Actualité France

Première passe d'armes en justice entre Ghosn et Renault

Vendredi, 21. Février 2020 - 5:00

Carlos Ghosn affronte vendredi son ancien employeur Renault, par avocats interposés, pour réclamer une indemnité de départ à la retraite de 250.000 euros devant le conseil de prud'hommes de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

L'audience en référé (procédure d'urgence) est prévue à partir de 09H00. Aucune décision sur le fond n'est attendue dans la journée. Si l'affaire est retenue, elle sera plaidée et la décision mise en délibéré dans un délai de 15 jours à un mois.

La saisie des prud'hommes par Carlos Ghosn, révélée en janvier, a suscité plusieurs réactions indignées dans une France en plein débat sur la réforme des retraites et au moment où le constructeur automobile Renault est en pleine crise.

Le groupe au losange vient d'annoncer qu'il envisageait des fermetures d'usines après être tombé dans le rouge l'an dernier pour la première fois depuis 2009.

La responsabilité de M. Ghosn dans les difficultés actuelles de Renault a été mise en cause jeudi par son prédécesseur Louis Schweitzer. "Son management n'était plus adapté à la situation", a-t-il dit à la radio RTL.

- "Cynisme" -

"Non content des dégâts sociaux qu'il a engendrés dans l'entreprise et pour le pays, Carlos Ghosn entend ponctionner à nouveau les salariés de Renault (...). Car finalement, si les prud'hommes devaient lui donner raison, (les 250.000 euros qu'il réclame) seraient prélevés sur la valeur ajoutée de l'entreprise créée par le travail des salariés", a réagi la CGT de Renault, en accusant l'ancien patron de "malhonnêteté" et "cynisme" dans un communiqué.

L'audience aux prud'hommes intervient aussi alors que le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) a annoncé mercredi avoir transmis à un juge d'instruction une enquête sur des soupçons d'abus de bien sociaux chez Renault visant Carlos Ghosn.

Carlos Ghosn avait été contraint de quitter ses fonctions de PDG de Renault le 23 janvier 2019, quand il était en prison au Japon pour diverses malversations présumées révélées par le constructeur japonais Nissan (dont il présidait aussi le conseil d'administration).

Au printemps 2019, l'ancien dirigeant de 65 ans avait fait les démarches pour liquider ses droits à la retraite.

"Il bénéficie du versement de cette pension depuis le 1er juin 2019, tant au titre du régime de base que du régime Agirc–Arrco", a-t-on indiqué dans son entourage. "Or, en dépit de (...) ses demandes répétées auprès de (Renault), son indemnité de départ en retraite ne lui a toujours pas été versée", plus d'un an après son départ.

- "Ghosn était-il salarié ?" -

Du côté de Renault, on considère que M. Ghosn n'a pas droit à cette indemnité dans la mesure où il n'était plus salarié de l'entreprise depuis des années.

Les documents de référence du groupe au losange stipulent qu'on ne peut cumuler un statut de mandataire social avec un contrat de travail. Or, M. Ghosn disposait de ce statut de mandataire depuis sa nomination comme PDG en 2005.

Les défenseurs de Renault considèrent que le contrat de travail était dès lors rompu, tandis que ceux du dirigeant estiment qu'il n'était que suspendu.

La patron déchu avait été libéré sous caution et assigné à résidence au Japon avec interdiction de quitter le territoire. Mais il avait réussi à fuir le pays en fin d'année pour se réfugier au Liban, estimant qu'il n'aurait pas bénéficié d'un procès équitable alors qu'il nie toutes les accusations.

Début janvier, lors d'une conférence de presse à Beyrouth, Carlos Ghosn avait lancé une contre-attaque. "J'ai des droits vis-à-vis de Nissan, vis-à-vis de Renault, qui n'ont pas été respectés et je compte bien les réclamer en justice", avait-il prévenu.

Outre son indemnité de départ à la retraite, Carlos Ghosn réclame à Renault une "retraite-chapeau" pour un montant brut de 774.774 euros par an ainsi que 380.000 actions, d'une valeur de près de 12 millions d'euros au cours actuel, qui lui avaient été attribuées entre 2015 et 2018 en récompense des bonnes performances du constructeur. Sur ces deux sujets, Carlos Ghosn a menacé de saisir un tribunal de commerce.

Le monde politique se saisit du fléau des punaises de lit

Jeudi, 20. Février 2020 - 22:00

A gauche, une députée insoumise a érigé en combat la lutte contre les punaises de lit. Dans la majorité, un ex-candidat à la mairie de Paris a partagé son expérience douloureuse. Ce fléau inquiète le monde politique au point de mériter désormais un plan du gouvernement.

"Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, lance un plan de prévention et de lutte contre les punaises de lit", a annoncé jeudi soir son ministère.

Les punaises de lit sont des insectes dont les piqûres provoquent notamment des démangeaisons, qui se développent dans les matelas et les draps, ainsi que les meubles et les recoins.

Alors qu'elles avaient pratiquement été éradiquées en France au milieu du XXe siècle, le ministère constate une recrudescence, à partir des chiffres remontés par les professionnels de l'extermination des parasites.

Selon eux, 400.000 sites, dont non seulement des logements mais aussi des hôtels, ont été traités en 2018, dernière année de référence, soit presque un tiers de plus que l'année précédente.

Le gouvernement lance donc vendredi une campagne d'information, avec un numéro (0.806.706.806) et un site () dédiés. Il compte aussi demander aux professionnels de se structurer, avec un label à la clé, et prévoit le lancement prochain d'une mission à l'Assemblée nationale pour étudier d'éventuelles évolutions législatives.

Si le sujet des punaises de lit mobilise désormais jusqu'au gouvernement, cela fait près d'un an qu'il émerge plus largement dans le monde politique.

Début février, alors qu'il était encore le candidat de la majorité présidentielle à la mairie de Paris, Benjamin Griveaux, depuis remplacé par Agnès Buzyn, se prononçait pour un "service public municipal" contre les punaises.

M. Griveaux avait donné un tour personnel au sujet en racontant, auprès du journal 20 minutes, une infestation qui avait frappé sa propre famille. "C'est un cauchemar", avait-il témoigné. "Il faut en parler pour que les gens n'aient pas honte de le dire. Quand j'en ai parlé la première fois à un dîner, subitement la parole s'est libérée."

- "Scepticisme" et "moquerie" -

Avant que des figures de la majorité se saisissent du sujet, c'est d'abord l'opposition de gauche radicale, chez les Insoumis, qui en a fait l'an dernier un cheval de bataille.

A l'été 2019, les députés insoumis demandaient à reconnaître les infestations de punaises de lit comme un enjeu de santé publique, exigeant du gouvernement un "plan d'urgence national d'éradication".

C'est, plus spécifiquement, la députée Mathilde Panot qui porte le sujet, au point de participer elle-même à plusieurs opérations de porte-à-porte aux côtés d'associations, en particulier dans la banlieue marseillaise.

"J'avais commencé à parler du fléau des punaises de lit dans la dernière campagne présidentielle", soulignait en janvier sur son blog le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon. "À l'époque, les réactions fluctuaient entre le scepticisme et la moquerie".

"Maintenant, plus personne n'a envie de rire", poursuivait-il, évoquant les punaises de lit comme un phénomène "renforcé par le modèle économique et social dans lequel évoluent les populations concernées".

Les Insoumis appellent notamment à un encadrement des prix de l'intervention des professionnels, et une interdiction des traitements par produits chimiques.

Le gouvernement n'exclut pas de telles mesures mais s'abstient pour l'heure de s'avancer, renvoyant à la future mission parlementaire. Au passage, il dément toute visée politicienne à quelques semaines d'élections municipales qui s'annoncent difficiles pour la majorité.

"On est engagés sur ce plan depuis de nombreux mois et ce ne sont pas les municipales qui nous forcent à traiter la question", assure le cabinet de M. Denormandie dont, de fait, l'action politique tourne beaucoup autour de la réhabilitation des logements existants.

Le cabinet explique en revanche que "l'expérience personnelle" du ministre, frappé comme M. Griveaux par des cas d'infestation, a joué dans son approche et lui a fait prendre conscience d'un "gap" (fossé) mental entre les particuliers confrontés aux punaises de lit et les autres.

"C'est un thème qui tient à cœur au ministre", a résumé le cabinet.

stop-punaises.gouv.fr

"Journée blanche" dans un lycée du Doubs après un cas de harcèlement scolaire

Jeudi, 20. Février 2020 - 22:00

Les enseignants d'un lycée de Pontarlier (Doubs) ont organisé jeudi une "journée blanche" pour protester contre la modification par le rectorat de Besançon d'une sanction contre deux élèves après un cas de harcèlement scolaire, a-t-on appris auprès des enseignants.

Ces deux élèves de première avaient été sanctionnés en décembre par le conseil de discipline du lycée général et professionnel Xavier-Marmier de Pontarlier, après la dénonciation d'un cas de harcèlement dans le cadre de l'internat de l'établissement, a déclaré à l'AFP Claude Cuenot, enseignant et délégué du Snes (Syndicat National des Enseignements de Second degré).

L'un, directement mis en cause pour avoir harcelé un élève à l'internat, avait été définitivement exclu du lycée, le second, mis en cause pour des dégradation, avait été exclu uniquement de l'internat.

Suite au recours des parents, le rectorat a "partiellement invalidé la décision du conseil de discipline", selon M. Cuenot, ce qui est "une lourde dénégation du travail fait par l'équipe".

"Ce n'est pas désavouer le travail des enseignants, c'est graduer la sanction et fonction du cadre réglementaire", en prenant en compte que les faits étaient circonscrits à l'internat, a réagi le rectorat, qui avait requalifié la sanction du premier lycéen en exclusion de l'internat (mais pas des cours) et celle du second en exclusion de l'internat avec sursis.

Lors de la "journée blanche", jeudi, les enseignants ont appelé les parents à ne pas emmener leur enfant au lycée en signe de soutien et ont pris en classe les élèves présents pour discuter du harcèlement, du respect de l'autre, du civisme ou encore des valeurs de la République.

Près de la moitié des 1.500 élèves de l'établissement étaient ainsi absents.

En revanche, "nous ne réclamons pas de sanctions supplémentaires, les choses sont terminées", précise M. Cuenot.

La mère de la victime de 16 ans a expliqué sur le site de France 3 Bourgogne-Franche-Comté le "cauchemar" vécu par son fils: matelas souillé d'urine, lit cassé, affaires volées, objets jetés à la figure, photos volées et diffusées sur les réseaux sociaux.

"En échec scolaire", il "parlait de suicide" avant de trouver le courage de dénoncer les faits, confie-t-elle. "Tout de suite, (les membres de l'équipe encadrante) ont été à l'écoute. Ils ont été géniaux et ont très vite réagi".

Mais "les harceleurs de mon fils vont réintégrer l'établissement", il est "très stressé" et il a "peur que ça recommence", fustige cette femme qui a "peur que si ça se représente, il ne dise rien".

"La commission académique d'appel a encouragé l'élève exclu de l'internat à se scolariser dans un autre établissement, ce qui est actuellement le cas", a rassuré le rectorat.

La "priorité", c'est "la victime, lui apporter l'aide dont elle a besoin, a-t-on insisté. Mais c'est aussi "accompagner la personne qui a commis les faits de harcèlement pour qu'elle puisse les comprendre et ne pas les réitérer", a-t-on ajouté.

Un concert pour cible: au procès du jihadiste Reda Hame, l'ombre de "l'émir" Abaaoud

Jeudi, 20. Février 2020 - 21:00

A Raqqa, c'était "une usine", "une fourmilière": au premier jour du procès du jihadiste Reda Hame, arrêté en août 2015 après son retour de Syrie, la cour d'assises a plongé jeudi dans le fonctionnement de la cellule de combattants d'Abdelhamid Abaaoud, coordinateur des attentats du 13-Novembre.

Reda Hame a passé huit jours en Syrie, en juin 2015. Dès son arrivée, il a été formé par le Belge Abdelhamid Abaaoud, qui lui a notamment appris à tirer à la kalachnikov. Reda Hame, novice en la matière, s'est blessé avec une grenade assourdissante.

L'accusé est ensuite retourné à Paris en traversant l'Europe de l'Est, avec la mission de commettre un attentat. "Si on te passe de quoi t'armer, est-ce que tu serais prêt à tirer dans la foule?", lui avait demandé Abdelhamid Abaaoud, a raconté Reda Hame aux enquêteurs. "Par exemple, imagine un concert de rock", avait ajouté "l'émir".

Cinq mois plus tard, trois commandos de jihadistes, dont Abaaoud, attaquaient le Bataclan pendant un concert, ainsi que le Stade de France et des terrasses bondées à Paris, faisant 130 morts.

"Comment expliquer que pour organiser des attentats de l'envergure que l'on a pu connaitre, Abaaoud sélectionne quelqu'un comme Reda Hame qui n'a aucune expérience dans les armes?", demande la présidente Xavière Simeoni à un policier de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui a participé à l'enquête.

C'est "vraiment délibéré", selon l'enquêteur. "C'est le principe de la fourmilière", explique-t-il à la cour. Reda Hame avait lui comparé Raqqa à une "usine" pour jihadistes. "Il y a la volonté d'en former un maximum et il y en a bien un qui va réussir. (...) Il faut jeter un maximum de bouteilles à la mer", dit encore le fonctionnaire qui a témoigné sous anonymat.

Début 2015, Abdelhamid Abaaoud devient "émir" au sein du comité des opérations extérieures de l'Etat islamique, explique l'enquêteur. "Son rôle est de chercher les meilleurs potentiels pour les renvoyer en Europe. Il faut des profils lisses, indétectables". Reda Hame, ancien technicien en informatique, qui a des papiers en règle, entre dans la case.

- Reprendre une vie normale -

Pourquoi avoir limité le séjour de Reda Hame en Syrie à huit jours? "Ces délais très courts permettent de renvoyer (les jihadistes, ndlr) avant même que les services (de renseignement, ndlr) ne se soient rendus compte du départ", explique le policier. "Il y a d'autres cas de formation express", ajoute-t-il, en citant l'exemple de Brahim Abdeslam, membre du commando du 13-Novembre, qui a passé seulement "une dizaine de jours en Syrie".

Reda Hame, qui sera interrogé vendredi, nie toute intention de commettre un attentat: il a affirmé lors de l'enquête avoir feint d'accepter la mission confiée par Abdelhamid Abaaoud pour pouvoir récupérer son passeport et regagner la France. Il aurait quitté la Syrie sans instruction précise et n'aurait pas contacté à son retour en Europe Abdelhamid Abaaoud comme celui-ci le lui avait demandé.

L'accusé, un Parisien de 34 ans aux cheveux rasés et à la barbe de trois jours, est en détention provisoire depuis 4 ans et demi.

Les deux policiers qui ont témoigné jeudi ont émis des doutes sur ses déclarations lors de l'enquête. "Il est hautement improbable qu'il n'ait pas rencontré d'autres Français comme il le dit. (...) Peut-être qu'il en sait plus que ce qu'il dit", a déclaré l'un d'eux devant la cour d'assises spéciale de Paris.

Suivant les conseils d'Abdelhamid Abaaoud, Reda Hame avait rejoint Paris en plusieurs étapes: Istanbul puis Belgrade, Prague, Amsterdam, Bruxelles. Un moyen de ne pas se faire repérer. Dans la capitale belge, il est soupçonné d'avoir rencontré Mohamed Abrini, un proche d'Abdelhamid Abaaoud, qui passe pour un logisticien des attentats du 13-Novembre. Leurs téléphones ont borné à quelques centaines de mètres, mais il n'y a pas de preuve d'une rencontre.

A Paris, il est retourné à son domicile et a repris une vie normale, avec sa petite amie non voilée et sans présenter de signe de radicalisation. Comptait-il passer à l'acte ou avait-il tourné la page? "D'autres avaient pour instruction de se fondre dans la masse et d'attendre le moment opportun", a expliqué un policier. Reda Hame s'expliquera vendredi.

Dupond-Moretti veut demander l'asile politique pour Assange à Emmanuel Macron

Jeudi, 20. Février 2020 - 20:00

Les nouveaux avocats français de Julian Assange, Eric Dupond-Moretti et Antoine Vey, souhaitent rencontrer Emmanuel Macron afin d'obtenir l'asile politique en France pour le fondateur de WikiLeaks, ont-ils annoncé jeudi lors d'une conférence de presse.

"Nous allons demander à rencontrer le président de la République dans les jours qui viennent, pour ne pas dire dans les heures qui viennent" pour lui exposer la "situation désespérée" que traverse Julian Assange, emprisonné à Londres et menacé d'extradition vers les Etats-Unis qui l'accusent d'espionnage, a détaillé Me Dupond-Moretti.

"Il a de plus en plus de mal à parler. Il est parfois prostré", a-t-il ajouté, faisant part de son inquiétude.

"Les 175 ans de prison qu'on lui promet aux Etats-Unis, c'est une peine indigne, insupportable et contraire à l'idée que l'on peut tous se faire des droits de l'Homme", a-t-il poursuivi lors de cette conférence de presse organisée avec RSF et en présence du père de Julian Assange, John Shipton.

"On travaille bien sûr sur la possibilité de demander aux autorités françaises un asile politique, notre Constitution le permet, nous avons un exemple", "l'asile politique accordé à l'ayatollah Khomeini", a ajouté l'avocat, admettant que ce n'était "pas le meilleur exemple".

En outre, il compte saisir avec des avocats belges la Cour européenne des droits de l'Homme : "pour des raisons techniques, cette juridiction a déjà été saisie" et a estimé la requête "irrecevable mais nous allons la saisir sur un autre fondement".

"Nous réfléchissons collectivement aux moyens juridiques qui pourraient assurer sa protection de manière concrète, nous envisageons de déposer une série de demandes devant toutes les institutions qui sont mobilisables pour permettre une protection juridique", a abondé Antoine Vey.

Les deux avocats français ont intégré il y a environ un mois l'équipe de défense internationale d'Assange, aux côtés d'avocats belges, britanniques, espagnols et américains, sous la coordination de l'ancien juge espagnol Baltasar Garzon, également présent à la conférence.

Une première demande d'asile en France faite par l'ancien conseil de Julian Assange, Juan Branco, n'avait pas aboutie. Une demande d'asile vient par ailleurs d'être faite à la Suisse par des ONG.

"On analyse les canaux juridiques qui permettent de déposer cette demande", notamment via le président de la République, a indiqué Me Vey, précisant ne pas connaître le contenu de la première demande.

Sur le choix de la France, Me Dupond-Moretti a fait valoir des critères de rattachement professionnels, une partie des structures de Wikileaks est hébergée en France, et personnels. Julian Assange a vécu dans le pays de 2007 à 2010, son deuxième enfant, toujours mineur, et la mère de cet enfant sont de nationalité française et résident dans le pays.

Mort d'Elisa Pilarski: les analyses ADN sur les chiens auront bien lieu

Jeudi, 20. Février 2020 - 19:00

Trois mois après la mort d'Elisa Pilarski, tuée dans une forêt de l'Aisne, les analyses ADN seront bien menées sur 67 chiens potentiellement incriminés, la juge ayant seulement refusé le devis du premier laboratoire sollicité en raison de son coût prohibitif, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

"Contrairement à ce qui a été affirmé par certains médias ce jour, les expertises ADN ne sont absolument pas abandonnées. Elles vont être bel et bien menées. La procédure a juste pris un peu de retard en raison de la cherté du devis présenté par le laboratoire privé initialement sollicité" par la juge d'instruction, a déclaré à l'AFP cette source en précisant que la facture était de "200.000 euros".

"C'est de l'argent du contribuable dont on parle. La juge ne pouvait pas accepter un devis de ce niveau. Elle a donc décidé de contacter les autres laboratoires privés français" à même de pratiquer ce type d'expertise très spécifique sur des animaux, a-t-on précisé. "Le choix du laboratoire est en train d'être effectué".

Partie se promener le 16 novembre avec son chien Curtis, Elia Pilarski, âgée de 29 ans et enceinte, avait été retrouvée morte en forêt de Retz, où une chasse à courre était organisée parallèlement. D'après l'autopsie, le décès a pour origine "une hémorragie consécutive à plusieurs morsures" d'un ou plusieurs chiens.

Afin d'identifier le ou les animaux responsables, des prélèvements génétiques ont été effectués sur 67 chiens: les 5 American Staffordshire d'Elisa Pilarski et de son compagnon Christophe Ellul, et 62 autres appartenant à l'association le Rallye la Passion.

L'avocat de M. Ellul, Me Alexandre Novion, a déploré cette semaine auprès de l'AFP que "nous ne soyons pas en mesure d'avoir le retour des analyses génétiques, trois mois après le drame".

A l'inverse, Me Caty Richard, avocate de la mère d'Elisa Pilarski, regrette "qu'il ait été déjà, trop et à tort, communiqué sur les expertises ADN et sur les délais" d'autant que ces analyses ADN "ne constituent pas le Graal absolu".

"La juge d’instruction est très active dans cette affaire. J’appelle à éviter les communications approximatives, qui donnent ensuite lieu à toutes les hypothèses et thèses complotistes que nous déplorons et dont les premières victimes sont les parents d’Elisa, emportés bien malgré eux dans un tourbillon médiatique qui ne fait que rendre leur douleur plus intense encore", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Selon une source judiciaire contactée par l'AFP, les tests ADN "pourraient confirmer ce qui apparaît désormais le plus plausible, à savoir que Mme Pilarski a été victime de son chien Curtis".

Ce chien avait déjà infligé une "morsure importante" à Elisa Pilarski "en mai 2019" selon cette source.

Macron bataille sur la PAC avant le salon de l'agriculture

Jeudi, 20. Février 2020 - 19:00

Emmanuel Macron est monté au front jeudi à Bruxelles sur la Politique agricole commune (PAC), affirmant sa détermination à "se battre" pour la défendre face aux attaques de certains pays au sommet extraordinaire sur le budget européen.

L'issue de cette bataille restait incertaine jeudi soir alors que le sommet se prolongeait. Mais elle sera scrutée de près au salon de l'agriculture que le chef de l'Etat doit inaugurer samedi matin à Paris.

A son arrivée à Bruxelles, Emmanuel Macron a clairement fixé sa priorité pour le sommet: "d'abord se battre pour avoir une politique agricole commune au rendez-vous de nos ambitions".

Il l'a ensuite défendue face aux 26 autres dirigeants alors que la PAC et le montant global du budget étaient "fortement attaqués par les pays du nord", selon l'entourage du président.

Pour lui, "le compte n'y est pas" car la proposition de compromis présentée par le président du Conseil européen, Charles Michel, alloue à la PAC un montant réduit de plus de 50 milliards d'euros sur 2021-2027, par rapport à l'exercice précédent.

"Je souhaite que les prochaines heures, que les prochains jours nous permettent d’améliorer la copie", a-t-il ajouté, en se déclarant ainsi "prêt" à faire durer le sommet si besoin.

Le chef de l'Etat ne sera pas seul à la manoeuvre car, selon Paris, la PAC est défendue par "une vingtaine de pays", surtout de l'est et du sud de l'Europe.

En témoignaient la présence de quelque dizaines de tracteurs, venus notamment des pays baltes ou de Belgique, à proximité des bâtiments de l'UE.

- "Budget fort" -

La baisse du budget de la PAC est proposée par la Commission pour compenser en partie le départ de l'UE du Royaume-Uni, qui était un contributeur net, et pour financer les politiques dites "modernes", comme la lutte contre le changement climatique, la sécurité ou la migration, au détriment des politiques "traditionnelles" comme l'agriculture ou la cohésion (l'aide aux régions les moins développées).

Piliers historiques de l'UE, ces deux dernières représentent environ 60% du budget de l'UE.

Ce coup de rabot est soutenu par un groupe de pays riches, comme les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et, dans une moindre mesure, l'Allemagne.

La dernière proposition mise sur la table par Charles Michel consacre un peu plus de 329 milliards d'euros à la PAC pour la période 2021-2027 (à prix constants 2018). C'est plus que ce qu'avance la Commission (324,2 milliards) dans sa proposition initiale mais cela reste bien en-deçà de l'enveloppe dédiée à la PAC dans le cadre financier pluriannuel en cours: près de 383 milliards d'euros.

"Tout le monde veut plus de sécurité alimentaire, d'environnement etc... Mais qui le fait au final? Ce sont les agriculteurs dans leurs exploitations", a plaidé Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, le premier syndicat agricole français. "On demande toujours plus aux agriculteurs, cela ne peut pas se faire avec un budget moindre", a-t-elle ajouté.

Appelant "Emmanuel Macron à défendre un budget fort pour la PAC", la Confédération paysanne, syndicat classé à gauche, affirme que la politique de Bruxelles devrait "être en cohérence" avec "l'ambition de transition agroécologique" que "la France et l'Europe affichent fortement".

Ces discussions interviennent alors qu'une réforme de la PAC est attendue. Initialement prévue pour être mise en oeuvre dès 2021, elle a pris du retard car elle dépend d'un accord sur le budget.

Pour Emmanuel Macron, l'Europe reste, malgré les difficultés, "la seule voie possible" pour assurer l'avenir de l'agriculture française. "Sortir de l'Europe, comme le propose le Rassemblement National, c’est condamner l'agriculture française en livrant à eux-mêmes nos agriculteurs sans aide ni protection", affirme-t-il dans un entretien devant être publié vendredi par des quotidiens régionaux.

Au fil des décennies, la défense de la PAC est devenue un exercice incontournable pour les présidents français à Bruxelles.

Jacques Chirac avait ainsi marqué les esprits en 2002 lorsqu'il avait conclu un accord avec le chancelier allemand Gerhard Schröder pour établir le cadre de l'Europe agricole.

En 2013, au cours du précédent sommet consacré au budget pluriannuel, la discussion sur la PAC avait déjà été vive. Et François Hollande, le président de l'époque, s'était targué d'avoir évité le pire en limitant la baisse de l'enveloppe dévolue à l'agriculture.

Neige par hélico: Borne reçoit des responsables de stations de ski

Jeudi, 20. Février 2020 - 18:00

Apporter de la neige par hélicoptère sur les pistes de ski faute d'enneigement: cette pratique et l'avenir des sports d'hiver assombri par le changement climatique, sont au coeur d'une rencontre jeudi entre la ministre de la Transition écologique et des représentants de stations.

La vidéo d'un hélicoptère livrant 50 tonnes de neige le week-end dernier à Luchon-Superbagnères, dans les Pyrénées, a suscité l'émoi.

Pour Elisabeth Borne, qui reçoit à 17H00 des représentants des professionnels et des élus, ce type d'opération "n'est pas une voie possible".

"Ma décision a été fondée sur la préservation de l'emploi", s'est justifié le président du syndicat mixte Haute-Garonne Montagne, Georges Méric, avant la réunion. La Haute-Garonne gère trois stations de moyenne montagne en difficulté. Il a été décidé d'enneiger le remonte-pente d'une piste utilisée pour donner des cours aux enfants à Luchon-Superbagnères, a-t-il expliqué à l'AFP.

Si les restaurants, l’hôtellerie, les moniteurs de ski "avaient passé quinze jours sans avoir d'école de ski pour les enfants, ça aurait été dramatique, on allait perdre certainement plus de 200 emplois", alors que la station a déjà souffert du manque de neige à Noël, a ajouté Georges Méric. L'opération a coûté entre 5.000 et 6.000 euros.

Avant cela, la station de Montclar, située à 1.350 mètres d'altitude dans les Alpes, avait aussi transporté de la neige par hélicoptère. L'opération avait alors duré trois heures et nécessité 400 litres de gasoil.

"A situation exceptionnelle, solution exceptionnelle", a encore argué M. Méric, qui a mis en avant l'investissement de 25 millions d'euros sur cinq ans pour reconvertir les trois stations en tourisme "quatre saisons".

Pour la climatologue, Valérie Masson-Delmotte, ce cas illustre "toute la complexité des enjeux pour gérer les risques, s'adapter à un climat qui va continuer à se réchauffer au cours des prochaines décennies, tout en réduisant les rejets de gaz à effet de serre pour limiter l'ampleur du réchauffement par la suite..."

- La neige menacée en moyenne montagne -

Avec le changement climatique, l'exceptionnel risque de devenir la norme. Le manque d'enneigement se fait déjà sentir en France métropolitaine à moyenne altitude, entre 1.200 et 2.000 mètres, selon Météo-France. Au delà de 2.000 mètres, "on constate (...) un net raccourcissement de la durée durant laquelle la neige est présente".

D'ici 2050, le phénomène va encore s'accélérer, quels que soient les efforts faits pour lutter contre le réchauffement de la planète. "Les projections indiquent une réduction de la durée d'enneigement de plusieurs semaines, en moyenne, et de l'épaisseur moyenne hivernale de 10 à 40%, en moyenne montagne", indique Météo-France. D'ici la fin du siècle, si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites, le manteau neigeux sera "régulièrement inexistant en moyenne montagne".

Le recours à la neige de culture ne suffira pas forcément à compenser la disparition de la neige naturelle et pose la question de la consommation en eau, qui deviendra aussi une denrée plus rare, explique le service météorologique et climatologique.

"Pour la période 2030-2050 et pour un taux de couverture en neige de culture de 45%, le volume estimé est en moyenne de l'ordre de 40 millions de m3" par an, calcule Météo-France.

Face à ce manque de neige, certaines communes de montage qui vivent des sports d'hiver devront s'adapter. "Il faut accompagner les responsables de ces stations de ski pour qu'ils trouvent un autre modèle", pour réussir leur "transition", a déclaré mercredi Mme Borne sur RMC.

Dordogne: L214 cible un abattoir de veaux, la préfecture ne voit pas de non-conformité

Jeudi, 20. Février 2020 - 17:00

L'association de défense des animaux L214 a demandé jeudi la fermeture d'un abattoir de veaux en Dordogne, après diffusion d'une nouvelle vidéo montrant selon elle des infractions "multiples", notamment "des signes de conscience ou sensibilité" des animaux.

La préfecture de la Dordogne a dans un communiqué assuré "qu'au premier visionnage des vidéos de l’association, il n’y a pas de mise en évidence de non-conformité à la réglementation".

Cette vidéo, diffusée dans la nuit de mercredi à jeudi, a été tournée en novembre-décembre derniers à l'abattoir Sobeval de Boulazac, du groupe néerlandais VanDrie, un abattoir habilité pour les types d'abattage standard, qui concerne 70% de son activité, ainsi que casher et halal (30%).

Il s'agit d'un abattoir de taille moyenne à l'échelle nationale mais le plus grand de Dordogne avec 3.400 veaux abattus par semaine, soit 24.000 tonnes de viande.

Concernant l'abattage standard, L214 dénonce des "étourdissements réalisés en violation de la règlementation", avec la tête des veaux pas totalement immobilisée au moment de l'étourdissement, donc des "tirs mal ajustés", des animaux blessés mais conscients, et des "contrôles de l'inconscience et de l'insensibilité des veaux quasi-inexistants".

Pour l'abattage rituel, où la plupart des veaux sont tués sans étourdissement, l'association affirme qu'"un contrôle systématique de la perte de conscience" de l'animal, qui doit être effectué avant son immobilisation", n'est pas réalisé à Sobeval.

En conséquences, "de nombreux veaux présentent des signes de conscience et/ou sensibilité avant et après avoir été suspendus à la chaine d'abattage", d'autres "au moment de leur saignée", assure l'association.

Face à ce qu'elle qualifie "d'infractions", L214 a indiqué qu'elle portait plainte auprès du procureur de la République de Périgueux pour sévices graves envers des animaux et a demandé la fermeture administrative d'urgence de l'abattoir de Boulazac.

Selon la préfecture, ces images spectaculaires "notamment celles des animaux suspendus ne reflètent en aucun cas une souffrance ou un état de conscience de l’animal (...) Ces mouvements ne sont que des réflexes musculaires ou des spasmes post-mortem".

Elle rappelle que l'abattoir en question "est agréé pour la pratique de l’abattage" traditionnel ou rituel, a des opérateurs "habilités et formés au respect du bien-être animal" et "fait l’objet de contrôles permanents par une équipe de huit agents de l’Etat dont deux vétérinaires".

"Au déjà des situations classiques, la vidéo montre des cas particuliers. On observe que la tête de certains veaux a bougé et l'opérateur doit s'y reprendre à plusieurs fois. Depuis quelques mois, une mentonière a été installée pour que la tête des veaux ne bouge pas", a expliqué à l'AFP Frédéric Piron, directeur de la DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations).

"Il y a des choses qui peuvent choquer, a-t-il convenu. Au delà des situations classiques, L214 a filmé des situations particulières. On voit notamment un veau sorti du piège, il ne peut être rapidement étourdi, ce type de situation fait l'objet d'une procédure".

"On observe dans la vidéo des veaux qui sont traînés. Quand on ne sait pas, c'est choquant. En réalité, il s'agissait de veaux blessés en stabulation. Ils ont été étourdis puis trainés jusqu'au poste de saignée. C'est une situation exceptionnelle", a souligné ce vétérinaire.

L'abattoir de Sobeval, joint, n'a pas souhaité communiquer jeudi.

Municipales : Villani veut "réparer 2020 et préparer 2030" à Paris

Jeudi, 20. Février 2020 - 16:00

"Il faudra présenter notre meilleur visage au monde pour les Jeux olympiques" de 2024: le mathématicien Cédric Villani, candidat dissident et désormais ex-LREM à la mairie de Paris, dit rêver d'une capitale "agrandie" pour résoudre "les problèmes" des Parisiens.

Q: Quel est le Paris que vous promettez à échéance de cinq, 10 ou 15 ans ?

R: "Je vais viser déjà quatre ans parce qu'il faut penser aux Jeux olympiques, qui arrivent en 2024. C'est le moment où il faudra présenter notre meilleur visage au monde et si, au moment des Jeux olympiques, nous avons encore des rues sales, de la bagarre dans les rues, des incivilités, des dealers qui importunent les uns et les autres, eh bien c'est ce qui sera dans les journaux du monde entier. La priorité c'est de ramener de la sérénité, réduire les embouteillages, mettre en place une police municipale qui amènera de l'apaisement et évitera les incivilités, remuscler les services de nettoiement de la ville.

Il faut réparer 2020 et préparer 2030, en particulier la grande révolution écologique et faire disparaître la mobilité à essence dans les rues, avoir mené un grand programme de végétalisation, réduire très fortement les 2.000 passoires thermiques, améliorer la qualité des transports en commun et travailler de façon très efficace en partenariat avec la couronne pour construire des projets ensemble à l'échelle grand parisienne.

A 15 ans, et j'espère bien avant, nous verrons le nouveau Paris, agrandi, dans lequel les frontières ne seront plus celles du périphérique actuel mais celles qui comprendront aussi les 22 communes limitrophes".

Q: Un maire de Paris peut-il vouloir annexer les communes limitrophes ?

R: "Il y a une anomalie, Paris est une capitale qui a grandi à travers les siècles et qui a arrêté son développement au milieu, dans les mêmes frontières que celles des enceintes d'Adolphe Thiers en 1860, (permettant à) des communes comme Belleville ou Auteuil d'intégrer Paris. Quand on fait des comparaisons internationales, on voit que Paris est tout petit, ce n'est même pas 100 km2 là où Londres en fait 1.515 fois plus. Et cette petitesse handicape. Ce n'est pas en agissant à l'intérieur de Paris qu'on arrivera à résoudre les problèmes de mobilité, d'embouteillages, de logement. Je suis allé rencontrer les maires des communes voisines pour avoir leur avis, et les réponses ont été un peu toujours les mêmes : +Hors de question+, et puis ensuite ils disent : +Je crois que c'est le sens de l'Histoire+."

Q: Comment comptez-vous utiliser l'intelligence artificielle pour diminuer les pollutions à Paris ?

R: "L'écologie telle que je la prône est une écologie scientifique rationnelle, s'appuyant sur des études, des indicateurs, avec tous les systèmes de mesures pour vérifier la pollution. On a vu lors de l'incendie de Notre-Dame-de-Paris comme on était mal équipé pour détecter la pollution au plomb. Nous avons besoin de capteurs qui nous renseignent au quotidien sur tout ce qui pollue, sur les oxydes d'azote... Il faut plus de diagnostics.

La politique, c'est aussi la façon dont on intègre les technologies, les sciences et diagnostics au service de l'humain. Par exemple, vous créez au moins une quarantaine de +quartiers apaisés+ à Paris, dans lesquels vous travaillez sur l'esprit de village, ça veut dire éviter que les voitures viennent envahir les voies. Il faut trouver les bons sens interdits qui feront que l'itinéraire que la voiture a envie de prendre ne sera plus juste un raccourci, revoir les plans de circulation."

Q: Quid des transports ?

R: "L'intelligence artificielle alimente beaucoup de fantasmes, mais ça n'a rien d'intelligent, c'est juste de l'algorithme sophistiqué. Paris est l'une des capitales mondiales de l'intelligence artificielle, parce que nous formons d'excellents chercheurs, d'excellents ingénieurs. Au niveau médical, ça vous permet d'identifier un cancer, mieux que les meilleurs experts humains. Grâce à l'intelligence artificielle, où vous avez des logiciels qui en fonction d'un cadastre, d'un plan d'urbanisme, vous disent automatiquement quels sont les meilleurs endroits pour implanter des panneaux solaires. Il y a des logiciels qui à partir de caméras installées sur des véhicules repèrent les rues qui sont plus sales que les autres, qui ont besoin qu'on revienne nettoyer. Sur la route, l'intelligence artificielle peut permettre de mieux synchroniser et fluidifier la circulation. Moscou l'a fait, ce n'est pas une ville la plus fluide qui soit, mais il faut voir d'où ils partaient".

Q: Paris est-il un bon terrain pour un scientifique comme vous ?

R: "Avec ma qualité de scientifique, d'intellectuel engagé en politique, c'est moi qui porte le projet à la fois plus rationnel et celui qui a la vision du futur, vision internationale. Et, c'est la ville rêvée pour un scientifique: d'abord parce qu'il y a tellement de problèmes à résoudre, ensuite parce que c'est la ville que le monde entier regarde. Nous avons le devoir d'être à la hauteur et Paris est cette grande ville d'expérimentation".

Retraites: poursuite du blocage et des invectives à l'Assemblée nationale

Jeudi, 20. Février 2020 - 14:00

Le quasi-blocage de l'examen de la réforme des retraites se poursuit dans une ambiance chaotique jeudi à l'Assemblée nationale, entre bataille de procédure conduite par les communistes, et noms d'oiseaux fusant dans l'hémicycle.

Un vif échange a opposé l'insoumise Clémentine Autain à Meyer Habib (UDI-Agir), après un tweet du député qualifiant de "petites connes" des élues de la gauche de la gauche ayant participé à la chorégraphie à succès "A cause de Macron", lundi soir, aux abords du palais Bourbon.

"#ACauseDesPetitesConnes. Après la tête #Macron sur une pique, parodie de lynchage @EmmanuelMacron (...) @EstherBenbassa @Clem_Autain @ElsaFaucillon indignes de porter l'écharpe", a tweeté il y a quelques heures le député. Il a maintenu son expression "à cause des petites connes" dans l'hémicycle, accusant les élues d'"attiser la haine".

Mme Autain a dénoncé des propos "sexistes et insultants", plaidant que la contestation peut se faire "dans la joie et la bonne humeur". Elle a été appuyée notamment par Marie-George Buffet (PCF) qui a tancé des "propos vulgaires" d'un député qui n'accepte "pas que des femmes se lèvent pour dire ce qu'elles pensent".

Dans le brouhaha, des élus LR ont plaidé pour que le fonctionnement de l'Assemblée nationale ne soit pas bloqué "par une partie de ping-pong". "On va pas aller de tweet en tweet...", a lancé Eric Woerth (LR).

Les députés PCF se sont à nouveau élevés contre la disparition d'un millier de leurs amendements qui avaient le même objet, "fait inédit sous la Ve République" selon eux. Ces amendements doivent tomber une fois le premier rejeté.

"Nous sommes le seul groupe à subir cette forme de maccarthysme", a dénoncé Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, ciblant le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand (LREM).

"En aucun cas, il n'est question pour nous de bâillonner le groupe communiste", a assuré le président MoDem Patrick Mignola, le patron des députés "marcheurs" Gilles Le Gendre appelant la gauche "à ne pas faire traîner indéfiniment cette polémique".

Les communistes, mais aussi les insoumis, tentent désormais une nouvelle stratégie, multipliant les sous-amendements sur chaque amendement déposé sur l'article premier de la réforme.

"Si nous sous-amendons de cette manière, c'est parce que le président Ferrand a délibérément décidé de supprimer 1.184 amendements déposés par les députés communistes", a expliqué M. Roussel, demandant la réparation de "cette ignominie".

Dordogne: L214 cible un abattoir de veaux, la préfecture ne voit pas de non-conformité

Jeudi, 20. Février 2020 - 14:00

L'association de défense des animaux L214 a demandé jeudi la fermeture d'un abattoir de veaux en Dordogne, après diffusion d'une nouvelle vidéo montrant selon elle des infractions "multiples", notamment "des signes de conscience ou sensibilité" des animaux.

La préfecture de la Dordogne a dans un communiqué assuré "qu'au premier visionnage des vidéos de l’association, il n’y a pas de mise en évidence de non-conformité à la réglementation".

Cette vidéo, diffusée dans la nuit de mercredi à jeudi, a été tournée en novembre-décembre derniers à l'abattoir Sobeval de Boulazac, du groupe néerlandais VanDrie, un abattoir habilité pour les types d'abattage standard, qui concerne 70% de son activité, ainsi que casher et halal (30%).

Il s'agit d'un abattoir de taille moyenne à l'échelle nationale mais le plus grand de Dordogne avec 3.400 veaux abattus par semaine, soit 24.000 tonnes de viande.

Concernant l'abattage standard, L214 dénonce des "étourdissements réalisés en violation de la règlementation", avec la tête des veaux pas totalement immobilisée au moment de l'étourdissement, donc des "tirs mal ajustés", des animaux blessés mais conscients, et des "contrôles de l'inconscience et de l'insensibilité des veaux quasi-inexistants".

Pour l'abattage rituel, où la plupart des veaux sont tués sans étourdissement, l'association affirme qu'"un contrôle systématique de la perte de conscience" de l'animal, qui doit être effectué avant son immobilisation", n'est pas réalisé à Sobeval.

En conséquences, "de nombreux veaux présentent des signes de conscience et/ou sensibilité avant et après avoir été suspendus à la chaine d'abattage", d'autres "au moment de leur saignée", assure l'association.

Face à ce qu'elle qualifie "d'infractions", L214 a indiqué qu'elle portait plainte auprès du procureur de la République de Périgueux pour sévices graves envers des animaux et a demandé la fermeture administrative d'urgence de l'abattoir de Boulazac.

Selon la préfecture, ces images spectaculaires "notamment celles des animaux suspendus ne reflètent en aucun cas une souffrance ou un état de conscience de l’animal (...) Ces mouvements ne sont que des réflexes musculaires ou des spasmes post-mortem".

Elle rappelle que l'abattoir en question "est agréé pour la pratique de l’abattage" traditionnel ou rituel, a des opérateurs "habilités et formés au respect du bien-être animal" et "fait l’objet de contrôles permanents par une équipe de huit agents de l’Etat dont deux vétérinaires".

"Au déjà des situations classiques, la vidéo montre des cas particuliers. On observe que la tête de certains veaux a bougé et l'opérateur doit s'y reprendre à plusieurs fois. Depuis quelques mois, une mentonière a été installée pour que la tête des veaux ne bouge pas", a expliqué à l'AFP Frédéric Piron, directeur de la DDCSPP (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations).

"Il y a des choses qui peuvent choquer, a-t-il convenu. Au delà des situations classiques, L214 a filmé des situations particulières. On voit notamment un veau sorti du piège, il ne peut être rapidement étourdi, ce type de situation fait l'objet d'une procédure".

"On observe dans la vidéo des veaux qui sont traînés. Quand on ne sait pas, c'est choquant. En réalité, il s'agissait de veaux blessés en stabulation. Ils ont été étourdis puis trainés jusqu'au poste de saignée. C'est une situation exceptionnelle", a souligné ce vétérinaire.

L'abattoir de Sobeval, joint, n'a pas souhaité communiquer jeudi.

Coronavirus: une trentaine de rapatriés arriveront vendredi en Normandie

Jeudi, 20. Février 2020 - 14:00

Une trentaine de Français, venus de la zone de Chine la plus touchée par l'épidémie du nouveau coronavirus, vont rejoindre vendredi un centre de vacances du Calvados pour être mis en quarantaine, après plusieurs vagues de rapatriement dans le sud de la France.

Les rapatriés, "probablement 34", seront accueillis dans ce village Pierre & Vacances baptisé "Normandy Garden", a précisé le préfet du Calvados Philippe Court.

Soixante-dix-sept cottages sur 330 ont été privatisés pour l'occasion. Une barrière a été installée entre la zone privatisée et la partie ouverte au public de ce village vacances de 12 hectares, au cœur du pays d'Auge à environ 15 km de Deauville et de Cabourg.

"Ici sur place, pendant 14 jours il n'y aura que des ressortissants français qui sont asymptomatiques, qu'on va surveiller pour voir s'ils déclarent le moindre symptôme, de façon à pouvoir les prendre en charge et les hospitaliser", a souligné Christine Gardel, directrice de l'Agence régionale de Santé (ARS) de Normandie.

Les rapatriés doivent faire l'objet d'un bilan médical avant de monter dans l'avion puis voyager avec une équipe médicale chargée de détecter d'éventuels symptômes pendant le vol. Les voyageurs qui déclarent des symptômes seront pris en charge par le Samu 75 à leur descente d'avion, selon Mme Gardel.

Durant leur séjour, les rapatriés seront suivis par une équipe médicale de treize personnes (médecins, infirmiers, pharmaciens et psychologues). Vingt-cinq militaires de la Sécurité civile assureront les entrées et les sorties et la sécurité du site.

La température de ces personnes sera surveillée deux fois par jour, afin de repérer l'apparition éventuelle de la maladie. "Ce sont des personnes qui ne sont pas malades", a insisté le professeur Renaud Verdon, chef de l'unité maladies infectieuses et tropicales au CHU de Caen.

En cas de symptômes, le rapatrié sera transféré au CHU de Caen et "mis à l'isolement. Le patient restera pour un minimum de 14 jours en secteur hospitalier", a-t-il indiqué. "Le CHU s'est déjà organisé depuis plusieurs semaines pour pouvoir accueillir des personnes qui seraient suspectes d'être infectées par le Covid 19", a ajouté le médecin.

- "Pas d'accès à la piscine"-

Des vacanciers étaient présents jeudi dans ce centre de vacances d'une capacité d'accueil de 1.500 personnes, comme Joanne et Julie, 33 et 34 ans, originaires du Val d'Oise, qui ne se disaient "pas inquiètes".

"Du moment que les rapatriés sont confinés et n'ont pas accès à la piscine", a déclaré Julie à l'AFP.

Au contraire, Audrey Guillain, 36 ans, mère de deux enfants de six ans, venue de l'Essonne, devait rester jusqu'à samedi mais "va éventuellement partir plus tôt", a-t-elle indiqué.

Le directeur du centre Florian Bellanger s'est lui dit "serein". "On a du monde, beaucoup de nos clients sont des Parisiens et vont partir puisque c'est la fin des vacances", a-t-il estimé, disant avoir été contacté mercredi soir par l'ARS.

"Sur les 77 logements retenus pour les rapatriés, 50 étaient occupés et ont été redirigés vers d'autres sites Pierre & Vacances", a-t-il précisé.

Le centre a notamment été choisi pour son confort, sa proximité avec les aéroports et un CHU doté d'un service de maladies infectieuses et tropicales et parce que "la Normandie, c'est une belle région", a affirmé le préfet.

"Une atmosphère bucolique, un cadre verdoyant et un brin de dépaysement", décrit Pierre & Vacances sur son site internet, évoquant "l'esprit d'un village normand traditionnel entouré de nature pour un séjour ressourçant".

Depuis le début de l'épidémie, plus de 300 personnes ont été rapatriées de Chine et placées en quarantaine, dans un centre de vacances à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) et dans les locaux de l'Ecole nationale supérieure des officiers de sapeurs-pompiers (Ensosp) à Aix-en-Provence. La plupart d'entre elles sont ressorties avec la certitude de ne pas être contaminées par le nouveau coronavirus.

Les 35 derniers rapatriés, arrivés le 9 février, via Londres, doivent sortir le 23 février de l'Ensosp.

Le fonctionnement de la justice "durablement désorganisé" par la grève des avocats, s'inquiètent de hauts magistrats

Jeudi, 20. Février 2020 - 14:00

Le fonctionnement de la justice est "fortement dégradé" et "durablement désorganisé" par la grève des avocats contre la réforme des retraites, qui est dans sa septième semaine, s'inquiètent jeudi dans un communiqué les magistrats présidant les conférences nationales des chefs de cour et de juridiction.

Ces hauts magistrats "appellent à trouver dans les plus brefs délais possibles les voies de résolution de cette crise".

Les avocats ont entamé début janvier une grève dure et inédite contre la réforme des retraites qui va voir doubler les cotisations des avocats gagnant moins de 40.000 euros par an. Le mouvement a conduit au renvoi de milliers d'audiences et aggrave l'engorgement des tribunaux.

"Les renvois en nombre de dossiers audiencés, les demandes massives déposées dans le champ du contentieux des libertés désorganisent durablement le traitement des dossiers civils et pénaux, au détriment des intérêts des justiciables", écrivent ces magistrats, qui expriment "leur plus vive inquiétude".

"Le fonctionnement courant du système judiciaire déjà fragile s’en trouve fortement dégradé", ajoutent-ils.

Le communiqué est signé par quatre hauts magistrats, dont Marie-Suzanne Le Quéau, présidente de la conférence nationale des procureurs généraux et procureure générale près la cour d'appel d'Aix-en-Provence, et Xavier Ronsin, président de la conférence nationale des premiers présidents et premier président de la cour d'appel de Rennes.

Le mouvement des avocats "ne vise qu’à exercer des pressions sur le gouvernement" et les juridictions sont les "victimes collatérales d’un conflit sur lequel elles n’ont aucune prise", regrettent les magistrats.

"Ces actions de contestation font peser sur les personnels de greffe des charges de travail supplémentaires injustifiées qui accroissent leur mal-être alors que le taux de vacance de leurs effectifs est déjà trop important", soulignent-ils. Des magistrats et des greffiers ont ressenti "des pressions inacceptables" lors d'interventions d'avocats, critiquent ces magistrats, qui expriment "leur soutien à l’ensemble des personnels de greffe et magistrats des juridictions".

Ces présidents des conférences nationales des chefs de cour et de juridiction se disent "prêts à participer à toute réflexion" sur l'avenir de la profession d'avocats.

Plusieurs barreaux ont reconduit le mouvement de grève, certains jusqu'en mars, alors que le conseil national des barreaux (CNB), qui représente les 70.000 avocats français, dénonce un dialogue de sourds avec la chancellerie.

Municipales à Paris: Gaspard Gantzer annonce à l'AFP se rallier à Agnès Buzyn

Jeudi, 20. Février 2020 - 14:00

L'ancien communicant de François Hollande, Gaspard Gantzer, a annoncé jeudi à l'AFP abandonner sa campagne indépendante à Paris et rejoindre la nouvelle candidate de LREM Agnès Buzyn pour les municipales à Paris.

"Je n'ai pas pu, malgré mes efforts, créer une dynamique", a expliqué M. Gantzer. "Une nouvelle donne politique s'est ouverte avec la désignation d'Agnès Buzyn", a-t-il ajouté. Son soutien est le premier qu'engrange la nouvelle candidate de La République en marche, qui a remplacé au pied levé l'ex-porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, tombé après un scandale sexuel.

"Je veux apporter mes connaissances, mon expérience et toute mon énergie dans la campagne d'Agnès Buzyn", a poursuivi le fondateur de "Parisiennes, Parisiens", jusqu'alors crédité de 1 à 2% dans les intentions de vote..

Parmi les sujets qu'il souhaite évoquer avec la nouvelle candidate de LREM, et qu'il entend apporter dans le programme de Mme Buzyn qui sera dévoilé dimanche, "la propreté, la sécurité, tout ce qui concerne la vie quotidienne".

Concernant la destruction du périphérique, mesure phare de son programme, l'ancien responsable de la communication du président Hollande reconnaît qu'"Agnès Buzyn n'est pas aussi radicale que (lui)".

"C'est toujours difficile à titre personnel de faire le constat qu'il n'y a pas de dynamique suffisamment forte. C'est une déception, oui, mais il n'y a pas d'égo, il faut avoir le sens des responsabilités", a-t-il encore fait valoir.

Ancien camarade de promotion d'Emmanuel Macron à l'ENA, chargé de la communication de maire de Paris Bertrand Delanoë, puis de François Hollande à l'Élysée, Gaspard Gantzer avait été investi en Ille-et-Vilaine par En Marche lors des législatives de 2017, mais avait finalement renoncé à se présenter.

Il avait créé le mouvement "Parisiennes, Parisiens" en 2018 pour conquérir la mairie de Paris. Un temps rejoint par Isabelle Saporta, journaliste spécialiste de l'environnement et par ailleurs compagne du leader d'EELV Yannick Jadot, cette dernière avait finalement rejoint l'équipe de Cédric Villani le mois dernier.

Gaspard Gantzer était tête de liste de son mouvement dans le XVe arrondissement, mais semble avoir peu de chance d'y rester, LREM ayant investi une autre candidate.

"La constitution des listes sera discutée dans les prochains jours", ont indiqué plusieurs sources de LREM qui, comme ses concurrents, a jusqu'au 27 février pour déposer ses listes à la préfecture.

Bray-sur-Seine, ville-laboratoire de l'accueil des réfugiés

Jeudi, 20. Février 2020 - 13:00

Une angoisse étreint depuis plusieurs jours Sophie Mangoyo-Malonda. La Congolaise de 70 ans, qui doit quitter le centre pour réfugiés de Bray-sur-Seine, va gagner son autonomie mais craint d'être "totalement abandonnée" dans ce bourg, où la question migratoire agite la campagne municipale.

Dans cette commune rurale pauvre de 2.300 âmes aux confins de la Seine-et-Marne, de l'Yonne et de l'Aube, un centre provisoire d'hébergement (CPH) s'est installé fin 2018 dans un bâtiment tricolore à trois étages de la cité Briolle, pour accueillir 130 réfugiés de neuf à douze mois chacun.

Un choix du maire LREM Emmanuel Marcadet qui, conscient du risque de crispations sur un terreau du Rassemblement national - Marine Le Pen est arrivée ici en tête des deux tours de la présidentielle -, a créé un "Lab fraternel", structure qu'il dirige et qui offre les mêmes services aux migrants qu'à la population locale.

Arrivée en janvier 2019 dans le CPH, Sophie Mangoyo-Malonda pense devoir son intégration au Lab. "Il y a des personnes qui vous saluent, d'autres qui passent outre. Il y a des racistes mais, dans l'ensemble, j'ai été très bien accueillie", explique-t-elle à l'AFP lors d'un atelier sur la gestion du budget.

- Paris et "la brousse" -

"On a démarré en sous-marin", reconnaît Alexandra Lorion, directrice par intérim le temps des municipales. "Parce que quand vous ramenez une population étrangère en milieu rural, ça grince un peu des dents. La mixité commence à prendre, mais il faut y aller en douceur."

Avec ce centre, accolé au bureau de Poste local, son équipe vante les atouts de la ruralité. "C'est très difficile, pour eux il y a la capitale et la brousse. Ils préfèrent souvent retourner à la rue à Paris plutôt que de rester ici", souligne-t-elle.

Le projet, pensé par l'association France Fraternités et unique en France, est géré par vingt employés avec un budget annuel d'1,5 million d'euros. Il offre de nombreux services: cours d'informatique, de français, rédaction de CV, ateliers pour les enfants...

Le mélange des populations reste toutefois balbutiant, après un an d'activité.

A l'instar de l'atelier proposé par Gynécologie sans frontières (GSF), auquel participait une dizaine de femmes et adolescentes africaines, assises en "U" dans un appartement de la cité qui sert de local au "Lab".

"Pourtant ce n'est pas un sujet que pour les réfugiées", déplore Rose Zinguerlet, seule Braytoise présente ce jour-là.

Pensées notamment pour apporter une écoute aux femmes victimes de violences sexuelles sur la route migratoire, ces interventions profitent aussi aux Françaises car "les personnes vivant dans le village et les réfugiées ont parfois les mêmes problèmes malheureusement", explique Manon Lobet, bénévole pour GSF, évoquant les violences conjugales.

Mais pour l'instant, regrette-t-elle, la population locale "préfère les entretiens individuels" et évite les ateliers collectifs.

A Bray-sur-Seine, le tollé de 2016, lorsque le maire avait choisi d'accueillir quelque 80 migrants contre l'avis des riverains, a laissé des traces.

- "Notre maire est mal barré" -

"Il n'y a pas eu de fillette violée, de grand-mère agressée... Mais en sourdine, il y a une petite musique qui dit +Il a fait venir des réfugiés, on les fera partir avec lui+", s'étrangle le maire Emmanuel Marcadet, lunettes de soleil sur les cheveux.

Pourtant, lui en est "convaincu", le Lab, "c'est la bonne formule": "Quand on est au fond du trou et qu'on voit des gens qui sont censés être plus au fond du trou que nous s'en sortir, on se dit tiens, peut-être que je peux m'en sortir aussi. Ça crée des électrochocs".

Surtout, suggère l'édile, "quand le Lab vous dit +On peut vous aider aussi+".

Le candidat de l'opposition Alain Carrasco (AGIR), patron de l'auto-école locale, estime que M. Marcadet a fait des réfugiés "son business". "Quand les gens s'installent, ont un appartement tout de suite avec l'électroménager et tout, c'est sûr qu'on entend des choses pas sympa", relaie-t-il.

Elisabeth Longé, comme de nombreux riverains interrogés par l'AFP, est plus directe: "Ça crée des tensions dans la ville. Notre maire est mal barré, justement parce qu'il a attiré des réfugiés".

Quelle que soit l'issue du scrutin, se félicite pourtant le maire-directeur, la rénovation de la cité Briolle a démarré. Avant l'élection, Sophie Mangoyo-Malonda aura quitté le centre: elle sera alors devenue la huitième réfugiée à devenir Braytoise.

Coronavirus: "une trentaine" de Français rapatriés attendus vendredi dans le Calvados

Jeudi, 20. Février 2020 - 13:00

Une "trentaine" de Français rapatriés de Chine arriveront vendredi dans un centre de vacances à Branville, dans le Calvados, où on s'assurera qu'ils ne sont pas infectés par le coronavirus, a annoncé jeudi le préfet Philippe Court au cours d'une conférence de presse.

Les rapatriés, "probablement 34", seront accueillis dans ce village baptisé "Normandy Garden", a précisé le préfet. Mais, "ici sur place, pendant 14 jours il n'y aura que des ressortissants français qui sont asymptomatiques, qu'on va surveiller pour voir s'ils déclarent le moindre symptôme, de façon à pouvoir les prendre en charge et les hospitaliser", a précisé Christine Gardel, directrice de l'Agence régionale de Santé (ARS) de Normandie.

Les rapatriés feront l'objet d'un bilan médical avant de monter dans l'avion puis voyageront avec une équipe médicale chargée de détecter d'éventuels symptômes pendant le vol.

Les voyageurs qui déclarent des symptômes seront pris en charge par le Samu 75 à leur descente d'avion, selon Mme Gardel.

Soixante-dix-sept cottages sur 330 ont été privatisés afin d'accueillir les rapatriés dans ce centre Pierre & Vacances de 12 ha, au cœur du pays d'Auge à environ 15 km de Deauville et de Cabourg, d'une capacité d'accueil de 1.500 personnes.

Une barrière a été installée entre la zone privatisée et la partie ouverte au public, a constaté une journaliste de l'AFP.

Durant leur séjour, les rapatriés seront suivis par une équipe médicale, composée de médecins, d'un infirmier, d'un pharmacien et d'un psychologue.

Leur température sera prise deux fois par jour, afin de surveiller l'apparition éventuelle de la maladie.

"Ce sont des personnes qui ne sont pas malades et qui reviennent pour cette phase de quarantaine de 14 jours", a insisté le professeur Renaud Verdon, chef de l'unité maladies infectieuses et tropicales au CHU de Caen.

En cas de symptômes, "la personne serait transférée au CHU de Caen où elle serait mise à l'isolement. Le patient restera pour un minimum de 14 jours en secteur hospitalier", a-t-il indiqué.

"Le CHU s'est déjà organisé depuis plusieurs semaines pour pouvoir accueillir des personnes qui seraient suspectes d'être infectées par le Covid 19", a ajouté le médecin.

Décès de Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur

Jeudi, 20. Février 2020 - 12:00

Jean Daniel, fondateur du Nouvel Observateur devenu l'Obs et grande figure de la gauche et du journalisme, est décédé à l'âge de 99 ans. Les hommages se sont multipliés, y compris de la part de certains qui ne partageaient pas toutes ses idées.

"Il est décédé mercredi soir à l’âge de 99 ans après une longue vie de passion, d’engagement et de création", a indiqué L'Obs.

Grande conscience de gauche, Jean Daniel avait fondé en 1964 avec Claude Perdriel Le Nouvel Observateur, dont il a été le directeur de la publication jusqu’en 2008.

"Le plus prestigieux journaliste français s’est éteint. Il fut à la fois un témoin, un acteur et une conscience de ce monde", écrit encore l'hebdomadaire.

De nombreuses figures du journalisme français ont salué sa mémoire sur Twitter.

"Bouleversé: des générations lui doivent tout, il nous a inspiré: un exemple et l’honneur d’un journalisme exigeant", a ainsi réagi Jean-Pierre Elkabbach.

"Par sa plume, sa culture, sa constance dans ses engagements, son courage physique et moral, il a été une conscience et un modèle pour ma génération", a souligné Anne Sinclair.

L'hebdomadaire Le Point a salué un "grand nom de la presse française".

"On s'est parfois moqués, moi le premier, mais tout de même, quelle biographie!", a aussi salué Daniel Schneiderman.

Pour Robert Ménard, maire de Béziers et ancien secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) jusqu'en 2008, "on peut ne pas partager ses idées mais reconnaître son talent. Il a marqué l'histoire de notre profession".

- Soutien aux féministes -

Né le 21 juillet 1920 à Blida, en Algérie, Jean Daniel, né Bensaïd, combat dans les rangs de la division Leclerc. Après-guerre, il étudie la philosophie à la Sorbonne puis entre en 1946 au cabinet de Félix Gouin, président du Gouvernement provisoire. Se situant déjà dans le courant de la gauche non communiste, il fonde, en 1947, Caliban, une revue culturelle.

Au milieu des années 50, Jean-Jacques Servan-Schreiber l'engage à L'Express où il couvre la guerre d'Algérie. Il y reste huit ans, en devient le rédacteur en chef. Menacé de mort, inculpé pour atteinte à la sûreté de l'état, il défend l'indépendance algérienne.

En 1961, envoyé spécial en Tunisie, il est sérieusement blessé à Bizerte par des tirs de l'armée française.

Deux ans plus tard, c'est à Cuba, en plein entretien avec Fidel Castro, qu'il apprend la mort de John F. Kennedy, avec lequel il vient d'avoir un entretien.

Il a été l'ami d'Albert Camus, de Pierre Mendès-France, Michel Foucault ou encore François Mitterrand.

Après un bref passage au Monde, il reprend en 1964 avec l'industriel Claude Perdriel "France Observateur" qui devient "Le Nouvel Observateur". Participant à tous les grands débats de l'époque, le magazine défend l'anticolonialisme, publie en une le manifeste des "343 salopes" pour l'avortement, soutient Mendès-France, Rocard puis Mitterrand, polémique avec le Parti communiste.

Alice Coffin, du groupe activiste féministe La Barbe, a salué la mémoire de Jean Daniel en postant ce souvenir sur Twitter: "On a fait plusieurs actions de La Barbe contre des événements 100% masculins organisés par l’Obs. A la fin de l’une d’elles, où certains rédac' chefs nous avaient gratifiées de commentaires assez violents, j’ai croisé Jean Daniel. Lui, a dit +Vous avez complètement raison+. Je n’ai aucun souvenir en des dizaines d’actions d’un autre patron de l’entreprise que nous visions par notre action qui ait dit cela aussi spontanément après l’action."

"Réparer l'injustice": la longue lutte des descendants de mineurs grévistes de 1948

Jeudi, 20. Février 2020 - 12:00

Ils dénoncent une "violation du principe d'égalité devant la loi": une cinquantaine de descendants de mineurs grévistes en 1948 espèrent voir leur requête reconnue par la justice, en guise de réhabilitation d'un épisode encore méconnu.

Automne 1948. Des milliers de mineurs cessent le travail pour protester contre des décrets prévoyant notamment la baisse de leur rémunération. Au terme de près de deux mois de grève, marqués par de très violents heurts avec les forces de l'ordre, près de 3.000 mineurs sont licenciés et des centaines poursuivis en justice et condamnés, certains à des peines de prison ferme.

"La répression a été extrêmement forte. Les mineurs licenciés ont été inscrits sur liste noire et n'ont pas pu retrouver de travail", rappelle à l'AFP le journaliste Jacques Kmieciak, spécialiste du mouvement ouvrier. Cet épisode "a marqué les mentalités dans le bassin minier", explique-t-il.

Après de longues années de lutte des mineurs et leurs familles, l'Etat vote fin 2014 la reconnaissance du licenciement abusif, à l'initiative de la ministre de la Justice de l'époque, Christiane Taubira.

Ce texte "reconnaît la responsabilité de l'Etat. Vouloir imposer ses idées par la force, c'est du terrorisme!", lance Norbert Gilmez, 98 ans, l'un des derniers acteurs de cette grève encore en vie et fer de lance de la lutte pour la reconnaissance.

Comme 76 autres mineurs et leurs ayants droit, il a perçu une allocation forfaitaire de 30.000 euros au titre de cette réparation.

Mais si le texte ouvre la voie à l'indemnisation des descendants -à hauteur de 5.000 euros par enfant-, une disposition la conditionne à l'ouverture d'un dossier par les mineurs eux-mêmes auprès de l'ANGDM (Agence nationale pour la garantie des droits des mineurs) dans le cadre de la loi de finances. Or, nombre d'entre eux étaient décédés à la date d'entrée en vigueur de la loi ou n'ont pas eu connaissance de cette disposition.

"Nous considérons qu'il y a un traitement différentiel entre les enfants dont les parents étaient vivants et ceux dont les parents étaient décédés alors qu'ils ont vécu les mêmes situations. Il y a donc eu discrimination", explique à l'AFP Raymond Frackowiak, secrétaire général du syndicat des mineurs du Nord Pas-de-Calais.

- "Déshonneur" -

Pour défendre leurs droits, une cinquantaine d'enfants de mineurs ont donc déposé une QPC (question prioritaire de constitutionnalité) devant le Conseil de prud'hommes de Paris en soutenant que le texte était anticonstitutionnel.

"Nous soutenons que cette loi viole le principe constitutionnel d'égalité entre les citoyens", affirme à l'AFP Me Joao Viegas, avocat au barreau de Paris, qui a plaidé en octobre 2019.

Le Conseil de prud'hommes doit rendre vendredi sa décision, révélant alors s'il transmet -ou non- cette QPC à la Cour de cassation, laquelle décidera à son tour de la transmettre au Conseil constitutionnel.

"Nous avons de bons arguments pour l'emporter", estime Me Viegas, qui "espère que la démarche aboutira le plus rapidement possible", peut-être "dans les prochains mois".

Si elle est positive, cette décision sera un soulagement pour les descendants concernés. "Ce qui s'est passé pour leurs parents ou grands-parents, c'est encore quelque chose qu'ils vivent mal", souligne Me Viegas.

"Cela fait 70 ans que nous sommes victimes d'inégalités et l'injustice gouvernementale perdure!", déplore Norbert Gilmez, qui assure avoir écrit à plusieurs responsables, dont le président Emmanuel Macron. "On continue de nous déshonorer", regrette-t-il en rappelant les nombreuses conséquences des grèves de 1948 et 1952.

Licenciés, les mineurs avaient perdu logement, chauffage et soins gratuits fournis par la mine et furent parfois interdits d'embauche ailleurs.

"Aujourd'hui, je m'interroge: pourquoi n'avons nous pas réussi? Les cheminots, les fonctionnaires ont été indemnisés... Mais la seule réponse qu'ont obtenue les mineurs, c'est la répression. Cela m'interpelle fortement", ajoute M. Frackowiak.

Coronavirus: Bercy réunit vendredi les acteurs économiques pour évaluer l'impact

Jeudi, 20. Février 2020 - 12:00

Le ministère de l'Economie et des Finances réunira vendredi matin les représentants des entreprises et des différents secteurs économiques afin de faire le point sur l'impact de l'épidémie de coronavirus, a-t-il annoncé jeudi.

Cette réunion au format "très large" rassemblera, autour du ministre Bruno Le Maire et de sa secrétaire d'Etat Agnès Pannier-Runacher, les organisations patronales (Medef, U2P, etc.) et des représentants de nombreuses filières, comme celles de la santé, du bois, de l'automobile, du luxe, de l'agroalimentaire, de la mer, du nucléaire ou du ferroviaire, a-t-on précisé à Bercy.

L'objectif est "d'écouter tous ces représentants sur d'éventuelles difficultés aujourd'hui, mais surtout demain ou après-demain" et également de voir comment ils "anticipent des difficultés si (l'épidémie) continue", a expliqué le ministère.

Le virus Covid-19 est apparu fin janvier dans la province du Hubei en Chine, où de nombreux grands groupes internationaux possèdent des usines. Pékin a mis en place des mesures de confinement et de quarantaine, paralysant ainsi l'activité économique des usines du pays, alors que le virus a déjà contaminé environ 75.000 personnes et entraîné le décès de plus de 2.100 personnes.

Des conséquences se font déjà sentir pour de nombreuses entreprises françaises, qui sont présentes en Chine ou dont le pays est un maillon essentiel de la chaîne de production.

Jeudi, le groupe d'équipements et services à l'énergie Schneider Electric a ainsi indiqué que son usine de Wuhan, épicentre du virus, n'avait pas redémarré, tandis que le groupe hôtelier Accor a souligné que 200 de ses hôtels en Chine et à Hong Kong avaient une activité à l'arrêt.

Le secteur du transport aérien est également touché, alors que de nombreuses compagnies, dont Air France, ont suspendu leurs vols à destination et en provenance de la Chine. Même chose pour l'automobile, Wuhan étant un centre incontournable de production pour de nombreux constructeurs et équipementiers, dont PSA, Renault ou Valeo.

Le géant du luxe Kering a lui déjà noté une forte baisse de ses ventes en Chine début 2020 à cause de l'épidémie.

Selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, l'épidémie pourrait à ce stade amputer la croissance française de 0,1 point de pourcentage en 2020. "Si jamais ça persiste et que l'épidémie prend de l'ampleur, bien entendu que l'impact sera plus important", avait-il prévenu mi-février.

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