Actualité France

Accusé d'agressions sexuelles, le nonce apostolique confronté mercredi aux plaignants

Mardi, 21. Mai 2019 - 13:45

Le représentant du Vatican en France, visé par une enquête à Paris pour "agressions sexuelles", doit être confronté mercredi à ses accusateurs, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Le nonce apostolique, Luigi Ventura, est visé par les plaintes de quatre hommes, dont trois au moins lui reprochent des attouchements. Début avril, l'évêque âgé de 74 ans a été entendu par la police judiciaire parisienne "à sa demande", selon une source judiciaire.

Au moins trois des plaignants ont l'intention de se rendre à ces confrontations mercredi, selon des avocats.

"Cette confrontation est la suite logique de l'enquête engagée à l'encontre de Monsieur l'ambassadeur du Vatican, dans la mesure où celui-ci a nié les faits qui lui sont reprochés", a commenté auprès de l'AFP Jade Dousselin, avocate de l'un des plaignants.

"Mon client a eu beaucoup de difficultés à supporter les dénégations de celui qu'il accuse", a-t-elle ajouté, estimant que l'immunité ne devait "pas conduire à l'impunité".

La défense de Mathieu de la Souchère, un autre plaignant, est pour sa part dubitative sur les résultats de ces confrontations. "Techniquement, ça ne peut rien donner tant que le Vatican ne lève pas l'immunité", a déclaré Me Antoinette Frety à l'AFP.

"C'est une posture du nonce pour laisser croire qu'il coopère tout en sachant qu'il est toujours sous protection de l'immunité et qu'il n'a pas déclaré qu'il était d'accord pour lever cette immunité", a-t-elle estimé.

Cette affaire avait éclaté en février avec la révélation de l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris, dans un contexte de multiples scandales sexuels touchant l'Eglise catholique.

La mairie de Paris avait signalé au parquet qu'un jeune cadre municipal s'était plaint d'attouchements répétés du nonce apostolique - des "mains aux fesses" - lors d'une cérémonie des vœux aux autorités diplomatiques en janvier.

Deux autres plaignants s'étaient ensuite manifestés et avaient relaté des faits similaires en 2018. Ces trois hommes ont été entendus par les enquêteurs. Une quatrième plainte a été déposée par un autre homme.

Diplomate de carrière du Vatican, Mgr Ventura occupe le poste de nonce apostolique depuis 2009 à Paris. Il est chargé des relations du Saint-Siège avec les autorités françaises d'une part et avec les évêques de France d'autre part, pour lesquels il participe au processus de nomination.

Compte tenu de ses fonctions, il bénéficie de l'immunité diplomatique et ne peut être entendu sous contrainte par les enquêteurs. La décision de lever son immunité appartient au Saint-Siège.

Cette demande de levée d'immunité a été transmise par le ministère des Affaires étrangères, avait indiqué mi-avril le Quai d'Orsay.

Phoques décapités : deux marins-pêcheurs convoqués devant la justice

Mardi, 21. Mai 2019 - 13:15

Deux marins-pêcheurs sont convoqués devant la justice après la découverte en février et mars, dans la région de Concarneau (Finistère), de deux phoques décapités, a annoncé mardi la parquet de Quimper.

A l'issue des investigations conduites par la gendarmerie maritime de Concarneau, il est apparu qu'en février et mars "plusieurs phoques morts étaient pêchés accidentellement" par un navire de pêche local, indique le procureur de la République à Quimper, Thierry Lescouarc'h, dans un communiqué.

Un marin a reconnu en avoir décapité deux, et avoir conservé les têtes pour les naturaliser, ajoutant que ces pêches accidentelles n'étaient pas déclarées par le responsable du navire malgré l'obligation réglementaire en vigueur en matière d'espèces protégées.

Le deux marins sont convoqués devant le tribunal correctionnel de Quimper le 13 janvier 2020. Le premier encourt une peine d'emprisonnement de deux ans et 150.000 euros d'amende pour destruction, détention, transport, utilisation et naturalisation d'une espèce protégée. Le patron pêcheur risque une amende de 22.500 euros pour non déclaration de pêches accidentelles de mammifères marins protégés.

Le 23 février une enquête avait été ouverte sous l'égide du parquet de Quimper pour destruction d'espèce protégée après la découverte sur le port de Concarneau d'une tête de phoque gris. Les 10 et 18 mars, les corps décomposés de deux phoques décapités avaient été découverts sur des plages à proximité dont un correspondait à la tête découverte.

La Société de protection animale de Cornouaille et l'organisation Sea Shepherd France avaient déposé plainte à la suite de ces découvertes. Sea Shepherd avait annoncé sur Twitter une récompense de 10.000 euros pour toute information permettant d'identifier les responsables.

"Nous espérons une peine exemplaire et dissuasive. Il faut faire cesser l'impunité ambiante qui règne autour de ces actes de barbarie et d'atteinte aux espèces protégées", indiquait mardi sur son site internet l'organisation.

Une salariée licenciée pour avoir refusé de travailler le dimanche

Mardi, 21. Mai 2019 - 12:38

Une salariée du magasin Cora de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) a été licenciée pour faute grave fin avril pour avoir refusé de travailler le dimanche, a-t-on appris mardi auprès du syndicat CFTC qui la défend.

"Elle avait 18 ans d'ancienneté. Dix-huit ans qu'elle fait bien son travail, qu'on ne lui fait aucun reproche et on la licencie pour un dimanche", a raconté à l'AFP Cyril Lechevestrier, délégué syndical central adjoint CFTC chez Cora, confirmant une information d'Europe 1.

La salariée, Christèle Lorant, a été licenciée pour "insubordination" le 26 avril 2019 pour avoir refusé de travailler le dimanche matin, selon un courrier de licenciement consulté par l'AFP.

Mme Lorant était employée depuis avril 2001 au sein de cet établissement, où elle travaillait comme hôtesse d'accueil et caissière, après s'être occupée de la station-service et de la bijouterie.

"Les explications recueillies auprès de vous lors de notre entretien ont été claires et vous avez mentionné le refus total de venir travailler le dimanche matin. Au vu de ces éléments, je me vois contraint de vous notifier votre licenciement immédiat pour faute grave", écrit le directeur du magasin dans ce courrier.

Contactée par l'AFP, la direction du magasin n'a pas donné suite.

"Nous allons saisir le conseil des prud'hommes très rapidement", a annoncé pour sa part François Macquaire, défenseur syndical CFTC. "Le salarié a tout à fait le droit de refuser de travailler un jour de repos", a-t-il ajouté, en mettant en avant le respect de la vie privée.

Dans un courrier consulté par l'AFP, l'inspectrice du travail de Saint-Malo affirme que "l'accord de la salariée" lui "semble nécessaire" car Mme Lorant dit avoir signé un contrat de travail "avec une répartition des horaires (...) sur six jours du lundi au samedi".

"Il ne m'a fait signer aucun avenant", a assuré Mme Lorant à l'AFP. "J'irai jusqu'au bout. On ne me balance pas comme de la merde après 18 ans de boîte !"

Selon elle, un de ses collègues qui avait huit ans d'ancienneté a également été licencié pour le même motif.

Injures antisémites envers Alain Finkielkraut: un "gilet jaune" jugé mercredi

Mardi, 21. Mai 2019 - 10:46

Poursuivi pour avoir proféré des injures à caractère antisémite envers le philosophe Alain Finkielkraut en marge d'une manifestation de "gilets jaunes" à Paris en février, une qualification qu'il conteste, un trentenaire sera jugé mercredi à Paris.

Cité à comparaître par le parquet de Paris, le prévenu âgé de 36 ans devra répondre d'"injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion" devant la 17e chambre du tribunal correctionnel.

Sauf constitution de partie civile de dernière minute, l'académicien, qui n'a pas porté plainte, devrait être absent à l'audience.

Le philosophe avait été violemment invectivé par des manifestants en marge de l'"acte 14" du mouvement à Paris, le samedi 16 février. La scène avait suscité une vague de condamnations par l'ensemble de la classe politique.

Barbu, gilet jaune sur le dos, visiblement très énervé, le prévenu, un vendeur de téléphones du Haut-Rhin, est l'homme le plus reconnaissable sur les vidéos qui ont circulé.

Il lui est reproché d'avoir crié plusieurs insultes et invectives à l'adresse du philosophe: "Espèce de sioniste", "grosse merde", "elle est à nous, la France", ou encore "sale race" ou "t'es un haineux et tu vas mourir".

"Il a, c'est vrai, proféré quelques insultes, mais aucun caractère raciste ou antisémite ne peut être retenu", a réagi auprès de l'AFP son avocat, André Chamy. "+Sioniste+, c'est une idéologie politique, pas une religion, pas une communauté", a-t-il estimé.

Selon l'avocat, le prévenu a invectivé le philosophe, "une personnalité clivante", "à cause de ses idées portant atteinte à la fraternité et au vivre-ensemble". Et s'il a été poursuivi alors que d'autres manifestants au "visage découvert" ne l'ont pas été, c'est que son client "avait la gueule de l'emploi avec sa petite barbiche", a-t-il affirmé.

En février, une source proche du dossier décrivait cet homme comme un "petit délinquant, proche de la mouvance salafiste mais pas fiché radicalisé".

Le prévenu, qui a perdu son emploi dans la téléphonie en Suisse en raison de cette affaire et "vivote" aujourd'hui avec sa propre entreprise en Alsace, sera présent à l'audience, selon son défenseur.

Affaire Lambert: les avocats des parents à l'hôpital pour vérifier la reprise des traitements

Mardi, 21. Mai 2019 - 10:27

Les avocats des parents de Vincent Lambert sont attendus mardi matin au centre hospitalier de Reims pour vérifier la reprise, au moins provisoire, des traitements de ce tétraplégique en état végétatif depuis dix ans, ordonnée, à la surprise générale, par la cour d'appel de Paris.

Cet énième coup de théâtre, intervenu lundi soir dans une affaire qui a déjà connu de nombreux rebondissements judiciaires depuis 2013, a été fêté par la mère de Vincent Lambert, Viviane, qui a salué "une très grande victoire", tandis que son neveu François, favorable à l'arrêt des traitements, a dénoncé du "sadisme pur".

La nouvelle est tombée en pleine marche parisienne réunissant plusieurs centaines de personnes réclamant "la vie pour Vincent". Une énorme clameur a retenti quand l'un des deux avocats des parents, Me Jérôme Triomphe, a lancé à la foule, en apprenant leur victoire par téléphone: "On a gagné! Vincent doit vivre, Vincent vivra!", a-t-il crié.

Avec son collègue Me Jean Paillot, ils doivent se rendre dans la matinée à Reims pour "s'assurer que l'alimentation et l'hydratation seront effectivement reprises".

De fait, la cour d'appel de Paris a "ordonné à l’Etat français (...) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation" de Vincent Lambert, selon la décision consultée par l'AFP.

Le CDPH, comité de l'ONU, avait demandé à la France de surseoir à l'arrêt des traitements dans l'attente d'un examen du dossier sur le fond, mais la France considérait que cette préconisation "est dépourvue de caractère contraignant", mettant en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable".

- "Calmer le jeu" -

L'interruption des traitements, couplée à la mise en oeuvre d'une "sédation profonde et continue", avait débuté lundi matin, conformément à une décision médicale signée par le docteur Vincent Sanchez en avril 2018 et validée par le Conseil d'Etat fin avril.

Jusqu'à présent, tous les ultimes recours déposés par les avocats des parents avaient échoué.

La famille est coupée en deux camps, d'un côté autour de ses parents, fervents catholiques opposés à l'arrêt des traitements, de l'autre autour de son épouse et tutrice Rachel et son neveu François, qui entendent mettre fin à cet "acharnement thérapeutique" et affirment que l'ex-infirmier psychiatrique âgé de 42 ans avait pris position contre tout acharnement thérapeutique.

En état végétatif depuis un accident de la route en 2008, il n'a pas laissé de directive anticipée écrite.

"On était en train d'éliminer Vincent ! C'est une très grande victoire ! Ils vont le réalimenter et lui redonner à boire. Pour une fois, je suis fière de la justice", a jubilé sa mère.

"La douleur de parents de Vincent, personnellement je n'y crois plus. Je pense que c'est du militantisme qui a pris le dessus depuis de nombreuses années. Ils sont dans un déni absolu", a dénoncé au contraire François Lambert sur Europe 1. Son avocat Me Gérard Chemla, pour qui "on est reparti pour quelques temps de n'importe quoi", compte demander à l'Etat de former un pourvoi en cassation.

Selon les avocats des parents, la décision de la cour d'appel est "provisoire" d'une "durée de six mois, permettant au comité de l'ONU d'étudier le dossier".

"On va profiter de ce répit judiciaire pour essayer de calmer le jeu, retrouver un peu de sérénité dans un sujet qui est complexe car il touche à l'humain", a déclaré sur France Inter le président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), Jean-François Delfraissy.

L'ancien médecin de Vincent, Eric Kariger, a apporté son soutien aux "membres de la famille, respectueux des expertises médicales et juridiques antérieures", mesurant "l’incompréhension et le sentiment de gâchis qui peuvent être les leurs".

"Je suis très touché parce que je pense d'abord à la douleur qui étreint tout le monde dans cette affaire", a confié le Défenseur des droits Jacques Toubon sur France 24.

Président de l'association du Droit à mourir dans la dignité, Jean-Luc Romero a déploré "un acharnement des parents, Vincent Lambert se retrouvant au milieu d'une affaire qui le dépasse".

"J’espère qu’à la suite de ce jugement (...) on transférera enfin et rapidement Vincent Lambert dans un service adapté aux personnes en état paucirelationnel (état de conscience minimal ndlr). Il n’a rien à faire au CHU de Reims", a réagi pour sa part sur Twitter la psychologue Marie de Hennezel, spécialiste de l'accompagnement de la fin de vie.

Européennes: à J -5, Macron alerte sur le risque de "dislocation" de l'Europe

Mardi, 21. Mai 2019 - 10:22

"Risque existentiel" de dislocation de l'Europe: Emmanuel Macron multiplie les alertes dans un entretien à la presse régionale mardi pour justifier sa présence en première ligne de la campagne pour les européennes, essuyant une nouvelle salve de critiques qui l'accusent d'abuser de sa position.

Le chef de l'Etat reçoit en outre à déjeuner des intellectuels européens signataires d'une tribune "L'Europe est en péril", emmenés par Bernard-Henri Lévy.

A cinq jours du scrutin de dimanche où les sondages donnent la liste qu'il défend au-coude-à-coude, voire derrière celle du Rassemblement national de Marine Le Pen, M. Macron explique aussi pourquoi il ne peut pas "être un spectateur, mais un acteur de cette élection européenne", dans un entretien publié par une quarantaine de quotidiens régionaux.

Pour lui, cette élection "est la plus importante depuis 1979 parce que l'Union est face à un risque existentiel. Si, en tant que chef de l'État, je laisse se disloquer l'Europe qui a construit la paix, qui a apporté de la prospérité, j'aurai une responsabilité devant l'histoire".

Au rang des propositions, il souhaite "une convention fondatrice européenne après les élections" mêlant dirigeants et citoyens, pour "définir la stratégie de l'Europe pour les cinq années à venir, y compris les changements de traités" qui pourraient en résulter. Il souhaite également "une taxation commune du kérosène en Europe".

Le président français avait appelé lundi, avec le Premier ministre socialiste portugais Antonio Costa, à "bâtir une grande coalition des progressistes" face à "ceux qui veulent détruire l'Europe par le nationalisme".

- "Hold-up plébiscitaire" -

Mais arriver derrière le RN réduirait la marge de manoeuvre du président déjà affaibli par la crise des "gilets jaunes". "Je ne me pose pas dans un tel cas de figure", balaie Emmanuel Macron. Et par avance, il affirme qu'il n'envisage "absolument pas" le départ de son Premier ministre Édouard Philippe en qui il a "toute confiance".

Marine Le Pen a vu dans cet entretien "un nouveau +Venez me chercher+", en référence à l'expression utilisée par le chef de l'Etat devant des députés LREM dans l'affaire Benalla. "On va le faire le 26 mai, dans les urnes", a-t-elle promis dans un tweet.

Chez Les Républicains, Guillaume Larrivé, un des responsables du parti, dénonce une "tentative de hold-up plébiscitaire: tout est organisé comme si cette élection devait être considérée comme un référendum pour ou anti-Macron, pour ou anti-Le Pen".

Si Emmanuel Macron "a tout à fait le droit de s'engager dans cette campagne (...), l'idée qu'il serait seul face à Marine Le Pen, c'est totalement absurde, c'est une manipulation et c'est cousu de fil blanc", a insisté François-Xavier Bellamy.

Pour Manon Aubry (LFI), Emmanuel Macron "se pose un peu comme c'est moi ou le chaos, mais en réalité on a lui et le chaos", car il est "en partie responsable" des "politiques libérales" européennes.

La tête de liste PS/Place Publique Raphaël Glucksmann et les patrons du PS, du PRG et de Nouvelle Donne avaient, eux, par avance dénoncé une "tribune unilatérale", sollicitant "un droit de réponse".

- "Connivence" -

Ceux qui appellent à voter contre Macron "n'ont pas de projet (...) Voter contre Macron c'est voter contre la transformation de la France", a répondu la tête de liste LREM Nathalie Loiseau.

Dans le camp présidentiel, l'alerte rouge est décrétée contre le risque de voir le RN arriver en tête dimanche. Le Premier ministre, après Vesoul lundi, est attendu mardi à Valenciennes et à Orléans jeudi.

Il s'est livré, comme le reste de la majorité, à un tir de barrage contre le RN, accusé d'être le cheval de Troie des plans de Trump et Poutine pour affaiblir l'Europe. En ligne de mire: Steve Bannon, l'ex-stratège du président américain Donald Trump, qui a enchaîné les interviews avec les médias français pour encenser Marine Le Pen.

Emmanuel Macron affirme voir "pour la première fois une connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers" pour démanteler l'Europe, qualifiant Steve Bannon de "lobbyiste proche du pouvoir américain". Il s'en prend également aux "Russes et quelques autres" qui "n'ont jamais été à ce point intrusifs pour financer, aider les partis extrêmes".

Dans cette dernière ligne droite de la campagne, après un débat tendu et souvent confus des principales têtes de liste lundi soir, un autre débat mettra aux prises chefs de partis et têtes de listes mercredi sur France 2. Elles se retrouveront pour une ultime confrontation jeudi sur BFMTV.

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L'agression filmée d'une femme transgenre devant les juges

Mardi, 21. Mai 2019 - 9:53

La vidéo virale de son agression à Paris a rendu à nouveau visible les violences et les discriminations subies par les personnes transgenres: Julia Boyer s'apprête à confronter mercredi son agresseur au tribunal correctionnel de Paris.

Les faits remontent au 31 mai. En pleine manifestation contre l'ex-président algérien Adelaziz Bouteflika, Julia tente d'entrer dans une bouche de métro lorsqu'elle est agressée et insultée par plusieurs hommes. L'un d'eux lui assène plusieurs coups au visage, pendant que la foule chante un refrain humiliant.

Filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, la scène provoque l'indignation. La vidéo permet de retrouver l'auteur des coups et Julia dénonce la transphobie dans les médias.

Placé en détention provisoire, le jeune homme de 23 ans a reconnu les faits et est poursuivi pour "violences commises à raison de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre", un délit passible de trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende.

"Ce procès c'est vraiment pour la communauté, pour toutes les personnes qui ont subi ce genre de violences et qui n'ont pas porté plainte ou dont l'agresseur n'a pas été arrêté", explique Julia à l'AFP. Elle espère "une peine exemplaire".

"Il faut faire de ce procès un symbole pour que les gens prennent conscience de ce qu'est la transphobie et changent leur mentalité", ajoute son avocat Étienne Deshoulières.

Le dernier rapport de SOS Homophobie a défini 2018 comme "une année noire" pour les personnes LGBT (lesbiennes, gays, bis, trans): le nombre d'agressions physiques à leur encontre (231) recensées par l'association a augmenté de 66%.

"Dans l'espace public, les violences les plus fortes sont commises à l'encontre des personnes transgenre", souligne Me Deshoulières. En août, Vanesa Campos, une travailleuse du sexe transgenre, avait été tuée par balle dans le Bois de Boulogne.

"Mon client a honte, il ne faut pas le punir pour l'exemple", défend l'avocate du prévenu, Mariame Touré. "Il m'a dit qu'il avait été bête et qu'il avait été entraîné par un effet de foule. Il a été touché par l'immense dignité de la victime et il espère qu'elle acceptera ses excuses."

"Devant les policiers, il a assumé et il était visiblement très fier de ce qu'il avait fait", rétorque Julia. A 31 ans, cette vendeuse dans une boutique de luxe a entamé sa transition il y a huit mois. Depuis son agression et malgré les messages de soutien, elle raconte continuer à être la cible d'insultes.

Européennes: la majorité face au mur de la participation

Mardi, 21. Mai 2019 - 9:25

Malgré l'entrée en campagne massive du gouvernement et les salves du chef de l'Etat, la mobilisation de l'électorat macroniste aux élections européennes reste en-deçà des espérances de la majorité et ouvre des questions sur la stratégie poursuivie.

Sur le fond, le scrutin du 26 mai était taillé sur mesure pour les sympathisants d'Emmanuel Macron, qui s'était fait élire en 2017 à grand renfort de drapeaux bleu étoilé et d'hymnes à la joie. Une vaste étude Terra Nova de 2018 sur le profil des marcheurs a montré que la construction européenne était chez eux le sujet prioritaire avec le chômage et qu'une infime minorité (4%) d'entre eux se disaient "euro-dubitatifs".

Et pourtant... A cinq jours de l'échéance, 56% des sympathisants de La République en marche seulement (50% des sympathisants du MoDem) se disent "certains d'aller voter" dimanche, selon une étude Ipsos/Cevipof/Fondation Jean-Jaurès/Le Monde parue lundi. Un chiffre en recul d'un point par rapport à la précédente enquête d'avril 2019 !

Ce résultat est à relativiser au regard de celui des autres partis, tous plus faibles (52% pour le Rassemblement national). La participation, estimée entre 41 et 45%, reste dans l'étiage de 2014 (44%).

Plus inquiétant encore pour la liste de la majorité, pour 100 électeurs d'Emmanuel Macron en 2017, 62 opteront pour la liste LREM-MoDem. Alors que pour 100 électeurs de Marine Le Pen en 2017, 79 voteront pour la liste RN.

La pêche reste donc maigre si l'on considère les efforts déployés par la majorité depuis deux semaines, y compris pour dramatiser l'enjeu de l'élection, alors que les sondages donnent la liste "Renaissance" au coude-à-coude, voire derrière celle du RN, entre 21 et 24%. "Une situation aussi évidente et redoutable, aussi aveuglante de risques, de toutes mes années d'engagement, je n'en ai pas rencontré", a martelé le patron du MoDem François Bayrou.

Afin de mobiliser ses troupes, La République en marche continue à multiplier les petites réunions publiques avec l'ensemble de ses co-listiers, des parlementaires et ministres (environ 500 à date). Parallèlement, Emmanuel Macron a poussé les feux dans son implication, posant pour une affiche de campagne, décochant des flèches à l'encontre du RN et donnant une interview offensive à la presse quotidienne régionale lundi.

Sans pour autant provoquer d'emballement.

- "Hymne à la peur" -

"C'est lié aussi au contexte politique", plaide le directeur de campagne Stéphane Séjourné. "Il y a eu un grand débat qui a duré longtemps. Les chaînes info ont parlé politique en continu pendant six mois, comme si on était en campagne. Cela a usé l'électorat", estime-t-il.

Les tacticiens de la majorité pointent aussi l'absence de dynamique pour toutes les formations, et l'incapacité de faire émerger un débat autour de l'Europe. "On a du mal a parler du projet car il y a beaucoup de sujets nationaux qui se mêlent", déplore un cadre de la campagne.

La pression dans la dernière ligne droite se reporte donc sur les trois débats télévisés, sans toutefois savoir s'ils aideront réellement à battre le rappel des troupes.

Le gouvernement labourera le terrain, à l'image du Premier ministre qui se rend mardi soir à Valenciennes et jeudi soir à Orléans. Et un dernier grand meeting à La Mutualité vendredi soir couronnera la séquence.

D'ores et déjà, l'engouement fort tempéré questionne la stratégie mise en place par Emmanuel Macron pour ce premier grand test électoral depuis 2017: nationalisation du scrutin en rétablissant une circonscription unique, polarisation du match face au RN, dévoilement tardif de la liste et du programme, choix de Nathalie Loiseau pour mener la bataille.

"Il focalise toute l'attention sur une liste ayant la prétention d'avoir le +monopole de l'Europe+, après avoir composé une liste qui apparaît en-dessous de ses ambitions", souligne, acide, le président du Mouvement européen Yves Bertoncini.

"On passe de l'hymne à la joie (en 2017, ndlr) à l'hymne à la peur. En 2017 il était dans l'esprit de conquête, là il semble dans l'esprit de défaite". Pour lui, "la seule chose claire qu'il dit finalement c'est: +évitez-moi de perdre!+".

Affaire Vincent Lambert : le Comité national d'éthique appelle à "calmer le jeu"

Mardi, 21. Mai 2019 - 8:52

Le président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), Jean-François Delfraissy, a appelé mardi à profiter du "répit judiciaire" dans l'affaire Vincent Lambert pour "calmer le jeu" et "retrouver un peu de sérénité".

Interrogé sur France Inter, le professeur Delfraissy n'a pas commenté la décision de la cour d'appel de Paris, qui a ordonné lundi la reprise des traitements de Vincent Lambert.

"On va profiter de ce répit judiciaire pour essayer de calmer le jeu, retrouver un peu de sérénité dans un sujet qui est complexe car il touche à l'humain", a-t-il souhaité.

Bras de fer judiciaire depuis plusieurs années entre différents membres de la famille, l'arrêt des traitements à Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif depuis dix ans, avait débuté lundi, après avoir été validé par le Conseil d'Etat fin avril.

Mais le soir même, la cour d'appel de Paris, saisie par les parents de cet ancien infirmier psychiatrique, opposés à l'arrêt des traitements visant à le maintenir en vie, a ordonné leur rétablissement jusqu'à ce qu'un comité de l'ONU se prononce sur le fond de son dossier.

Pour le président du CCNE, on ne peut pas parler d'euthanasie dans ce dossier. "Je ne pense pas qu'on puisse prononcer le mot d'euthanasie. (...) Il ne s'agit pas d'un arrêt mais d'une modulation des soins, avec un arrêt des perfusions et de l'alimentation mais une poursuite des (autres) soins quotidiens", a-t-il estimé.

Concernant le droit à mourir dans la dignité, le professeur a appelé à appliquer la loi Claeys-Leonetti de 2016 qui, tout en interdisant l'euthanasie et le suicide assisté, permet la suspension des traitements dans certaines situations.

Cette loi, en vigueur depuis février 2016, "n'est pas connue et n'est pas appliquée", a-t-il regretté, appelant notamment chaque Français à faire connaître ses directives anticipées en matière de fin de vie et de soins palliatifs.

La loi Claeys-Leonetti "a le mérite d'être un cadre juridique" et forme "une base solide" même si "on peut la faire évoluer", a-t-il ajouté.

Enfin, le président du CCNE a réclamé "des moyens suffisants" pour la fin de vie, notamment en termes de soins palliatifs, estimant qu'en France "on meurt dans des conditions qui ne sont en général pas dignes d'un grand pays comme le nôtre".

Le festival de Cannes se prépare au show Tarantino

Mardi, 21. Mai 2019 - 7:32

Quentin Tarantino, Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie: c'est un casting quatre étoiles qui s'apprête à fouler mardi le tapis rouge au Festival de Cannes, avant la projection très attendue de "Once Upon a Time... in Hollywood", prétendant à la Palme d'or.

Après les premiers frissons ressentis en première semaine avec les montées des marches de Pedro Almodovar, Antonio Banderas et Penelope Cruz pour "Douleur et gloire", Elton John et Taron Egerton pour "Rocketman" ou encore Alain Delon pour sa remise de Palme d'or d'honneur, celle de l'équipe de "Once Upon a Time... in Hollywood" en fin d'après-midi promet de faire grimper la température de quelques degrés, sous un soleil qu'on annonce de retour.

Tarantino à Cannes, c'est une flopée d'images fortes dont les fans de cinéma se souviennent forcément, avec en premier lieu cette Palme d'or reçue des mains de Clint Eastwood en 1994 pour "Pulp Fiction". Recevant le trophée sous une bronca mêlée aux applaudissements, "Quentin le fougueux" s'était ensuite fendu d'un doigt d'honneur adressé à une femme ayant vociféré "Quelle daube! Non mais quelle daube!"

Tarantino, qui a mis dix ans avant de revenir sur la Croisette pour présenter "Kill Bill vol.2" hors-compétition (comme son tout premier long "Reservoir Dogs" en 1992), a échoué ensuite à glaner une deuxième Palme avec "Inglorious Basterds" en 2009. Mais il avait tout de même fait le show sur le tapis rouge, dansant avec Mélanie Laurent. Il remit ça en 2014 avec Uma Thurman pour les 20 ans de "Pulp Fiction".

Dansera-t-il cette fois avec Margot Robbie, qu'il a choisie pour incarner Sharon Tate dans "Once Upon a Time... in Hollywood"? Nul ne le sait, mais le glamour sera forcément au rendez-vous avec autour d'eux Leonardo DiCaprio et Brad Pitt qui forment un duo de cinéma inédit et très alléchant.

- Interdiction de "spoiler" -

Dans ce long métrage de 2h45, qui se déroule à Los Angeles en 1969 au plus fort du mouvement hippie, ils incarnent respectivement Rick Dalton, un acteur de westerns télévisés, et Cliff Booth, sa doublure cascades. En quête de célébrité, ils ont pour voisine l'actrice Sharon Tate et croisent la route d'autres figures célèbres tels Bruce Lee et Steve McQueen.

Un esprit vintage devrait souffler sur "Once Upon a Time... in Hollywood", dont le titre évoque ceux d'un de ses maîtres Sergio Leone. Deux nouvelles affiches viennent d'être dévoilées par la production consacrées à Rick Dalton dans des séries B intitulées "Operazione Dyn-O-Mite!" et "Uccidimi Subito Ringo, Disse il Gringo" ("Tuez-moi maintenant Ringo, dit le Gringo").

Pour le reste, le plus grand secret entoure le scénario du neuvième long métrage de Tarantino, annoncé comme "son plus personnel" par un de ses producteurs, David Heyman dans une récente interview à Entertainment Weekly.

"Dans ce film, il y a ses souvenirs d'enfant ayant grandi à Los Angeles et qui rêvait déjà d'Hollywood. C'est vraiment émouvant, car il y a beaucoup de son histoire à lui", a-t-il ajouté, le comparant en ce sens au "Roma" d'Alfonso Cuaron.

Face à l'enjeu, le cinéaste de 56 ans, qui peut intégrer dimanche le fameux club des doubles-palmés (Bille August, Francis Ford Coppola, Luc et Jean-Pierre Dardenne, Michael Haneke, Shohei Imamura, Emir Kusturica, Ken Loach), a d'ailleurs demandé à tous ceux qui verront le film à Cannes de ne pas dévoiler son contenu.

"J'aime le cinéma. Vous aimez le cinéma. C'est le moment de découvrir une histoire (...) Les acteurs et l'équipe ont travaillé dur pour créer quelque chose d'original, et je demande juste que chacun évite de révéler quoi que ce soit qui empêcherait les futurs spectateurs de vivre la même expérience devant le film", a-t-il écrit lundi sur le compte Twitter de son nouvel opus.

Le Sud-Coréen Bong Joon-ho a lui aussi rédigé une lettre, implorant notamment les critiques de ne pas dévoiler un pan important de l'histoire de son film, "Parasite". Coquetterie du destin, son long métrage, également en lice pour la Palme d'or, sera projeté juste après, à 22h00.

Cannes aura de quoi faire du bruit, mais en gardant le silence.

Le Sénat se prononce sur le texte "pour une école de la confiance"

Mardi, 21. Mai 2019 - 6:56

Au terme d'un débat marathon, le Sénat se prononce mardi sur le projet de loi "pour une école de la confiance", débarrassé d'une mesure contestée qui ouvrait la possibilité de regroupements entre collèges et écoles primaires.

Un vote solennel est organisé sur l'ensemble du texte déjà adopté par l'Assemblée nationale mais qui a été largement remanié lors de son examen en première lecture par le Sénat à majorité de droite.

Députés et sénateurs tenteront ensuite de se mettre d'accord sur une version commune, en vue d'une adoption définitive rapide, malgré l'hostilité d'une part des enseignants.

Présenté par Jean-Michel Blanquer comme "l'article le plus important de la loi", l'abaissement à trois ans, dès la rentrée prochaine, de l'âge de l'instruction obligatoire a été voté à l'unanimité par les sénateurs. Moyennant quelques aménagements: élargissement de la compensation des dépenses des communes, assouplissement de l'obligation d'assiduité en petite section, pérennisation de la dérogation pour les jardins d'enfants que le gouvernement souhaitait limiter à trois années.

"L'esprit de cette loi est de renforcer l'école maternelle", a martelé le ministre de l'Education nationale.

Le Sénat a également donné son feu vert à l'obligation de formation de 16 à 18 ans.

Quant aux deux dispositions les plus critiquées du texte, elles ont connu des sorts différents.

Le Sénat a ainsi validé l'article premier qui pose un devoir d’exemplarité des enseignants, dénoncé par les syndicats comme une volonté de les museler. Les sénateurs ont précisé que "l'exemplarité nourrit le respect qui est dû à l'autorité" de l'enseignant.

En revanche, les sénateurs ont supprimé une disposition introduite par voie d'amendement LREM à l'Assemblée, permettant un regroupement des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles au sein d'un nouveau type d'établissement "des savoirs fondamentaux".

Elle avait suscité l'inquiétude des parents d'élèves, du corps enseignant comme des élus locaux.

Jean-Michel Blanquer a dit entendre "parfaitement ceux qui disent que c'est prématuré", toute en rappelant l'objectif: assurer pour les élèves "un continuum" entre primaire et collège.

Les groupes PS et CRCE à majorité communiste se sont félicités de cette suppression, tout en affirmant qu'ils seraient attentifs à ce que la mesure ne soit pas réintroduite à la fin du parcours parlementaire du projet.

- Ecole inclusive -

La gauche s'était également élevée contre la création d'établissements publics locaux d'enseignement international (EPLEI), dénonçant "un système élitiste et inégalitaire", alors que le ministre vantait "une opportunité de réaliser la mixité sociale".

Ces établissements accueilleront des élèves de la maternelle à la terminale, pour les préparer notamment au baccalauréat européen ou à l'option internationale du diplôme national du brevet et du bac.

Au détour des articles, la droite a injecté dans le texte plusieurs mesures qui ont soulevé la réprobation sur les bancs de gauche. Telle la possibilité d'une retenue sur les allocations familiales pour lutter contre l'absentéisme. Ou encore un autre amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires pour les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires. Sylvie Robert (PS) a accusé la droite sénatoriale de "faire ressurgir des obsessions".

Les sénateurs ont renforcé l'école inclusive, prévoyant un recours pour les familles si l'accompagnement mutualisé des élèves handicapés, prévu par le texte, ne leur donne pas satisfaction. Ils ont également permis le recrutement conjoint d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) par l'Etat et les collectivités.

Le Sénat a peaufiné la présence obligatoire dans les salles de classe d'affiches présentant les drapeaux tricolore et européen, ainsi que des paroles de l'hymne national, y ajoutant la devise "Liberté, Egalité, Fraternité".

Dès l'examen en commission, les sénateurs avaient supprimé la mesure polémique sur les mentions "parent 1" et "parent 2" dans les formulaires scolaires, pour remplacer père et mère.

Les débats, le plus souvent sereins à la différence de l'Assemblée, se sont prolongés sur différentes dispositions tenant à coeur de tel ou tel élu.

Le Sénat a ainsi adopté, avec un avis favorable du gouvernement, un amendement centriste introduisant les notions de réchauffement climatique et biodiversité dans les objectifs dévolus à l'école en matière d'éducation à l'environnement.

Lambert: les avocats des parents à l'hôpital pour vérifier la reprise des traitements

Mardi, 21. Mai 2019 - 4:18

Les avocats des parents de Vincent Lambert sont attendus mardi matin au centre hospitalier de Reims pour vérifier la reprise, au moins provisoire, des traitements de ce tétraplégique en état végétatif depuis dix ans, ordonnée, à la surprise générale, par la cour d'appel de Paris.

Cet énième coup de théâtre, intervenu lundi soir dans une affaire qui a déjà connu de nombreux rebondissements judiciaires depuis 2013 et en connaîtra probablement d'autres, a été fêté par la mère de Vincent Lambert, Viviane, qui a salué auprès de l'AFP "une très grande victoire", tandis que son neveu François, favorable à l'arrêt des traitements, a dénoncé du "sadisme pur".

La nouvelle est tombée en pleine marche parisienne réunissant plusieurs centaines de personnes réclamant "la vie pour Vincent". Une énorme clameur a retenti quand l'un des deux avocats des parents, Me Jérôme Triomphe, a lancé à la foule, en apprenant leur victoire par téléphone: "On a gagné ! C'est la remontada !"

"Jérôme Triomphe et moi-même irons dès demain matin à Reims pour nous assurer que l'alimentation et l'hydratation seront effectivement reprises", a ajouté son collègue, Me Jean Paillot, soulignant qu'il ne s'agissait que d'une" décision provisoire" d'une "durée de six mois, permettant au comité de l'ONU d'étudier le dossier".

De fait, la cour d'appel de Paris a "ordonné à l’Etat français (...) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation" de Vincent Lambert, selon la décision consultée par l'AFP.

Le CDPH, comité de l'ONU, avait demandé à la France de surseoir à l'arrêt des traitements dans l'attente d'un examen du dossier sur le fond, mais la France considérait que la suspension de l'arrêt des traitements préconisée par le CIDPH "est dépourvue de caractère contraignant", mettant en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable".

Le CHRU de Reims avait déjà lancé puis stoppé deux procédures d'arrêt des soins, l'une portée par le docteur Eric Kariger en 2013, l'autre par son successeur, le docteur Daniéla Simon en 2015.

- "Une affaire qui dépasse" Vincent Lambert -

La nouvelle interruption des traitements, couplée à la mise en oeuvre d'une "sédation profonde et continue", avait débuté lundi matin, conformément à une décision médicale signée par le docteur Vincent Sanchez en avril 2018, soutenue par une partie de la famille dont son épouse Rachel Lambert et validée par le Conseil d'Etat fin avril.

Jusqu'à présent, tous les ultimes recours déposés par les avocats des parents -Cour européenne des droits de l'Homme, tribunal administratif- avaient échoué. Et le président Emmanuel Macron, à qui ils avaient écrit samedi pour l'implorer d'intervenir, avait répondu lundi qu'il ne lui "appartenait pas de suspendre" l'arrêt des traitements, décidé, "en conformité avec nos lois", à quelques jours des élections européennes.

La famille est coupée en deux camps, d'un côté autour de ses parents, fervents catholiques opposés à l'arrêt des traitements, de l'autre autour de son épouse Rachel et son neveu François, qui entendent mettre fin à cet "acharnement thérapeutique" et affirment que l'ex-infirmier avait pris position contre tout acharnement thérapeutique. Vincent Lambert n'a pas laissé de directive anticipée écrite.

Une scission familiale encore nettement perceptible lundi soir. "On était en train d'éliminer Vincent ! C'est une très grande victoire ! Ils vont le réalimenter et lui redonner à boire. Pour une fois, je suis fière de la justice", jubilait sa mère.

"On nous refait le coup tout le temps. Il y a une jouissance de la part de ceux qui font tous ces recours. C'est du sadisme pur de la part du système médico-judiciaire", dénonçait au contraire François Lambert. Face à cette décision "incroyable" de la cour d'appel, il a évoqué auprès de l'AFP un possible pourvoi en cassation du CHRU.

Président de l'association du Droit à mourir dans la dignité, Jean-Luc Romero a déploré lundi soir "un acharnement des parents, Vincent Lambert se retrouvant au milieu d'une affaire qui le dépasse".

"J’espère qu’à la suite de ce jugement (...) on transférera enfin et rapidement Vincent Lambert dans un service adapté aux personnes en état paucirelationnel (état de conscience minimal ndlr). Il n’a rien à faire au CHU de Reims", a réagi pour sa part sur Twitter la psychologue Marie de Hennezel, spécialiste de l'accompagnement de la fin de vie.

Coup de théâtre dans l'affaire Vincent Lambert: la justice ordonne la reprise des traitements

Mardi, 21. Mai 2019 - 0:22

Coup de théâtre dans l'affaire Vincent Lambert: la cour d'appel de Paris a ordonné lundi soir le rétablissement des traitements visant à le maintenir en vie, interrompus le matin-même par son médecin, une "très grande victoire" pour ses parents, du "sadisme pur" pour son neveu.

La cour "ordonne à l’Etat français (...) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation" de Vincent Lambert, selon la décision consultée par l'AFP.

Le CDPH, comité de l'ONU, avait demandé à la France de surseoir à l'arrêt des traitements dans l'attente d'un examen du dossier sur le fond, mais la France considérait que la suspension de l'arrêt des traitements préconisée par le CIDPH "est dépourvue de caractère contraignant", mettant en avant le "droit du patient à ne pas subir d'obstination déraisonnable".

Vendredi, en première instance, le tribunal de Paris s'était déclaré incompétent pour faire appliquer cette demande.

Dans la manifestation parisienne qui a réuni plusieurs centaines de personnes réclamant "la vie pour Vincent", une énorme clameur a retenti lorsque l'un des avocats de ses parents, Me Jérôme Triomphe, a annoncé leur victoire à la foule, a constaté un journaliste de l'AFP. "On a gagné! Vincent doit vivre, Vincent vivra!", a-t-il crié.

- Six mois -

"Jérôme Triomphe et moi-même irons dès demain matin à Reims pour nous assurer que l'alimentation et l'hydratation seront effectivement reprises", a ajouté Me Jean Paillot, précisant que "ce n'est qu'une décision provisoire" d'une "durée de six mois, permettant au comité de l'ONU d'étudier le dossier".

"On était en train d'éliminer Vincent ! C'est une très grande victoire ! Ils vont le réalimenter et lui redonner à boire. Pour une fois, je suis fière de la justice", a aussitôt déclaré à l'AFP sa mère, Viviane Lambert.

A l'inverse, le neveu de Vincent Lambert, François, favorable, lui, à l'arrêt des traitements, a dénoncé un "sadisme pur de la part du système médico-judiciaire". "On nous refait le coup tout le temps. Il y a une jouissance de la part de ceux qui font tous ces recours" juridiques, a-t-il estimé auprès de l'AFP. Face à cette décision "incroyable" de la cour d'appel, il a évoqué un possible pourvoi en cassation.

Le CHRU de Reims avait déjà lancé puis stoppé deux procédures d'arrêt des soins, l'une portée par le docteur Eric Kariger en 2013, l'autre par son successeur, le docteur Daniéla Simon en 2015.

La nouvelle interruption des traitements a débuté lundi matin, conformément à une décision médicale signée par le Dr Vincent Sanchez en avril 2018, soutenue par une partie de famille dont son épouse Rachel Lambert et validée par le Conseil d'Etat fin avril.

Jusqu'à présent, tous les ultimes recours déposés par les avocats des parents - Cour européenne des droits de l'Homme, tribunal administratif - avaient échoué. Et Emmanuel Macron, à qui ils avaient écrit samedi pour l'implorer d'intervenir, a répondu lundi après-midi qu'il ne lui "appartient pas de suspendre" l'arrêt des traitements, décidé, "en conformité avec nos lois", à quelques jours des élections européennes.

La famille est divisée en deux camps, rassemblés d'un côté autour de ses parents, fervents catholiques opposés à l'arrêt des traitements, de l'autre autour de son épouse Rachel et son neveu François, qui entendent mettre fin à cet "acharnement thérapeutique" et qui affirment que cet ancien infirmier avait pris position contre tout acharnement thérapeutique. Vincent Lambert n'a pas laissé de directive anticipée.

Les parents, Viviane 73 ans et Pierre 90 ans, qui ont reçu le soutien de la communauté catholique, estiment que leur fils est handicapé et doit être transféré dans un établissement spécialisé.

C'est dans un courriel adressé à la famille que Vincent Sanchez, chef du service de soins palliatifs de l'hôpital Sébastopol de Reims leur a fait part de l'arrêt des traitements" et de "la sédation profonde et continue" de Vincent Lambert, 42 ans, tétraplégique en état végétatif depuis plus de dix ans à la suite d'un accident de la route.

Dans l'après-midi, Rachel Lambert avait estimé sur RTL que "le voir partir c'est le voir en homme libre". "Le moment est à la dignité et à l'accompagnement, le temps de l'amour de l'accompagnement" (..) "Surtout qu'on nous laisse dans notre intimité et que ça se fasse... qu'on nous laisse dans la discrétion", avait-elle ajouté.

Père de la loi de 2016 régissant la fin de vie, Jean Leonetti, également premier vice-président LR, estime que l'arrêt des soins de Vincent Lambert s'inscrit bien "dans le cadre de la loi".

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Un homme suspendu depuis des heures au dernier étage de la tour Eiffel

Lundi, 20. Mai 2019 - 21:34

Suspendu au-dessus du vide depuis des heures: un homme restait agrippé lundi soir à la tour Eiffel pour des motivations inconnues, après l'escalade de l'un des piliers qui a entraîné l'évacuation du monument parmi les plus visités au monde.

L'homme, que l'on pouvait apercevoir tout de noir vêtu, se tenait en début de soirée debout en appui sur les barreaux de la tour, juste en-dessous du troisième et dernier étage du monument, selon des photos de l'AFP.

Dépêchés sur place, des pompiers essayaient d'atteindre le grimpeur en descendant en rappel depuis le troisième étage de la tour de 324 mètres.

La brigade de recherche et intervention de la police (BRI) a quant à elle pris contact avec le grimpeur, a indiqué une source policière à l'AFP, précisant que les motivations de cet homme étaient pour l'heure inconnues.

Les négociations étaient toujours en cours après 20H00, selon une source policière.

Au pied du monument, le spectacle interloquait les badauds et les centaines de touristes qui levaient le nez pour apercevoir l'individu.

"Un grimpeur a été détecté. C'est la procédure habituelle, il faut l'empêcher de continuer et, dans ce cas-là, on évacue la Tour", a expliqué une source policière, sans être en mesure de préciser le nombre de touristes concernés par l'évacuation.

La société d'exploitation avait tweeté à 15H30 que la "Dame de Fer" n'était plus accessible aux visiteurs.

Nombreux étaient les déçus lundi après-midi, comme Sylvie et Céline Forcier, venues du Québec : un policier leur a expliqué "que c'était fermé pour toute la journée et que c'était parce que quelqu'un grimpait. On est très déçues: on n'est ici que pour une semaine et ça change notre programme".

Idem pour Justin et Karen Smith ayant célébré dimanche leur mariage devant la tour Eiffel. Les deux habitants de Los Angeles qui repartent demain ignorent s'ils pourront "monter en haut aujourd'hui". "On est déçus", confient-ils aussi.

- Déception -

D'autres comme Aniruddha étaient "dans la queue, prêts à monter et on nous a dit de sortir". Ce guide touristique accompagnant un groupe de 130 Indiens, a expliqué qu'ils ne restaient qu'"un seul jour à Paris" avant de se rendre à Bruxelles, et étaient venus spécialement "pour voir la tour Eiffel..."

"Je m'en fiche de ce qu'il peut arriver, je veux juste que ça rouvre. Je suis censée dîner là", lâchait pour sa part Maria, une touriste américaine.

Certains espèrent quant à eux assister au dénouement : comme Creieg Martin, un Californien dont la visite a été annulée "parce qu'un Spiderman fou était en train de monter. On reste parce qu'on est curieux".

Jean-Claude Mota, un Bordelais, a cru lui que "c'était les gilets jaunes ou que quelqu'un voulait sauter". Sa femme Jannick le presse de partir: "On s'en va, on va pas rester faire du voyeurisme".

En octobre 2017, la tour Eiffel avait dû être évacuée en raison de la présence d'un jeune homme sur un pilier de la tour qui menaçait de se suicider. La police avait finalement réussi à faire renoncer le jeune homme.

La tour Eiffel, qui fête cette année ses 130 ans, est le monument payant le plus visité au monde. Elle accueille chaque année plus de 20 millions d'admirateurs du monde entier, dont sept millions de visiteurs. En 1996, Alain Robert, connu comme le Spiderman français avait escaladé sa structure.

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Vincent Lambert: marche à Paris pour réclamer une "grâce présidentielle"

Lundi, 20. Mai 2019 - 21:31

Plusieurs centaines de personnes défilaient lundi soir à Paris du ministère de la Santé vers l'Elysée pour réclamer une "grâce présidentielle" pour le tétraplégique Vincent Lambert, dont l'arrêt des soins visant à le maintenir en vie a débuté contre la demande de ses parents.

Les manifestants, qui se sont élancés peu avant 21H00, tenaient pour certains une banderole proclamant "La valeur d'une civilisation se mesure au respect qu'elle porte aux plus faibles" et scandaient les slogans "La vie pour Vincent", "Sanchez assassin (du nom du médecin de Reims qui a signé en avril 2018 la demande d'interruption des traitements), "Vincent est vivant" ou encore "Macron assassin".

"C'est la dernière chance pour que le président réagisse. C'est inadmissible de faire mourir quelqu'un comme ça arbitrairement. La vie passe avant tout", a commenté auprès de l'AFP Guillaume de Saizieu, l'un des participants.

Selon ce Nantais de 50 ans de passage à Paris pour le travail, "il y a une volonté politique de faire passer un discours sur l'euthanasie. C'est comme ça que les gouvernements ont procédé avec l'avortement, avec toutes les mesures anti-vie. On prend un cas, on le médiatise, on joue sur l'émotion..."

"Ce n'est pas à l'homme de choisir quand un homme doit mourir. Il faut laisser Dieu, ou la nature si on ne croit pas, faire. On n'a pas droit de vie et de mort sur l'espèce humaine", a-t-il poursuivi.

Avec son sweat "J'aime la vie", Marie Soulard est venue "parce qu'il faut le sauver. Il n'est pas en fin de vie. Il est alimenté et hydraté. A ce moment là, on peut tuer tous les handicapés. La vie n'a pas de prix".

"Tous (les responsables) disent qu'ils ne peuvent rien faire, qu'il n'est pas responsable mais Emmanuel Macron lui a la responsabilité, il peut agir", a affirmé l'étudiante en droit de 18 ans.

Pour le directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles également présent, Geoffroy Lejeune, "Vincent Lambert n'était pas inconscient, il n'était pas un légume, il n'est pas branché, il n'est pas atteint d'une maladie incurable. Il est l'un des membres les plus fragiles de notre société".

"Il y a urgence. Depuis ce matin, il est en danger de mort", a-t-il ajouté.

"Nous ne nous résignons pas à admettre que Vincent soit assassiné froidement, Leonettiquement" en référence à la loi Léonetti. "Nous n'acceptons pas le crime d'Etat que la France est en train de commettre", a déclaré à la foule Me Jean Paillot, l'un des avocats des parents de Vincent Lambert.

Aéroport de Toulouse: les collectivités demandent la mise sous séquestre des actions du chinois Casil

Lundi, 20. Mai 2019 - 21:31

Les collectivités locales et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Toulouse, qui détiennent 40% de la société de gestion de l'aéroport de Toulouse (ATB) vont demander au tribunal de commerce la mise sous séquestre des actions détenues par le groupe chinois Casil.

Le conseil régional, le conseil départemental de Haute-Garonne, la métropole de Toulouse et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) ont indiqué lundi soir dans un communiqué de presse qu'elles allaient déposer "dans les prochains jours" devant la juridiction consulaire de Toulouse une requête "visant à obtenir la mise sous séquestre des titres détenus par l’actionnaire majoritaire Casil".

Elles vont également demander "la suspension de ses droits de vote et l’ajournement de l’Assemblée générale du 6 juin 2019 qui doit notamment statuer sur l’approbation des comptes de l’exercice 2018 et la distribution des dividendes", précise leur texte.

Selon elles, la décision de la cour d'appel de Paris du 16 avril dernier qui annule "la procédure de cession par l'Etat à la société Casil de 49,99% des parts du capital d’ATB, constitue un facteur d’insécurité juridique majeur au moment où des décisions essentielles, dont notamment la distribution des dividendes, doivent être prises".

Depuis plusieurs mois, les responsables des collectivités locales soupçonnent Casil de chercher uniquement à maximiser ses dividendes au détriment des réserves financières de l'aéroport.

Les collectivités et la CCI évoquent un "contexte chargé d’incertitudes" qui les a poussées à demander des mesures conservatoires "permettant d’éviter que des décisions stratégiques soient prises" alors que selon elles il subsiste "un doute sérieux sur près de la moitié des votes".

Fin mars, le tribunal de commerce de Paris, saisi en référé par trois syndicats, avait refusé la mise sous séquestre des actions de Casil estimant que seul l'Etat pouvait présenter une telle requête.

Casil a annoncé l'an dernier qu'il comptait se désengager des 49,99% des parts du capital d’ATB qu'il détient depuis la privatisation de l'aéroport en 2015.

Début 2018, l'État qui détient encore encore 10,01%, avait décidé de conserver cette participation sur laquelle Casil avait une option, empêchant ainsi l'actionnaire chinois de devenir majoritaire.

Mardi, le groupe français de BTP Eiffage avait annoncé être entré "en négociations exclusives pour l'acquisition de l'intégralité de la participation détenue par Casil Europe", une opération qui pourrait être compromise par les incertitudes juridiques sur le statut du site.

De son côté, l'avocat Toulousain Me Christophe Lèguevaques, qui est à l'origine des procédures des syndicats --FSU, CGT et l'Union syndicale Solidaires-- devant le tribunal de commerce de Paris et la cour d'appel de Paris, a indiqué à l'AFP qu'il était "satisfait que les collectivités et la CCI passent à l'offensive".

France Télécom: une femme médecin du travail raconte la souffrance de salariés

Lundi, 20. Mai 2019 - 20:56

Des indicateurs "dans le rouge" mais une direction "dans le déni": une femme médecin du travail de France Télécom a raconté lundi au tribunal la souffrance de salariés dans l'entreprise à partir de 2006, qui venaient la voir en pleurs, épuisés, en dépression.

Le procès pour "harcèlement moral" de France Télécom et de ses ex-dirigeants est entré lundi dans sa troisième semaine. S'il était jusqu'ici assez technique, avec de grands débats sur l'organisation de l'entreprise, la femme médecin du travail Monique Fraysse-Guiglini a décrit lundi les conséquences directes qu'ont eues, selon elle, les plans de transformation sur la santé des salariés.

En février 2006, les dirigeants de France Télécom ont annoncé le départ de 22.000 personnes de l'entreprise en trois ans. Les prévenus, dont les anciens PDG, numéro 2 et DRH, sont accusés d'avoir mis en place "une politique d'entreprise visant à déstabiliser les salariés et à créer un climat professionnel anxiogène".

Monique Fraysse-Guiglini a été embauchée à France Télécom, en 1994, à Grenoble. "Donc lorsque les plans Act et NExT sont mis en place, je connais bien l'entreprise", commence à la barre cette femme de 62 ans, aujourd'hui retraitée. "J'ai vu une inhumanité que je n'aurais pas pu imaginer à France Télécom".

"En 2007, les réorganisations se multiplient dans les services. Elles sont désordonnées. Les salariés me disent que tout semble être fait pour les déstabiliser", se souvient-elle. "Ils vivent en permanence dans la crainte de voir leur service disparaître, d'être muté".

Outre les 22.000 départs sur un total de 120.000 salariés, France Télécom, qui faisait face à des bouleversements technologiques dans un secteur très concurrentiel, voulait que 10.000 employés changent de poste.

Le programme "Time to move" avait été lancé. Des "espaces développement", rebaptisés par des salariés "espaces de dégagement", avaient été créés pour reclasser les personnels.

Dès mi-2007, Monique Fraysse Guiglini note une augmentation des visites spontanées à l'infirmerie. "C'est un bon indicateur du climat social: quand tout va bien, les salariés ne demandent pas à rencontrer le médecin du travail".

"En 2008, il y a une accélération des placardisations, de la mobilité forcée". Elle observe des syndromes anxio-dépressifs, des troubles du sommeil, de l'appétit, des syndromes addictifs. "Les salariés venaient en nombre à l'infirmerie, parfois pour pleurer", se souvient-elle.

- "Fruits pourris" -

"Les indicateurs sont dans le rouge, mais la direction est dans le déni", critique-t-elle.

Monique Fraysse Guiglini évoque le cas d'un salarié, Robert: "Ce technicien s'est effondré quand il a été muté dans une boutique comme vendeur. Il a perdu ses cheveux en une dizaine de jours et ils n'ont jamais repoussé".

"L'ambiance générale était tendue". Elle se souvient d'un salarié qui a tapé dans le mur, jeté son téléphone, crié en apprenant que son poste était supprimé. Un autre s'est jeté sur son manager.

Lors d'une rencontre avec Olivier Barberot, le DRH de l'entreprise, elle a tenté d'aborder le sujet. Mais "il pensait peut-être que nous dramatisions les choses. Il ne nous a pas crus".

"Lorsqu'on secoue un arbre, les fruits trop mûrs ou pourris tombent. C'est ce qui se passe à France Télécom", lui a dit un autre responsable des ressources humaines. En 2010, une de ses collègues médecin a démissionné en mettant en avant son sentiment d'impuissance et d'échec.

Peu avant Monique Fraysse Guiglini, c'est l'ex-PDG Didier Lombard qui était à la barre. Il a dû s'expliquer sur cette phrase restée dans la mémoire des salariés: "En 2007, je ferai les départs d'une façon ou d'une autre par la fenêtre ou par la porte", avait-il déclaré devant des cadres.

En tant que PDG, "les propos que vous tenez ont une valeur performative? Cela crée ce que ça dit, non?", l'a interrogé la présidente, Cécile Louis-Loyant. "Avec ce processus de brutalisation du discours, ne preniez-vous pas le risque de désinhiber les managers?", lui a demandé Jean-Paul Teissonnière, avocat de parties civiles.

"C'était une phrase idiote. Je la regrette, surtout si elle a eu des conséquences négatives", a-t-il répondu.

Tentative d'escalade de la Tour Eiffel: le monument évacué

Lundi, 20. Mai 2019 - 16:32

La tour Eiffel et son parvis ont été évacués lundi après-midi après qu'une personne a été repérée en train d'escalader l'édifice, a appris l'AFP auprès de la société d'exploitation et d'une source policière.

"Un grimpeur a été détecté. C'est la procédure habituelle. Il faut l'empêcher de continuer et, dans ce cas-là, on évacue la Tour", a expliqué cette source, sans être en mesure de préciser le nombre de touristes concernés par l'évacuation. "Pompiers et police sont sur place", a-t-elle ajouté.

Le parvis a également été évacué, a précisé une source policière.

La brigade de recherche et intervention de la police est sur place et a pris contact avec le grimpeur, dont les motivations restent inconnues, selon cette source.

En octobre 2017, la Tour Eiffel avait dû être "complètement évacuée" en raison de "la présence d’un jeune homme sur un pilier de la Tour qui menaçait de se suicider". La police avait finalement réussi à faire renoncer le jeune homme.

La Tour Eiffel, qui fête cette année ses 130 ans, est le monument payant le plus visité au monde, avec sept millions de visiteurs par an.

Européennes: Macron monte au front pour le sprint final

Lundi, 20. Mai 2019 - 16:25

A six jours des élections européennes, Emmanuel Macron monte au front lundi avec un entretien à la presse régionale pour lancer le sprint final d'une campagne qui se durcit à l'approche du scrutin.

Le week-end a été rythmé par un tir de barrage concerté de la majorité contre le Rassemblement national, accusé d'être le cheval de Troie des plans de Trump et Poutine pour affaiblir l'Europe. Pour preuve, selon la Macronie, la présence à Paris de Steve Bannon, le sulfureux ex-stratège du président américain, qui a enchaîné les interviews avec les médias français pour encenser Marine Le Pen.

L'affaire a continué à agiter le monde politique lundi. Steve Bannon n'a "aucun rôle dans la campagne" du Rassemblement national, a assuré Mme Le Pen. Laquelle "n'a pas besoin de mon aide pour gagner" et réussir "un des plus grands retours de l'histoire", a complété l'ancien conseiller du président américain.

Depuis des mois, LREM et RN sont au coude-à-coude dans les sondages, avec désormais un léger avantage au RN, loin devant Les Républicains et les partis de gauche, plus divisés que jamais.

Dans le camp présidentiel, l'alerte rouge est décrétée. Une victoire dimanche du parti de Marine Le Pen, comme en 2014, serait vécu comme un échec personnel pour Emmanuel Macron qui n'a cessé de dramatiser l'affrontement entre "progressistes" et "nationalistes".

Pour conjurer cette perspective, le chef de l'Etat donne lundi une interview aux grands groupes de la presse quotidienne régionale qui doit être publiée dès lundi soir sur internet.

Sans appeler directement à voter pour les Marcheurs, il souhaite mobiliser l'électorat en "rappelant les apports concrets de l'Europe pour les citoyens, notamment français", a expliqué son entourage, notamment en matière sociale, d'environnement, de sécurité, économique et de lutte contre le terrorisme.

Il souhaite aussi de nouveau lancer une mise en garde contre le risque d'une "déconstruction du projet européen" qui n'aurait "rien d'anodin" pour les Français, ajoute l'Elysée.

Parallèlement, le chef de l'Etat continue à recevoir cette semaine des dirigeants européens pour rassembler "l'arc progressiste" qu'il espère pour soutenir ses projets de réformes de l'UE. Ce lundi il reçoit le président du Conseil européen Donald Tusk puis dîne avec le Premier ministre portugais Antonio Costa.

- "Antifascisme de théâtre" -

Très visible aussi dans cette dernière ligne droite, Edouard Philippe se rend lui lundi à Vesoul, avant Valenciennes mardi et Orléans jeudi. Le Premier ministre a été envoyé en première ligne par Emmanuel Macron qui a demandé au gouvernement de s'activer jusqu'au bout au soutien de la tête de liste Nathalie Loiseau.

Le RN mise, lui aussi, sur l'opposition frontale. "Votez contre Macron", peut-on lire en grosses lettres jaunes sur le tract électoral que le RN a diffusé à cinq millions d'exemplaires.

Un référendum anti-Macron, c'est aussi la ligne suivie par la France insoumise, qui dispute la quatrième place aux écologistes d'EELV derrière LR. Dimanche encore, Jean-Luc Mélenchon a appelé à mettre M. Macron "dos au mur".

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR, regrette, lui, la "mise en scène" du face-à-face annoncé entre LREM et RN ainsi que "l'antifascisme de théâtre" d'Emmanuel de Macron.

Derrière les cinq premières listes assurées de compter des eurodéputés, les autres vont tout faire pour accrocher la barre fatidique des 5%, nécessaire pour envoyer des élus au Parlement européen. En premier lieu, la liste Place Publique/Parti socialiste qui a reçu samedi le soutien tardif de François Hollande.

Signe de la tension qui monte, la majorité a demandé aux chaînes qui organisent les derniers débats de mettre en place un "dispositif antifake news en direct". Le premier rendez-vous a lieu lundi soir sur LCI et réunira quatorze têtes de liste lors de deux parties distinctes, avant deux ultimes soirées sur France 2 mercredi et sur BFMTV jeudi.

Parallèlement, les différentes listes -34 au total, un record- vont chercher à galvaniser leurs troupes lors des derniers meetings, au bout d'une campagne plutôt atone, brouillée par la crise des "gilets jaunes" et la sortie du grand débat. L'abstention, qui frôle la barre des 60% dans les sondages, sera une nouvelle fois "le premier parti de France".

Blanchiment et corruption: début du second volet du procès des Balkany

Lundi, 20. Mai 2019 - 16:21

Après l'argent caché, les chemins sinueux de l'offshore: le procès des époux Balkany, qui a commencé la semaine dernière par l'examen du délit de fraude fiscale, a repris lundi à Paris pour cinq semaines consacrées aux accusations, bien plus lourdes et complexes, de blanchiment et corruption.

Patrick et Isabelle Balkany, maire LR et première adjointe de Levallois-Perret, ville huppée de l'ouest parisien, sont jugés dans deux procédures distinctes mais en grande partie imbriquées.

Le premier acte du procès s'était clôturé jeudi par un réquisitoire cinglant contre un "acharnement à frauder": le parquet national financier (PNF) a requis quatre ans de prison pour fraude fiscale, avec incarcération immédiate, contre Patrick Balkany, quatre ans dont deux avec sursis contre son épouse, et l'inéligibilité maximale, dix ans, contre tous deux.

Très en verve depuis le début du procès mais visiblement sonné par le réquisitoire, Patrick Balkany, 70 ans, a reconnu "des fautes". Son épouse, 71 ans, toujours hospitalisée après une tentative de suicide début mai, n'assiste pour le moment pas aux débats.

L'acte II, qui occupera le tribunal jusqu'au 20 juin et dans lequel les Balkany encourent dix ans de prison, promet une plongée dans l'univers de montages offshore virtuoses, de Suisse au Panama, et de comptes bancaires nichés au Liechtenstein ou à Singapour.

Outre le couple Balkany, quatre autres prévenus entrent en scène, notamment leur fils Alexandre, poursuivi pour blanchiment. Il s'est assis à côté de son père, tous deux silencieux, costumes bleu sombre sur chemise claire.

A quelques sièges, l'homme de confiance des Balkany à Levallois, Jean-Pierre Aubry, et l'ancien avocat Arnaud Claude. Les juges leur prêtent un rôle central dans l'acquisition d'un somptueux riad à Marrakech en janvier 2010.

Manque à l'appel le richissime homme d'affaires saoudien Mohamed Al Jaber, représenté par son avocat à ce stade du procès et poursuivi pour corruption active.

Les Balkany, jugés notamment pour "blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée", sont poursuivis pour avoir dissimulé au fisc plus de 13 millions d'euros d'avoirs entre 2007 et 2014, à l'aide d'un chapelet de sociétés écrans.

En particulier deux somptueuses propriétés déjà au cœur du premier volet : le riad Dar Guycy de Marrakech, dont ils nient être propriétaires, et la villa Pamplemousse de Saint-Martin, qu'Isabelle Balkany a finalement reconnu avoir achetée grâce à un héritage.

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