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Coup de filet à Brest: un réfugié soupçonné d'avoir appartenu à l'EI au coeur de l'enquête

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 21:55

Un réfugié né en Syrie et soupçonné d'avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI) est au cœur de l'enquête des services antiterroristes après le coup de filet visant sept hommes suspectés de projeter une "action violente" et qui a eu lieu lundi, dans le Finistère.

Interpellés à Brest et dans plusieurs communes du département, ces sept hommes âgés de 16 à 38 ans transférés mercredi soir au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), devaient être présentés dans les prochaines heures à la justice antiterroriste. Selon des sources concordantes, ils sont soupçonnés d'avoir préparé un projet d'"action violente" en France.

Parmi eux, figure un homme né en Syrie et arrivé en France début 2015. Ce trentenaire, qui disposerait d'un passeport palestinien, a obtenu le statut de réfugié quelques mois après son entrée sur le territoire français, selon une source proche de l'enquête. D'après des sources concordantes, Mohammad D. est soupçonné d'avoir appartenu au groupe Etat islamique (EI).

Selon une des sources proches de l'enquête, il s'agirait du personnage central de cette cellule, démantelée dans le cadre d'une information judiciaire pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Bénéficiant probablement d'une "aura" liée à son passé d'ancien membre de l'EI, ce trentenaire a agrégé autour de lui une communauté de personnages radicalisés de la région brestoise suivis depuis des années par les services spécialisés.

Parmi eux, le responsable d'une boucherie halal de Brest qui a servi de lieu de rendez-vous à ce petit groupe où figuraient également quelques convertis et un lycéen de 16 ans, fils d'un commerçant brestois.

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, le propriétaire de la boucherie, Wahid B. âgé d'une trentaine d'années, avait été interpellé après avoir mimé un tir à l'arme automatique au passage d'une patrouille de police.

Après son interpellation, 15.000 euros avaient été découverts à son domicile ainsi que des images de propagande islamiste, selon le quotidien régional Le Télégramme. Cette affaire lui avait valu une condamnation à trois ans de prison avec sursis pour "apologie du terrorisme".

- Tutoriels -

Ce commerçant brestois est par ailleurs soupçonné d'avoir voulu se rendre en Syrie en septembre 2014, en compagnie de son épouse - décrite par les autorités comme radicalisée- et de leurs deux enfants mineurs.

Si aucune arme et aucun explosif n'ont été découverts lors des perquisitions menées lundi, les enquêteurs ont néanmoins mis à jour plusieurs découvertes inquiétantes comme des tutoriels récemment téléchargés permettant la confection d'explosifs ou de poison, mais aussi du matériel de propagande et plusieurs allégeances au nouveau calife de l'Etat islamique.

Selon les investigations, les suspects auraient également cherché à se procurer des armes et évoqué des "cibles" potentielles, par exemple des grands rassemblements.

En octobre, un Tunisien avait été interpellé avec des proches, par la DGSI, dans le nord de la France, mis en examen et écroué. Il est soupçonné d'avoir combattu en Syrie-Irak avant de rentrer en Europe en 2017, probablement via l'Allemagne. Si les enquêteurs n'avaient pas mis au jour de projet d'attentat, son profil questionne les services, avait commenté à l'automne, une source proche du dossier.

Interrogé sur BFMTV jeudi matin, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez a rappelé que le risque terroriste demeurait "très élevé" en France en précisant que 60 attentats avaient été déjoués depuis fin 2013.

"On saura à l'issue de ces investigations si nous avons eu, ou pas, le 61e", a-t-il indiqué.

Fermeture de deux sites NOV dans le Nord (129 salariés): "incompréhensible" pour Xavier Bertrand

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 20:56

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand (ex-LR), et deux élus locaux ont qualifié jeudi de "totalement incompréhensible" la décision de fermer deux sites métallurgiques du groupe américain NOV dans le Nord.

"L'annonce brutale par le groupe américain NOV (National Oilwell Varco) de la fermeture de ses deux sites français d’Aulnoye-Aymeries (ex-Vallourec Drilling) et de Berlaimont, qui emploient 129 salariés, est totalement incompréhensible. D'autant que NOV avait racheté il y a moins de deux ans le site Vallourec d'Aulnoye-Aymeries", écrivent les trois élus dans une lettre au ministre de l'Economie Bruno Le Maire transmise à la presse.

Outre Xavier Betrand, Benjamin Saint-Huile, président PS de la communauté d'agglomération Maubeuge-Val de Sambre, et Bernard Baudoux, maire PCF d'Aulnoye-Aymeries, ont signé ce courrier dans lequel ils estiment qu'au-delà "de la catastrophe économique et du drame social qui découlent de cette décision, se posent plusieurs questions".

"Comment le groupe Vallourec, dont l’Etat est le premier actionnaire, a pu céder en avril 2018 une entreprise dont la fermeture est annoncée aujourd’hui ? Pourquoi un groupe américain fait deux acquisitions dans les Hauts-de-France pour s’en séparer deux ans après ?", interrogent ainsi les trois responsables politiques.

Les trois élus ont également demandé "une réunion sur place, avec toutes les parties prenantes, pour faire un point précis sur les conditions de la cession de 2018, et les raisons de la fermeture des sites".

Dans un communiqué, le groupe américain a évoqué un "contexte difficile" marqué par "un environnement de marché incertain" où "les activités françaises de production de tiges de forage continuent à rencontrer des difficultés économiques importantes malgré les nombreuses initiatives menées pour tenter de réduire leurs coûts, améliorer leur compétitivité et relancer leur croissance".

"Nous devons réagir sans attendre et prendre des décisions difficiles pour résorber la situation de surcapacité structurelle dans laquelle nous nous trouvons et assurer la pérennité de nos activités", affirme dans ce communiqué le président de NOV Grant Prideco, R. Brett Chandler.

Vallourec, spécialiste des tubes sans soudure, avait cédé en 2018 son activité produits de forage, déficitaire, à NOV, spécialiste des services pétroliers, pour 63 millions d'euros.

Financement libyen: Alexandre Djouhri bientôt aux mains de la justice française

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 19:52

Après deux ans de bataille judiciaire, la justice britannique va remettre à la France l'homme d'affaires Alexandre Djouhri, protagoniste clé de l'enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

Une cour britannique a confirmé mercredi la décision, rendue en février 2019 par le tribunal de Westminster, de remettre M. Djouhri aux magistrats anticorruption français, a appris l'AFP auprès du parquet national financier et de source judiciaire britannique, confirmant une information de Marianne.

L'homme d'affaires franco-algérien avait été arrêté en janvier 2018 à l'aéroport de Londres, en vertu d'un mandat d'arrêt européen émis par la justice française, notamment pour "détournements de fonds publics" et "corruption".

Selon les textes européens, la justice britannique a dix jours pour exécuter cette décision qui n'est pas susceptible de recours, a précisé une source judiciaire. Ce délai peut être toutefois prorogé de dix jours pour des raisons exceptionnelles.

Alexandre Djouhri, 60 ans, est très attendu par les juges d'instruction français qui souhaitent le mettre en examen, les investigations ayant mis au jour plusieurs flux financiers suspects l'impliquant dans cette affaire.

- Peinture flamande -

Le nom de ce proche de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin puis de Claude Guéant, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, est notamment apparu dans l'enquête pour la vente en 2009 d'une villa située à Mougins, sur la Côte-d'Azur, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, ancien dignitaire du régime de Khadafi.

Il est soupçonné d'en avoir été, derrière plusieurs prête-noms, le véritable propriétaire et de l'avoir cédée à un prix surévalué, permettant de dissimuler d'éventuels versements occultes.

"C'est l'imaginaire et la machination, j'ai jamais eu de villa en prête-nom et j'ai jamais vendu de villa à Bachir Saleh", s'était-il défendu en mars dernier sur LCI.

Lors d'une perquisition à son domicile à Genève en mars 2015, la découverte d'un RIB au nom de M. Guéant avait aussi intrigué les magistrats.

Ceux-ci soupçonnent le bras droit de Nicolas Sarkozy d'avoir reçu 500.000 euros pour rétribuer diverses interventions en faveur de M. Djouhri, notamment auprès d'EADS (devenu Airbus group) à qui l'homme d'affaires aurait réclamé plusieurs millions d'euros de commission pour une vente d'avions à la Libye.

Claude Guéant a toujours soutenu que cette somme était le fruit de la vente de deux tableaux de peinture flamande.

- 1,13 million d'euros de caution -

Mais les enquêteurs français n'arrivaient pas à auditionner l'insaisissable "Monsieur Alexandre", son surnom dans le milieu politique, qui évitait la France depuis 2015.

Les magistrats ont donc décidé d'émettre un premier mandat d'arrêt en décembre 2017, complété par de nouvelles charges contre lui en février 2018, après son arrestation.

Mais M. Djouhri, qui a dénoncé plusieurs fois une justice "politique" et une "persécution", en conteste la validité.

Sa défense avance que la loi helvétique ne contraignait pas ce résident suisse à se rendre en France. Et que les convocations informelles des enquêteurs, par e-mail et par téléphone en juillet 2016, n'ont pas respecté la procédure française.

"Ils ont fait une perquisition (à son domicile, ndlr), ils n'ont absolument rien trouvé donc ils ont inventé une fuite pour pouvoir m'arrêter à Londres", avait-il déclaré à la sortie du tribunal en février 2019.

Hospitalisé après une série d'accidents cardiaques, il avait été assigné à résidence dans la capitale britannique, après avoir payé 1,13 million d'euros de caution.

Ses recours contre les mandats doivent être examinés le 19 mars par la cour d'appel de Paris, en même temps que des requêtes en nullité déposées par Nicolas Sarkozy, ses anciens ministres Claude Guéant, Eric Woerth et Brice Hortefeux, tous mis en examen sauf ce dernier.

Témoignages de dignitaires libyens, notes des services secrets de Tripoli, accusations d'un intermédiaire... Après six ans de travail, une somme d'indices troublants ont donné corps à la thèse d'un financement, par le régime de Khadafi, de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy.

Mais aucune preuve matérielle n'a été retrouvée, même si des mouvements de fonds suspects ont conduit à huit mises en examen à ce jour.

Des retraites aux flambeaux dans plusieurs villes contre la réforme des retraites

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 19:36

Des retraites aux flambeaux étaient organisées jeudi soir dans plusieurs villes, dont Paris, pour protester contre la réforme des retraites, à la veille de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres et d'une nouvelle journée nationale de mobilisation, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les manifestants étaient plusieurs milliers au départ de la place de la Nation à Paris en direction de République, beaucoup d'entre eux portant des flambeaux distribués par les organisateurs en échange de contributions financières libres pour alimenter les caisses de grève. Certains arboraient des lampions artisanaux faits de guirlandes électriques dans des bouteilles tenues au bout d'une ficelle.

Parmi les banderoles et slogans: "Macron retire ton projet! Sauvegardons et améliorons nos retraites!" ou "à bas le roi et sa cour". "On n'aime pas les lacrymos, on aime bien les flambeaux", chantait une manifestante.

"Le mouvement se renouvelle, essaie de toutes les manières que ce soit de se faire entendre", a déclaré l'eurodéputée LFI Manon Aubry, croisée dans le cortège, pour qui "peut-être que le gouvernement n'a pas vu la lumière au bout du tunnel depuis un mois mais qu'il va la voir aujourd'hui avec cette nouvelle forme de mobilisation".

Mêmes scènes dans plusieurs autres villes, comme Dijon ou Lyon, où à chaque fois plusieurs centaines de personnes ont défilé, selon des journalistes de l'AFP. A Metz, ils étaient 300 selon la police, chantant "on est là, même si Macron le veut pas nous on est là".

"Le gouvernement ne veut rien céder (...) Je ne pense pas que les gens vont arrêter de manifester. Moi, je ne vais pas arrêter. On trouve d'autres façons de manifester", comme cette retraite aux flambeaux, a déclaré à Dijon Alain Lomberget, 59 ans, qui travaillait "dans le social" mais est aujourd'hui en invalidité.

"Ça change sur la forme. Il faut marquer les esprits différemment. Toutes les actions sont bonnes à prendre. Et concrètement, faire des manifestations en fin d'après-midi, ça permet de mobiliser des personnes qui ne peuvent plus se permettre de faire grève", a souligné à Lyon Mickaël Goyot, qui manifestait sous les drapeaux de la CNT.

A Strasbourg (800 participants selon la police, 1.200 selon la CGT), des manifestants tenaient une grande banderole sur laquelle était inscrite "Macron, Etat, patrons, battez en retraite", tandis qu'un autre brandissait un pantin en costume noir avec un masque d'Emmanuel Macron et des faux billets sortant des poches et une pancarte autour du cou affirmant "c'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches".

burs-ab-cel/shu

Retraites: la Cour de cassation rend un arrêt favorable aux autoentrepreneurs

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 19:26

La Cour de cassation a rejeté jeudi un recours de la caisse de retraite Cipav contre un auto-entrepreneur qui l'accusait de minorer ses droits, une décision dont devraient profiter 300.000 affiliés à cette caisse, selon la Fédération des autoentrepreneurs.

Constatant que la Cipav a attribué à Alain Tate entre 2010 et 2014 de deux à quatre fois moins de points pour son régime complémentaire que ce à quoi il aurait dû avoir droit, la Cour a jugé que "l'assiette de revenu prise en compte par la Cipav ne correspondait pas au bénéfice réalisé par M. Tate".

La caisse de retraite fondait son argumentation sur la minoration des cotisations versées par les autoentrepreneurs et le principe de proportionnalité entre cotisations et nombre de points acquis.

La Cour de cassation rappelle cependant qu'afin que "ce taux minoré soit sans incidence sur les droits ouverts aux autoentrepreneurs, la loi a prévu, de 2009 à 2015, le versement d'une compensation de l'État à la Cipav".

"La note risque d'être salée pour l'Etat qui compense le déficit entre les cotisations versées, et les droits acquis évalués à 1,6 milliard d'euros", selon un communiqué de la Fédération des autoentrepreneurs.

"La Cipav ne pourra donc plus minorer les pensions de retraite des autoentrepreneurs, dès lors qu'ils gagnent moins de 26.000 euros par an", se réjouit cette organisation.

Selon des avocats interrogés par France-Culture qui a révélé la décision de la Cour, la Cipav pourrait même demander jusqu'à cinq milliards d'euros à l'Etat.

"En pleine réforme des retraites, l'arrêt tombe à pic", se réjouit encore la Fédération des autoentrepreneurs.

"Alors que le gouvernement souhaite mettre en place une retraite à points, on note un déséquilibre du côté des auto-entrepreneurs en profession libérale, qui sans ce jugement auraient été lésés de leurs droits fondamentaux à la retraite", estime-t-elle.

L'autoentrepreneur guadeloupéen Alain Tate s'appuyait sur un rapport de la Cour des comptes de février 2017 qui avait déjà "mis en lumière l'illégalité commise par la Cipav à l'endroit des 320.000 autoentrepreneurs affiliés auprès d'elle dont les points de retraite complémentaire sont minorés sans fondement légal", rappelle la plus haute juridiction.

Réforme des retraites: la conférence de financement lancée le 30 janvier

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 18:41

La conférence de financement, qui doit réunir les partenaires sociaux afin de trouver avant fin avril les moyens de garantir l'équilibre financier du système de retraite d'ici 2027, sera lancée le 30 janvier, a indiqué jeudi Edouard Philippe dans un entretien à La Croix.

"Cette conférence de financement sera lancée le 30 janvier prochain au Conseil économique, social et environnemental. J'ai bon espoir qu'elle permette de déboucher sur quelque chose d'intelligent et de responsable", a expliqué le Premier ministre, en se refusant à lancer des pistes autres que celles de l'âge pivot, "parce que si je commence à évoquer tel ou tel instrument, je réduis à néant l'intérêt de cette conférence".

Dans cet entretien donné au quotidien catholique à la veille d'une nouvelle journée d'action syndicale et d'appel à la grève, le chef du gouvernement a défendu le "bon compromis" trouvé avec les syndicats réformistes. "J'ai bougé en retirant l'âge pivot. Les organisations syndicales, dont la CFDT, ont bougé de leur côté" en admettant le principe d'un retour à l'équilibre.

À propos des propositions qui doivent émerger de la conférence de financement, Édouard Philippe a considéré qu'"il y aura peut-être une mesure d’âge".

"J'ai toujours dit qu'il me semblait impossible de ramener notre système de retraite à l'équilibre sans une mesure d'âge. (...) Mais si les partenaires sociaux s’accordent sur un cocktail de mesures, y compris une mesure d’âge différente de l'âge pivot, je la prendrai", a-t-il soutenu.

Il a en revanche déploré que d'autres organisations syndicales "ne (veuillent) absolument pas de cette réforme". "Ne pas la mener parce que nous savons qu'elles ont des capacités de blocage, ce n'est pas cela la démocratie", a-t-il toutefois prévenu, en réitérant par ailleurs sa condamnation de "toutes les actions qui s'exercent en dehors du droit de grève, comme les blocages ou les coupures sauvages d’électricité", qui sont "illégales et doivent faire l'objet de sanctions".

Le Premier ministre a encore défendu le principe du système universel de retraite, dont il se dit convaincu qu'il va "vivre très longtemps".

"Je le dis avec un sourire, mais je souhaite bon courage au Premier ministre qui, dans le futur, proposerait de casser le système universel en quarante-deux régimes, dont certains ne seraient pas équilibrés, et pour lesquels il faudrait payer pour que leurs assurés travaillent moins que les autres", a-t-il ironisé.

Comment la pénibilité nourrit les inquiétudes sur les retraites

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 18:40

Soulever des packs d'eau à la caisse, travailler debout toute une vie, respirer des odeurs de solvants, porter une personne âgée, découper des poulets à la chaîne, nettoyer les égouts... la pénibilité et ses mille visages nourrissent les inquiétudes sur la réforme des retraites.

Selon une note de la Fondation Jean Jaurès publiée cette semaine, cette question de la pénibilité "structure en profondeur l'opinion publique" sur la réforme des retraites. Le mouvement de grève, qui dure depuis un mois et demi, continue d'être populaire.

D'après un sondage Elabe publié mercredi, plus de six Français sur dix (61%) considèrent qu'Emmanuel Macron "devrait prendre en compte les contestations et retirer" la réforme, un chiffre en hausse.

"Plus la pénibilité est importante et plus les actifs se montrent hostiles à une réforme des retraites", écrivent Jérôme Fourquet et Marie Gariazzo de l'Ifop, dans la note de la Fondation Jean Jaurès.

"50% des actifs qui n'éprouvent aucune pénibilité physique seraient prêts à cotiser (et donc à travailler) plus longtemps contre seulement 34% des +plutôt+ exposés et 18% des +tout à fait exposés+", ajoutent-ils se basant sur plusieurs enquêtes de l'Ifop des dernières semaines.

La question de la pénibilité plane de bout en bout sur cette réforme, qui va conduire les Français à travailler plus longtemps.

Le numéro un de la CFDT, Laurent Berger, avait estimé le 11 décembre dernier qu'il y avait "beaucoup d'insuffisances sur la pénibilité".

"Travailler plus longtemps ne résonne pas de la même manière chez un salarié du bâtiment qui porte des charges lourdes que chez un employé de bureau", explique-t-il encore cette semaine dans l'Obs.

Des discussions se tiennent depuis 15 jours au ministère du Travail précisément sur la pénibilité et les fins de carrière. Rien n'a filtré officiellement même si l'idée d'un "congé reconversion" à mi-carrière pour les métiers pénibles, comme couvreur, revient avec insistance.

La CFDT demande la réintégration de quatre critères, retirés en 2017, du compte pénibilité : manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques et risques chimiques.

- "Hostilité et anxiété" -

Ce compte, assez restrictif et peu utilisé, permet de partir plus tôt en retraite ou de faire une formation.

Le gouvernement a annoncé son extension à la fonction publique, mais l'annonce, faite ensuite, de la fin des départs anticipés, excepté pour les métiers en uniforme, a ulcéré plusieurs syndicats de fonctionnaires.

Le gouvernement a aussi laissé entendre qu'il pourrait abaisser les seuils relatifs au travail de nuit.

C'est au niveau des branches qu'il faut définir les métiers où il y a de la pénibilité, estime Laurent Berger.

Pour Luc Rouban, chercheur à Sciences-Po, "si la question des retraites suscite autant d'hostilité et d'anxiété, quelles que soient les dispositions plus égalitaires du projet, c'est bien parce que le travail est beaucoup moins bien vécu en France qu'ailleurs, et cela à niveau égal de qualification", a-t-il récemment expliqué dans une tribune au Figaro.

Ex-chercheur à Sciences-Po et ex-dirigeant de l'Agence d'amélioration des conditions de travail (Anact), Olivier Mériaux, consultant au cabinet "Plein sens", opine. "Il y a un paradoxe : les Français sont parmi ceux qui sont les plus attachés au travail et, en même temps, c'est ceux qui en Europe manifestent le plus d'insatisfaction par rapport à ce qu'ils vivent au travail", explique-t-il à l'AFP.

Car la pénibilité n'est pas le seul facteur en jeu et le mal-être au travail prend des formes multiples.

"A l'inverse des évolutions en Europe depuis 2010, en France les marges de manoeuvre en termes d'autonomie tendent à se réduire, à peu près pour toutes les catégories socio-professionnelles", explique-t-il, évoquant la singularité du "modèle français de management et de relations au travail" (importance de la distance hiérarchique, faible participation, faible niveau d'équité, de coopération et de confiance, etc...).

Cela explique que "majoritairement, et c'est encore plus vrai pour les salariés moins qualifiés, l'horizon de la retraite est un horizon désirable". Un horizon passablement brouillé en ce moment par les incertitudes liées à un nouveau système.

"Un régime universel de retraites va obliger à rediscuter de la manière dont on évalue la pénibilité, à l'échelle de la situation de travail ou des métiers", explique-t-il. Il milite ainsi pour une logique de prévention, plutôt que de compensation, qui viendrait par défaut quand il n'a pas été possible d'échapper au facteur de pénibilité.

Financement libyen: la justice britannique va remettre Alexandre Djouhri à la France

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 18:24

Une cour britannique a ordonné mercredi la remise à la justice française d'Alexandre Djouhri, protagoniste clé de l'enquête sur le financement libyen présumé de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, a appris jeudi l'AFP auprès du PNF, confirmant une information de Marianne.

L'homme d'affaires de 60 ans avait été arrêté en janvier 2018 à Londres, en vertu de mandats d'arrêt européens émis par la justice française, notamment pour "détournements de fonds publics" et "corruption". Un tribunal londonien avait ordonné son extradition en février 2019 mais il avait fait appel de cette décision.

Selon les textes européens, la justice britannique a dix jours pour exécuter cette décision qui n'est pas susceptible de recours, a précisé une source judiciaire. Ce délai peut être toutefois prorogé de dix jours pour des raisons exceptionnelles.

Alexandre Djouhri est très attendu par les juges d'instruction français, les investigations ayant mis au jour plusieurs flux financiers suspects l'impliquant dans cette affaire.

Le nom de ce proche de Claude Guéant, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, est notamment apparu dans l'enquête pour la vente en 2009 d'une villa située à Mougins, sur la Côte d'Azur, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, ancien dignitaire du régime de Khadafi.

Il est soupçonné d'en avoir été le véritable propriétaire et de l'avoir cédée à un prix surévalué, permettant de dissimuler d'éventuels versements occultes, ce qu'il dément.

Les magistrats anticorruption français avaient émis des mandats d'arrêt européens en décembre 2017 puis en février 2018 à son encontre, en vertu desquels il a été arrêté à l'aéroport londonien de Heathrow, en provenance de Genève, où il réside.

Hospitalisé à plusieurs reprises pour des problèmes cardiaques, il avait été assigné à résidence dans la capitale britannique, sous caution.

Alexandre Djouhri conteste la validité de ces mandats d'arrêt, considérant ne pas être en fuite mais n'avoir pas été convoqué par la justice française dans les formes.

Ses recours doivent être examinés le 19 mars par la cour d'appel de Paris, en même temps que des requêtes en nullité déposées par l'ancien président français Nicolas Sarkozy, ses anciens ministres Claude Guéant, Eric Woerth et Brice Hortefeux dans ce dossier.

La CGT Energie a voté l'arrêt des trois incinérateurs d'Ile-de-France

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 18:14

La CGT Energie a voté en assemblées générales lundi et mardi la mise à l'arrêt à compter de jeudi soir des trois usines d'incinération d'Ile-de-France, menaçant de "saturer" la chaîne de traitement des déchets de 6 millions de Franciliens, ont indiqué à l'AFP le syndicat et l'organisme gestionnaire Syctom.

"Nous entamons les manoeuvres de mise à l'arrêt de 6 fours sur 7 des trois centres, le septième étant en maintenance, à partir de jeudi 22H00 et jusqu'à lundi 22H00" a indiqué à l'AFP Julien Lambert, membre du bureau de la Fédération Mines et Energie de la CGT.

Les trois centres d'Ivry-sur-Seine, Issy-les-Moulineaux et Saint-Ouen traitent 6.000 tonnes de déchets par jour venant des poubelles vertes (non recyclables) des Parisiens et des Franciliens.

"Nous avons mené de nombreuses actions comme la réduction du traitement ou de la vapeur destinée au chauffage urbain depuis le 5 décembre (début du mouvement de grève contre le projet de réforme des retraites) mais on parle très peu de nous", constate le syndicaliste. "Là on va plus loin avec un mouvement innovant, l'arrêt coordonné des trois usines selon les mêmes modalités".

L'arrêt prend 6 à 10 heures, et le redémarrage une à deux journées, soit "6 jours d'arrêt de traitement des ordures" explique le Syctom.

Dans un premier temps, le syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères de l'agglomération parisienne prévoit de stocker les déchets dans les fosses des trois usines et d'évacuer une partie vers d'autres centres. A défaut de valoriser les déchets en énergie (la vapeur permet de chauffer 300.000 logements), ceux-ci seront enfouis, "la pire solution en terme d'environnement", précise le Syctom.

A terme, la filière risque d'être "saturée", et les bennes de ramassages pourraient arrêter de prendre les poubelles, met en garde le syndicat intercommunal. Un scénario catastrophe suspendu aux assemblées générales qui seront réunies lundi pour décider ou non de la poursuite du mouvement.

La CGT Energie est très impliquée dans le mouvement contre la réforme des retraites, avec des coupures de courant ou à l'inverse le rétablissement chez les foyers où le courant avait été coupé, des blocages de sites gaziers et la mise au minimum technique des terminaux méthaniers de Fos et Montoire, des filtrages des centrales nucléaires, etc...

Explosifs découverts à Epinal: le parquet antiterroriste se saisit, deux interpellations

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 17:56

Un homme fiché S pour radicalisation et sa compagne ont été placés en garde à vue jeudi après la découverte d'engins explosifs artisanaux dans un immeuble d'Epinal, dans le cadre d'une enquête menée par le parquet national antiterroriste, a-t-on appris de sources concordantes.

Cette enquête, initialement ouverte par le parquet local, est conduite par le Pnat pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "détention et fabrication d'engins explosifs en relation avec une entreprise terroriste", a indiqué ce dernier.

L'homme arrêté est fiché S pour radicalisation. Né en 1971 et présentant un handicap physique, il est sorti de prison en 2019 après avoir été incarcéré dans un dossier lié aux stupéfiants, a souligné une source proche du dossier.

Suivi depuis plusieurs années, il est notamment connu pour ses relations avec le groupuscule islamiste Forsane Alizza, dissous en 2012 par le ministère de l'Intérieur. Il s'était vanté en décembre de savoir manipuler des explosifs, ce qui avait alerté les autorités, a ajouté cette source.

Sa compagne a elle aussi été placée en garde à vue, selon une source judiciaire.

En début de matinée, des policiers du commissariat d'Epinal et du Raid (unité de Recherche, assistance, intervention, dissuasion) de Nancy avaient investi un immeuble du centre-ville dans le cadre d'une perquisition administrative.

Selon le journal Vosges matin, qui a révélé les faits, cette opération policière "fait suite à des signaux faibles des renseignements territoriaux évoquant la possible présence dans un immeuble de la rue d'une personne pouvant faire partie de la mouvance islamiste".

La rue a été bouclée, selon le maire, Michel Heinrich, mais "il n'y a pas eu de confinement d'école, collège ou lycée, sauf un à l'initiative du chef d'établissement".

Les investigations ont été confiées à la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire, à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Strasbourg.

Retraites: trafic SNCF et RATP de nouveau perturbé par la grève vendredi

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 17:39

Le trafic à la SNCF et à la RATP sera de nouveau perturbé vendredi par la grève contre la réforme des retraites, au 51e jour consécutif du mouvement, avec des métros "très perturbés" et 7 TER sur 10 en circulation, ont annoncé jeudi les deux groupes.

A la SNCF, le trafic TGV sera normal, hormis des perturbations dues aux intempéries en Occitanie, "entre Béziers et Narbonne", a indiqué à l'AFP un porte-parole du groupe ferroviaire.

Le trafic des "Ouigo, Thalys et Eurostar sera normal", a-t-il ajouté. Côté Intercités, 7 trains sur 10 sont prévus.

Sur le réseau TER, "la situation sera variable selon les régions", a souligné le porte-parole. Le trafic "le plus faible" est attendu en Occitanie et dans les Hauts-de-France, avec la moitié des trains en circulation, devant les régions Nouvelle-Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d'Azur, où 6 TER sur 10 rouleront, a-t-il détaillé.

En Ile-de-France, sur le réseau Transilien, il y aura 6 trains (RER SNCF, trains de la banlieue parisienne) sur 10 en circulation "en moyenne", selon le porte-parole.

A la RATP, le trafic des tramways sera "quasi normal", celui des RER "légèrement perturbé", comme celui des autobus, tandis que le trafic du métro sera lui "très perturbé", mais aucune ligne ne sera "totalement fermée", prévoit la régie dans un communiqué.

Les trafic des lignes 1, 7bis, 14 et Orlyval sera "normal". Le service sera "perturbé" sur la ligne 10 "avec 3 trains sur 4".

Sur le reste du réseau métro, le trafic sera "très perturbé", avec deux tiers ou la moitié des trains en circulation sur certaines lignes, quand d'autres offriront moins de trains (20%, 25% ou un tiers), ne seront pas entièrement ouvertes ou ne seront en service qu'une partie de la journée, selon la régie.

La RATP prévoit 3 autobus sur 4 en circulation "en moyenne". Côté tramway, le trafic est annoncé "normal" sur six lignes, "quasi normal" sur le T1 et "très perturbé" sur le T3b.

Concernant le RER A, exploité conjointement par la SNCF et la RATP, les deux groupes feront circuler 4 trains sur 5 aux heures de pointe, 3 trains sur 5 en période creuse, avec l'interconnexion maintenue à Nanterre Préfecture.

Pour le RER B, également cogéré par la SNCF et la RATP, la moitié des trains circuleront avec interconnexion conservée à la gare du Nord, selon les deux opérateurs. La SNCF prévoit par ailleurs 2 RER C sur 3 en circulation, ainsi que la moitié des RER D et 8 RER E sur 10.

Retraites: le préfet Lallement appelle à "la responsabilité" avant la mobilisation vendredi

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 17:02

Le préfet de police de Paris Didier Lallement a lancé jeudi un appel "à la responsabilité" pour éviter des incidents lors de la manifestation sur les retraites vendredi qui doit, fait rarissime, s'achever place de la Concorde.

Pour la septième journée d'action, la manifestation doit s'élancer vendredi à 11H00 depuis la place de la République pour une dispersion prévue vers 19H00 place de la Concorde.

"Ce choix de lieux est celui des organisateurs de la manifestation et relève de leur seule responsabilité. La préfecture de Police mobilisera des moyens humains et matériels significatifs visant à assurer la sécurité des manifestants et à prévenir les violences et dégradations en marge du cortège", prévient le préfet Lallement dans son communiqué.

Le 6 février 1934, une manifestation à l'appel de l'extrême droite, place de la Concorde face à l'Assemblée nationale, s'était achevée par des émeutes sanglantes avec au moins 15 morts et plusieurs centaines de blessés.

Depuis, la tradition républicaine veut que les manifestations à l'appel de syndicats évitent la place de la Concorde, proche des lieux de pouvoirs, même s'il y eut des exceptions. Le 30 mai 1968, les gaullistes avaient défilé de la Concorde à la place de l'Etoile, mais il s'agissait d'une manifestation de soutien au pouvoir en place.

Concernant les "gilets jaunes", leurs manifestations déclarées ne prévoyaient pas de point d'arrivée à Concorde, ce qui ne les a pas empêcher d'essayer d'y aller.

"Actuellement, décider une fin de parcours place de la Concorde, c'est faire le choix d'en faire un potentiel champ de bataille", s'inquiète auprès de l'AFP un haut responsable de l'Intérieur.

Dans son communiqué, le préfet de police en appelle "à la responsabilité de chacun afin que cet exercice du droit de manifester se déroule dans le respect de L’Etat de droit, de la sécurité des personnes et des biens".

Comme lors des précédentes manifestations d'ampleur, entre 5.000 à 6.000 membres des forces de l'ordre devraient être déployés. Des contrôles seront effectués sur les axes desservant la capitale et des périmètres d'interdiction de circuler et de manifester seront établis (Champs-Elysées et sites institutionnels).

Une réquisition a été adressée à la mairie de Paris pour l'enlèvement de tout ce qui pourrait servir de projectiles et pour sécuriser les chantiers sur le parcours.

Dans son communiqué, M. Lallement demande "à l'ensemble des manifestants pacifiques" de "se positionner dans le cortège syndical et non dans un pré-cortège où les groupes radicaux ont pris l'habitude de se former".

Il invite par ailleurs les manifestants "à se conformer strictement aux consignes des organisateurs, à se désolidariser des actions violentes".

Macron: la Shoah ne peut être utilisée pour "justifier" la "division" ou la "haine"

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 15:59

La Shoah ne peut être utilisée pour justifier la "division" ou "la haine contemporaine", a déclaré jeudi le président français Emmanuel Macron lors des commémorations à Jérusalem du 75e anniversaire de la libération du camp nazi d'Auschwitz.

"Nul n'a le droit de convoquer ses morts pour justifier quelque division ou quelque haine contemporaine", a dit M. Macron. "Car tous ceux qui sont tombés nous obligent à la vérité, à la mémoire, au dialogue, à l'amitié."

Son discours intervient après ceux du vice-président américain Mike Pence et du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu: le premier a appelé à "rester ferme" face à l'Iran et le second à agir contre les "tyrans de Téhéran" afin d'éviter une "autre Shoah".

Devant des centaines d'invités dont une quarantaine de dirigeants étrangers, M. Macron s'est interrogé: "quel plus beau symbole que de nous voir ici tous rassemblés et unis, de faire oeuvre utile pour lutter contre le déni comme le ressentiment ou les discours de vengeance".

Les Etats-Unis et Israël, pays alliés, ont tous les deux fait de l'Iran leur ennemi.

La question iranienne a d'ailleurs été au menu de la rencontre mercredi entre MM. Macron et Netanyahu qui exhorte Paris à imposer des sanctions à Téhéran à l'instar des Etats-Unis.

Coup de filet antiterroriste à Brest: les suspects transférés au siège de la DGSI

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 14:50

Les sept suspects interpellés lundi lors d'un coup de filet antiterroriste dans le Finistère ont été transférés au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), où leur garde à vue se poursuivait jeudi, a-t-on appris de source judiciaire.

Ces sept hommes, âgés de 16 à 38 ans, étaient jusqu'à présent entendus dans plusieurs commissariats du département, notamment à Brest. Ils ont été transférés mercredi soir au siège de la DGSI, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), selon cette source.

Parmi eux figure un homme né en Syrie et arrivé en France en 2015. Ce trentenaire, qui disposerait d'un passeport palestinien, a obtenu le statut de réfugié quelques mois après son entrée sur le territoire français, selon une source proche de l'enquête.

D'après cette dernière, il s'agirait du personnage central de cette cellule, démantelée dans le cadre d'une information judiciaire pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle". Des documents de propagande ont été saisis par les enquêteurs.

Parmi les autres protagonistes figure un lycéen de 16 ans, fils d'un commerçant brestois, et plusieurs personnes fichées "S" (pour Sûreté de l'Etat) faisant l'objet d'un suivi pour leur appartenance à la mouvance islamiste radicale, dont le responsable d'une boucherie halal de Brest.

Au lendemain des attentats du 13 novembre 2015, cet homme, âgé d'une trentaine d'années, avait été interpellé après avoir mimé un tir à l'arme automatique au passage d'une patrouille de police.

Après son interpellation, 15.000 euros avaient été découverts à son domicile ainsi que des images de propagande islamiste, selon le quotidien régional Le Télégramme. Cette affaire lui avait valu une condamnation à trois ans de prison avec sursis pour "apologie du terrorisme".

Ce commerçant brestois est par ailleurs soupçonné d'avoir voulu se rendre en Syrie en septembre 2014, en compagnie de son épouse - décrite par les autorités comme radicalisée- et de leurs deux enfants mineurs.

Selon des sources concordantes, les sept hommes sont soupçonnés d'avoir préparé un projet d'"action violente" en France et un départ vers la zone irako-syrienne. Aucune arme et aucun explosif n'ont cependant été découverts lors des perquisitions menées lundi.

Interrogé sur BFMTV jeudi matin, le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez a rappelé que le risque terroriste demeurait "très élevé" en France en précisant que 60 attentats avaient été déjoués depuis fin 2013.

"On saura à l'issue de ces investigations si nous avons eu, ou pas, le 61e", a-t-il indiqué.

Philippe aux marins du Charles-de-Gaulle: "être inerte c'est être battu"

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 14:33

"Etre inerte c'est être battu": paraphrasant le général de Gaulle, Edouard Philippe a souhaité jeudi une "pleine réussite" aux marins du porte-avions français, qui a pris la mer pour rejoindre l'opération anti-Etat islamique au Moyen-Orient.

"Si un jour la lassitude venait à vous gagner lors du déploiement, ce dont je doute, rappelez-vous la devise du général: être inerte c'est être battu", a lancé le Premier ministre devant l'équipage réuni dans le hangar arrière du Charles-de-Gaulle.

"Je vous souhaite une pleine réussite", a poursuivi le Premier ministre face à plusieurs centaines de marins. "Même si nos compatriotes ont parfois une façon originale de l'exprimer, ils savent ce que vous êtes, ils savent ce que vous faites et ils sont fiers de vous", a-t-il encore assuré, avec deux avions de combat Rafale et un avion radar Hawkeye derrière lui.

Le Charles-de-Gaulle a appareillé mardi matin depuis Toulon pour une mission de trois mois, baptisée Foch, qui l'enverra d'abord en Méditerranée orientale, avant de rejoindre l'Atlantique et la mer du Nord. Jeudi matin, il voguait au large de Nice et devait passer les bouches de Bonifacio dans la soirée.

Le bâtiment, escorté de plusieurs navires (frégates, sous-marin, ravitailleur...), débute donc son parcours par un appui à l'opération Chammal, le volet français de l'opération internationale Inherent Resolve contre l'Etat islamique au Levant.

Attendu sur zone à la fin du mois, c'est son cinquième déploiement dans la région, et M. Phlippe y voit "le symbole de cette France fidèle à sa parole, vigilante, qui ne baisse pas pavillon". Une flèche décochée aux pays qui comme l'Allemagne et le Canada ont retiré une partie de leur contingent d'Irak début janvier.

"Ces déplacements ont eu des effets très concrets (...): la destruction de l'assise territoriale de Daech et la réduction drastique du nombre d'attentats de masse sur le sol national", a encore plaidé le Premier ministre, aux côtés de la ministre des Armées Florence Parly.

- Montée en puissance -

Après avoir passé la nuit à bord, M. Philippe a assisté jeudi matin à une dizaine de catapultages et d'apontages d'avions, principalement des Rafale de la marine. Equipés de bombes, ces derniers ont visé des cibles en mer pour ce vol d'entraînement d'un grosse heure qui a permis de poursuivre la phase de "débourrage" du groupement aéronaval dixit son commandant, le contre-amiral Marc Aussedat.

"On est dans une phase de montée en puissance où le groupe aéronaval constitué doit réapprendre à travailler ensemble. On refait des gammes pour arriver sur le théâtre en pleine possession de nos moyens", a poursuivi le contre-amiral.

De part et d'autre du porte-avions, et alors que l'horizon se dégage après plusieurs jours de mauvais temps, la silhouette des navires accompagnant le porte-avions se dessine, dont la frégate grecque Spitsai. Plusieurs bâteaux européens doivent participer à la mission: belges, néerlandais, allemands, portugais et peut-être italiens et danois.

- Chaleureux -

La trentaine d'aéronefs à bord, dont 20 Rafale, se chargeront de la protection de certaines zones afin de "traquer les foyers de résurgence" de l'Etat islamique, selon un haut gradé à bord, dix mois après la décisive bataille de Baghouz.

"Une première phase de cette guerre a été gagnée. Mais cette guerre n'est pas finie", a ainsi rappelé le Premier ministre.

Passionné par l'univers de la mer, M. Philippe, ancien maire du Havre, n'a pas caché son plaisir à redécouvrir le porte-avions, qu'il avait visité lors de sa rénovation en septembre 2017. Durant ces quelques heures à bord, "j'ai eu le privilège de goûter l'esprit d'équipage qu'à bien des égards je vous envie", a-t-il ainsi glissé, adressant à plusieurs reprises des mots chaleureux aux marins.

"Je mesure combien ces déploiement sont difficiles, exigeants", a-t-il souligné.

Actualité oblige, à la veille de la présentation du projet de loi en Conseil des ministres, M. Philippe a ainsi tenu à rassurer les militaires sur la réforme des retraites qui "prend en compte la nature évidemment particulière du métier". "Cette dimension n'a jamais fait débat", a-t-il martelé.

Macron veut lutter davantage contre l'antisémitisme et souhaite un procès pour Sarah Halimi

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 14:12

Le président français Emmanuel Macron s'est engagé jeudi devant la communauté française en Israël à intensifier sa lutte contre "l'antisémitisme qui remonte" et a par ailleurs souhaité un procès pour le meurtre de Sarah Halimi, dont le suspect a été déclaré pénalement irresponsable.

"L'antisémitisme n'est pas le problème des Juifs, c'est un combat pour la République", a-t-il lancé avant de se rendre à Yad Vashem pour la commémoration de la libération d'Auschwitz.

Evoquant un sujet qui provoque "émoi et colère" dans la communauté juive, il est revenu sur la décision de la cour d'appel qui a déclaré en décembre pénalement irresponsable le suspect du meurtre de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en avril 2017.

"Le besoin de procès est là", a-t-il réclamé. "Un pourvoi en cassation a été formulé et constitue une voie possible" car "il faut que tout ce qu'un procès comporte de réparation puisse se tenir", a souligné le président.

"La justice française a reconnu le caractère antisémite de ce crime", ce que "personne ne peut remettre en cause", a-t-il rappelé. "Même si à la fin le juge décidait que la responsabilité pénale n'est pas là, le besoin de procès est là", a-t-il conclu, très applaudi par quelque 600 Français établis en Israël.

Il s'est aussi engagé à renforcer la surveillance des lieux de culte juifs, à veiller à la dissolution d'associations antisémites et rappelé avoir décidé de créer une structure dédiée à la lutte contre les crimes de haine.

Il a enfin critiqué à mots couverts les manifestants qui avaient affublé des enfants d'une étoile jaune lors d'une "marche contre l'islamophobie" en novembre.

"L'utilisation d'une étoile jaune n'a pas sa place, le combat contre l'antisémitisme est inséparable du combat contre le racisme", a-t-il dit.

- "Mur des noms" -

Dans la matinée, il avait assisté à un hommage aux 80.000 déportés juifs de France organisé dans le mémorial érigé en leur mémoire à 30 km de Jérusalem.

Emmanuel Macron a ensuite discuté avec cinq élèves du lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen, en banlieue parisienne, qui avec leur professeure d'histoire Laure Coret, ont étudié le parcours d'enfants cachés pendant la guerre ou de déportés.

Le chef de l'Etat a d'ailleurs raconté avoir rencontré dans sa jeunesse un rescapé. "Ca marque énormément", a-t-il glissé.

C'était la première fois qu'un président français se rendait au Mémorial de Roglit, un "mur des noms" de 35 mètres où sont inscrits les patronymes, origines, dates et lieux de déportation de 73.853 juifs déportés depuis la France.

Pour marquer l'engagement du gouvernement, au même moment son ministre de l'Intérieur Christophe Castaner est allé se recueillir dans un cimetière de Jérusalem où sont enterrées des victimes d'attaques antisémites en France, dont Sarah Halimi.

Il s'est aussi recueilli sur les tombes des quatre victimes de l'école juive de Toulouse, tuées en 2012, de Ilan Halimi, tué en 2006, ainsi que des victimes de l'attentat de l'Hyper Cacher en 2015.

Macron sur Sarah Halimi: "le besoin de procès est là"

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 13:50

Emmanuel Macron a évoqué longuement jeudi la décision de la cour d'appel qui a déclaré pénalement irresponsable le suspect du meurtre de Sarah Halimi, sexagénaire juive tuée en 2017, estimant que "le besoin de procès" était "là".

"Je sais l'émotion très forte provoquée par cette décision" qui a suscité "tant de colère et d'attentes", a-t-il dit devant la communauté française en Israël, rappelant ne pouvoir commenter une décision de justice.

"Je ne peux vous parler avec le coeur, car le président est le garant de l'indépendance de la justice", a-t-il dit.

Mais "un pourvoi en cassation a été formulé" et "la justice française a reconnu le caractère antisémite de ce crime. Et ce caractère antisémite, personne ne peut le remettre en cause", a-t-il martelé.

Mais si "la responsabilité pénale est affaire des juges, la question de l'antisémitisme est celle de la République", a-t-il ajouté.

"Même si à la fin le juge décidait que la responsabilité pénale n'est pas là, le besoin de procès est là", a-t-il lancé, applaudi par plusieurs centaines de Français établis en Israël et réunis jeudi au Centre des congrès de Jérusalem.

Il faut "que tout ce qu'un procès comporte de réparation puisse se tenir", a souligné le président. "Nous en avons besoin en République. Les prochains mois seront importants" à cet égard, a-t-ajouté.

"Un pourvoi en cassation a été formulé et constitue une voie possible", a précisé le président. "Il faut que l'on comprenne ce qui s'est passé (...). Ce combat ensemble nous le mènerons, je ne laisserai jamais la banalisation l'emporter", a-t-il conclu.

La justice, qui a qualifié d'antisémite ce crime commis à Paris en 2017, a déclaré le 19 décembre le suspect pénalement irresponsable, car ce gros fumeur de cannabis était alors en proie à une "bouffée délirante".

Emmanuel Macron était déjà intervenu sur ce procès en recevant Benjamin Netanyahu en 2017 lors de la commémoration de la rafle du Vel d'Hiv, estimant que le caractère antisémite de ce meurtre devait être reconnu.

Jeudi matin, le ministre de l'Intérieur français Christophe Castaner est allé se recueillir dans un cimetière de Jérusalem où reposent plusieurs victimes d'attaques antisémites en France, dont Sarah Halimi.

Il s'est aussi recueilli sur les tombes des victimes de l'école juive de Toulouse tuées par le jihadiste Mohamed Merah en 2012; de Ilan Halimi, jeune juif torturé et tué en 2006; et des victimes de l'attentat du magasin Hyper Cacher en 2015.

Réforme des retraites: "détermination" des opposants avant la présentation en Conseil des ministres

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 12:59

Poursuite des blocages, retraites aux flambeaux avant une 7e journée nationale de manifestations vendredi: les opposants affichent leur "détermination" pour arracher le retrait de la réforme des retraites présentée vendredi en Conseil des ministres.

Après sept semaines de conflit, les deux projets de loi - organique et ordinaire - instituant le "système universel" de retraite par points promis par Emmanuel Macron seront à l'ordre du jour de l'exécutif vendredi, avant d'être transmis à l'Assemblée nationale, où les débats débuteront le 17 février pour un premier vote début mars.

Mais le combat continue sur le terrain. L'intersyndicale (CGT, FO, Solidaires, FSU, CFE-CGC et organisations de jeunesse), qui s'est réunie mercredi soir, a affiché dans un communiqué sa "détermination à faire retirer ce projet de loi".

"Quand on a raison face à une réforme dont plus personne au gouvernement n'est capable d'expliquer qu'elle est juste et simple, eh bien la détermination, elle, ne faillit pas", a abondé jeudi sur Public Sénat le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez.

- La BnF bloquée -

Des retraites aux flambeaux sont prévues jeudi à partir de 18H00. Solidaires en annonce quelque 150 avec des cortèges notamment à Reims, Tours, Tulle, Limoges, Niort, Albi, ainsi qu'à Paris, entre Nation et République.

Entre 30 et 50 manifestants bloquaient jeudi l'accès au site François-Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France (Bnf), a-t-on appris auprès de l'institution. "Nous avons collectivement décidé de fermer la BnF", a revendiqué dans un communiqué une intersyndicale CGT, FSU et SUD Culture.

L'accès aux centrales nucléaires de Paluel et de Penly, en Seine-maritime, a été perturbé par des manifestants sans conséquence sur la production d'électricité, a indiqué jeudi EDF.

A Dijon, des syndicalistes ont partiellement bloqué les locaux d'Enedis (ex-ERDF), a-t-on appris de sources concordantes.

Deux syndicalistes agents d'Enedis en Dordogne avaient été placés quelques heures en garde à vue mercredi pour une coupure sauvage d'électricité, le 10 janvier, dans une entreprise classée Seveso.

"Face à un conflit qu'il ne maîtrise pas, le gouvernement veut criminaliser le mouvement social", a dénoncé dans Le Parisien de jeudi le secrétaire général de la CGT Energie Cédric Liechti. En dépit de la reprise du travail à la SNCF et à la RATP avec un trafic quasiment normal, "il y a un regain de mobilisation", a affirmé le syndicaliste.

Dans le secteur maritime, l'opération trois jours de "ports morts" se poursuit jusqu'à vendredi.

- Référendum -

Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin et celui de l'Économie Bruno Le Maire ont reçu des lettres de menaces de mort, l'une d'elles réclamant l'abandon de la réforme, selon Bercy. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Devant les actions coups de poing qui se multiplient, l'entourage d'Édouard Philippe a pointé la "radicalisation" d'une minorité de "jusqu'au-boutistes".

La mobilisation continue d'être soutenue par une majorité de la population. Plus de six Français sur dix (61%) considèrent qu'Emmanuel Macron devrait retirer la réforme, une opinion en hausse de quatre points en un mois, selon un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi.

Treize formations de gauche, dont le PCF, EELV et le PS, ont présenté mercredi un contre-projet de réforme, avec retraite minimum au Smic et meilleure prise en compte de la pénibilité.

Le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan a pour sa part plaidé jeudi sur France 2 pour l'organisation d'un référendum afin de sortir du conflit et mettre un terme aux "troubles".

Le "moment Chirac" de Macron s'invite à la une à Jérusalem

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 12:26

"Emeutes dans la Vielle ville"? L'altercation verbale entre le président français Emmanuel Macron et un policier israélien dans la Vieille ville de Jérusalem s'est imposée jeudi à la une de médias en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Le président français a lancé en anglais mercredi à un policier israélien "I don't like what you did in front of me" ("Je n'aime pas ce que vous avez fait devant moi"), devant la basilique Sainte-Anne, un domaine français, à Jérusalem.

L'incident rappelle le "Do you want me to go back to my plane?" (Voulez-vous que je remonte à bord de mon avion?) de l'ancien président français Jacques Chirac aux forces de sécurité israéliennes en 1996, là aussi dans le coeur de Jérusalem.

"Encore un incident avec un président français à Jérusalem", a aussitôt déclaré le présentateur à l'ouverture du JT sur la chaîne publique israélienne Kan, alors que les commentaires fusaient sur les réseaux sociaux en France et au Moyen-Orient.

Jeudi, le hashtag #Macron reste dans le top 3 en Israël sur Twitter et noircit des pages de nombre de quotidiens, dont Israel Hayom (Israël aujourd'hui), dans lequel l'ancien ambassadeur israélien à Paris, Avi Pazner, a dressé un parallèle entre les incidents Macron et Chirac.

"J'espère que l'incident Macron est moins sérieux, sans implication diplomatique, comme cela avait été pour la visite de Chirac, mais je ne peux écarter la possibilité que Macron aussi avait en tête l'opinion publique en France et dans le monde arabe", a-t-il commenté dans ce journal ancré à droite.

- Excuses? -

"Bien que Macron, contrairement à Chirac, s'est excusé auprès des gardes israéliens, une question demeure: est-ce qu'un incident dans la Vieille ville sera dorénavant partie intégrante du programme d'un président français en visite en Israël?", a-t-il ajouté.

Après l'incident, Emmanuel Macron a déclaré qu'il y avait eu "un moment d'énervement entre les équipes de sécurité" à son arrivée à la basilique Sainte-Anne.

"Il me revenait d'y mettre bon ordre (...). Il n'y avait pas de préméditation car je pensais que ça se passerait bien, c'est un peu le jeu et la parenthèse a été refermée", a-t-il ajouté affirmant avoir par la suite "salué deux membres de sécurité. "On s'est serré la main chaleureusement", a-t-il conclu.

Ultérieurement, le Shin Beth, les services de renseignement intérieur israélien, a soutenu que le président français s'était excusé, une démarche toutefois démenti par l'Elysée: "Il n'y a pas eu d'excuses du président", a-t-on indiqué.

Sur Twitter, un caricaturiste du journal Haaretz, plutôt à gauche, Amos Biderman, a dessiné un président français, cravate au vent, assénant un coup de poing à un policier israélien sur les remparts de Jérusalem.

La caricature est coiffée d'une légende en hébreu "Emeutes dans la Vieille ville".

- Macron vs les "forces d'occupation" -

Si, en France, l'opposition a raillé Emmanuel Macron, l'extrême droite et l'extrême gauche jugeant la séquence "grotesque" ou "pathétique", voire soupçonnant une "mise en scène", les médias palestiniens ont plutôt apprécié l'instant.

"Le président français réprimande les forces d'occupation", écrit en une le quotidien al-Quds.

Idem ou presque pour le journal Al-Ayyam, qui a coiffé son frontispice d'un Emmanuel Macron devant les forces de sécurité israéliennes et a publié une galerie de photos du dirigeant français dans la Vieille ville.

Les quotidiens arabes de Jérusalem-Est et de Cisjordanie n'ont pas analysé l'affaire, présentée en texte d'actualité, mais ont insisté sur la rencontre entre Emmanuel Macron et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, tard en soirée à Ramallah.

Le président Abbas y a souligné "l'importance du rôle français et européen pour sauver le processus politique", alors que les Etats-Unis doivent annoncer un plan de paix d'emblée rejeté par les Palestiniens qui jugent l'administration de Donald Trump trop favorable à Israël.

"Quelque processus de paix que ce soit n'est possible que si les parties en présence veulent bâtir la paix, alors la France aidera et dans le rôle qui doit être le sien et sera le sien", a affirmé Emmanuel Macron à Jérusalem.

La rencontre Macron-Abbas avait été retardée par la visite prolongée du chef d'Etat français dans la Vieille ville. En attendant, à Ramallah, des journalistes palestiniens visionnaient d'ailleurs les images de l'incident sur leur téléphone et leurs ordinateurs.

"Si j'ai dû patienter une heure trente pour ça, alors ça me va", a tweeté une journaliste palestinienne. Au final, la rencontre a toutefois été reportée de plus de cinq heures.

En Bretagne, des cafés associatifs font battre le coeur des villages

Jeudi, 23. Janvier 2020 - 11:30

A 98 ans, André vient "draguer" les dimanches au "Café associatif de Pancé" (Ille-et-Vilaine), situé entre sa maison et la boulangerie du village. Un lieu conçu "par et pour les habitants", qui a pu voir le jour grâce au soutien décisif de la mairie.

Ouvert en septembre dernier à l'initiative de trois mères de famille, le "CAP" est l'unique café de ce village de 1.200 habitants, à 30 km de Rennes, depuis la fermeture du dernier café-tabac-relais de poste en 2018. "On voyait que le bourg s'éteignait, qu'on allait devenir un village dortoir. Même la messe tourne", raconte Lydie Sevestre, 49 ans, présidente de l'association qui gère le café.

Tenu par une trentaine de bénévoles, ouvert seulement le vendredi soir et le dimanche matin, le café se veut un "lieu d'amitié". Au programme: concerts, apéros, ornithologie, déco de Noël, retransmission de rugby... et des huîtres le dimanche.

Le soutien de la mairie, qui paye le loyer, a été décisif. "On ressent l'incidence négative de la métropole qui capte les emplois, les commerces, et restitue peu aux territoires ruraux", regrette le maire Jean-Marie Princen.

A une dizaine de kilomètres, la "Barnadette" a vu le jour en juin à Chanteloup. La mairie a très vite adhéré au projet de l'association d'habitants "Les petits liens" en rachetant la maison de l'ancienne doyenne du village pour y installer le bar. De l'atelier jus de pomme à l'escape game, "le but est créer du lien en évitant le bar de bobos, mais ce n'est pas toujours facile de faire venir les gens", reconnaît Alain, retraité bénévole.

Loin de l'image des bars classiques, les cafés associatifs entendent d'abord rassembler les habitants autour d'événements, et évitent soigneusement les interférences avec les autres fêtes associatives.

En Bretagne, où 8% des cafés ont disparu entre 2009 et 2015, selon le Credoc, les initiatives citoyennes progressent, "avec une accélération à partir de 2013", selon Pascal Glemain, maître de conférences en Économie sociale et solidaire à Rennes 2.

- "Espace de vie sociale" -

"Ces cafés consolident le lien social dans les zones en déclin démographique, et répondent dans d'autres zones au besoin d'intégration sociale des urbains qui viennent vivre à la campagne", analyse M. Glemain.

Pour développer les liens sociaux et lutter contre l'isolement, certains cafés obtiennent l'agrément "espace de vie sociale" de la Caisse d'allocations familiales (CAF), assorti d'un financement.

C'est le cas du Mix'Café de Tressignaux (Côtes-d'Armor), 700 habitants, financé à 60% par la CAF et qui bénéficie également d'une licence IV mise à disposition par la mairie.

Selon l'Umih, syndicat de l'hôtellerie-restauration, 500 cafés disparaissent chaque année. Pour y remédier, les députés ont autorisé fin novembre l'ouverture de nouveaux bars en zone rurale via la remise en circulation de licences IV.

Cette mesure rejoint l'appel à projets lancé par le groupe SOS, et soutenu par le gouvernement, pour déployer 1.000 cafés en zone rurale.

Mais sur le terrain, ces initiatives sont parfois fraîchement accueillies, comme au Guibra, bar, épicerie et restaurant associatif de Saint-Sulpice-la-Forêt, à la programmation culturelle très fournie.

"On supprime les services publics dans les campagnes et on veut faire revenir des cafés qui seront des coquilles vides", s'étonne Constance, associée salariée, pour qui "les initiatives qui réussissent sont d'abord le fruit d'un engagement citoyen".

"Il y a un vrai intérêt pour la reprise de commerce en milieu rural sous forme collaborative. La plupart renaissent des cendres de commerces traditionnels qui n'ont pas fonctionné", constate Mikaël Laurent, coordinateur du réseau de communes bretonnes Bruded.

Les cafés peuvent ainsi prendre la forme de "SCIC", sociétés coopératives d'intérêt collectif, à mi-chemin entre association et entreprise, qui associe les clients à la gouvernance.

"On ne se voyait pas reprendre un commerce sans impliquer les habitants", témoigne Yves de Montgolfier, d'"Un café des possibles", bistrot-épicerie de Guipel, à la façade orange et aux 93 sociétaires. L'ancien animateur socio-culturel souhaite y développer "une nouvelle forme de gestion d'un commerce". Une façon pour lui de montrer "que la dynamique des territoires ruraux n'a rien à envier à celle des métropoles".

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