno Gilles, ex-dauphin pressenti du maire sortant, devenu candidat dissident de Martine Vassal, investie par LR.

- "On a perdu des années !" -

Cette dernière reconnaît elle-même dans son programme que "tout reste à faire" pour les écoles marseillaises. La présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole veut planter des arbres, rénover les toilettes, "redonner le goût des aliments" aux enfants en abandonnant la cuisine centrale au profit de plusieurs cuisines plus proches des écoles ou "garantir le pavoisement" du drapeau français dans les classes.

Mais Mme Vassal milite aussi pour le lancement d'un nouvel audit "sans concession", alors que la municipalité vient de recevoir les résultats d'une étude similaire dont il n'a pas publié les résultats complets mais une synthèse.

Les autres candidats à la succession de Jean-Claude Gaudin ne sont pas en reste, leurs critiques sont dures et les propositions affluent.

Ex-PS, Samia Ghali décrit "les rats, les trous des balles de Kalachnikov dans les murs et les seaux pour récupérer la pluie" et promet, entre autres, un "audit indépendant".

Le sénateur RN Stéphane Ravier, lui, estime à 600 millions d'euros la somme nécessaire "rien que pour raser la trentaine d'écoles de type +Pailleron+" de la ville, appelant à faire appel au soutien de la métropole, de l'Etat et du département, et à "transférer l'entretien des écoles aux mairies de secteur".

"Il faut faire de notre retard une force", positive de son côté Cathy Racon-Bouzon, députée LREM et candidate sur les listes d'Yvon Berland, et "construire l'école de demain avec des innovations thermiques, des classes modulables".

Du côté du Printemps marseillais, qui rassemble la plupart des partis de gauche et qui est mené par Michèle Rubirola, le programme promet entre autres un plan de rénovation des écoles d'un milliard d'euros et la végétalisation des cours.

Chez les écologistes, on s'inquiète de la pollution des sols, mais aussi d'un "problème majeur d'encadrement" dû au "manque de personnel", pointe Annie Levy-Mozziconacci, deuxième sur la liste de Sébastien Barles (EELV).

Mais côté parents d'élèves, on déplore surtout "l'absence de dialogue entre enseignants, mairie et parents d'élèves": aucun candidat ne propose "des pratiques collaboratives comme à Lyon ou Nantes", regrette Séverine Gil, présidente du Mouvement des parents d'élèves (MPE) dans les Bouches-du-Rhône

Et, surtout, Mme Gil appelle à l'action, plutôt qu'à la rédaction de nouveaux rapports: "On a perdu des années et des millions déjà dans des audits!".

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