Actualité France

Succession à la tête d'EELV: la motion de la direction sortante en position de force

Samedi, 16. Novembre 2019 - 23:02

La motion du porte-parole d'EELV Julien Bayou, soutenue par le secrétaire national sur le départ David Cormand, a été placée largement en tête du vote des militants samedi, un avantage certain pour prendre la tête du parti lors du congrès le 30 novembre.

Dirigeants et militants écologistes sont focalisés sur les élections municipales de mars, où ils espèrent gagner plusieurs grandes et moyennes villes après leur percée aux élections européennes de juin. Mais le congrès qui s'avance oblige les uns et les autres à des débats internes.

Selon des résultats quasi définitifs publiés sur le site du parti, le texte mené par M. Bayou et l'autre porte-parole actuelle, Sandra Regol, a recueilli 41,3% des voix, reléguant à 26,5% la motion de l'ancienne députée Eva Sas, pourtant soutenue par plusieurs proches de l'homme fort d'EELV Yannick Jadot - qui ne s'est pas positionné publiquement.

En troisième position, arrive, avec 23%, la motion du secrétaire national adjoint Alain Coulombel, qui prône un dialogue immédiat et nourri avec les autres partis de gauche. Elle a été signée par le théoricien de l'effondrement Yves Cochet et l'ancien député européen Alain Lipietz.

Une quatrième motion, menée par le membre du bureau exécutif Philippe Stanisière, arrive dernière avec 8,6% des voix.

Les votes ont permis d'élire 400 délégués qui, à la manière du système des grands électeurs des élections américaines, vont à leur tour élire un bureau exécutif le 30 novembre lors du Congrès d'EELV à Saint-Denis.

Julien Bayou se satisfaisait auprès de l'AFP d'un processus "apaisé". "Cela montre qu'on est capable d'organiser un congrès sans que ça nuise à la dynamique des municipales", a déclaré Julien Bayou. "Les quatre textes ont des nuances, mais tout le monde se rejoint sur l'affirmation de l'écologie", a-t-il ajouté.

M. Bayou a confié qu'il souhaitait discuter "rapidement d'un rassemblement", en clair une synthèse, une fusion pour une motion large au congrès.

- "Rien n'est joué" -

S'ouvrent donc dès samedi soir, pour deux semaines, les intenses discussions - dont les écologistes sont coutumiers - pour désigner le nouveau patron du parti. Et si Julien Bayou paraît en position de force, la possibilité théorique d'une alliance entre les deux listes suivantes leur donnent une capacité de pression.

"Les résultats très équilibrés" impliquent que le rassemblement ne pourra se faire qu'à "certaines conditions", assure Eva Sas à l'AFP, sans davantage de précisions.

Alain Coulombel renchérit: "Rien n'est joué. Beaucoup se méfient à l'idée d'un Bayou secrétaire national". Selon lui, "les trois autres sensibilités sont très critiques de la direction sortante sur la gouvernance", jugée pas assez démocratique et transparente.

Le choix du secrétaire national n'est historiquement pas un long fleuve tranquille à EELV et ce congrès ne devrait donc pas échapper à la règle.

En revanche, la ligne stratégique semble avoir été tranchée: les deux premiers textes souhaitent, avec des nuances, affirmer la primauté de l'écologie pour les prochaines élections.

C'est une victoire pour Yannick Jadot, tête de liste aux européennes, même si David Cormand revendique aussi avoir milité pour cette option. Les militants EELV l'ont déjà mise en pratique dans la plupart des grandes villes en votant pour une liste autonome par rapport aux autres forces de gauche.

Un cadre du congrès explique: "Ce qui motive les écolos c'est les municipales, pas d'être dans une compétition de congrès".

Isabelle Huppert estime qu'il faut mieux "protéger économiquement" les actrices

Samedi, 16. Novembre 2019 - 19:19

L'actrice française Isabelle Huppert a estimé samedi, dans un entretien à l'AFP lors d'un festival en Birmanie, que l'industrie française du cinéma, une nouvelle fois secouée par des affaires d'abus sexuels, devrait mieux "protéger économiquement" les femmes.

Ces affaires ont poussé le gouvernement français à annoncer plusieurs mesures cette semaine pour lutter contre les violences sexuelles dans le cinéma.

L'actrice française Adèle Haenel a récemment accusé le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements" et de "harcèlement" quand elle était adolescente, tandis que Roman Polanski est visé par une nouvelle accusation de viol de la part de la photographe française Valentine Monnier, qui dit avoir été battue et violée par le cinéaste en 1975 à l'âge de 18 ans. Une accusation contestée "avec la plus grande fermeté" par l'avocat du cinéaste.

Interrogée sur la façon dont l'industrie française du cinéma pourrait mieux protéger les femmes, Isabelle Huppert a répondu: "Elle peut commencer par les protéger économiquement, déjà. Ca, c'est un bon début, une bonne approche. Mais ce n'est pas que dans le cinéma, c'est dans tous les domaines. Les femmes ont toujours été discriminées".

Quant à boycotter le dernier film de Roman Polanski, "J'accuse", elle s'est prononcée par la négative. "Boycotter? Non, je ne pense pas. C'est un problème qui est très très compliqué", a-t-elle dit, ne souhaitant pas s'exprimer plus sur ce sujet.

Isabelle Huppert a ouvert vendredi le festival du film MEMORY! dans le plus vieux cinéma de Rangoun, récemment restauré. L'événement a débuté par la projection de "La cérémonie" (1995), de Claude Chabrol, dans lequel joue l'actrice.

Récompensée en 2017 d'un Golden Globe pour son rôle d'une femme violée dans "Elle", de Paul Verhoeven, pour lequel elle a été nommée pour l'Oscar de la meilleure actrice, Isabelle Huppert a joué dans plus de 120 films, dont huit seront visionnés au festival.

"Pratiquement tous mes films parlent de la condition féminine, de ce que ça veut dire d'être une femme qui se bat pour survivre", a-t-elle expliqué.

"J'ai toujours été attirée par des personnages de femmes qui sont au centre (...) des femmes qui se révoltent, qui se libèrent, féministes. Je dirais que j'ai toujours été féministe sans le savoir", a-t-elle ajouté. Elle a appelé les femmes birmanes voulant travailler dans le cinéma à se lancer et croire en elles-mêmes, car "il faut déjà franchir tellement d'obstacles dans la vie qu'il ne faut pas s'en créer à soi-même".

Le festival birman MEMORY! en est à sa septième édition et présente cette année 70 films, dont des classiques birmans restaurés.

Protestantisme: la bénédiction des mariages homosexuels autorisée en Alsace-Moselle

Samedi, 16. Novembre 2019 - 18:43

L'Union des églises protestantes d'Alsace et de Lorraine (UEPAL) a rendu possible samedi la bénédiction des mariages homosexuels, jusqu'alors non autorisée, dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle.

Réunie en assemblée samedi à Strasbourg, l'UEPAL a adopté par 36 voix pour et 13 voix contre un texte qui permet aux pasteurs, en accord avec les paroissiens, de bénir des couples homosexuels.

"Nous avons décidé de donner cette possibilité à condition qu'il y ait accord du conseil presbytéral et du pasteur. Cela veut dire qu'il y aura des endroits où cela se fera et d'autres où cela ne se fera pas", a expliqué à l'AFP Christian Albecker, le président du Conseil de l'UEPAL.

La question de la bénédiction des couples mariés de même sexe avait déjà été abordée en 2014 par l'UEPAL mais n'avait finalement pas été tranchée du fait d'avis trop divergents.

L'"église soeur" de l'UEPAL dans le reste de la France, l'Eglise protestante unie de France (EPUdF), principale Eglise protestante en France, avait donné son feu vert dès 2015 à la possibilité de bénir des couples gays ou lesbiens, laissant également libres ses pasteurs de procéder ou non à ces bénédictions, ce qui était une quasi-première dans le paysage religieux français à l'époque et avait alors suscité des remous dans le protestantisme français.

L'UEPAL rappelle que, dans le protestantisme, le mariage n'est pas un sacrement, mais "un contrat humain et social" passé à la mairie, qui ensuite peut recevoir une bénédiction de "ce projet de vie" par un pasteur.

"C'est une caractéristique du protestantisme d'être ouvert à des situations nouvelles et de se confronter aux questions que la société met en avant", a souligné Christian Albecker.

Annexés par l'Allemagne en 1870, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle n'ont pas été concernés par la loi de séparation entre l'Eglise et l'Etat de 1905. Les pasteurs (des églises luthériennes et réformées), prêtres et rabbins dans ces trois départements sont encore actuellement rémunérés par l'Etat et la culture religieuse est enseignée dans les écoles.

A Toulouse, des centaines de "gilets jaunes" noyés sous les gaz lacrymogènes

Samedi, 16. Novembre 2019 - 18:38

Plusieurs centaines de "gilets jaunes" qui manifestaient samedi à Toulouse pour le premier anniversaire du mouvement ont été dispersés à de nombreuses reprises à grands coups de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre, qui ont interpellé 17 personnes.

Dans cette place forte du mouvement depuis un an, les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes et fait usage du canon à eau contre les manifestants seulement 20 minutes après le départ, à 14h00, du défilé, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les "gilets jaunes" ont alors fait demi-tour sur un boulevard du centre-ville. Les forces de l'ordre ont de nouveau tiré des gaz lacrymogènes, dispersant le défilé en plusieurs petits groupes.

Les dispersions se sont poursuivies pendant plus de deux heures. En fin d'après-midi, seulement quelques dizaines de manifestants restaient sur les boulevards.

L'accès à la place du Capitole avait été interdit par la préfecture.

Selon un bilan de la préfecture à 17h30, 17 personnes ont été interpellées "pour jets de projectiles, port d’arme par destination (marteau), rébellion, outrage, port illégal d’insigne de presse et dissimulation de visage". Trois blessés légers ont été recensés par les services de l'Etat dont 2 parmi les forces de l’ordre.

La préfecture fait également état de dégradations de caméras et d’une barrière de péage, des feux de poubelles et barricades.

Portant une pancarte "Taxons les riches", Sandra, 25 ans, étudiante en Lettres moderne à Toulouse et membre du NPA est venue marquer "un an de lutte sociale". "Aujourd'hui, il faut donner à tous ces manifestants une nouvelle confiance car ils ont peur, peur de la répression policière et de la répression judiciaire et c'est légitime", dit-elle.

"Je n'ai jamais vu un tel climat de confiance dans nos revendications. C'est de plus en plus fort et de plus en plus soudé et ça ne s'arrêtera pas !!!", assure-t-elle.

Vendredi, le procureur de Toulouse avait dressé le bilan judiciaire d'un an de "gilets jaunes" dans la Ville rose: 792 interpellations de manifestants, 47 peines de prison ferme et 11 enquêtes de l'IGPN pour violences policières.

Flambées de violences à Paris pour le premier anniversaire des "gilets jaunes"

Samedi, 16. Novembre 2019 - 15:38

Des flambées de violence à Paris et un retour sur les ronds-points de France: le premier anniversaire des "gilets jaunes", qui ambitionnaient de donner un second souffle à leur mouvement de contestation sociale, était marqué samedi par le retour du chaos dans certains quartiers de la capitale.

En début d'après-midi, la situation restait confuse Place d'Italie, sur la rive gauche de la Seine, où les forces de l'ordre tentaient en vain de disperser de petits groupes de casseurs, alernant charges brèves et déluge de lacrymogènes.

"Au vu des violences et des exactions", la préfecture de police a demandé l'annulation de la manifestation qui devait s'élancer de cette place à partir de 14H.

Voitures renversées, engin de chantier et poubelles incendiées, abribus saccagés: en une demi-heure, les assauts sporadiques de petits groupes se sont transformés en flambée de violence, ont constaté des journalistes de l'AFP, qui ont vu des manifestants blessés et des pompiers empêchés d'intervenir.

La préfecture a dénoncé dans un tweet l'"attitude scandaleuse des manifestants qui ont jeté des pavés sur les pompiers de Paris et retardé leur intervention place d'Italie".

Le centre commercial d'Italie 2, sur la place, avait fermé ses portes dès les premiers incidents. Vers 13H00, ses portes d'entrée et les vitrines d'une résidence hôtelière voisine ont été attaquées à coup de pavés par plusieurs dizaines de personnes cagoulées et vêtues de noir.

Régulièrement, ces petits groupes revenaient à la charge et étaient provisoirement repoussés par les force de l'ordre, qui ont aussi utilisé à plusieurs reprises un canon à eau.

- "Notre anniversaire, ton dernier" -

Vers 14H30, plusieurs feux se consumaient encore sur la place et les pompiers étaient revenus. Sur une baraque de chantier a été tagué: "Macron notre premier anniversaire, ton dernier".

"On est un peu déçus que ça parte en violence. Du coup avec les amis, on va voir s'il se passe quelque chose ailleurs, on cherche un coin plus tranquille", a déclaré à l'AFP Laurent, 50 ans, venu de Meurthe-et-Moselle pour le premier anniversaire du mouvement.

Plusieurs centaines de manifestants tentaient se frayer un chemin hors de la place, repoussés par la progression des forces de l'ordre, se protégeant tant bien que mal du piquant âcre de la lacrymogène saturant l'atmosphère.

La situation était aussi tendue place de la Bastille, où une première marche autorisée arrivée de la porte de Champerret a été bloquée par les forces de l'ordre, a constaté une journaliste de l'AFP.

Le préfet de police de Paris Didier Lallement a fait état vers 15H00 de 61 interpellations dans la capitale.

Pour cet anniversaire du mouvement, né le 17 novembre dernier de la contestation d'une taxe sur les carburants, plusieurs milliers de personnes étaient attendues à Paris, où les autorités redoutaient l'intervention de "200 à 300 ultra-jaunes et 100 à 200 militants d'ultragauche".

Epicentre de plusieurs samedis violents, les Champs-Elysées, cadenassés et interdits à toute manifestation, ont été épargnés.

Les "gilets jaunes", qui avaient rassemblé 282.000 manifestants lors du samedi inaugural, cherchaient pour cet "acte 53" à redonner un souffle à la "révolte des ronds-points" qui avait ébranlé le mandat d'Emmanuel Macron mais ne rassemblait plus que quelques milliers de personnes ces derniers mois.

Un an après, en dépit de concessions du gouvernement - primes d'activité, heures supplémentaires défiscalisées, organistion d'un grand débat national -, les multiples revendications de cette vaste contestation demeurent: baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, retour de l'ISF, référendum d'initiative citoyenne.

Martin, sans emploi, venu de Suresnes à Paris, retient de cette année écoulée "des supers rencontres, une répression de fou", et est déterminé à continuer.

Plus de 270 actions étaient annoncées tout le week-end, partout en France.

- "Préparation au 5 décembre" -

En régions, les premières manifestations ont démarré dans la matinée et restaient bon enfant. Dans le sud-est, les "gilets jaunes" ont réinvesti certains ronds-points, distribuant tracts aux automobilistes, sans dégradation ni importante perturbation. Ils étaient une centaine à Albi (Tarn), quelques poignées à Auch, dans le Gers.

Des ronds-points ont aussi été réinvestis en Normandie, à Caen et Rouen, et en Bretagne, notamment à Vannes. Ils étaient 700 à Lille pour demander plus de "justice sociale, justice fiscale, justice climatique".

A Grenoble, une manifestation unitaire devait réunir syndicats, "gilets jaunes" et associations: les organisateurs y voient une "préparation au 5 décembre", date d'une grève interprofessionnelle redoutée par l'exécutif.

bur-sha-sva-sb/epe/swi

Morbihan: les gendarmes à la plage en quête de cocaïne

Samedi, 16. Novembre 2019 - 14:59

Sur la plage de Guidel, près de Lorient, trois militaires ont arpenté la plage, vendredi après-midi, sous l’œil amusé des promeneurs, à la recherche d'éventuels sacs de cocaïne qui auraient pu s'échouer, comme des centaines d'autres ces dernières semaines, du Pays basque au Finistère.

Leur mission, dans le Morbihan comme dans les autres départements littoraux: "repérer d’éventuels paquets (...) de manière à empêcher leur récupération par des individus mal intentionnés", explique, refusant de décliner son identité, l’adjudant commandant l’unité.

"En cas de découverte, nous devons procéder à sa saisie, en prenant toutes les précautions nécessaires: utiliser des gants et mettre un masque sur les voies respiratoires, car la cocaïne est un produit dangereux", développe le militaire.

"Nous devons aussi préserver d’éventuelles empreintes en vue d'une exploitation technique et scientifique", ajoute le gendarme, précisant devoir aussi aviser immédiatement le maire, le préfet et le procureur de la République.

Promeneurs, pêcheurs et surfers regardent avec curiosité les gendarmes. "Ce matin, j’ai vu des personnes en basket légères qui semblaient chercher autre chose que des coquillages", raconte, hilare, Yves, 61 ans. Le vacancier a lancé sa ligne en espérant pêcher du bar. "Pour l’instant, le poisson ne se montre pas, comme la cocaïne", ajoute-t-il.

Un peu plus loin, les militaires croisent Michaël, 24 ans. "Je suis en vacances dans ma famille à Quidel", explique le jeune travailleur. "Je profite de la marée montante pour me promener. Je n’ai pas du tout pensé à cette histoire de drogue", assure-t-il.

Killian, 22 ans, et Julien, 21 ans, sont étudiants à la faculté de sciences de Lorient. La situation les amuse. "On est venus prendre l’air", expliquent-ils. "Si on trouve un paquet, on sait qu’on doit le remettre aux autorités… ou le revendre!", plaisantent-ils.

Un paquet a été retrouvé le 12 novembre sur une plage de Camaret (Finistère). Le même jour, un kilo de cocaïne, sous forme d’un ballot emballé dans du plastique noir, a été repéré sur une plage de Bangor, à Belle-Ile-en-mer (Morbihan)

La préfecture rappelle que "transporter ce type de produit constitue un délit passible de 10 ans d’emprisonnement". Plus d'une tonne a été récupérée sur les côtes ces dernières semaines.

Meurtre d'Oliver: marche blanche à Sevran, deux jeunes présentés à un juge

Samedi, 16. Novembre 2019 - 14:27

Plusieurs centaines de personnes participaient samedi à Sevran (Seine-Saint-Denis) à une marche blanche en mémoire d'Oliver, 17 ans, dont le corps a été découvert jeudi près de Tours, à 250 kilomètres du lieu de sa disparition une semaine plus tôt, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

Deux jeunes de 26 et 27 ans, accusés d'être impliqué dans le meurtre de cet adolescent, lynché et séquestré après une rixe survenue dans la nuit du 6 au 7 novembre, doivent être présentés samedi à un juge d'instruction de Bobigny en vue de leur mise en examen.

Samedi, à 13H00, derrière une banderole "Repose en paix beau sourire", plusieurs centaines de personnes ont quitté le quartier de Rougemont, à Sevran, où l'adolescent vivait, pour se rendre sur les lieux de la bagarre, au bord du canal de l'Ourcq, à Noisy-le-Sec.

Dans le cortège silencieux mené par la mère et les proches de l'adolescent, de nombreux jeunes, pour beaucoup vêtus d'un T-shirt blanc frappé du visage juvénile d'Oliver.

Dix jours après sa disparition, un scénario commence à se dessiner : Oliver "aurait prétendu" vendre du cannabis à des jeunes de Noisy-le-Sec, "mais il n'en avait pas", a expliqué à l'AFP une source proche de l'enquête. S'en serait suivie une déferlante de violence.

Samedi, le parquet de Bobigny a indiqué avoir requis la mise en examen et le placement en détention de deux jeunes de 26 et 27 ans, notamment pour séquestration avec actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort et association de malfaiteurs en vue de commettre un crime.

Le premier s'était présenté spontanément à la police mardi et le second avait été arrêté jeudi au retour d'un voyage express en Thaïlande.

L'autopsie réalisée vendredi sur le corps du jeune homme n'a pas permis d'établir précisément la date de sa mort, consécutive, selon une source proche de l'enquête, à "une accumulation de coups" et "au fait d'être resté dehors, très affaibli, alors qu'il faisait froid".

Pourquoi ses meurtriers ont-il parcouru 250 kilomètres en voiture pour abandonner son corps, seulement vêtu d'un caleçon, dans un bois à Veigné (Indre-et-Loire)? Les enquêteurs penchent pour une volonté de brouiller les pistes "dans la panique", alors que des appels à la vengeance les ciblant circulaient sur les réseaux sociaux.

Lundi, un adolescent de 17 ans, lui aussi de Noisy-le-Sec, a déjà été mis en examen et écroué, soupçonné d'être également impliqué dans la disparition et le meurtre du jeune homme.

Des images de l'agression ont été diffusées sur Snapchat. On y voit la victime, allongée au sol, le visage en sang. Une voix masculine lance "casse-toi, casse-toi dans l'eau".

Après la disparition de l'adolescent, sa mère avait appelé au calme dans les médias, implorant qu'on lui "rende" son fils "même s'il est mort".

Toujours 145.000 foyers privés d'électricité, un couple gravement intoxiqué

Samedi, 16. Novembre 2019 - 13:02

Quelque 145.000 foyers restaient privés d'électricité samedi à midi en Rhône-Alpes après les importantes chutes de neige et un couple de personnes âgées a été gravement intoxiqué après avoir allumé un groupe électrogène chez lui en Isère.

Selon le gestionnaire de réseau Enedis, les principales difficultés se concentrent en Drôme, Ardèche, Isère, dans le Rhône et la Loire.

En Isère, huit personnes ont été intoxiquées au monoxyde de carbone après avoir allumé un groupe électrogène pour se chauffer, dont un couple de 82 et 75 ans secouru en urgence absolue dans la nuit à Lieudieu, indiquent les pompiers à l'AFP. Le groupe électrogène était dans le logement or, pour rappel, un groupe électrogène doit être positionné le plus loin possible des habitations, des portes et aérations pour éviter l’infiltration de gaz, insistent les secours.

La neige précoce, qui est tombée en quantité sur ces départements jeudi, est lourde, gorgée d'eau et a endommagé de nombreuses lignes électriques, certaines à terre qu'il ne faut absolument pas toucher. Enedis a donc mobilisé 2.200 agents pour tenter de rétablir le courant mais ils se heurtent à des routes toujours bloqués et un épais brouillard à certains endroits.

La situation s'améliore néanmoins d'heure en heure avec 25.000 foyers qui ont pu être réalimentés depuis samedi matin. Au plus fort de la crise, 330.000 foyers n'avaient plus d'électricité.

Les autorités ont également identifié des "lieux de vie" à réalimenter de façon prioritaire, que ce soit par le réseau ou avec des groupes électrogènes. En conséquence, des centaines de groupes électrogènes sont en cours d’installation ou d’acheminement, précise encore Enedis dans son bulletin de situation à 12H30.

Côté SNCF, des lignes TER restaient perturbées samedi matin avec notamment la ligne Valence-Grenoble interrompue jusqu'à mardi, la ligne Lyon-Grenoble jusqu'à lundi (d'ici là, possibilité de passer par Chambéry pour effectuer la liaison). La liaison Valence-Gap ne devrait elle reprendre que dimanche.

Les "gilets jaunes" tentent un retour aux sources pour leur anniversaire

Samedi, 16. Novembre 2019 - 12:16

Malgré leur essoufflement, les "gilets jaunes" tentent samedi pour leur anniversaire un retour aux sources de cette lutte sociale inédite, avec de multiples appels à manifester partout en France et "plusieurs milliers" de personnes attendues à Paris.

"Ca va péter, ça va péter", "On est là même si Macron il veut pas", "Joyeux anniversaire" chantaient des manifestants Porte de Champerret, à Paris. Vers 10H00, quelques dizaines de "gilets jaunes" ont investi à pied le périphérique voisin, entraînant immédiatement une intervention de forces de l'ordre et un reflux tout aussi rapide des manifestants.

Porte de Champerret, départ d'une manifestation autorisée, les forces de l'ordre ont a plusieurs reprises usé de gaz lacrymogène pour disperser en vain quelques centaines de manifestants.

Idem place d'Italie, rive gauche, point de départ d'une seconde manifestation, la police a délogé à coups de grenades lacrymogènes un petit groupe qui avait incendié des palettes en bois.

A Paris, un premier bilan de la préfecture de police faisait état à 10H50 de plus d'un millier de contrôles et de 24 interpellations.

Les points névralgiques de la capitale, des Champs-Elysées à la Concorde ou aux abords des ministères, étaient quadrillés par les forces de l'ordre. Plusieurs stations de métros ou de RER étaient fermées "jusqu'à nouvel ordre" samedi.

Pour cet "acte 53", la "révolte des ronds-points", née il y a un an pour protester contre une taxe sur le carburant avant de devenir un ample mouvement de contestation qui a bouleversé le mandat d'Emmanuel Macron, espère regagner des couleurs.

- "Retour aux ronds-points" -

Alors que le gouvernement a concédé primes d'activité, heures supplémentaires défiscalisées et organisé un vaste débat national, le mouvement s'est peu à peu étiolé dans la rue.

Les dernières manifestations n'ont jamais rassemblé plus de quelques milliers de personnes, très loin des 282.000 manifestants recensés le 17 novembre 2018 lors du samedi inaugural.

Sur Facebook, la mouvance fourmille d'initiatives pour marquer le coup avec cet "acte 53". Tractages, manifestations, retours sur les ronds-points: plus de 270 actions sont annoncées tout le week-end, partout en France.

Un an après, les multiples revendications de cette vaste contestation demeurent: baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, retour de l'ISF, référendum d'initiative citoyenne...

"Plusieurs milliers de personnes" sont attendues à Paris, selon une source sécuritaire. Sur l'ensemble du territoire, les autorités s'attendent à "une mobilisation importante mais pas comme celles que nous avons pu enregistrer en décembre ou janvier", au plus fort du mouvement qui a ébranlé le pouvoir.

Dans la capitale, la préfecture de police a multiplié les périmètres interdits à la manifestation, notamment autour des Champs-Elysées, pour tenter d'éviter de revivre violences et saccages.

Certains "gilets jaunes" veulent néanmoins retourner sur la célèbre avenue, théâtre de plusieurs temps forts du mouvement.

- "samedi compliqué" -

Figure de la contestation, Éric Drouet a publié une vidéo pour proposer aux manifestants un rassemblement à pied non déclaré, "hors de la zone interdite" dans un lieu encore non déterminé, qui les mènerait ensuite sur l'avenue "sans signes distinctifs, ni gilets jaunes".

Une autre figure du mouvement, Priscillia Ludosky, prendra la tête d'une manifestation déclarée qui doit partir de la place d'Italie à 14H00 pour rejoindre la place Franz-Liszt, près de la Gare du Nord.

Un autre cortège déclaré, soutenu par l'intermittente Sophie Tissier et le collectif des "Policiers en colère", doit lui partir de Montmartre à 10H00 pour rallier la place de la Bastille.

Parmi tous ces rassemblements, les autorités attendent "200 à 300 ultra-jaunes et 100 à 200 militants d'ultragauche" à Paris, selon la source sécuritaire, qui pronostique un "samedi compliqué".

Plusieurs actions de blocages sont annoncées dans des "temples de la consommation". Des occupations sont annoncées dans la journée notamment chez Ikea (Madeleine), Nike (Forum des Halles), H&M (rue La Fayette) et dans un Apple Store.

"Il est fort possible que la mobilisation soit éclatée", confie à l'AFP Jean-François, militant de la gauche radicale. Pour lui, le mouvement "revient à ses origines avec l'occupation des ronds-points dans toutes les régions de France", à cause de la "répression violente des manifestations".

Des rassemblements sont programmés dans plusieurs grandes villes dont Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Toulouse. Des appels à réinvestir les ronds-points, avec ou sans blocages, ont également été lancés à Besançon, Calais, Colmar, Dole, Dunkerque ou Montpellier.

A Grenoble, une manifestation unitaire doit réunir syndicats, "gilets jaunes" et associations: les organisateurs y voient une "préparation au 5 décembre", date d'une grève interprofessionnelle redoutée par l'exécutif.

Enfin, des barrages au péage de Virsac (Gironde) sur l'A10, saccagé fin novembre 2018, et au niveau de sorties d'autoroutes sur l'A7 en Vaucluse ou sur l'A47 dans la Loire sont également prévus.

bur-sva-rbl-sb/or

Les "gilets jaunes" tentent un retour aux sources pour leur anniversaire

Samedi, 16. Novembre 2019 - 11:54

Malgré leur essoufflement, les "gilets jaunes" tentent samedi pour leur anniversaire un retour aux sources de cette lutte sociale inédite, avec de multiples appels à manifester partout en France et "plusieurs milliers" de personnes attendues à Paris.

"Ca va péter, ça va péter", "On est là même si Macron il veut pas", "Joyeux anniversaire" chantaient des manifestants Porte de Champerret, à Paris. Vers 10H00, quelques dizaines de "gilets jaunes" ont investi à pied le périphérique voisin, entraînant immédiatement une intervention de forces de l'ordre et un reflux tout aussi rapide des manifestants.

Porte de Champerret, départ d'une manifestation autorisée, les forces de l'ordre ont a plusieurs reprises usé de gaz lacrymogène pour disperser en vain quelques centaines de manifestants.

Idem place d'Italie, rive gauche, point de départ d'une seconde manifestation, la police a délogé à coups de grenades lacrymogènes un petit groupe qui avait incendié des palettes en bois.

A Paris, un premier bilan de la préfecture de police faisait état à 10H50 de plus d'un millier de contrôles et de 24 interpellations.

Les points névralgiques de la capitale, des Champs-Elysées à la Concorde ou aux abords des ministères, étaient quadrillés par les forces de l'ordre. Plusieurs stations de métros ou de RER étaient fermées "jusqu'à nouvel ordre" samedi.

Pour cet "acte 53", la "révolte des ronds-points", née il y a un an pour protester contre une taxe sur le carburant avant de devenir un ample mouvement de contestation qui a bouleversé le mandat d'Emmanuel Macron, espère regagner des couleurs.

- "Retour aux ronds-points" -

Alors que le gouvernement a concédé primes d'activité, heures supplémentaires défiscalisées et organisé un vaste débat national, le mouvement s'est peu à peu étiolé dans la rue.

Les dernières manifestations n'ont jamais rassemblé plus de quelques milliers de personnes, très loin des 282.000 manifestants recensés le 17 novembre 2018 lors du samedi inaugural.

Sur Facebook, la mouvance fourmille d'initiatives pour marquer le coup avec cet "acte 53". Tractages, manifestations, retours sur les ronds-points: plus de 270 actions sont annoncées tout le week-end, partout en France.

Un an après, les multiples revendications de cette vaste contestation demeurent: baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, retour de l'ISF, référendum d'initiative citoyenne...

"Plusieurs milliers de personnes" sont attendues à Paris, selon une source sécuritaire. Sur l'ensemble du territoire, les autorités s'attendent à "une mobilisation importante mais pas comme celles que nous avons pu enregistrer en décembre ou janvier", au plus fort du mouvement qui a ébranlé le pouvoir.

Dans la capitale, la préfecture de police a multiplié les périmètres interdits à la manifestation, notamment autour des Champs-Elysées, pour tenter d'éviter de revivre violences et saccages.

Certains "gilets jaunes" veulent néanmoins retourner sur la célèbre avenue, théâtre de plusieurs temps forts du mouvement.

- "samedi compliqué" -

Figure de la contestation, Éric Drouet a publié une vidéo pour proposer aux manifestants un rassemblement à pied non déclaré, "hors de la zone interdite" dans un lieu encore non déterminé, qui les mènerait ensuite sur l'avenue "sans signes distinctifs, ni gilets jaunes".

Une autre figure du mouvement, Priscillia Ludosky, prendra la tête d'une manifestation déclarée qui doit partir de la place d'Italie à 14H00 pour rejoindre la place Franz-Liszt, près de la Gare du Nord.

Un autre cortège déclaré, soutenu par l'intermittente Sophie Tissier et le collectif des "Policiers en colère", doit lui partir de Montmartre à 10H00 pour rallier la place de la Bastille.

Parmi tous ces rassemblements, les autorités attendent "200 à 300 ultra-jaunes et 100 à 200 militants d'ultragauche" à Paris, selon la source sécuritaire, qui pronostique un "samedi compliqué".

Plusieurs actions de blocages sont annoncées dans des "temples de la consommation". Des occupations sont annoncées dans la journée notamment chez Ikea (Madeleine), Nike (Forum des Halles), H&M (rue La Fayette) et dans un Apple Store.

"Il est fort possible que la mobilisation soit éclatée", confie à l'AFP Jean-François, militant de la gauche radicale. Pour lui, le mouvement "revient à ses origines avec l'occupation des ronds-points dans toutes les régions de France", à cause de la "répression violente des manifestations".

Des rassemblements sont programmés dans plusieurs grandes villes dont Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Nantes et Toulouse. Des appels à réinvestir les ronds-points, avec ou sans blocages, ont également été lancés à Besançon, Calais, Colmar, Dole, Dunkerque ou Montpellier.

A Grenoble, une manifestation unitaire doit réunir syndicats, "gilets jaunes" et associations: les organisateurs y voient une "préparation au 5 décembre", date d'une grève interprofessionnelle redoutée par l'exécutif.

Enfin, des barrages au péage de Virsac (Gironde) sur l'A10, saccagé fin novembre 2018, et au niveau de sorties d'autoroutes sur l'A7 en Vaucluse ou sur l'A47 dans la Loire sont également prévus.

bur-sva-rbl-sb/or

Les vies à l'arrêt des "gilets jaunes" éborgnés

Samedi, 16. Novembre 2019 - 11:05

Eborgnés lors de manifestations, des "gilets jaunes" décrivent leur vie à l'arrêt, un an après le début du mouvement : la plupart tournent en rond chez eux, désormais sans travail, attendant que la justice "fasse payer" les coupables.

Les nuits sont agitées, cauchemardesques, parfois blanches, même sous somnifères. "C'est toutes les nuits. Des images me réveillent. Je me revois l'œil en sang appeler les +street medics+", confie David Breidenstein, 40 ans, blessé le 16 mars à Paris.

Les journées ne sont pas toujours plus simples. "L'été a été insupportable à cause de la lumière", affirme Alexandre Frey, blessé le 8 décembre dans la capitale.

Réinterrogés en octobre, dix des 24 éborgnés blessés lors des manifestations de "gilets jaunes" - selon le décompte du journaliste indépendant David Dufresne - racontent des vies à l'arrêt, parfois pires qu'au printemps, quand l'AFP avait recueilli leurs témoignages.

La grande majorité a perdu un œil en décembre et en janvier lors des manifestations émaillées de violents affrontements. Depuis le 17 novembre 2018, 2.500 manifestants et 1.800 membres des forces de l'ordre ont été blessés, selon le ministère de l'Intérieur.

"Je reste la plupart du temps allongée, j'ai comme de grosses migraines. La morphine parfois n'agit même plus", s'inquiète Fiorina Lignier, 20 ans, blessée le 8 décembre à Paris.

L'œil perdu a pour certains été le début d'une série de "mauvaises nouvelles", comme le dit pudiquement Vanessa Langard, blessée le week-end suivant sur les Champs-Elysées, avant de s'effondrer : "Je vais pas récupérer entièrement le goût et l'odorat et on a découvert que si j'avais pas mal d'absences, c'est dû à de l'épilepsie causée par le trauma crânien".

"C'est claque sur claque, sur claque", résume la trentenaire.

Au téléphone, des pleurs surviennent quand sont évoqués les couples distendus, les proches éloignés. Un éborgné dit avoir pensé au suicide.

Franck Didron, blessé le 1er décembre à Paris, a retrouvé un emploi. "En Haute-Marne, c'était impossible. Heureusement, quelqu'un qui avait commencé à me suivre sur Facebook m'a proposé de venir en Bretagne et j'ai trouvé une formation en sonorisation".

- "Il faut assumer sa gueule" -

Mais nombre d'entre eux vivotent avec des aides. Soit parce qu'ils ne peuvent plus conduire comme avant, soit parce que leur travail nécessite une vue parfaite.

"Il faut assumer sa gueule, c'est pas évident", ajoute Alexandre Frey, décorateur évènementiel. "Tant que je n'ai pas mon nouvel œil, je ne peux pas retourner voir mes clients. Je leur explique quoi ? Que j'ai pris une balle de squash ?"

Une moitié seulement des "gilets jaunes" interrogés continue de manifester les samedis. Franck, David, Alexandre et Vanessa participent aux actions du collectif "Mutilés pour l'exemple", contre les violences policières.

Fiorina Lignier s'est engagée pour les européennes mais a été écartée d'une liste d'extrême droite pour avoir dessiné une croix gammée sur une plage. Plusieurs autres disent avoir reçu des appels de politiques, "de l'extrême gauche à l'extrême droite".

Ils sont plusieurs à s'inquiéter de "gilets jaunes" en perte de vitesse, sans vrai leader. "Certains aimeraient que ce soit moi mais je ne veux pas être le chef, je préfère être celui qui gratte les couilles du chef", ironise Jérôme Rodrigues, l'une des figures du mouvement, qui a perdu un œil à Paris en janvier.

Car sur le fond, leur cœur y est toujours. Le mouvement "va continuer, peut-être différemment", veut croire David Breidenstein, même si les ronds-points se sont vidés et les rues ne sont plus aussi jaunes les samedis.

Le combat se poursuit surtout pour faire valoir leur préjudice. Avec de la "paperasse" pour toucher des aides, quand les "comptes sont HS tous les mois".

Et pour que la justice passe. Aucune enquête n'a encore débouché sur la mise en examen ou le renvoi devant un tribunal d'un membre des forces de l'ordre.

"Quand vous grillez un feu, vous payez. Donc j'espère qu'ils vont les retrouver et les faire payer", dit Jérôme Rodrigues. C'est cet espoir qui "fait un peu tenir" Vanessa Langard : "S'il peut y avoir une justice, c'est toujours ça".

L'ex-député Jean Gravier condamné à 5 ans de prison pour avoir tiré sur un aubergiste

Samedi, 16. Novembre 2019 - 8:35

Il avait tiré en 2016 sur un aubergiste, resté depuis lourdement handicapé: l'ancien député Jean Gravier a été condamné vendredi à cinq ans de prison par la cour d'assises de l'Allier pour violences volontaires.

L'avocate générale avait requis sept ans d'emprisonnement.

Un mandat de dépôt a été ordonné à l'encontre de l'ex-élu de 66 ans qui comparaissait libre depuis jeudi.

Au terme de deux heures trente de délibéré, la cour a donc prononcé une peine inférieure aux réquisitions du ministère public.

"C'est une décision mesurée, en deçà des réquisitions de l'avocat général, ce qui est de moins en moins le cas de nos jours", a noté l'avocat de M. Gravier Me Jean-Hubert Portejoie, précisant que son client avait accueilli la décision "avec calme".

La fille de la victime, Jennifer, s'est dite "soulagée que la violence volontaire ait été retenue et qu'une condamnation ait été prononcée".

Le 26 juillet 2016, l'ancien parlementaire, fortement alcoolisé et sous l'emprise de plusieurs médicaments, avait tiré au pistolet sur Jean-Luc Ait Maamar, patron de l'auberge de Saint-Genest (Allier), près de Montluçon, avec qui il avait eu une altercation, le blessant à la tête.

Alors âgée de 60 ans, la victime, dont le pronostic vital était engagé, avait finalement pu être opérée mais souffre depuis de graves séquelles.

Selon un témoin, juste avant les faits, l'aubergiste avait refusé de servir un nouveau verre à M. Gravier, qui était parti en voiture et s'était embourbé dans une zone de travaux à proximité de l'établissement.

Le commerçant était venu lui prêter main forte mais une dispute avait éclaté entre les deux hommes, et l'ancien élu avait quitté les lieux en tirant un coup de feu par la fenêtre de son véhicule.

Tout au long de l'audience, les avocats de Jean Gravier, Mes Gilles-Jean et Jean-Hubert Portejoie, ont tenté de démontrer que leur client avait tiré sans la volonté de toucher la victime.

Jeudi à la barre, l'ancien élu, en costume-cravate, avait reconnu avoir bu plusieurs verres tout au long de la journée alors qu'il était sous antidépresseurs.

"J'ai tiré comme une bravade pour dire +salut les gars vous m'avez assez vu ce soir+", sans l'intention de blesser M. Ait Maamar, a-t-il soutenu, alors que plusieurs témoins ont souligné son agressivité au moment des faits.

Pressé de questions par le président Sébastien Talenti, M. Gravier avait fini par avouer se sentir "pénalement coupable". "J'ai voulu tirer", avait-il admis, tout en s'abritant derrière ses "vides" et ses "souvenirs lacunaires".

- Cyclothymie -

Vendredi, experts et médecins ont évoqué la maladie du député atteint de cyclothymie, un trouble de l'humeur pour lequel il n'était pas correctement traité au moment des faits, selon ses avocats. L'un d'eux a évoqué une "altération du discernement" au moment des faits.

Venue en fauteuil roulant, la victime, dont les facultés cognitives ont été affectées, avait assuré "ne pas être animée d'un sentiment de vengeance". Tout au plus avait-elle souhaité "que la justice passe pour (sa) petite fille, sinon elle ne comprendrait pas qu'on vive dans un monde où l'on fait ce que l'on veut".

Sa fille, qu'il a élevée seul, avait dressé le portrait d'un père "flamboyant, charismatique, optimiste", qui "adorait cuisiner, (et avait) beaucoup baroudé" notamment en Amérique du Sud.

Avant de "se poser" à Saint-Genest où il s'était installé un mois et demi avant les faits dans l'auberge mise à disposition par la mairie pour "faire revivre le village". "Tout a changé, je n'arrive pas à faire le deuil de tout ce que nous ne ferons plus avec lui", a-t-elle témoigné en larmes.

Député UDF de l'Allier de 1993 à 1997, M. Gravier, également maire de Villebret (Allier) de 1983 à 2004, a déjà été condamné pour violences avec arme en 2004 par le tribunal correctionnel de Montluçon et pour prise illégale d'intérêts en 2003 par la Cour d'appel de Riom (Puy-de-Dôme).

Engagement et proximité: l'Assemblée nationale à son tour veille sur les maires

Samedi, 16. Novembre 2019 - 6:56

Après le Sénat, l'Assemblée nationale se penche à partir de lundi sur le sort des maires, réunis au même moment en Congrès à Paris, auxquels un projet de loi est dédié dans la perspective des élections municipales de mars.

Défendu par le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu, ce texte devant faciliter la vie des élus locaux est au menu du Palais Bourbon jusqu'à vendredi, avec quelque 1.500 amendements à la clé.

"Des maires seront dans les tribunes", ce qui "évitera la démagogie", glisse un député, alors que le 102e congrès de l'Association des maires de France (AMF) se tiendra de mardi à jeudi à quelques encablures.

Après des mois de tensions avec l'exécutif, ce projet de loi Engagement et Proximité se veut une réponse concrète aux attentes des maires exprimées lors du Grand débat national, et tout particulièrement ceux des communes rurales.

Baisse de dotations, "marche forcée" vers les grandes intercommunalités et aussi, dans une certaine mesure, défiance vis-à-vis du politique: les maires et plus généralement les 600.000 élus locaux, très majoritairement bénévoles, se sentent dépossédés, déclassés, impuissants.

Voté à une très large majorité au Sénat, le projet de loi est plutôt bien accueilli à l'Assemblée mais plusieurs groupes politiques attendent de voir son évolution pour fixer leur position de vote.

Les Républicains souhaitent notamment inscrire le respect du "principe de laïcité" dans la charte de l’élu local, reprenant par là une proposition de Bruno Retailleau, président des sénateurs LR.

- Pas de "grand soir des compétences" -

Le texte gouvernemental repose sur deux piliers majeurs: redonner des libertés locales afin de répondre au sentiment d'impuissance des maires. Et décliner une série de mesures pour faciliter le quotidien des élus (revalorisation des indemnités, frais de garde des enfants, droit à la formation...), autant d'encouragements à s'investir ou renouveler son engagement dans la vie politique locale, à cinq mois des municipales.

"Les +marcheurs+ ne sont pas déracinés ou éloignés des réalités locales. Nous serons des aiguillons", promet Sacha Houlié, chef de file des députés LREM sur ce texte.

En octobre, les sénateurs, majoritairement de droite, ont largement réécrit le projet de loi, notamment en poussant un peu plus loin le rééquilibrage des relations communes/intercommunalité et en proposant une "intercommunalité à la carte".

"Le Sénat a voulu faire le grand soir des compétences. Nous allons retenir ce qui peut l'être", indique un responsable de la majorité à l'Assemblée.

Dès l'examen en commission, les députés sont revenus sur nombre d'ajouts de la chambre haute. Ils ont aussi esquissé des compromis, par exemple en aménageant le transfert obligatoire des compétences "eau" et "assainissement" des communes à l'intercommunalité, transfert dont le Sénat ne voulait pas.

Les députés ont aussi mis leur patte: alors que le scrutin de liste paritaire ne s'applique actuellement qu'aux communes de plus de 1.000 habitants, ils ont abaissé le seuil à 500 habitants à compter de 2026.

Certains élus dans la majorité plaident pour aller plus loin en faveur de l'entrée de femmes dans les conseils municipaux, mais avec le risque que des listes ne puissent se monter dans certaines communes, à l'heure de la crise des vocations.

Le gouvernement a aussi quelques amendements nouveaux pour la séance, sur les indemnités des élus, pour remettre en circulation des licences IV permettant la vente d'alcool dans les débits de boissons, dans les communes rurales en soutien au commerce. Ou encore pour prévoir, en cas de crise, une information des maires par le préfet, après l'incendie de Lubrizol, dans le sens souhaité par le Sénat.

Le gouvernement entend "bâtir un consensus le plus large possible" et souhaite une adoption définitive rapide du texte, pour une mise en oeuvre dès début 2020.

L'huile de palme: l'Assemblée fait marche arrière

Vendredi, 15. Novembre 2019 - 22:54

Après le tollé suscité la veille par un premier vote favorisant l'huile de palme, l'Assemblée nationale a fait marche arrière vendredi soir en maintenant son exclusion de la liste des biocarburants, contre l'avis du gouvernement.

Les députés ont annulé à une écrasante majorité (58 à 2) lors d'une nouvelle délibération les effets du vote litigieux et sans le moindre débat de jeudi, qui était favorable au groupe Total.

Confronté à un tollé des écologistes et à l'embarras de sa majorité, le Premier ministre Edouard Philippe était monté en personne au créneau pour réclamer un second vote de l'Assemblée, "constatant l'absence d'un débat suffisant sur un sujet aussi important", même si le gouvernement était favorable à l'amendement.

L'Assemblée avait voté à toute vitesse jeudi cet amendement parlementaire prévoyant le report à 2026 de l'exclusion de l'huile de palme de la liste des biocarburants, qui bénéficient d'un avantage fiscal.

Son adoption a surpris, alors que l'Assemblée avait justement voté l'an dernier l'exclusion de ce régime fiscal favorable de l'huile de palme, accusée par les défenseurs de l'environnement de provoquer une déforestation massive et une menace sur la biodiversité des forêts tropicales mondiales. Total avait tenté un recours mais le Conseil constitutionnel avait débouté le groupe pétrolier.

Le revirement de jeudi a été immédiatement dénoncé par les associations écologistes comme le résultat d'un "lobbying éhonté" de Total, qui a démarré début juillet l'exploitation d'une raffinerie d'agrocarburants à La Mède, près de Marseille.

Le gouvernement, qui a fait de l'écologie une de ses grandes priorités, est resté vendredi sur sa position. Mais il a été déjugé par sa propre majorité. Il est "hors de question qu'on revienne sur ce qu'on a voté l'année dernière", a souligné la députée en marche Emilie Cariou.

"Cette niche fiscale est complice d'un écocide", a fustigé l'ancienne ministre de l'Environnement Delphine Batho.

D'autres députés ont dénoncé "un vote en catimini" jeudi. "On ne peut pas revenir par la fenêtre quand on a été bouté par le porte" l'année précédente, a souligné le rapporteur général Joël Giraud (LREM), déplorant un "chantage à l'emploi indécent" de la part de Total.

Greenpeace France, tout en se félicitant que les députés aient "réussi à défendre la nécessité absolue de protéger les forêts tropicales", a dénoncé le soutien du gouvernement à l'amendement controversé, "un non-sens" et "un aveu de l'influence de Total sur le plus haut niveau de l'Etat".

Selon l'ONG, il "prouve que les discours sur l'urgence climatique ne sont, aux yeux du gouvernement, qu'un exercice rhétorique destiné à redorer son image".

- "Plus royalistes que le roi" -

En face, un des co-signataires de l'amendement controversé, le député MoDem des Bouches-du-Rhône Mohamed Laqhila, a appelé vendredi à "ne pas mettre en péril notre industrie" face à la concurrence étrangère et "ne pas être plus royalistes que le roi".

La raffinerie d'agrocarburants à La Mède, qui emploie 250 personnes, a prévu de traiter 650.000 tonnes d'huiles et de graisses par an et de s'approvisionner en huile de palme "durable et certifiée" à hauteur de 300.000 tonnes au maximum, selon le groupe pétrolier.

"Patrick Pouyanné, PDG de Total, a souligné que la puissance publique avait été incohérente en soutenant la transformation de l'usine de La Mède en bioraffinerie et en réclamant des investissements de 200 ou 300 millions d'euros, il y a quelques années, pour ensuite renoncer" à un soutien, selon le président de la Commission des affaires économiques Roland Lescure (LREM). "Cela peut s'entendre", a-t-il ajouté, avant de finalement voter contre vendredi.

Fin octobre, le PDG de Total avait plaidé sa cause en demandant "juste à être au même niveau de compétition que nos concurrents européens qui, contrairement à nous, bénéficient d'un avantage fiscal jusqu'en 2030".

Côté écologistes, l'association France nature Environnement (FNE) a dénoncé "un chantage à l'emploi mené par Total autour de l'usine de La Mède, usine dont la légalité est débattue en justice suite à une plainte".

Et de dénoncer un "désastre environnemental" causé, selon elle, par la production extensive d'huile de palme: "Chaque jour, des milliers d'hectares sont brûlés pour faire pousser ces palmiers déforestant une grande partie de l'Asie du Sud-Est et de l'Afrique".

pr-adc-cro-jk/

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