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Coronavirus: Bercy réunit vendredi les acteurs économiques pour évaluer l'impact

Jeudi, 20. Février 2020 - 12:00

Le ministère de l'Economie et des Finances réunira vendredi matin les représentants des entreprises et des différents secteurs économiques afin de faire le point sur l'impact de l'épidémie de coronavirus, a-t-il annoncé jeudi.

Cette réunion au format "très large" rassemblera, autour du ministre Bruno Le Maire et de sa secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, les organisations patronales (Medef, U2P, etc.) et des représentants de nombreuses filières, comme celles de la santé, du bois, de l'automobile, du luxe, de l'agroalimentaire, de la mer, du nucléaire ou du ferroviaire, a-t-on précisé à Bercy.

L'objectif est "d'écouter tous ces représentants sur d'éventuelles difficultés aujourd'hui, mais surtout demain ou après-demain" et également de voir comment ils "anticipent des difficultés si (l'épidémie) continue", a expliqué le ministère.

Le virus Covid-19 est apparu fin janvier dans la province du Hubei en Chine, où de nombreux grands groupes internationaux possèdent des usines. Pékin a mis en place des mesures de confinement et de quarantaine, paralysant ainsi l'activité économique des usines du pays, alors que le virus a déjà contaminé environ 75.000 personnes et entraîné le décès de plus de 2.100 personnes.

Des conséquences se font déjà sentir pour de nombreuses entreprises françaises, qui sont présentes en Chine ou dont le pays est un maillon essentiel de la chaîne de production.

Jeudi, le groupe d'équipements et services à l'énergie Schneider Electric a ainsi indiqué que son usine de Wuhan, épicentre du virus, n'avait pas redémarré, tandis que le groupe hôtelier Accor a souligné que 200 de ses hôtels en Chine et à Hong Kong avaient une activité à l'arrêt.

Le secteur du transport aérien est également touché, alors que de nombreuses compagnies, dont Air France, ont suspendu leurs vols à destination et en provenance de la Chine. Même chose pour l'automobile, Wuhan étant un centre incontournable de production pour de nombreux constructeurs et équipementiers, dont PSA, Renault ou Valeo.

Le géant du luxe Kering a lui déjà noté une forte baisse de ses ventes en Chine début 2020 à cause de l'épidémie.

Selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, l'épidémie pourrait à ce stade amputer la croissance française de 0,1 point de pourcentage en 2020. "Si jamais ça persiste et que l'épidémie prend de l'ampleur, bien entendu que l'impact sera plus important", avait-il prévenu mi-février.

Les prothèses auditives du "100% Santé" sont de bonne qualité, selon l'UFC Que Choisir

Jeudi, 20. Février 2020 - 10:00

Les prothèses auditives proposées dans le cadre du dispositif "100% Santé", qui garantit aux patients un "reste à charge" réduit, ne sont pas des appareils "au rabais", se félicite l'association UFC-Que choisir dans un test publié jeudi.

Ces prothèses "ont démontré une qualité équivalente aux modèles les plus chers", affirme l'association, qui a comparé en laboratoire sept modèles éligibles au 100% santé et six vendues à prix libre.

"Si des différences de qualité notables existent entre appareils, elles ne sont pas liées à leur prix", soulignent les auteurs de ce test, publié dans le numéro de mars du magazine "Que choisir", en vente jeudi.

"Les modèles se distinguent en revanche par leurs options (rechargeable ou à piles, Bluetooth, précision des réglages...) plus nombreuses et évoluées sur les modèles haut de gamme". L'absence de ces options ne remet cependant pas en cause la qualité des prothèses 100% santé, concluent les auteurs.

Promesse emblématique d'Emmanuel Macron, le "reste à charge zéro" pour les soins dentaires, optiques et auditifs, baptisé "100% santé", entre en vigueur progressivement depuis 2019, et sera pleinement en place d'ici 2021. Concernant les aides auditives éligibles à ce dispositif, le "reste à charge" est actuellement de 750 euros par oreille mais deviendra nul à compter du premier janvier prochain.

Il reste désormais à "s'assurer que les professionnels jouent le jeu de la réforme et proposent, sans les dénigrer, les prothèses 100% santé", observe l'association de défense des consommateurs.

Du fait du "manque d'indépendance d'une partie des audioprothésistes vis-à-vis des fabricants", les pouvoirs publics doivent "redoubler de vigilance" et mener "des contrôles pour s'assurer que le devoir de conseil et de loyauté des professionnels vis-à-vis de leurs patients prévaut".

Ils doivent "présenter de manière objective les appareils à prix plafonné, sans quoi les usagers s'en détourneront", souligne l'association.

Jean Daniel, grand journaliste et grande conscience de gauche

Jeudi, 20. Février 2020 - 10:00

Grande conscience de gauche, Jean Daniel a vécu en osmose avec Le Nouvel Observateur, qu'il a fondé en 1964 avec Claude Perdriel et qu'il a longtemps dirigé, exemple rare de longévité dans la presse française.

Jusqu'à un âge très avancé, cette plume redoutée et brillante aura signé l'éditorial de l'hebdomadaire, rebaptisé L'Obs en 2014 et alors cédé au groupe Le Monde. Avec son profil d'aigle, il n'avait rien perdu de sa belle allure même si sa figure de "commandeur" et son narcissisme ont pu parfois agacer.

Jean Daniel, que l'historien Pierre Nora a qualifié de "dernière figure du journalisme inspiré", a rencontré tous les grands de ce monde.

En 1963, c'est en plein déjeuner, à Cuba, avec Fidel Castro qu'il apprend la mort de John F. Kennedy, avec lequel il vient d'avoir un entretien. "Kennedy était un ennemi auquel on s'était habitué. C'est une affaire très grave", lui dit le "Lider maximo".

Il a été l'ami de Pierre Mendès-France, Michel Foucault, François Mitterrand, avec lequel il eut, comme tant d'autres, des relations compliquées, ou Albert Camus, en dépit de leur désaccord sur le dossier algérien.

Également écrivain et essayiste, il a signé une trentaine de livres, depuis "L'erreur", roman paru en 1952 salué par Camus, à "Mitterrand l'insaisissable" en 2016. Ses "Œuvres autobiographiques" (cinq ouvrages) ont été rassemblées en 2002 en un seul volume de 1.700 pages.

- Blessé à Bizerte -

L'Algérie, où il naît le 21 juillet 1920 à Blida, le marque pour la vie.

Élevé dans une famille algérienne de confession juive, Jean-Daniel Bensaïd, nom qu'il abandonne après-guerre pour écrire dans Combat sous le pseudonyme de Jean Daniel, est le dernier de onze enfants. Son père sera une figure adorée, s'émerveillant "chaque jour d'être Français".

Après avoir combattu dans les rangs de la division Leclerc, il étudie après-guerre la philosophie à la Sorbonne puis entre en 1946 au cabinet de Félix Gouin, président du Gouvernement provisoire. Se situant déjà dans le courant de la gauche non communiste, il fonde, en 1947, Caliban, une revue culturelle.

Au milieu des années 50, Jean-Jacques Servan-Schreiber l'engage à L'Express où il couvre les "événements" d'Algérie. Il y reste huit ans, en devient le rédacteur en chef. Menacé de mort, inculpé pour atteinte à la sûreté de l'état, il défend l'indépendance algérienne.

En 1961, envoyé spécial en Tunisie, il est sérieusement blessé à Bizerte par des tirs de l'armée française.

Après un bref passage au Monde, ce journaliste, déjà auréolé d'une réputation dépassant les frontières françaises, co-fonde en 1964 Le Nouvel Observateur. Commence la grande aventure de sa vie.

"Jamais, nous n'avions pensé que nous réussirions. La formule choisie était assez culturelle, assez intellectuelle pour ne pas dépasser les 40-60.000 exemplaires dans le meilleur des cas", dit-il à l'AFP en 2004. En 1974, il tire déjà à 400.000 exemplaires !

Le tandem qui dirige le titre fait merveille : à Claude Perdriel, la gestion, à Jean Daniel, la rédaction. "Nous avons réussi, confiait ce dernier, à un moment, à réunir autour de nous les plus brillants journalistes d'Europe".

Les deux hommes sont inséparables, passent leurs vacances ensemble, avant que les liens ne se distendent. Jean Daniel devait épouser Michèle Bancilhon, première femme de Claude Perdriel. Le couple aura une fille, Sara Daniel, future journaliste au Nouvel Observateur.

- "Pessimiste émerveillé" -

Participant à tous les grands débats de l'époque, le magazine défend l'anticolonialisme, publie en une le manifeste des "343 salopes" pour l'avortement, soutient Mendès-France, Rocard puis Mitterrand, polémique avec le Parti communiste.

Sur le Proche-Orient, malgré son "attachement indéfectible à Israël", Jean Daniel qui, selon lui, refusa trois fois un poste d'ambassadeur proposé par le président Mitterrand, considérait que "les Palestiniens avaient droit à un État".

Après les révélations d'Alexandre Soljenitsyne sur l'existence des Goulags en URSS, il écrit : "nous ne laisserons jamais à la droite le confortable et unique monopole de la contestation contre les démences des bureaucrates totalitaires".

En guise de bilan professionnel et intellectuel, Jean Daniel, qui fut membre du conseil supérieur de l'Agence France-Presse, se félicitait d'avoir "entrepris de +dé-marxiser+ la gauche avec des principes de gauche".

En 2016, ce "pessimiste émerveillé", selon ses mots, assurait : "pour moi, le repos c'est la mort". Il avait alors 96 ans...

Neige par hélico: Borne reçoit des responsables de stations de ski

Jeudi, 20. Février 2020 - 9:00

La ministre de l'Ecologie reçoit ce jeudi des représentants de stations de ski après la décision de la Haute-Garonne de déverser de la neige par hélicoptère, pour évoquer l'avenir de certaines stations assombri par le changement climatique.

Elisabeth Borne s'entretiendra à partir de 17H00 avec "les représentants des professionnels et élus concernés par l’avenir des stations de ski pour travailler sur des solutions d’adaptation des stations de montagne au changement climatique".

Elle avait condamné ce week-end la décision de la Haute-Garonne de déverser de la neige par hélicoptère sur la station de Luchon-Superbagnères, dans les Pyrénées. L'opération avait duré deux heures et demie pour transporter environ 50 tonnes de neige.

Avant cela, la station de Montclar, située à 1.350 mètres d'altitude dans les Alpes, avait elle aussi transporté de la neige par hélicoptère. L'opération avait alors duré trois heures et nécessité 400 litres de gasoil.

"Enneiger des stations de ski par hélicoptère n’est pas une voie possible", avait jugé dimanche Elisabeth Borne.

"On ne peut pas à la fois avoir des stations qui sont victimes du dérèglement climatique, elles n'ont plus de neige et, en même temps, qu'elles contribuent à aggraver le dérèglement climatique", a précisé la ministre mercredi sur RMC.

Ces stations de ski doivent trouver "un autre modèle, c'est aussi une transition qu'il faut réussir", a-t-elle ajouté.

Cette opération hélicoptère a été décidée "afin de soutenir (...) la station, la ville de Luchon et les acteurs du tourisme, déjà fortement impactés par les conditions climatiques exceptionnelles", avait justifié le conseil départemental.

Pour Laurent Reynaud, directeur général de domaines skiables de France interrogé par RTL, il s'agit d'"une pratique tout à fait exceptionnelle". Il a souligné que les stations de ski font "vivre des territoires".

Si la réduction de l'enneigement touche depuis une quarantaine d'années la moyenne montagne, autour de 1.500 mètres, elle va désormais frapper plus haut, au dessus de 2.000 m, selon Météo-France.

Selon deux études publiées en 2019 impliquant Météo-France, qui portent sur les stations dans les Alpes et les Pyrénées, après 2050 "l'impact du réchauffement sur l'enneigement dans les stations est fort dès 1,5°C de réchauffement planétaire". Et, "au-delà de 3°C, la neige de culture ne suffit plus à compenser la réduction d'enneigement naturel".

laf/alu/ach

Municipales: les projets de mobilité au second plan

Jeudi, 20. Février 2020 - 9:00

Malgré l'urgence climatique, le développement des transports publics ne figure pas au cœur de la campagne des municipales, les candidats préférant parler gratuité ou pistes cyclables.

"Dans les esprits, dans les cerveaux, ont sait qu'il faut agir pour l'environnement", relève Joël Hazan, spécialiste des transports au Boston Consulting Group (BCG).

"Les préoccupation quotidiennes, matérielles, des gens, c'est d'abord des villes sûres, des villes propres. Et quand on parle de transports, ce qui les préoccupe, c'est les embouteillages en premier lieu", observe-t-il.

"Ils veulent des transports qui permettent d'aller vite d'un point A à un point B", le côté écolo pouvant éventuellement être un plus. "Ce n'est de fait pas un super thème de campagne, malheureusement."

Le débat des municipales ressemble effectivement aux précédents: un candidat répond trolleybus quand son adversaire évoque un tramway, un autre s'inquiète d'éventuels travaux... Le téléphérique urbain n'a visiblement plus trop la cote, et les sites propres de bus ne sont pas non plus porteurs.

"Le débat et les propositions sont dominés par deux sujets", constate Frédéric Baverez, le patron pour la France de l'opérateur de transports publics Keolis (groupe SNCF): "la tarification et la gratuité (...), et la place du vélo."

"Il y a toujours une volonté d'investir, mais ce n'est pas là-dessus que se fait la campagne", ajoute-t-il.

Effectivement, les agglomérations françaises ne manquent pas de projets.

"On a des problèmes de capacités, on a des problèmes de robustesse, on a des problèmes de fréquence", confirme l'ancien député-maire de Caen Philippe Duron, coprésident du groupe de réflexion sur les transports TDIE.

Hors Ile-de-France, après des inaugurations de tramways en pagaille ces derniers mois à Annemasse (Haute-Savoie), Avignon, Bordeaux --où un tronçon doit encore ouvrir le 29 février--, Caen, Grenoble, Lyon, Nice, Saint-Etienne et Strasbourg, les travaux de nouveaux trams se poursuivent à Angers, Strasbourg et Toulouse. Côté métros, un court prolongement a ouvert en décembre à Marseille, tandis qu'on creuse encore à Lyon et Rennes.

- Agglomération contre ville-centre -

On peut recenser des projets de tramways plus ou moins avancés à Annecy, Avignon, Bordeaux, Brest, Caen, Le Havre, Lille, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Strasbourg ou encore Tours, outre le prolongement du réseau de Genève à Annemasse et Saint-Julien-en Genevois (Haute-Savoie). Sans oublier de nouvelles lignes de métro --controversées-- ébauchées à Lyon et Toulouse.

On parle aussi d'un "RER métropolitain" à Bordeaux et Strasbourg, et plus modestement de "bus à haut niveau de service" (BHNS) un peu partout.

"La grande difficulté, c'est que ceux qui décident des transports lourds, ce ne sont pas ceux qui sont élus dans les villes-centres", pointe Philippe Duron.

La mobilité urbaine dépend en effet des agglomérations, dont les exécutifs seront élus indirectement, par les représentants des communes après coup. Et si la ville-centre donne souvent le ton, elle est parfois minoritaire: Avignon vient ainsi d'inaugurer un tramway en dépit de l'opposition déterminée de sa maire.

La Métropole de Lyon fait exception cette année, puisque ses habitants éliront directement leurs dirigeants. Les programmes y sont d'ailleurs plus ambitieux qu'ailleurs en matière de transports en commun.

La région parisienne --où l'on construit RER, métros, tramways et BHNS--, enfin, constitue un cas particulier car l'organisation des transports publics est du ressort d'Ile-de-France Mobilités, une structure dans laquelle la région est majoritaire. Les mairies peuvent au mieux retarder un projet, la Ville de Paris ayant seule les épaules assez larges pour imposer ses dossiers.

"Le problème des modes de transports lourds, c'est qu'ils ont un coût", remarque Philippe Duron. Les investissements de ces infrastructures se montent en effet en centaines de millions d'euros, voire en milliards pour les métros.

Or, les finances des collectivités locales sont contraintes, et l'aide de l'Etat pour tous les nouveaux projets --450 millions, a priori-- ne sera précisée qu'au printemps.

En outre, estime le président de la Fnaut (la principale organisation d'usagers) Bruno Gazeau, la crise des gilets jaunes et la récente grève des transports publics n'ont pas aidé à les placer au cœur du débat. "Avec la grève, c'est très difficile de plaider la relance de la mobilité", regrette-t-il.

Municipales: nouvelle donne à Paris pour une campagne express

Jeudi, 20. Février 2020 - 9:00

L'irruption d'Agnès Buzyn à la tête de la liste macroniste chamboule la campagne des élections municipales à Paris, où aucun candidat n'a pris le dessus à moins de quatre semaines du 1er tour.

Exit Benjamin Griveaux ! La chute de l'ex-candidat La République en Marche ouvre la voie à une campagne express, avec les trois listes en tête des intentions de vote désormais conduites par des femmes: la maire sortante Anne Hidalgo (PS), Rachida Dati (LR) en hausse, et Agnès Buzyn pour LREM.

Neuf candidats au total sont en lice et tout le monde scrute les sondages pour évaluer la dynamique Buzyn.

- Nouvelle candidate, nouvelle campagne. A peine intronisée, la candidate LREM s'est débarrassée des promesses-phare de l'ère Griveaux, le déplacement de la gare de l'Est pour créer un "Central park" parisien et l'apport de 100.000 euros pour permettre l'achat d'un appartement. Pour sa première expérience électorale, l'ex-ministre de la Santé veut convaincre les Parisiens avec des projets ancrés dans le quotidien pour décoller des quelque 16% d'intentions de vote dont était crédité son prédécesseur. "Son enjeu est de repasser devant Rachida Dati et de s'imposer comme l'opposante numéro 1 à Anne Hidalgo. Elle doit recréer une dynamique qui s'était enrayée", analyse Bernard Sananès, président de l'institut Elabe.

- La candidature Griveaux en perte de vitesse convenait à Anne Hidalgo et son équipe raille aujourd'hui l'inexpérience d'Agnès Buzyn. La maire socialiste multiplie les propositions et martèle son engagement écologique : 100% des rues cyclables d'ici 2024, un milliard d'euros par an pour la propreté, rénovation de 30.000 logements sociaux... Avec 23% d'intentions de vote au 1er tour dans les sondages parus depuis l'annonce de la candidature Buzyn, elle bénéficie de la prime au sortant. Mais son bilan est très contesté et 37% seulement des Parisiens souhaitent sa réélection.

- Rare surprise de la campagne avant l'explosion du candidat macroniste, la tenace Rachida Dati a redonné confiance à la droite, battue depuis 2001 à Paris. Seule parmi les candidats réellement en hausse, elle devancerait même Anne Hidalgo avec 25% d'intentions de vote, selon une enquête Odoxa parue mercredi. Déterminée, "agressive" selon certains dans son propre camp, l'ancienne Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy axe sa campagne sur la propreté et la sécurité. Avec une difficulté : la candidate LR devra faire face à une forte concurrence à droite dans plusieurs arrondissements et risque de manquer de réserves de voix pour le second tour.

- David Belliard (EELV) entend quant à lui capitaliser sur la prise de conscience de l'urgence écologique qui pousse les candidats à verdir leurs programmes. Crédité de 13% à 14%, il veut être "en tête au premier tour" avant toute discussion avec Anne Hidalgo, Cédric Villani, voire la candidate LREM, en vue du second tour. "Si les jeunes votent beaucoup, les écolos seront haut", avertit Bernard Sananès. Mais les municipales sont justement le scrutin où ils votent le moins, contrairement aux classes relativement âgées qui se déplacent massivement.

- Quid de la candidature Villani ? Le bras-de-fer du mathématicien avec LREM et l'exécutif a animé le début de la campagne. Changement de ton avec l'arrivée d'Agnès Buzyn. Un dialogue courtois a repris dès lundi entre le candidat dissident, exclu de LREM, et la tête de liste macroniste pour préparer un éventuel rapprochement. Bien qu'en baisse continue, avec 7% à 10% d'intentions de vote, Cédric Villani s'accroche et prévient qu'il discute "avec les uns et les autres".

- Loin derrière le quinté de tête, Danielle Simonnet (LFI) et Serge Federbusch (soutenu par le RN) devront s'accrocher pour atteindre 5% des voix. Et les candidatures de l'ex-conseiller de François Hollande Gaspard Gantzer et du forain Marcel Campion sont anecdotiques.

Différend avec Castaner: "une affaire de principe" et non "personnelle", pour Olivier Faure

Jeudi, 20. Février 2020 - 9:00

Le numéro un du PS, Olivier Faure, a considéré jeudi que le différend qui l'oppose au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner n'était "pas une affaire personnelle", mais "une affaire de principe", lors d'un entretien sur France 2.

Mercredi matin, M. Castaner avait déclenché une tempête sur France Inter en se disant "étonné des leçons de morale" d'Olivier Faure à propos des déboires de Benjamin Griveaux, le ministre de l'Intérieur ajoutant qu'il "connaissait bien" le patron du PS pour l'avoir "accompagné dans ses divorces et ses séparations".

Face au tollé, Christophe Castaner avait affirmé à l'AFP en début de soirée: "Si mes propos l'ont blessé, je les regrette. Il n'y avait aucune menace".

"Ce n'est pas une affaire personnelle, c'est une affaire de principe: moi je ne suis pas blessé, comme il a cherché à l'évoquer, ce n'est pas la question", a tonné Olivier Faure jeudi matin.

"La question, ce n'est pas nous présenter des excuses à moi. Si vous présentez des excuses à quelqu'un, il y a un certain nombre de victimes auxquelles il peut le faire, des gens qui ont perdu un œil, des gens qui ont perdu une main depuis un an", a-t-il ajouté, en référence aux blessés lors des manifestations des "gilets jaunes".

Le patron du PS a toutefois indiqué qu'il n'entendait pas déposer plainte, ni qu'il réclamait la démission du patron de la place Beauvau. Il a encore indiqué que M. Castaner ne l'avait pas appelé.

Les deux quinquagénaires se sont côtoyés pendant des décennies au Parti socialiste, des jeunesses rocardiennes aux arcanes de l'Assemblée nationale, où tous deux ont été élus pour la première fois en 2012.

Interrogé sur sa propre sortie, en mars 2019, lorsqu'il avait ironisé sur les annonces "entre deux verres" de son ex-allié, en allusion à une soirée en boîte bien arrosée de celui-ci révélée par la presse people quelques jours plus tôt, M. Faure a contesté tout parallélisme.

"C'est pas moi qui ait révélé quoi que ce soit de sa vie privée, c'est simplement que c'était sur la place publique et donc je l'ai commenté", s'est-il défendu.

"Quand on est ministre de l'Intérieur, on ne peut pas, dans une démocratie, s'en prendre un dirigeant de l'opposition et cherché à l'intimider par des insinuations sur sa vie privée", s'est encore indigné Olivier Faure.

Retraites: les opposants tentent de maintenir la flamme

Jeudi, 20. Février 2020 - 6:00

Les syndicats opposés à la réforme des retraites organisent jeudi une dixième journée interprofessionnelle de manifestations, espérant maintenir la mobilisation en cette période de vacances scolaires, alors que le projet poursuit son examen chahuté à l'Assemblée nationale.

"Il n'y a pas de baroud d'honneur, on ne baissera pas les bras parce que nous sommes convaincus de la justesse de notre analyse, du danger que représente ce projet pour les décennies à venir", a insisté lundi Yves Veyrier, le secrétaire général de FO.

A ses côtés il y aura la CGT, Solidaires, la FSU, de même que les organisations de jeunesse (Fidl, MNL, UNL) et étudiante (Unef), qui mènent la fronde depuis le 5 décembre.

Yves Veyrier a toutefois reconnu que mobiliser était "plus difficile" après deux mois et demi de manifestations. Une nouvelle réunion intersyndicale est programmée en fin de journée pour décider de la suite de mouvement.

Des manifestations sont organisées partout en France. A Paris, le cortège partira à la mi-journée de Montparnasse, direction porte d'Italie.

Pendant ce temps, patronat et syndicats affirment leurs positions dans la conférence de financement des retraites, initialement proposée par la CFDT et qui doit aboutir à des propositions d'ici fin avril pour ramener à l'équilibre le système de retraite en 2027. Une des raisons des crispations s'explique par le cadre contraint imposé par le gouvernement qui interdit hausse des cotisations ou baisse des pensions.

Les positions des partenaires sociaux divergent notamment sur le montant du déficit évoqué dans les documents envoyés cette semaine par les animateurs de la conférence. Selon ces derniers, si rien n'est fait, le déficit cumulé entre 2018 et 2030 pourrait atteindre 113 milliards d'euros.

Une nouvelle réunion doit se tenir dans la matinée jeudi mais elle porte sur le financement et la gouvernance du système à long terme.

Pour la suite, la CGT menace de claquer la porte.

- Grève en repli -

Les syndicats opposés à la réforme travaillent donc à une "contre-conférence", dont les travaux pourraient démarrer en mars, selon Solidaires.

Les yeux rivés sur le déficit cumulé de 113 milliards, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron du Medef, s'est redit mercredi dans Les Echos favorable à "des mesures de redressement". Pour amener le système à l'équilibre en 2027, comme le souhaite le gouvernement, l'âge pivot - en dessous on ne peut pas partir avec une retraite complète - est "la bonne mesure".

Pour lui en outre, le sujet de la pénibilité "devrait être sorti du débat des retraites". Pas du goût de Laurent Berger qui, au contraire, conditionne "l'équilibre" de la réforme à l'ajout "d'éléments sur la pénibilité". Sinon le projet "ne serait pas juste", a déjà prévenu le secrétaire général de la CFDT.

A l'Assemblée nationale où les députés doivent éplucher quelque 41.000 amendements, les discussions ont démarré lundi dans l'hémicycle, dans une ambiance chahutée et dès mercredi, l'examen a viré au blocage.

Si les opposants misent sur les manifestations jeudi, côté grève le temps est en revanche à l'accalmie.

Dans les transports, la RATP table sur un trafic "normal", avec "des perturbations sur le RER B" sur la partie SNCF au nord de la ligne. A la SNCF, "il n'y aura quasiment aucun impact hormis en région Auvergne-Rhône-Alpes, où on comptera deux trains sur cinq entre Montluçon et Clermont", a indiqué la direction de la SNCF à l'AFP.

Lors de la 9e journée de mobilisation, le 6 février, le ministère de l'Intérieur avait compté 121.000 personnes dans toute la France, dont 15.000 à Paris, une participation en hausse par rapport à la journée de mobilisation précédente, le 30 janvier (108.000 en France et 13.000 à Paris).

Le gouvernement dans les Vosges pour récolter la première moisson de son "agenda rural"

Jeudi, 20. Février 2020 - 6:00

Le gouvernement, emmené par Edouard Philippe, se déploie jeudi dans les Vosges pour faire la promotion des premiers effets de son "agenda rural", censé revitaliser les campagnes en y faisant revenir commerces et services de proximité.

Cinq mois après la présentation de son plan, le Premier ministre, accompagné notamment par Elisabeth Borne (Transition écologique), Christophe Castaner (Intérieur) et Jacqueline Gourault (Cohésion des territoires) fera un point sur sa mise en oeuvre lors de ce premier comité interministériel de suivi, avec un leitmotiv: "les campagnes se repeuplent, il y a une vraie attractivité du monde rural qu'il faut accompagner", dixit Matignon.

"Ca fait 40 ans qu'il y a une politique de la Ville, très transversale. Au fond, on installe une politique complémentaire qui concerne la ruralité, pour essayer de corriger les défauts et donner envie aux gens de vivre dans la ruralité", résume auprès de l'AFP Mme Gourault.

Cette visite sur cette terre traditionnellement irriguée par la droite est aussi stratégique à moins d'un mois des élections municipales. Elle n'aurait d'ailleurs pas été possible la semaine prochaine, en raison du début de la période de réserve imposée au gouvernement.

Parmi les mesures mises en avant, le développement du projet porté par le groupe d'économie sociale et solidaire SOS visant à créer ou reprendre 1.000 cafés en milieu rural.

Jeudi, Edouard Philippe assistera ainsi à la signature du contrat de reprise du café-restaurant "Le P'tit campagnard" à Girancourt, un des 23 premiers sélectionnés dans le cadre de cette opération. L'établissement était en vente depuis trois ans et risquait de disparaître dans cette petite commune à 15 minutes d'Epinal.

Dans la même veine, le gouvernement s'est engagé à attribuer des licences IV gratuites et non transférables dans les communes de moins de 3.500 habitants n'en disposant pas. "Cela concerne potentiellement 10 à 15.000 licences", fait valoir Matignon qui attend les premières remontées des préfectures pour évaluer le succès du dispositif.

Alors qu'environ 20.000 communes ne disposent pas de commerces, M. Philippe soulignera les exonérations fiscales votées dans le budget 2020, qui sont compensées en partie par l'Etat.

- 280 millions pour la fibre -

M. Philippe inaugurera également un noeud de raccordement optique, qui permet le déploiement de la fibre.

Si une grosse vingtaine de départements peinent à monter des dossiers de financement pour assurer la couverture de leur zone, M. Philippe indiquera que le guichet numérique, dont la réouverture après deux ans de jachère avait été annoncée en octobre, sera abondé à hauteur de 280 millions d'euros. L'enjeu est d'assurer la généralisation de la fibre en 2025.

Le gouvernement dressera aussi un bilan de ses "maisons France services", offrant un panier de services publics pour répondre au sentiment d'abandon de certains territoires. A ce jour, 534 ont été ouvertes dont 80% dans les territoires ruraux, avec en ligne de mire la barre des 2.000 d'ici 2022.

"On se donne comme objectif d'en avoir 900 à la fin de l'année, aussi bien des fixes que des itinérantes", souligne Mme Gourault.

Concernant les soins, M. Philippe fera valoir que 110 médecins salariés ont été recrutés en zone rurale depuis septembre, un chiffre "très encourageant" selon Matignon qui s'est engagé sur 600 recrutements d'ici 2022.

Aux côtés de M. Castaner, le Premier ministre visitera une gendarmerie afin d'insister sur les aspects sécuritaires. Lui seront notamment présentés les dispositifs Demeter, destiné à lutter contre les atteintes subies par les agriculteurs, ou R-Mess, développé localement à Xertigny et conçu pour diffuser des conseils de prévention sur des supports du quotidien (sets de table, sacs de baguettes de pain...).

Enfin, ce déplacement sera aussi l'occasion d'aborder le cas des petites lignes ferroviaires, alors que des protocoles d'accord devraient être signés jeudi avec les régions Grand est et Centre-Val de Loire afin de trouver des solutions de financement pour la régénération du réseau.

Le plan promis pour dynamiser certaines petites villes faisant office de "centralités" sera pour sa part dévoilé "après les municipales", a indiqué Mme Gourault.

Retraites: l'examen de la réforme vire au blocage à l'Assemblée

Jeudi, 20. Février 2020 - 1:00

L'examen de la réforme des retraites a viré au quasi-blocage à l'Assemblée nationale: au troisième jour des débats mercredi, rappels au règlement et suspensions se sont succédé dans une grande tension, empêchant l'avancée des travaux sur les milliers d'amendements.

Dès l'ouverture de la séance, le ton a été donné avec des rappels au règlement de LR réclamant des éclairages sur le financement de la réforme, et de la gauche dénonçant les règles en vigueur pour l'examen des 41.000 amendements.

Dans une atmosphère houleuse, les trois groupes de gauche -PS, PCF et LFI- ont contesté les mesures prises la veille en conférence des présidents de l'Assemblée pour quadriller le débat, prévoyant notamment un seul orateur sur les amendements identiques.

Pour la gauche, il est en particulier inacceptable que des amendements placés à différents endroits du texte tombent au motif qu'ils auraient le même objet.

"C'est grave ce qui se passe", a lancé Sébastien Jumel (PCF), en accusant le président de l'Assemblée "d'autoritarisme".

Au perchoir, Richard Ferrand (LREM) a défendu l'application d'une "règle constante" et exclu toute nouvelle conférence des présidents au motif que "les humeurs changeraient".

Le patron de LR Christian Jacob a affirmé qu'avec une telle règle, "on arrive à quelque chose de ridicule".

Plusieurs suspensions de séance ont suivi, entrecoupées de l'examen d'une poignée d'amendements, rappelant la paralysie de juillet 2018 lors de l'examen du projet de révision constitutionnelle, victime collatérale de l'affaire Benalla.

Lors d'une des multiples pauses, à la veille d'une nouvelle journée interprofessionnelle de mobilisation, plusieurs insoumis et communistes ont entonné le chant des gilets jaunes "on est là".

-"jouer avec le feu"-

"Quelle image donnons-nous de nos travaux? C'est de l'antiparlementarisme de base", s'est offusqué le co-rapporteur Nicolas Turquois (MoDem), applaudi par la majorité, debout, tandis que le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski plaidait pour en revenir au débat.

Sur Twitter, des élus disaient leur "honte" que l'Assemblée "se transforme en cirque" ou déploraient "un concours Lépine de l'obstruction désolant".

"Attention, vous jouez avec le feu", a aussi lancé le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre à l'opposition.

"La question n'est plus celle du débat sur les retraites mais celle de la défense des institutions", s'est-il égosillé, dans une intervention conclue par une standing ovation des "marcheurs" et une énième suspension de séance.

Depuis lundi, les débats patinent sur cette réforme visant à créer un système "universel" de retraites par points. Après de longues discussions sur le titre même du projet de loi, les députés n'ont entamé qu'en soirée l'examen de l'article 1er, consacré aux "principes généraux".

Avec Annie Genevard (LR) au perchoir, la tension est un peu retombée, dans un hémicycle toujours assez fourni. Droite et gauche ont contesté que les objectifs de la réforme soient l'"équité", la "solidarité" ou encore la "liberté de choix pour les assurés", comme mis en avant dans le projet de loi dans un pur "geste littéraire", loin "de la réalité", selon les mots d'Eric Woerth (LR).

Alors que la co-rapporteure Corinne Vignon s'est prévalue du soutien à la réforme des Français rencontrés par les "marcheurs", le communiste Sébastien Jumel a demandé qui elle avait pu rencontrer dans ces "réunions Tupperware", s'attirant claquements de pupitre et accusations de sexisme par la majorité, avec une nouvelle suspension de séance à la clé.

Dans l'espoir que le calendrier puisse tenir, les députés siègeront au moins jusqu'au 6 mars, avec des travaux ce week-end.

Le spectre de l'utilisation du "49-3", arme de la Constitution qui permet au gouvernement d'abréger les débats et de faire adopter un projet de loi sans vote, plane.

"On va vers l'inconnu total", admet une source gouvernementale, qui dit assister "à ce triste spectacle bras ballants".

Le recours au "49-3", serait-il une défaite? "Pas du tout", répond Florian Bachelier (LREM): "Il ne faut pas que la majorité s'enferme dans le piège tendu par l'extrême gauche" et "chacun prendra ses responsabilités".

Lundi soir, un "marcheur" prédisait: "soit c'est pénible mais on y arrive (...), soit ils font du Benalla et ça bloque complètement..."

parl-chl-reb/ao

Retraites: à peine démarrée, la conférence de financement se crispe

Mercredi, 19. Février 2020 - 21:00

Nouvelles crispations sur le front de la réforme des retraites: la CGT a posé un "ultimatum" au gouvernement mercredi, menaçant de quitter la conférence de financement chargée de ramener le système à l'équilibre d'ici à 2027 et dont les travaux ont démarré dans la douleur mardi.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez a expliqué qu'après avoir présenté leurs propositions la veille "la balle était dans le camp du gouvernement" et qu'il attendait sa réponse d'ici la prochaine réunion de la conférence consacré précisément au financement "le 10 mars".

Une position que Céline Verzeletti, secrétaire confédérale de la CGT, qualifiait un peu plus tôt, sur BFMTV, d'"ultimatum".

Dans un communiqué publié mercredi matin, la CGT avait précisé que sans réponse du gouvernement à ses propositions (hausse des salaires, égalité homme-femmes, etc.), elle interrogerait "dès la semaine prochaine" ses "instances dirigeantes" quant à "la pertinence de maintenir sa présence" à cette conférence initialement suggérée par la CFDT et menée parallèlement à l'examen du projet de loi pour le futur système universel de retraites par points à l'Assemblée nationale.

Une forme de rétropédalage après les propos tenus encore plus tôt par la négociatrice retraites du syndicat, Catherine Perret. "La CGT a décidé de quitter la conférence de financement et d'organiser" avec les syndicats opposées au projet de loi sur les retraites (FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC) "sa vraie conférence de financement", avait-elle affirmé sur Radio Classique.

"Je regrette qu'un grand syndicat représentatif français claque la porte de ce type de dialogue", avait immédiatement réagi sur RMC/BFMTV Laurent Pietraszewski, le secrétaire d'État aux Retraites.

Des syndicats dits réformistes ont également déploré l'attitude de la CGT, les discussions devant permettre de trouver d'ici fin avril des alternatives à l'âge pivot - qui atteindrait progressivement 64 ans entre 2022 et 2027 pour une retraite complète - afin de combler un déficit attendu à 12 milliards d'euros en 2027.

"C'est dommage, certains comme nous ont bossé pour apporter un maximum de préconisations", a réagi mercredi la négociatrice CFTC Pascale Coton, au lendemain de la première réunion du groupe de travail consacrée au financement du système à court terme et à la veille de la première séance sur la gouvernance du futur régime.

Opposée depuis le départ au principe même de la réforme, "la CGT s'est mise hors jeu depuis longtemps", a relativisé Frédéric Sève (CFDT).

- "Contre-conférence" -

"Tout le monde a intérêt à ce qu'on trouve un compromis acceptable", a abondé le négociateur Unsa, Dominique Corona, évoquant "une entrée de négo un peu compliquée" où "tout le monde pose des lignes rouges de partout", et notamment le Medef. Son patron, Geoffroy Roux de Bézieux, a rappelé mercredi dans les Echos sa volonté d'une mesure d'âge.

Côté majorité aussi, les enjeux sont posés. Les organisations syndicales savent qu'elles "ont collectivement une obligation de résultat", a estimé mercredi un des co-rapporteurs du projet de loi, Jacques Maire (LREM). "Comment est-ce que vous voulez que des acteurs qui n'ont pas réussi cette phase de démarrage puissent ensuite se voir confier les 320 milliards du régime universel?", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.

"Les partenaires sociaux ont déjà montré qu'ils étaient capables de gérer un régime par points" avec l'Agirc-Arrco (retraites complémentaires des salariés du privé), s'est agacée Pascale Coton.

La conférence n'est pas un "exercice de gestion mais de calibrage fondateur", a renchéri M. Sève, rappelant la responsabilité de l'Etat employeur dans le déficit projeté.

De leur côté, les syndicats opposés à la réforme tentent de maintenir la pression en organisant jeudi une dixième journée de manifestations interprofessionnelles, FO se réservant le droit de quitter la conférence "au moment opportun", selon un communiqué publié mercredi.

"On est dans la phase de préparation d'une conférence dont le nom n'est pas encore défini, qui pourrait s'intituler +contre-conférence+", a par ailleurs précisé à l'AFP Éric Beynel, porte-parole de Solidaires, non convié à celle organisée par le gouvernement.

bow-ac-chl-dec/lum/it

Carlos Ghosn soupçonné d'abus de biens sociaux: l'enquête confiée à un juge d'instruction

Mercredi, 19. Février 2020 - 19:00

Près d'un an après l'ouverture d'une enquête préliminaire sur des soupçons d'abus de bien sociaux chez Renault visant notamment son ex-patron Carlos Ghosn, le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) a annoncé mercredi avoir transmis l'enquête à un juge d'instruction.

Cette information judiciaire a notamment été ouverte "pour abus de biens sociaux, abus de confiance aggravés, faux et usage, blanchiment aggravé d’abus de biens sociaux (...)" pour des faits commis entre 2009 et 2020, précise le parquet dans un communiqué.

L'ancien patron de l'alliance Renault-Nissan est soupçonné d'avoir organisé deux soirées d'ordre privé au Château de Versailles, en échange d'une convention de mécénat signée entre la marque au losange et l'établissement qui gère le château.

La justice soupçonne la première fête, organisée le 9 mars 2014, d'avoir eu lieu en l'honneur des 60 ans du patron déchu et non pour célébrer les quinze ans de l'alliance Renault-Nissan.

D'après un audit interne commandé par Renault, 94 des 154 invités à ce banquet supervisé par le chef Alain Ducasse étaient des proches de l'homme d'affaires (enfants, sœurs, cousins, amis...), essentiellement d'origine libanaise.

Carlos Ghosn est également soupçonné d'avoir obtenu la location du Grand Trianon, dans le parc du château, pour l'organisation en octobre 2016 de son mariage avec Carole Ghosn, une prestation évaluée à 50.000 euros.

La convention de mécénat signée entre Renault et le Château de Versailles, d'un montant de 2,3 millions d'euros, autorisait le constructeur automobile à recevoir une contrepartie à hauteur de 25% de son mécénat.

L'ex-grand patron, âgé de 65 ans, est aussi dans le viseur de l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) pour des "flux financiers suspects" entre Renault et le distributeur du constructeur automobile français à Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA).

Une autre information judiciaire est déjà en cours, à Paris, pour des faits d'"abus de biens sociaux" et de "corruption passive". Elle porte sur des contrats signés par RNBV, la filiale néerlandaise à 50-50 entre Nissan et Renault censée incarner l'alliance, lorsque Carlos Ghosn en était le PDG.

La candidate LR à la mairie de Paris Rachida Dati et le criminologie Alain Bauer ont touché environ un million d'euros chacun pour des missions de conseil dont aucune trace n'a été retrouvée.

Carlos Ghosn fait aussi l'objet de quatre inculpations par la justice japonaise, notamment pour abus de confiance et détournements de fonds. Il s'est enfui au Liban fin décembre dernier, alors qu'il avait été libéré sous caution et préparait son procès au Japon où il avait été arrêté en novembre 2018.

Règlement de compte entre Castaner et Faure, sur fond d'affaire Griveaux

Mercredi, 19. Février 2020 - 19:00

Règlement de comptes entre anciens amis: le patron du PS Olivier Faure a accusé mercredi le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner d'avoir "commis une faute grave", après que celui-ci eut évoqué sa vie privée à la radio, sur fond d'affaire Griveaux.

Les deux quinquagénaires se sont côtoyés pendant des décennies au Parti socialiste, des jeunesses rocardiennes aux arcanes de l'Assemblée nationale, où tous deux ont été élus pour la première fois en 2012.

Après le départ de Christophe Castaner chez les marcheurs, Olivier Faure l'a d'abord ménagé au début du quinquennat Macron. Mais depuis quelques mois, les mots se font plus offensifs, plus aigres. Et mercredi, le Premier secrétaire du PS est allé jusqu'à demander à Emmanuel Macron "de convoquer le ministre de l'Intérieur dans les meilleurs délais et d'en tirer les conséquences".

Objet de son courroux: l'intervention dans la matinée de M. Castaner qui, sur France Inter, s'est dit "étonné des leçons de morale" d'Olivier Faure, "que je connais bien et que j'ai accompagné dans ses divorces et ses séparations".

Une allusion directe à la vie privée du numéro un socialiste. Qui, la veille, avait lui-même dénoncé la "légèreté incroyable" de Benjamin Griveaux, l'ex-candidat LREM aux municipales de Paris, obligé de se retirer de la course après la diffusion de vidéos intimes.

La déclaration de M. Castaner a aussitôt déclenché un tollé à gauche, mais aussi à droite. Face à l'avalanche de critiques, M. Castaner, dans un message directement adressé à son ex-ami sur son Twitter, a tenu à préciser: "cher @faureolivier, il n'y avait ni menace ni attaque personnelle dans mon propos. Nous nous connaissons depuis assez longtemps pour savoir l'un et l'autre que la vie n'est pas linéaire. Et nous y avons quelquefois fait face ensemble."

Mais cette tentative d'explication du ministre n'a pas calmé le colère froide de son ancien ami. Lors d'une déclaration qu'il a voulue solennelle dans la salle des conférences de presse à l'Assemblée, M. Faure a dénoncé, quelques heures plus tard, "une faute grave" de la part du ministre.

- "Ligne rouge" -

"Dès lors, il appartient au président de la République, garant de nos institutions, de convoquer le ministre de l'Intérieur dans les meilleurs délais et d'en tirer les conséquences", a souligné le patron du PS.

La relation entre les deux hommes avait déjà pris un sérieux coup de canif en mars 2019, lorsque le Premier secrétaire du PS avait ironisé sur les annonces "entre deux verres" de son ex-allié, en allusion à une soirée en boîte bien arrosée de celui-ci, révélée par la presse people quelques jours plus tôt.

Mais "ce matin une ligne rouge a été franchie", a insisté M. Faure.

Le patron du PS a reçu le soutien de nombreux responsables politiques. A commencer par ceux du Parti socialiste. "Amateur en tant que ministre ? Mais professionnel de l'attaque minable. Ces propos déshonorent leur auteur et le mettent au niveau de ceux qu'il prétend combattre dans cette pathétique affaire", a cinglé le patron des sénateurs PS Patrick Kanner.

"Toujours aussi lamentable", a ajouté le député et porte-parole du PS Boris Vallaud. "Dans une démocratie sereine, M. Castaner serait en train de chercher du boulot", a attaqué Julien Dray, ex-député PS.

"LREM peut réclamer l'anonymat sur les réseaux sociaux, son ministre est une vraie balance!", s'est exclamé Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

A droite aussi, les critiques ont fusé. "En attaquant Olivier Faure sur sa vie privée, Christophe Castaner fait la preuve de la bassesse dont est capable ce pouvoir qui dégrade chaque jour davantage le climat politique", selon Bruno Retailleau, président des sénateurs LR.

"Ça veut dire quoi ça? +je l'ai accompagné dans ses divorces+! On rêve! Menace?", s'est exclamé Sébastien Chenu, porte-parole du RN.

Quelques jours plus tôt, après la publication de la vidéo à caractère sexuel de M. Griveaux, la classe politique, dans une rare unanimité, avait exprimé son indignation et appelé au "respect de la vie privée" des politiques.

A la campagne, le vélo n'a pas toujours la cote

Mercredi, 19. Février 2020 - 19:00

Porté aux nues dans les métropoles, le vélo n'a pas toujours la cote en campagne et en zone périurbaine, où la voiture reste indétrônable. Même si un "frémissement" se fait sentir ici ou là

"Alors, c'est comment le vélo à Châteaubriant ?" Un long silence s'installe parmi les adhérents de l'association Véli-vélo. "C'est pas comme on voudrait. Il y a des aberrations", finit par lâcher Catherine, retraitée de 62 ans. "Ce n'est pas du tout sécurisant, je ne suis pas à l'aise en ville", ajoute Marie-Claire, travailleuse sociale de 58 ans.

En ce samedi matin de janvier, une quinzaine d'adhérents sont venus faire marquer leur vélo au foyer-restaurant, face au château du XIe siècle de cette petite ville de 12.000 habitants, entre Nantes et Rennes. En 2017, la commune avait été notée "F", c'est-à-dire ville "défavorable" au vélo, par le baromètre des villes cyclables de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). Cette note s'est améliorée à "D" en 2019, soit "ville moyennement favorable au vélo".

"Il y a des aménagements vitrines, des choses qui coûtent cher mais ne sont pas forcément satisfaisantes", estime cependant Marie-Laure Pantecouteau, présidente de Véli-vélo, association créée en 2015 à Châteaubriant et qui compte près de 200 adhérents.

Cette infirmière de 60 ans, qui conseille à ses patients de pédaler pour leur santé, regrette le manque de "volonté politique" de la mairie en faveur du vélo. L'association doit ainsi batailler pour que les rues limitées à 30 km/h puissent être empruntées en sens interdit par les vélos, comme c'est la règle partout en France. Sauf à Châteaubriant où le maire Alain Hunault (LR) l'a interdit par arrêté municipal.

"Ils nous promettent des choses qu'après ils ne tiennent pas", regrette Mme Pantecouteau.

La première adjointe au maire Catherine Ciron met elle en avant des "contingences techniques" et assure que la ville mène une "politique volontariste" en faveur du vélo avec 7,53 euros dépensés par habitant et par an (contre 8 euros en moyenne en France) et une "accélération en fin de mandat".

"On sait bien qu'il y a une demande de la part des habitants. Ici, les distances sont courtes et le vélo est tout à fait adapté", affirme-t-elle, en assurant que la ville était prête "à franchir le pas" concernant les doubles sens cyclables en zone 30. "Ça ne va jamais assez vite pour certains mais nous on continue", assure l'élue.

- 3% des déplacements -

Si le vélo n'est pas le thème de campagne N.1, "on sent un frémissement chez les maires des territoires ruraux", analyse Olivier Schneider, président de la FUB. "Les habitants des zones rurales disent: nous aussi, on a le droit de se déplacer à vélo. Mais les maires ruraux ne sont pas toujours hyper enthousiastes: ils ont déjà du mal à boucler leur budget".

Seuls 27% des cyclistes jugent que la situation s'est améliorée dans les villes de moins de 20.000 habitants, contre 56% dans celles de plus de 200.000 habitants, selon le baromètre de la FUB.

Le paradoxe, c'est qu'il y a 30 ans, "c'est dans les petites villes que la pratique du vélo était la plus importante", souligne Nicolas Mercat, chef de projet pour le cabinet de conseil Indiggo.

Mais l'urbanisme s'est développé autour de la voiture avec de grandes zones commerciales et de "gros giratoires". "Ce sont des espaces qui ne sont pas faits pour le vélo, qui ne sont pas confortables, alors même que les distances sont accessibles", explique M. Mercat.

"La très forte hausse de la pratique du vélo dans les grandes villes est un trompe-l’œil car ces villes ne représentent qu'une petite partie de la population française. La pratique continue à baisser en zone rurale et périurbaine", ajoute-t-il.

En cause: un (gros) déficit en pistes cyclables par rapport aux autres pays européens. Avec 3% des déplacements effectués à vélo, la France se positionne au 25e rang dans l'Union Européenne où l’usage du vélo dépasse les 7% en moyenne (28% aux Pays-Bas).

Retraites: l'examen de la réforme vire au blocage à l'Assemblée

Mercredi, 19. Février 2020 - 19:00

L'examen de la réforme des retraites a viré au blocage à l'Assemblée nationale: au troisième jour des débats mercredi, les rappels au règlement et suspensions se sont succédé dans une grande tension, empêchant l'avancée des travaux sur les milliers d'amendements.

Dès l'ouverture de la séance à 15H00, le ton a été donné avec des rappels au règlement de LR réclamant des éclairages sur le financement de la réforme, et de la gauche dénonçant les règles en vigueur pour l'examen des 41.000 amendements.

Dans une atmosphère houleuse, les trois groupes de gauche -PS, PCF et LFI- ont contesté les mesures prises la veille en conférence des présidents de l'Assemblée pour quadriller le débat, prévoyant notamment un seul orateur sur les amendements identiques.

Pour la gauche, il est en particulier inacceptable que des amendements placés à différents endroits du texte tombent au motif qu'ils auraient le même objet.

"C'est grave ce qui se passe", a lancé Sébastien Jumel (PCF), en accusant le président de l'Assemblée Richard Ferrand (LREM) "d'autoritarisme".

Au perchoir, Richard Ferrand a défendu l'application d'une "règle constante" et exclu toute nouvelle conférence des présidents au motif que "les humeurs changeraient".

Le patron de LR Christian Jacob est lui aussi intervenu, affirmant qu'avec une telle règle "on arrive à quelque chose de ridicule".

Plusieurs suspensions de séance ont suivi, entrecoupées de l'examen d'une poignée d'amendements, rappelant la paralysie de juillet 2018 lors de l'examen du projet de révision constitutionnelle, victime collatérale de l'affaire Benalla.

Les communistes, qui ont demandé comme la veille une vérification du quorum, ont vite épuisé leur quota de suspensions et ont donc demandé... un vote pour interrompre momentanément les travaux.

Et lors d'une des multiples pauses, à la veille d'une nouvelle journée interprofessionnelle de mobilisation, plusieurs insoumis et communistes ont entonné le chant des gilets jaunes "on est là".

-"cirque"-

"Quelle image donnons-nous de nos travaux? C'est de l'antiparlementarisme de base", s'est offusqué le co-rapporteur Nicolas Turquois (MoDem), applaudi par la majorité, debout, tandis que le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski plaidait pour en revenir au débat.

Sur Twitter, des élus disaient leur "honte" que l'Assemblée "se transforme en cirque" ou déploraient "un concours Lépine de l'obstruction désolant".

"Attention, vous jouez avec le feu", a aussi lancé le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre à l'opposition.

"La question n'est plus celle du débat sur les retraites mais celle de la défense des institutions", s'est-il égosillé, dans une intervention conclue par une standing ovation des "marcheurs" et une énième suspension de séance.

Christian Hutin (app. PS) s'est pris le bec avec le "marcheur" Mickaël Nogal. "Je viens de me faire injurier publiquement", a affirmé l'élu de gauche.

Depuis lundi, les débats patinent sur cette réforme visant à créer un système "universel" de retraites par points. Après de longues discussions sur le titre même du projet de loi, les députés n'ont entamé qu'en début de soirée l'examen de l'article 1er, consacré aux "principes généraux" et qui fait l'objet à lui seul de plus de 1.700 amendements.

Dans l'espoir que le calendrier puisse tenir, les députés siègeront au moins jusqu'au 6 mars, avec des travaux ce week-end.

Le spectre de l'utilisation du "49-3", arme de la Constitution qui permet au gouvernement d'abréger les débats et de faire adopter un projet de loi sans vote, plane.

"On va vers l'inconnu total", admet une source gouvernementale, qui dit assister "à ce triste spectacle bras ballants". "On ne va pas supporter ça trois semaines (...) Est-ce que l'atterrissage inéluctable ne sera pas le 49-3?".

Le recours au "49-3", serait-il une défaite? "Pas du tout", a répondu le député LREM Florian Bachelier devant l'Association des journalistes parlementaires. "Il ne faut pas que la majorité s'enferme dans le piège tendu par l'extrême gauche" et "chacun prendra ses responsabilités".

Lundi soir, un "marcheur" prédisait: "soit c'est pénible mais on y arrive (...), soit ils font du Benalla et ça bloque complètement..."

parl-chl/reb/dch/cbn

Sécurité routière: le nombre de morts sur les routes en hausse de 9,7% en janvier

Mercredi, 19. Février 2020 - 18:00

Le nombre de morts sur les routes de France métropolitaine a augmenté de 9,7% en janvier par rapport au même mois de l'année dernière, avec 260 personnes décédées contre 237 en janvier 2019, a annoncé mercredi la sécurité routière.

Cette hausse concerne essentiellement les jeunes de 18-24 ans ainsi que les conducteurs de scooters, vélo et automobiles, tandis la mortalité pour les motos est stable, et que celle des piétons baisse, selon la même source.

A l'inverse, en Outre-Mer, la mortalité routière a baissé en janvier 2020, 16 personnes ayant perdu la vie dans des accidents de la route, soit 4 de moins qu'en janvier 2019.

Du côté des blessés, une hausse très nette (+18,4%), soit 5.628 personnes, a été enregistrée en janvier 2020.

La mortalité sur les routes de France métropolitaine a suivi une tendance haussière entre 2014 et 2018, mais se tasse depuis 2018.

Ces chiffres viennent contrarier la tendance, historiquement basse, enregistrée en 2019 sur les routes de l'Hexagone

L'année passée a en effet été marquée par un plus bas historique du nombre de morts sur les routes de la métropole. Avec 3.239 tués, la Sécurité routière avait comptabilisé pour 2019 neuf morts de moins qu'en 2018 en métropole, soit une très légère baisse de 0,3%.

Le gouvernement avait imputé mi-janvier cette stagnation annuelle à l'entrée en vigueur en 2018 de l'abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires.

La mesure, impopulaire auprès des élus de certaines communes et conspuée par les "gilets jaunes", devrait néanmoins faire l'objet d'assouplissement. Au cas par cas, un relèvement à 90 km/h sur certaines routes est désormais possible.

Municipales à Paris: Hidalgo et Dati au coude-à-coude à 23%

Mercredi, 19. Février 2020 - 17:00

La liste conduite par la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et celle de la candidate LR Rachida Dati sont au coude-à-coude avec 23% d'intentions de vote au 1er tour des municipales à Paris, selon un sondage Harris Interactive Epoka diffusé mercredi.

En troisième position, la liste d'Agnès Buzyn est créditée de 17% dans cette enquête réalisée aussitôt après la désignation de l'ex-ministre de la Santé comme candidate LREM après le retrait de Benjamin Griveaux.

La liste du candidat EELV David Belliard recueille 13% d'intentions de vote et celle de Cédric Villani, exclu de LREM, 10%, le score nécessaire pour se maintenir au second tour, selon ce sondage pour LCI.

Une autre enquête de l'institut Odoxa-CGI diffusée mercredi donne Rachida Dati en forte hausse (+ 5 points) par rapport à une précédente enquête du 26 janvier, avec 25% d'intentions de vote, devant Anne Hidalgo, stable à 23%, et Agnès Buzyn à 17%.

Loin derrière dans l'enquête Harris Interactive, la liste de la candidate LFI Danielle Simonnet est créditée de 6% et celle de Serge Federbusch, soutenue par le RN, de 5%.

Enquête réalisée en ligne du 17 au 19 février auprès de 1.092 personnes inscrites sur les listes électorales à Paris, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

Propos sur la vie privée: Faure dénonce une "faute grave" de Castaner

Mercredi, 19. Février 2020 - 16:00

Le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a dénoncé mercredi la "faute grave" du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner pour avoir évoqué sa vie privée sur fond d'affaire Griveaux et a demandé à Emmanuel Macron d'intervenir.

"Christophe Castaner a commis une faute grave. Dès lors, il appartient au président de la République, garant de nos institutions, de convoquer le ministre de l'Intérieur dans les meilleurs délais et d'en tirer les conséquences", a souligné le patron du PS lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale.

Le ministre de l'Intérieur a suscité l'indignation de nombreux responsables politiques après avoir déclaré dans la matinée sur France Inter: "J'ai été surpris d'entendre Olivier Faure, que je connais bien et que j'ai accompagné dans ses divorces et ses séparations. J'ai été étonné de ses leçons de morale."

Le ministre réagissait au propos d'Olivier Faure qui avait dénoncé la veille la "légèreté incroyable" de Benjamin Griveaux, contraint de retirer sa candidature à la mairie de Paris après la diffusion de vidéos à caractère sexuel sur les réseaux sociaux.

"Ce matin une ligne rouge a été franchie", a estimé Olivier Faure, un temps très proche de son ancien camarade socialiste avant que celui-ci ne rejoigne LREM. "Le fait pour un ministre de l'Intérieur de chercher à intimider l'un des dirigeants de l'opposition en ayant recours à des insinuations relevant de sa vie privée est une atteinte au fondement de la démocratie. Ce n'est pas une affaire personnelle. C'est une question de principes".

"La vie publique exige de la probité, de la dignité et le respect de l’Etat de droit. Depuis quelques jours, la vie politique a pris un tournant inquiétant", a ajouté le député de Seine-et-Marne.

Face à l'avalanche de critiques, M. Castaner a réagi lui-même sur Twitter dans un message adressé directement à Olivier Faure: "Cher @faureolivier, il n'y avait ni menace ni attaque personnelle dans mon propos. Nous nous connaissons depuis assez longtemps pour savoir l'un et l'autre que la vie n'est pas linéaire. Et nous y avons quelquefois fait face ensemble".

npk-jk/dch

Violences sexuelles dans le patinage: Sarah Abitbol entendue par les enquêteurs

Mercredi, 19. Février 2020 - 15:00

L'ancienne championne de patinage Sarah Abitbol a été entendue lundi par la brigade des mineurs dans l'enquête ouverte début février pour viols et agressions sexuels sur mineurs, ont indiqué mercredi des sources concordantes à l'AFP.

L'information du Parisien a été confirmée à l'AFP de source judiciaire et par une source proche de l'enquête.

Bien que Sarah Abitbol n'a pas porté plainte, les viols qu'elle a dénoncés étant prescrits, l'audition de celle qui s'était dite "à la disposition de la justice" était attendue.

Dans un livre témoignage ("Un si long silence", Plon), Sarah Abitbol a accusé son ancien entraîneur Gilles Beyer de l'avoir violée et agressée sexuellement plusieurs fois entre 1990 à 1992, une période couverte par la prescription.

La patineuse artistique a dénoncé les faits "pour pouvoir se reconstruire, mais également pour apporter sa voix et son soutien aux femmes en souffrance, qui n'ont pas divulgué leur lourd secret", avaient affirmé ses avocats dans un communiqué.

Le parquet de Paris a ouvert le 4 février une enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles sur mineurs par personne ayant autorité sur la victime.

Les investigations, confiées à la brigade des mineurs de Paris, visent à identifier d'autres victimes potentielles.

La mère d'une jeune patineuse a aussi accusé Gilles Beyer de harcèlement sexuel et de chantage entre 2017 et 2018, selon un témoignage rapporté par L'Equipe. Des faits récents qui tomberaient sous le coup d'une possible action judiciaire.

Les révélations de Sarah Abitbol ont provoqué la démission sous pression du patron du patinage français, Didier Gailhaguet, mais aussi un séisme dans le monde du sport avec la révélation d'autres accusations de viols ou d'agressions sexuelles dans d'autres disciplines.

En 2001, Gilles Beyer a fait l'objet d'une enquête administrative, déclenchée sur la base de signalement de parents d'une jeune patineuse, qui avait conclu qu'il ne devait plus avoir "aucune fonction d'encadrement de jeunes" et avait conduit le ministère des Sports à mettre fin à ses fonction de cadre d'Etat au 31 mars 2001.

Malgré sa mise à l'écart après cette enquête, Beyer a poursuivi sa carrière. Il a aussi effectué plusieurs mandats au bureau exécutif de la Fédération française des sports de glace, et dans les années 2010, organisé plusieurs tournées de gala de l'équipe de France de patinage.

Gilles Beyer, qui a concédé des "relations intimes" et "inappropriées" avec Sarah Abitbol, "réserve ses déclarations à la justice, à la disposition de laquelle il se tient", avait déclaré son avocat Me Thibault de Montbrial.

Retraites: les députés se disputent l'héritage des "pères fondateurs" de la Sécu

Mercredi, 19. Février 2020 - 15:00

Du ministre communiste Ambroise Croizat au haut-fonctionnaire gaulliste Pierre Laroque, les députés de tous bords se disputent l'héritage des "pères fondateurs" de la Sécurité Sociale en 1945 et la référence au Conseil national de la Résistance, lors du débat sur les retraites à l'Assemblée nationale.

"Mots volés", "honneur sali": les communistes supportent mal que les "marcheurs" convoquent Ambroise Croizat pour défendre leur système "universel" de retraite par points, rejeté en bloc par la gauche.

Croizat (1901-1951) fut ouvrier cégétiste dans la métallurgie puis député communiste du Front Populaire de 36, avant d'être envoyé pendant deux ans au bagne d'Alger au début de la Seconde guerre mondiale.

Dans une France exsangue, tout juste libérée, il contribua à la mise en place de la Sécurité sociale, avec le haut-fonctionnaire Pierre Laroque et le résistant Alexandre Parodi, un "ami" à qui il succéda au poste de ministre du Travail, de novembre 1945 à 1947.

"Croizat et Parodi, c'était l'alliance du +prolo+ et du bourgeois", décrit le sociologue du travail Claude Didry (CNRS).

La période est marquée par les fameuses ordonnances des 4 et 19 octobre 1945, pierres angulaires du nouveau système de protection sociale, inspiré par le programme du Conseil national de la Résistance et ses promesses de "jours heureux".

Croizat les prolonge par une série de lois en 1946 et un grand discours le 8 août devant l'Assemblée constituante. Il défend une réforme "qui n'appartient à aucun parti", martèle que la Sécurité sociale doit "libérer les travailleurs des incertitudes du lendemain", avec "un revenu de remplacement du salaire" en cas de maladies, accidents du travail, retraites ou via les allocations familiales, retrace Claude Didry.

A sa mort en 1951, ce fils d'ouvriers eut droit "à un enterrement à la Victor Hugo", raconte le sociologue Bernard Friot dans le documentaire "La Sociale" (2016).

Le film lui attribue la formule: "la retraite ne doit plus être l'antichambre de la mort, mais une nouvelle étape de la vie".

- "Gardiens de l'esprit" -

A l'Assemblée, son nom, celui de Laroque ou le rôle du Conseil national de la résistance reviennent en boucle, en plein débat sur les retraites.

La majorité cite parfois les ordonnances de 1945 pour répondre aux critiques sur les 29 ordonnances programmées dans la réforme macroniste, quand les oppositions y voient un "mépris du Parlement".

"La voix d'Ambroise Croizat résonne encore": le tout nouveau ministre de la Santé Olivier Véran s'est d'emblée référé aux "pères fondateurs de la Sécurité sociale", lundi en ouverture dans l'hémicycle.

A son tour, le délégué général de LREM Stanislas Guerini a évoqué Croizat et l'ancien secrétaire général du PCF Maurice Thorez, reprochant aux communistes de "ne pas être à la hauteur de leur histoire" en rejetant un texte qui prévoit "une retraite minimale" de 1.000 euros pour les carrières complètes dès 2022.

"L'honneur des parlementaires communistes, les valeurs qui sont les nôtres (...) ont été salis par ce vendeur de panneaux solaires", a rétorqué le lendemain le communiste Sébastien Jumel devant la presse, dans une allusion aux précédentes activités de M. Guerini à la tête d'une PME dans les énergies renouvelables.

Puis le secrétaire national du PCF Fabien Roussel est encore monté d'un ton dans l'hémicycle: "Vous êtes +en même temps+, vous auriez été beau dans la Résistance, vous auriez été +en même temps quoi ?+", a-t-il lancé à Stanislas Guerini, suscitant l'indignation de la majorité.

Le 11 février, le groupe communiste avait rendu hommage à Croizat, "figure plus que jamais d'actualité", en recevant son petit-fils Pierre Caillaud-Croizat, pour contester un gouvernement qui "démolit tout ce qu'on a obtenu depuis 1945".

Côté majorité, le député MoDem Brahim Hammouche, "féru d'histoire", trouve "naturel et important" de parler de Croizat et des ordonnances de 1945, "un élément d'identité fort de la République".

Il y a actuellement des "trous dans la raquette", des "fins de vie difficiles" et "nous proposons justement d'être plus solidaires", assume l'élu centriste. "Nous ne sommes pas les geôliers du passé, mais les gardiens de l'esprit du passé".

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