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Jean-Pierre Farandou, futur patron de la SNCF

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 22:56

Le président de la République Emmanuel Macron a joué la continuité en choisissant Jean-Pierre Farandou, cadre dirigeant de la SNCF, pour succéder à Guillaume Pepy à la tête du groupe ferroviaire public au 1er janvier 2020.

"Le président de la République envisage, sur proposition du Premier ministre, de nommer M. Jean-Pierre Farandou en qualité de président du directoire de la SNCF", a annoncé l'Elysée mercredi soir, soulignant que M. Macron avait "vivement remercié" M. Pepy "pour son engagement à la tête de l'entreprise depuis plus de dix ans".

La proposition du président de la République doit être validée par les commissions du développement durable de l'Assemblée nationale et du Sénat, après son audition, puis approuvée en conseil des ministres. La procédure doit en tout durer entre trois semaines et un mois.

Jean-Pierre Farandou, 62 ans, travaille à la SNCF depuis 1981. Ce proche de M. Pepy est depuis 2012 patron de Keolis, la filiale de transports en commun du groupe.

Son nom est arrivé relativement tard parmi tous ceux qui ont été cités ces derniers mois pour diriger la "nouvelle SNCF" née de la dernière réforme ferroviaire, qui deviendra une société anonyme à capitaux publics le 1er janvier 2020.

Lui-même observait la situation avec un certain amusement. Il ne s'était pas ouvertement lancé dans la course, handicapé sans doute par son âge qui l'empêchera de faire deux mandats.

L'exécutif aurait préféré un profil venu de l'extérieur, mais la complexité de la tâche, l'exigence de la connaissance du domaine ferroviaire et la limitation du salaire à 450.000 euros bruts par an ont semble-t-il compliqué le recrutement.

L'Elysée salue son expérience et sa légitimité, sa connaissance approfondie de l'entreprise et son parcours en région, et voit en lui "une personnalité centrale dans le monde des transports".

M. Farandou venait d'être élu à la tête de l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), l'organisation professionnelle du secteur, dont l'une des tâches les plus urgentes est d'achever la négociation de la convention collective du ferroviaire.

- Rompu aux appels d'offres -

"La bienvenue à @JPFarandou à la @sncf En espérant que le nouveau président se montre plus à l'écoute et plus cheminot que feu Guillaume Pepy", a twitté le syndicat Sud-Rail.

Né en juillet 1957 à Talence (Gironde), Jean-Pierre Farandou est diplômé de l'Ecole des mines de Paris.

Après avoir débuté sa carrière dans une compagnie minière aux Etats-Unis, il est entré à la SNCF en 1981 comme chef de gare, avant d'y gravir les échelons comme chef de projet du TGV Paris-Lille, fondateur de Thalys, directeur aux ressources humaines, directeur de la région Rhône-Alpes et de Keolis Lyon et directeur de la branche SNCF Proximités (Ile-de-France, TER et Intercités).

Il était depuis août 2012 patron de Keolis, filiale qui a réalisé l'an dernier près de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires (sur 33 milliards pour l'ensemble de la SNCF). Très ouverte sur l'international, Keolis est rompue aux appels d'offres --une expérience qui sera certainement utile avec l'arrivée de la concurrence dans le ferroviaire.

M. Farandou avait failli devenir PDG de SNCF Réseau en 2016, mais sa candidature avait alors été retoquée par l'Arafer (le régulateur du secteur) car il était jugé trop proche de SNCF Mobilités.

Il était donc resté à la tête de Keolis, Patrick Jeantet --à l'époque numéro 2 d'Aéroports de Paris (ADP)-- prenant celle de SNCF Réseau. M. Jeantet avait ouvertement fait acte de candidature pour succéder à Guillaume Pepy aux commandes de la SNCF.

La loi ferroviaire prévoit que la future société anonyme à capitaux publics SNCF en chapeautera deux autres dont il va falloir également désigner les dirigeants: SNCF Mobilités, qui est actuellement dirigée par M. Pepy comme la structure de tête, et SNCF Réseau.

La procédure de nomination du futur président de la SNCF est "transitoire", et elle "sera suivie par une nouvelle procédure, au cours du 1er semestre 2020, une fois la nouvelle architecture de la SNCF mise en place", a précisé l'Elysée mercredi soir.

Jean-Pierre Farandou futur patron de la SNCF

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 21:54

Le président de la République Emmanuel Macron a choisi Jean-Pierre Farandou, cadre dirigeant de la SNCF, pour succéder à Guillaume Pepy à la tête du groupe ferroviaire, a annoncé mercredi soir l'Elysée.

"Le président de la République envisage, sur proposition du Premier ministre, de nommer M. Jean-Pierre Farandou en qualité de président du directoire de la SNCF", a précisé la présidence, en soulignant que M. Macron avait "vivement remercié" M. Pepy "pour son engagement à la tête de l'entreprise depuis plus de dix ans".

Jean-Pierre Farandou, 62 ans, travaille à la SNCF depuis 1981. Ce proche de M. Pepy est depuis 2012 patron de Keolis, la filiale de transports en commun du groupe.

Son nom est arrivé relativement tard parmi tous ceux qui ont été cités ces derniers mois pour diriger la "nouvelle SNCF" née de la dernière réforme ferroviaire, qui deviendra une société anonyme à capitaux publics le 1er janvier 2020.

L'exécutif préférait un profil venu de l'extérieur, mais la complexité de la tâche, l'exigence de la connaissance du domaine ferroviaire et la limitation du salaire à 450.000 euros bruts par an ont semble-t-il compliqué le recrutement.

La loi veut que la proposition du président de la République soit ensuite être validée par les commissions du développement durable de l'Assemblée nationale et du Sénat, après son audition, puis approuvée en conseil des ministres. La procédure doit en tout durer entre trois semaines et un mois.

Né en juillet 1957 à Talence (Gironde), Jean-Pierre Farandou est diplômé de l'Ecole des mines de Paris.

Après avoir débuté sa carrière dans une compagnie minière aux Etats-Unis, il est entré à la SNCF en 1981 comme chef de gare, avant d'y gravir les échelons comme chef de projet du TGV Paris-Lille, fondateur de Thalys, directeur aux ressources humaines, directeur de la région Rhône-Alpes et de Keolis Lyon et directeur de la branche SNCF Proximités (Ile-de-France, TER et Intercités).

Il était devenu en août 2012 patron de Keolis, filiale qui a réalisé l'an dernier près de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires (sur 33 milliards pour l'ensemble de la SNCF). Très ouverte sur l'international, Keolis est rompue aux appels d'offres --une expérience qui sera certainement utile avec l'arrivée de la concurrence dans le ferroviaire.

M. Farandou avait failli devenir en 2016 PDG de SNCF Réseau, mais sa candidature avait alors été retoquée par l'Arafer (le régulateur du secteur) car il était jugé trop proche de SNCF Mobilités.

Il était donc resté à la tête de Keolis, Patrick Jeantet --à l'époque numéro 2 d'Aéroports de Paris (ADP)-- prenant celle de SNCF Réseau. M. Jeantet avait ouvertement fait acte de candidature pour succéder à Guillaume Pepy aux commandes de la SNCF.

Jean-Pierre Farandou prochain patron de la SNCF

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 20:26

Le président Emmanuel Macron a choisi Jean-Pierre Farandou, un cadre dirigeant de la SNCF, pour succéder à Guillaume Pepy à la tête du groupe, une nomination que devrait officialiser l’Élysée jeudi matin, indiquent mercredi Les Échos.

Contacté par l'AFP, l’Élysée a refusé de confirmer cette information.

Jean-Pierre Farandou, 62 ans, travaille à la SNCF depuis 1981. Ce proche de M. Pepy est depuis 2012 patron de Keolis, la filiale de transports en commun du groupe.

Son nom est arrivé relativement tard dans tous ceux qui ont été cités ces derniers mois diriger la "nouvelle SNCF" née de la dernière réforme ferroviaire, qui deviendra une société anonyme à capitaux publics le 1er janvier 2020.

L'exécutif préférait un profil venu de l'extérieur, mais la complexité de la tâche, l'exigence de la connaissance du domaine ferroviaire et la limitation du salaire à 450.000 euros bruts par an ont semble-t-il compliqué le recrutement.

L’Élysée doit techniquement annoncer l'intention du président de la République de nommer M. Farandou à la tête de la SNCF. Cette proposition devra ensuite être validée par les commissions du développement durable de l'Assemblée nationale et du Sénat, après son audition, puis approuvée en conseil des ministres. La procédure doit en tout durer entre trois semaines et un mois.

Né en juillet 1957 à Talence (Gironde), Jean-Pierre Farandou est diplômé de l’École des mines de Paris.

Après avoir débuté sa carrière dans une compagnie minière aux Etats-Unis, il est entré à la SNCF en 1981 comme chef de gare, avant d'y gravir les échelons comme chef de projet du TGV Paris-Lille, fondateur de Thalys, directeur aux ressources humaines, directeur de la région Rhône-Alpes et de Keolis Lyon et directeur de la branche SNCF Proximités (Ile-de-France, TER et Intercités).

Il était devenu en août 2012 patron de Keolis, filiale qui a réalisé l'an dernier près de 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires (sur 33 milliards pour l'ensemble de la SNCF). Très ouverte sur l'international, Keolis est rompue aux appels d'offres --une expérience qui sera certainement utile avec l'arrivée de la concurrence dans le ferroviaire.

L'attaque du Thalys reconstituée alors que l'enquête touche à sa fin

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 18:47

Quatre ans après l'attaque déjouée du Thalys Amsterdam-Paris, une reconstitution était en cours mercredi près de Paris, dernier acte d'une enquête durant laquelle le tireur, Ayoub El Khazzani, a donné des explications confuses sur son projet jihadiste.

La reconstitution, organisée à la demande d'El Khazzani, a commencé en début d'après-midi dans une rame à l'arrêt mise à disposition de la justice en Ile-de-France, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. Le lieu exact n'a pas été précisé.

Selon une source judiciaire, une quinzaine de témoins devaient participer à la reconstitution, aux côtés des juges d'instruction chargés de l'enquête et d'El Khazzani lui-même. Les trois Américains qui ont maitrisé le tireur étaient en revanche absents.

Le 21 août 2015, Ayoub El Khazzani, monté en gare de Bruxelles dans le Thalys Amsterdam-Paris, avait ouvert le feu peu après son entrée en France, armé d'une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins. Il agissait sur ordre d'Abdelhamid Abaaoud, coordinateur des attentats du 13-Novembre, trois mois plus tard.

Lors de l'attaque, El Khazzani, citoyen marocain alors âgé de 26 ans, avait blessé deux passagers avant d'être maîtrisé par des militaires américains en vacances, qui avaient ainsi évité un carnage.

Une première demande de reconstitution, sollicitée par El Khazzani, avait été refusée début 2018 par les juges, qui ne l'estimaient pas nécessaire. Leur refus avait coïncidé avec la sortie en France, dénoncée par l'avocate du tireur, du film de Clint Eastwood relatant l'attaque, "Le 15H17 pour Paris".

Dix-huit mois plus tard, et alors que l'enquête touche à sa fin, les magistrats ont finalement accédé à la demande d'El Khazzani. L'occasion de confronter la version du tireur, qui affirme avoir renoncé à l'ultime seconde à son projet d'attentat, avec le récit des passagers.

Face au juge, Ayoub El Khazzani a assuré s'être laissé maîtriser après s'être senti incapable de tirer sur sa première cible. "Quand j'ai vu sa tête, ça m'a bloqué. Je n'ai pas pu tirer sur la tête d'un être humain", a-t-il déclaré, selon une audition révélée par France Inter.

- "Noble combattant" -

En décembre 2016, El Khazzani avait reconnu pour la première fois son implication dans l'attaque, rompant avec dix-huit mois de silence. Il a depuis livré des renseignements précieux sur son donneur d'ordre, Abdelhamid Abaaoud, par ailleurs coordinateur de la cellule du groupe Etat islamique ayant frappé la France et la Belgique en 2015 et 2016.

Abaaoud "m'a dit que la cible était dans le Thalys où je devais attaquer des Américains", a-t-il déclaré au juge dans une de ses auditions consultées par l'AFP. "Il m'a expliqué que le meilleur moyen de faire ma mission c'est d'utiliser des explosifs. Moi j'ai dit que je préférais une kalachnikov", a-t-il ajouté.

Le tireur du Thalys prétend n'avoir voulu cibler que des militaires américains, en représailles aux bombardements en Syrie, et non des civils. "Je suis un vrai jihadiste mais on ne massacre pas les femmes et les enfants (...) Je ne suis pas un massacreur. Je suis un noble combattant", a-t-il assuré.

Des explications qui laissent sceptiques les enquêteurs, El Khazzini n'ayant pas pu expliquer lors des interrogatoires comment il avait pu connaître la présence de ces militaires dans la rame et comment il aurait pu les cibler seuls au milieu des passagers.

Les trois Américains, Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone, ont reçu la citoyenneté française lors d'une cérémonie organisée à Sacramento, en Californie.

Au côté d'El Khazzani, quatre hommes sont mis en examen dans l'enquête en France, en premier lieu Bilal Chatra et Redouane Sebbar. Le premier est mis en cause pour avoir joué le rôle de passeur pour El Khazzani et Abaaoud, sur leur trajet de retour de Syrie au milieu du flux de migrants. Le deuxième aurait, lui, participé aux préparatifs de la fusillade dans le train.

Les deux autres mis en examen sont Mohamed Bakkali, considéré comme un logisticien essentiel de la cellule jihadiste, et Youssef Siraj, accusé d'avoir hébergé El Khazzani à Bruxelles avant l'attaque.

Soupçonné de 24 empoisonnements, le Dr Péchier reste libre

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 18:44

Le Dr Frédéric Péchier, médecin anesthésiste de Besançon soupçonné de 24 empoisonnements dont neuf mortels, reste en liberté: la Cour de cassation a rejeté mercredi le pourvoi du parquet général qui avait requis en appel son placement en détention.

À quatre reprises déjà, la justice avait décidé le maintien en liberté du médecin, la dernière fois le 12 juin. C'est cette décision de la cour d'appel de Besançon que visait le pourvoi du parquet général, retoqué mercredi par la Cour de cassation dans la foulée de son examen.

Au coeur du pourvoi, des soupçons de "connivence" entre Gilles Raguin, ex-magistrat de la cour d'appel de Besançon qui avait confirmé le maintien en liberté sous contrôle judiciaire du médecin à la mi-juin, et un avocat de la défense, Me Randall Schwerdorffer.

"Je ne suis pas surpris par cette décision car il n'y a jamais eu de collusion entre Gilles Raguin et moi", a réagi l'avocat auprès de l'AFP, contestant de nouveau avoir rencontré cet ancien magistrat de la chambre de l'instruction "en dehors du milieu professionnel".

"La décision de la cour de cassation est incontestable et remet les pendules à l'heure. Il n'y a plus de débat", a insisté Me Schwerdorffer.

Le Dr Péchier est soupçonné d'avoir pollué, de 2008 à 2017, des poches de perfusion de 24 patients, âgés de 4 à 80 ans, pour provoquer des arrêts cardiaques, démontrer ses talents de réanimateur et discréditer ses collègues de clinique avec lesquels il était en conflit.

"Beaucoup de gens se demandent comment il peut être libre", a concédé Me Schwerdorffer, évoquant des "fantasmes" autour de sa propre appartenance à la franc-maçonnerie, mais "personne ne se dit que s'il est libre, c'est peut-être que le dossier est fragile, tout simplement".

Agé de 47 ans, le médecin a été mis en examen en 2017 puis à la mi-mai pour un total de 24 empoisonnements présumés de patients, dont neuf mortels. En dépit de ces lourdes charges, il n'a jamais été placé en détention provisoire.

- "Très en colère" -

Le contrôle judiciaire de l'anesthésiste lui interdit en revanche d'exercer sa profession depuis 2017. Il a été renforcé après sa seconde mise en examen avec l'interdiction de se rendre à Besançon ou dans la commune voisine où il résidait.

Parmi ses victimes présumées : Teddy, un enfant de 4 ans dont le père, selon son avocat, Jean-Michel Vernier, s'est dit mercredi "stupéfait et très en colère" après la décision de la Cour de cassation. "Il ne tire qu'une conclusion : il y a une justice pour les puissants et une justice pour les pauvres", a poursuivi l'avocat, dans une allusion à la situation matérielle modeste de cette famille, partie civile.

Par les hasards du calendrier, au moment même où la Cour de cassation se penchait sur l'affaire, une autre audience se tenait mercredi devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon.

Celle-ci a examiné plusieurs requêtes en nullité déposées par les avocats du médecin. Elles portent notamment sur la garde à vue du praticien avant sa seconde mise en examen à la mi-mai et la validité d'une expertise psycho-criminologique effectuée sur pièces, sans entendre le médecin, et qui présume de sa culpabilité.

La chambre de l'instruction rendra sa décision le 23 octobre prochain sur ce volet de l'affaire.

"Ces requêtes qui ne reposent sur rien" sont "juridiquement ridicules", elles ne visent qu'à "pourrir le dossier", s'est insurgé Me Frédéric Berna, avocat de plusieurs parties civiles à l'issue de l'audience qui se tenait à huis clos.

"Manifestement, la défense a passé son temps à nous expliquer que ce dossier était vide, mais manifestement, il y a beaucoup d'actes qu'elle aimerait voir disparaître", a-t-il remarqué.

jmo-emc-as-ha/bra/cam

Emploi des seniors: les clichés ont la peau dure

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 18:23

"Difficiles à manager", "résistants au changement", "faibles capacités d'adaptation aux nouvelles technologies"... Souvent victimes de clichés, les seniors galèrent à garder et surtout à retrouver un emploi alors que l'exécutif va demander à tous de travailler plus longtemps.

Dans son rapport annuel à paraître jeudi, l'association Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) passe au crible la situation des plus de 50 ans sur le marché du travail, ces "grand oubliés des politiques de l'emploi".

C'est le cas de Marc, 57 ans, qui cherche un emploi depuis dix mois. Ce cadre parisien, qui a travaillé dans le secteur de l'audit de conformité, trouve que c'est "très difficile".

Il évoque tout de suite le niveau de salaire: "les seniors ont la réputation d'être chers mais quand on baisse nos prétentions, cela ne convient pas non plus!", explique-t-il après en avoir fait l'expérience.

A côté de la question du salaire qui freine le recrutement d'un quinqua, celle du management.

"J'ai passé un entretien dans une société où j'avais tout à fait le profil, je me retrouvé en face d'une jeune femme de 27 ou 28 ans qui aurait été mon chef. Elle m'a regardé avec des yeux stupéfiés même avant que j'ai ouvert la bouche!", explique à l'AFP cet ingénieur de formation. Il n'a pas été retenu.

Lui qui se sent "en forme" et "veut travailler" a en théorie encore sept ans de vie active avant une retraite au taux plein, à 64 ans. Non sans humour, il glisse qu'il a "15 ans de moins que Jean-Paul Delevoye", haut-commissaire aux retraites, 72 ans, choisi pour mener "une réforme essentielle".

- Seuil d'âge non pertinent -

Au chômage depuis un an, Carine, 49 ans, trouve qu'"à partir de 40 ans, pour les femmes, c'est dur". "La psychologue de Pôle emploi m'a dit qu'il ne fallait surtout pas mettre mon âge sur son CV car je ne serai pas prise", raconte cette aide à domicile qui habite près de Meaux.

En réalité, le terme de "senior" ne veut pas dire grand-chose.

"On est sur un champ qui irait de 50 ans jusqu'à 67 ans voire 70 ans", explique Annie Jolivet, chercheuse au Centre d'études de l'emploi et du travail (CEET) au Cnam, spécialiste du sujet.

"Il faudrait arrêter de se référer à un seuil d'âge", explique-t-elle.

"Il faut raisonner sur l'organisation du travail" et "la santé au travail", préconise-t-elle. "Le maintien dans l'emploi des seniors passe aussi par la prévention" quel que soit l'âge, explique-t-elle, dubitative sur d'énièmes mesures pour les seniors stricto sensu.

Les plus de 50 ans restent "en moyenne 673 jours inscrits" à Pôle emploi contre "404 pour les 25/49 ans", rappelle SNC dans son rapport.

"Depuis la fin de la dispense de recherche d'emploi (fin en 2012 d'un dispositif qui exonérait un demandeur d'emploi de chercher un emploi à partir de 57 ans, ndlr), le nombre de chômeurs de plus de 60 ans augmente, et cette tendance va se prolonger", pronostique Annie Jolivet.

Parallèlement à la réforme des retraites, le gouvernement a assuré à plusieurs reprises qu'il allait travailler sur l'emploi des seniors.

Christine, 51 ans, assistante commerciale, habite au sud de Poitiers et raconte sa recherche d'emploi: "On m'a déjà dit: +vous n'allez probablement pas avoir d'enfant mais est-ce que vous allez être grand mère?+"

Bien sûr, aucun employeur ne lui parle directement de son âge, mais "ils jouent sur les mots" ou font des "allusions discrètes". "On m'a demandé si +à mon âge+ j'étais capable d'utiliser un nouveau logiciel", raconte-t-elle, ébahie, ou si elle "allait pouvoir s'adapter à un nouvel environnement de travail".

"Ce n'est pas facile de répondre à cela sans leur renvoyer dans la figure... qu'ils ont le même âge", voire plus, s'indigne-t-elle.

Marchés truqués: prison ferme pour un ex-cadre d'EDF et lourdes amendes

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 18:04

De lourdes amendes ont été prononcées mercredi par le tribunal correctionnel de Nanterre dans l'affaire des marchés truqués impliquant un ex-cadre d'EDF, qui a écopé de cinq ans de prison dont deux ferme.

Jugé en compagnie de 37 autres prévenus, Christian M., un ancien acheteur du groupe français aujourd'hui à la retraite, a en outre été condamné à 100.000 euros d'amende. Il a été reconnu coupable d'avoir touché pendant 10 ans des pots-de-vin de la part d'entreprises, en échange d'informations confidentielles sur des appels d'offre passés par le géant de l'électricité pour l'entretien de ses centrales thermiques.

Il aurait touché environ un million d'euros sous forme d'argent liquide ou bien de cadeaux comme des vins d'exception, des voyages ou encore des vélos électriques. Le financement d'une partie des études de ses enfants ainsi que des travaux dans sa maison ont également été pris en charge par les entreprises corruptrices.

Avec cette condamnation, Christian M. évite la prison puisqu'il devrait purger sa peine sous le régime du bracelet électronique. Le parquet avait requis en juillet cinq ans ferme à son encontre.

Sa femme, jugée pour recel, a elle été condamnée à deux ans, dont un avec sursis. Leur maison de Seine-et-Marne a également été saisie.

Le tribunal a en outre prononcé de lourdes pénalités à l'encontre de trois entreprises ayant participé au "pacte de corruption": deux amendes de 250.000 et 500.000 euros ainsi que la confiscation de 2,9 millions d'euros issus du produit de l'infraction.

Trois autres sociétés avaient signé une convention judiciaire d'intérêt public avant le procès pour ne pas avoir à comparaitre. C'est le cas notamment de Kaefer Wanner, leader français de l'isolation industrielle, qui a dû s'acquitter d'une amende de 2,7 millions d'euros.

Des peines allant jusqu'à quatre ans de prison dont trois avec sursis et 150.000 euros d'amende ont été prononcées à l'encontre des autres prévenus, pour la plupart des cadres des entreprises ayant mis en place cette entente.

Au total, le tribunal a prononcé pour plus de 1,5 million d'euros de peines d'amende à l'encontre des personnes physiques. Des condamnations en adéquation avec les réquisitions du parquet qui avait demandé une sanction "à la hauteur du système corruptif mis en place".

"La corruption corrompt tout, c'est une gangrène", avait résumé Guillaume Daieff, procureur et chef de la section économique et financière du parquet, lors de son réquisitoire, appelant à durement sanctionner "la délinquance en col blanc".

Féminicides: Schiappa prône une réflexion sur la détention d'armes des hommes violents

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 17:45

Les forces de l'ordre devraient pouvoir contrôler plus facilement si les hommes soupçonnés de violences conjugales possèdent une arme à feu, afin de réduire les risques de féminicide, a estimé mercredi Marlène Schiappa, dénonçant un "angle mort" des politiques de prévention.

"On a vu plusieurs cas de féminicides cette année qui montraient que, malgré les différentes plaintes, l'homme considéré comme violent avait toujours à sa disposition une arme, avec parfois des autorisations", a expliqué la secrétaire d’État en charge de l'égalité femmes-hommes.

"C'est un sujet de préoccupation pour nous, sur lequel on doit pouvoir travailler", d'autant que l'arme à feu est le mode opératoire le plus fréquent dans les féminicides, avec 31,8% des cas, a souligné Mme Schiappa lors d'un point presse consacré aux avancées du "Grenelle" contre les violences conjugales.

Cette question, y compris un éventuel "retrait" du permis de port d'armes, pourrait être intégrée à la "grille d'évaluation du danger" dont doivent se doter les services de police et gendarmerie dans leurs procédures de réception des plaintes, a ajouté Mme Schiappa.

Actuellement, lorsqu'une femme va déposer plainte, il n'existe aucun protocole pour "aller voir chez le conjoint incriminé s'il possède une arme à feu", a-t-elle encore observé, soulignant que "tout ce qu'on peut faire pour combattre les féminicides, il faut le faire".

La secrétaire d’État s'est par ailleurs félicitée que le numéro d'appel d'urgence pour les femmes victimes de violence, le 3919, ait connu une nette recrudescence depuis le lancement du "Grenelle": 1.661 appels enregistrés le 3 septembre, contre 150 à 200 par jour en temps normal, et cela n'a "pas décru" par la suite.

Le 3919, qui ne fonctionne pas la nuit, devrait "à terme" être ouvert 24 heures sur 24, ce qui permettrait notamment de répondre aux appels de femmes résidant en Outre-Mer, gênées par le décalage horaire, a souligné la secrétaire d'Etat.

Après l'annonce le 3 septembre de 10 mesures d'urgence contre les violences conjugales, de nouvelles pistes doivent être rendues publiques le 29 octobre par les 11 groupes de travail thématiques mis en place dans le cadre du "Grenelle". Ce travail doit déboucher sur l'annonce de nouvelles mesures, attendues le 25 novembre, en conclusion de cette concertation.

En 2018, le ministère de l'Intérieur a recensé 121 féminicides en France.

Le Palais idéal du facteur Cheval, "sauvé" par Malraux voici 50 ans

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 16:58

Au détour d'une rue de Hauterives, dans la Drôme, se cache le Palais idéal du facteur Cheval, construit par cet autodidacte visionnaire durant 33 ans et classé aux Monuments historiques il y a un demi-siècle, un anniversaire fêté à partir de vendredi.

André Malraux, alors ministre de la Culture, dut batailler pour obtenir le 23 septembre 1969 le classement de ce chef-d'oeuvre d'architecture naïve contre l'avis de la plupart des experts qui jugeaient le Palais "hideux" et ne cachaient guère leur mépris pour son créateur.

En plus de sanctuariser cette œuvre unique au monde, admirée par les Surréalistes, "la ténacité de Malraux a sauvé le Palais de la ruine", assure Frédéric Legros, son directeur depuis mai dernier.

"D'un songe, j'ai sorti la reine du monde", a écrit sur la façade nord Ferdinand Cheval, dont la construction de pierres, ramassées pendant ses tournées, de coquillages et de chaux modelée à la main, aurait pu disparaître.

Les structures métalliques utilisées par le facteur pour consolider son édifice de 12 mètres de haut et 26 mètres de long étaient rongées par la rouille et menaçaient de s'effondrer.

"C'était aussi un génie de la communication qui avait ouvert dès 1905 le palais au public", explique à l'AFP M. Legros. Si les visiteurs le traitaient alors "d'illuminé", ils se pressaient à Hauterives.

Débutée en 1879, la construction de ce mariage de figures oniriques, de cultures et religions d'Orient et d'Occident, s'achèvera en 1912.

Ferdinand Cheval consacrera encore sept ans à bâtir son propre tombeau, dans le cimetière voisin. "Son chef-d'oeuvre", selon le directeur.

Un tantinet mégalomane, il voulait édifier dans son Palais une sépulture "digne des pharaons". L'église et la mairie refusèrent.

Le nom de "Palais idéal" est emprunté à un poème d'un jeune Grenoblois enthousiasmé par sa visite.

De nos jours, le site attire quelque 180.000 visiteurs par an, français et étrangers, "un nombre atteint dès le 31 juillet cette année", se réjouit Frédéric Legros. Une fréquentation dopée par le succès du biopic du réalisateur Niels Tavernier, sorti en 2018.

"Et, non, rectifie M. Legros, le facteur Cheval n'avait pas construit le Palais pour sa fille Alice, morte adolescente, comme le prétend le film. Et le croit, du coup, une partie du public".

- "Travail d'un seul homme" -

Ce monument où coexistent une mosquée, un temple hindou, un château médiéval, Vercingétorix, César et Archimède, des figures d'animaux ou des sculptures "des temps primitifs", est depuis 1994 propriété de la commune.

Il a été depuis plusieurs fois restauré, du béton injecté sous sa base...

Ferdinand Cheval (1836-1924) avait d'abord été boulanger. "Cela lui a donné une incroyable dextérité pour +pétrir+ la chaux", relève M. Legros.

Son idée de "temple de la nature" jaillit quand il trébuche sur une pierre à la forme bizarre. Il la baptise "pierre d'achoppement" et la placera sur la terrasse du Palais, qui comprend aussi "grottes" et galeries intérieures.

Jamais cet homme, qui revendiquait sa condition de "paysan, fils de paysan", n'avait vu d'éléphant ou de guépard, encore moins de temples orientaux. Il les réinvente à partir de cartes postales ou de magazines illustrés. Et, pour instruire le visiteur, grave des légendes sous les sculptures.

Le facteur inscrit aussi ses pensées sur les façades: "Obstinément le rêve", "Un génie bienfaisant m'a tiré du néant", "Travail d'un seul homme"...

A l'occasion du 50e anniversaire, un carnet inédit de dessins de Picasso, hommage au facteur Cheval daté de 1937, sera présenté pour la première fois au public à partir de vendredi, pendant les Journées du Patrimoine. Picasso avait visité le Palais avec Dora Maar et Paul Eluard.

La maison du facteur, la Villa Alicius, ouverte pour la première fois aux visiteurs, accueillera l'exposition "Le vent et les oiseaux m'encouragent", avec des oeuvres d'Ali Cherri --qui expose aussi dans le jardin sa "Machine volante"--, un tableau en plumes de Kate MccGwire ou des photos d'oiseaux de Jean-Luc Mylayne.

La "Cage mangeable", une oeuvre de Fabrice Hyber, sera également exposée.

Et toute l'année, se succèderont des expositions de grandes figures de l'art moderne comme Picasso et d'artistes contemporains.

Incident avec un métro automatisé à Paris: un syndicat réclame une "prise de conscience"

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 16:50

Une organisation syndicale a appelé mercredi à "une prise de conscience" sur "la nécessité de la présence à bord des trains", au lendemain de problèmes techniques dans un métro automatisé parisien.

Une rame de la ligne 1, qui relie le château de Vincennes à La Défense via certains des quartiers les plus touristiques de Paris, a traversé plusieurs stations sans s'arrêter, à la grande frayeur de ses passagers.

Soulignant que les passagers de ce "métro fou" étaient "totalement isolés, sans possibilité d'agir", Solidaires RATP a jugé mercredi que "les incidents à répétition sur les lignes automatiques parisiennes" (lignes 1 et 14) devaient "entraîner une prise de conscience" de la région Ile-de-France et de la RATP "sur la nécessité de la présence humaine à bord des trains".

La présidente de région Valérie Pécresse a "demandé un retour d'expérience à la PDG de la RATP, Catherine Guillouard, sur cet incident", a indiqué Ile-de-France Mobilités mercredi à l'AFP. Ce retour d'expérience a été programmé "lors de son audition annuelle devant le Conseil d'administration le 6 novembre prochain".

Mardi soir, un usager de Twitter, @omisapro, a témoigné de "la peur de (sa) vie": "on vient d'éviter un énorme accident, le train ne s'arrêtait plus depuis trois arrêts. A deux doigts de prendre le métro de devant", arrêté au niveau de la station George V, a-t-il expliqué à ses quelque 23.000 abonnés Twitter.

"Suite à un incident technique la rame n'a effectivement pas marqué l'arrêt durant 3 stations", a réagi la RATP sur le compte Twitter de la ligne 1. "L'arrêt s'est ensuite fait dans le respect des procédures de sécurité prévues. Bien qu'impressionnant, nous vous assurons qu'il n'y a pas eu de mise en danger."

La RATP a ensuite précisé à différents médias qu'il y avait dans un premier temps eu "une disjonction d'intensité" à la station Palais Royal vers 21H30, un incident électrique pouvant être impressionnant "car à l'origine d'un bruit fort et d'étincelles, mais sans risque pour le voyageur", précise-t-elle.

Dans un second temps, "une mauvaise programmation a eu pour conséquence que plusieurs arrêts n'ont pas été desservis par une rame, vers 21H50", selon la RATP, mais "le système de sécurité a détecté l'anomalie et l'arrêt de la rame s'est fait en toute sécurité". Elle insiste sur le fait qu'"il n'y a eu en aucun cas risque de collision".

Solidaires RATP considère pour sa part que "seul un agent RATP présent à bord, capable d'arrêter le train et de le prendre en conduite manuelle, est une sécurité".

Féminicide au Havre: 800 personnes rassemblées

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 16:43

Environ 800 personnes selon la police se sont rassemblées mercredi au Havre pour demander "justice" pour "Johanna" la femme de 27 ans tuée lundi dans cette ville par son conjoint devant ses enfants.

"Brisons le silence", "Stop aux féminicides", "Stop à la violence", pouvait-on lire sur des pancartes dans le cortège. Nombre de manifestants scandaient "Justice, Johanna", a constaté une photographe de l'AFP.

Sur les quelque 800 personnes qui se sont rassemblées devant la mairie, environ 600 ont défilé dans les rues du Havre, selon la police.

Le cortège était à 70% environ composé de femmes et d'enfants, selon la même source.

L'homme de 37 ans qui a poignardé cette femme devant leurs enfants de six, quatre et deux ans au sortir d'une grande surface, "devrait être déféré au parquet pour être mis en examen", avait annoncé le parquet du Havre mardi soir. Le procureur de la République du Havre n'était pas joignable dans l'immédiat mercredi.

Interpellé peu après les faits, l'homme, qui a porté 14 coups de couteaux à sa conjointe, a reconnu la matérialité des faits et dit avoir agi par crainte que la victime ne le prive de ses fils, avait précisé le parquet.

Le 11 août, la victime avait déjà porté plainte. La police était alors intervenue au domicile du couple, que "la jeune femme disait avoir quitté en passant par la fenêtre de l'appartement (...) ayant été menacée par son compagnon à l'aide d'un couteau ainsi que d'étouffement avec un sac en plastique". Le conjoint avait alors été interpellé puis relâché. "Dans cette première affaire, c'était parole contre parole", avait précisé le procureur François Gosselin.

La femme avait depuis quitté le domicile commun pour s'installer dans un foyer et "les enfants étaient pris en charge tour à tour par chacun des parents" dans l'attente d'un jugement sur leur garde.

C'est alors que la victime allait chercher ses enfants que son conjoint, sans condamnation judiciaire antérieure, l'a poignardée.

En 2018, le ministère de l'Intérieur avait recensé 121 féminicides.

France et Espagne, exceptions d'une demande d'asile en baisse

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 14:48

La demande d'asile ne cesse de baisser dans les pays de l'OCDE, y compris aux États-Unis, principale destination des demandeurs d'asile. Mais pas en Espagne ni en France, qui ont connu les plus fortes progressions en 2018, souligne l'organisation dans un rapport publié mercredi.

Avec 1,07 million de demandes, l'asile a de nouveau reculé en 2018, que ce soit parmi les pays européens (-10%) ou non-européens (-17%) de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), après avoir émargé à 1,26 million de demandes de protection en 2017. Et loin des records de 2015 et 2016, lorsqu'elles culminaient à 1,65 million.

Paradoxalement, la tendance baissière est insufflée par les États-Unis, pourtant premier pays de l'OCDE en termes d'asile avec 254.000 nouvelles demandes en 2018, selon le rapport "Perspectives des migrations internationales". C'est 77.000 de moins qu'en 2017, lorsque l'Amérique de Donald Trump avait reçu quelque 330.000 demandes.

Le net durcissement de l'administration Trump, qui a lancé en 2018 une politique de "tolérance zéro" envers l'immigration clandestine, n'est peut-être pas étrangère à cette baisse, dans un pays où près de 50% de la demande provient de quatre pays: Salvador, Guatemala, Venezuela et Honduras.

"Le recul du nombre global de demandes dans les pays de l'OCDE (-175.000) est en grande partie lié à trois pays de destination: les États-Unis, l'Italie (-73.000) et l'Allemagne (-36.000)", peut-on lire dans le document. Le reflux est "partiellement contrebalancé par une augmentation en Espagne (+22.300) et en France (+19.000)", souligne encore le rapport, publié à une dizaine de jours d'un débat parlementaire en France sur l'immigration, où la question de l'asile devrait occuper une place prépondérante.

Avec près de 110.000 demandes, la France se situait en 2018 au 4e rang selon l'OCDE, juste derrière la Turquie (116.000) et l'Allemagne (162.000).

- "Pas en première ligne" -

"La baisse en Europe n'est pas uniforme. En France, où l'on constate une augmentation de 20% de la demande d'asile pour la deuxième année consécutive, ce sont les Albanais et les Géorgiens qui tirent la demande, derrière les Afghans", détaille Jean-Christophe Dumont, chef de la division Migrations internationales, en marge de la présentation du rapport. La France ne bénéficie donc pas de la baisse des arrivées en bateau par la Méditerranée centrale, qui se situe à un taux "historiquement bas", un canal par lequel passe l'immigration syrienne ou d'Afrique subsaharienne, rappelle-t-il.

L'hexagone présente également la "spécificité" d'attirer une immigration "secondaire", précise-t-il à l'AFP, évoquant notamment les personnes ayant déjà déposé une demande d'asile dans un autre pays européen: "La France est très exposée à cela".

Pour autant, nuance Jean-Christophe Dumont, auditionné mardi par la Commission des Affaires étrangères du parlement en vue du débat sur l'immigration, "la France n'est pas en première ligne et n'est pas le premier pays en Europe pour l'asile". Surtout si l'on rapporte le nombre de demandes à la population générale: la France devient ainsi sixième derrière la Suède, par exemple.

C'est l'Espagne qui a connu la plus forte croissance de cette demande, avec une explosion de 73% en 2018, à la faveur de la multiplication des arrivées en provenance de la Méditerranée occidentale, surtout de Vénézuéliens. Le Venezuela, désormais, figure dans le top 4 des pays d’origine des demandeurs d'asile avec l'Afghanistan, la Syrie et l'Irak.

Pour l'Espagne, la tendance est spectaculaire: en 2016, le pays recensait 15.000 demandes. En 2018, il en a reçu 52.000.

A l'échelle mondiale, "le nombre de réfugiés enregistrés a également reculé" de 28%, selon l'OCDE. "En 2017, dernière année pour laquelle on dispose de données détaillées (...), 700.000 permis environ ont été délivrés pour raisons humanitaires, contre 900.000 en 2016. D'autres types de migrations permanentes sont cependant en hausse, notamment les migrations de travail (+6%)".

Encore à rebours de la tendance globale, le nombre de réfugiés a lui aussi augmenté en France. "Il ne faut pas nier le problème", reconnaît Jean-Christophe Dumont. "Il y a une pression sur le système. D'autant que la forte demande s'accompagne d'une baisse du taux d'acceptation de l'asile, très faible par exemple pour l'Albanie et la Géorgie, ce qui crée un engorgement."

Agriculture: la vie après la faillite

Mercredi, 18. Septembre 2019 - 14:07

"Aujourd'hui encore, on ne peut plus passer devant la ferme, c'est trop dur": après une liquidation judiciaire, Béatrice M. et son mari Stéphane, ex-éleveur de veaux en Mayenne, ont dû changer de vie. Stéphane a failli "faire une bêtise" raconte Béatrice, en étouffant un sanglot.

Le couple habite près de Laval, une des capitales de l'élevage laitier en France, siège du géant Lactalis, et tente de revivre après une faillite éprouvante. Stéphane est devenu chauffeur dans les travaux publics.

Mais les procédures judiciaires continuent. Ils sont aidés dans leurs démarches par l'association Solidarité Paysans, qui parraine aussi la sortie du film "Au nom de la Terre" du réalisateur Edouard Grangeon. Guillaume Canet y incarne un agriculteur surendetté, poussé au suicide. Le film sort en salles le 25 septembre.

Dès le lancement de l'élevage de veaux de Stéphane, le groupe néerlandais d'aliments pour bétail Denkavit avec lequel il était sous contrat, a exigé des stalles en inox, pour remplacer les cases en bois qui dataient de la génération précédente.

Un investissement "impossible" pour l'éleveur, déjà endetté par le coût de la reprise de l'exploitation.

"Quand les choses ont mal tourné, on s'est retrouvé seul", raconte Béatrice, son épouse, aide-soignante. "Même le centre de gestion ne voulait pas aider Stéphane à faire sa demande de redressement judiciaire sans être payé d'abord. Stéphane pensait que tout était de sa faute, un jour je l'ai vu prendre une carabine et mettre des cartouches, il fallait le surveiller pour l'empêcher de passer à l'acte".

Sur fonds de prix du lait très bas, un événement imprévu comme une épidémie animale et des frais de vétérinaires ou une sécheresse et l'achat de fourrage pour nourrir le troupeau, peuvent accélérer la sortie de route.

- Les bio aussi font faillite -

Exactement ce qui est arrivé à David D., 37 ans, éleveur et producteur de lait bio avec sa femme Sandrine, installés depuis 2014 à quelques kilomètres de chez Stéphane et Béatrice.

Dans les travées de son étable, ses yeux clairs s'embrument. "A un moment donné, on voit qu'on ne va plus faire face à nos charges" glisse-t-il. "Le mot redressement judiciaire fait peur, mais il ne faut pas", relève-t-il, bravache. Sur sa camionnette blanche, il a placardé en grandes lettres noires l'expression "Tous un peu vache", et décidé de continuer l'élevage, qu'il aime, avec l'aide de Solidarité Paysans.

En 2016, leurs champs de maïs ont été dévastés par des insectes ravageurs. En bio, pas de traitement chimique. La récolte a chuté à une tonne au lieu de dix. L'herbe aussi a manqué. "En 2018, j'ai acheté du foin, cher, il y avait pénurie partout", dit David.

Au même moment, l'Etat a arrêté de verser les aides "au maintien" destinées aux agriculteurs bio. "Au total, pour 30.000 euros que nous n'arrivions pas à financer, la banque a arrêté de nous soutenir, et on a vu un mur devant nous", calcule David.

Le couple d'éleveurs cochait pourtant toutes les cases de la transition agricole et écologique en cours: lait biologique, troupeau de vaches nourries à 95% d'herbe par la ferme elle-même.

- "Pas de droit à l'erreur" -

Le 25 novembre, David doit présenter un plan à ses créanciers et prouver que son exploitation est viable. En échange, il espère un étalement de ses annuités d'emprunt.

Pour Jean-Pierre et Stella R., la dette a été remboursée à 40%. Le reste est repoussé en 2026. Mais ils sont fatigués.

A quelques kilomètres des couples précédents, ces éleveurs laitiers, également en redressement judiciaire, sont amers contre le manque d'écoute des organismes agricoles, banque, centre de gestion, sécurité sociale, syndicat, qui les avaient pourtant encouragés à se lancer.

"On nous a obligés à investir continuellement pour rester dans les +normes+ obligatoires, à agrandir les bâtiments, sous peine de ne plus recevoir de prime", affirme Stella autour de la toile cirée de la cuisine.

"Dans notre cas, les travaux étaient 20 à 30% plus chers qu'ailleurs", dit-elle car les "normes" exigeaient des matériaux spécifiques et onéreux, en raison de la proximité de la ferme avec un château, classé monument historique.

Le pire selon eux a été leur plan de financement à l'installation, bâti par la banque et les organismes agricoles sur une hypothèse de rentrées de 315 euros la tonne de lait [31,5 centimes le litre], alors que la laiterie ne leur payait à l'époque "que 214 euros".

Aujourd'hui, la vie se complique. "Pas un jour de vacance", dit Stella. Il faut rembourser.

Pour repartir, ils misent sur le bio: moins d'achats extérieurs, pas de maïs, ni d'antibiotiques. "On n'a pas le droit à l'erreur".

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